À travers les dunes

Du sable, toujours du sable et une chaleur à vous laisser là tout sec comme un fruit confit... Ce désert protège la cité d'Ohime Quinah. Ses dunes et les Raanaï qui y règnent en maître gardent la voie.

À travers les dunes

Messagepar Siobhán » 09 Jan 2015, 03:41

Siobhán jeta un regard désabusé à Ellesme. Quel esprit pur ! Un peu plus et il allait à se mettre à vomir des paillettes, à entendre de si belles choses sur le partage. L’orphe fennec ne dit pourtant rien de cela, retenant pour une fois sa langue de vipère. Il semblait étrangement avoir décidé de faire la paix avec la jeune fille de l’escadron. Après tout, elle allait l’aider à s’enfuir, alors bon, elle n’était pas si mauvaise et inutile que ça.
« J’ai déjà été dans le désert. Mais pas comme ça, quoi. Dans le genre, on va faire une excursion à dos de chameaux et rentrer à l’hôtel classieux avec des verres incrustés de pierres précieux. Là, ça craint un peu plus. » répondit-il.

La chaleur commençait à être lourde pour lui aussi et il fit claquer sa langue contre son palais, préférant quand même économiser l’eau qu’il restait dans sa bouteille. Il faillit pourtant se mettre à rire lorsqu’Ellesme continua.
« Woaw, et tu trouves que l’escadron fait le bien ? T’aurais pas mieux fait de te faire embaucher dans une charité quelconque ? Je veux dire, je suis peut-être partial, hein, mais genre, l’escadron me renvoie dans le trou du cul du monde parce que c’est des sales racistes ? »

Il finit par hausser les épaules. « Mais écoute, si t’as sauvé le monde avant, je viens bien te croire. »
Siobhán soupira un peu. « Moi, tout ce que ce désert me dit, c’est qu’on se sent surtout petit et vulnérable parce qu’on dirait qu’on n’avance pas. Regarde-moi ces dunes ! Y en a partout bordel. Comme si on allait jamais se sortir de là. »

Le jeune homme était pourtant secrètement heureux qu’Ellesme soit avec lui, pour ce coup-là. Elle savait où aller, normalement, et cela plaisait bien quand on était au milieu d’un désert qui n’offrait aucun repère à la ronde. Il fallait dire qu’il venait de s’arrêter devant la carcasse parfaitement nettoyé et brûlante d’une bête quelconque, qui lui rappelait pas mal les westerns à la télé. Intérieurement, l’orphe fennec pria un instant que la jeune femme savait effectivement exactement où elle allait ; et il finit par prendre une gorgée d’eau de sa gourde comme une précaution.

Le soleil brilla toute la journée, et puis le soir tomba, et la lourde chaleur se mit à laisser à peu à peu place à un froid auquel il s’attendait, mais ne s’habitua pas vraiment. Quel pays ! Ils avaient le droit à un magnifique coucher de soleil constitué de toute une palette entière de couleurs, mais Siobhán n’y accorda pas un regard pour maudire plutôt le manteau léger qu’il avait emporté. Il s’assit par terre dans le sable encore tiède comme un gamin capricieux et interpella Ellesme qui continuait devant.
« Hey ! Ellesme ! On s’arrête, là, on a marché toute la journée et moi je suis crevé et il fait froid ! » - dommage qu'il ne puisse pas rester comme son chat bien blotti dans son sac entre des vêtements !

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Re: À travers les dunes

Messagepar Ellesme Lorien » 29 Jan 2015, 18:43

Elle écoutait le jeune homme qui détaillait ses précédents voyages dans le désert et tenta, bien malgré elle, de camoufler le sourire qui se dessinait sur son visage. Elle n'avait aucun mal à l'imaginer se tartiner de crème solaire pour bronzer comme il se devait. Mais ce qui la faisait surtout rire, c'était de le voir dans cette situation. Non pas qu'elle se moquait de son malheur, mais il ressemblait à un enfant à qui on avait remplacer sa voiture électrique par un train en bois. Elle préféra ne pas remuer le couteau dans la plaie, de peur qu'il ne cède à une nouvelle crise.

Ses pieds s'enfonçaient dans le sable, ce qui ralentit quelque peu leur progression. Mais cela n'était pas une surprise, elle avait effectivement pris en compte ce genre de choses. Néanmoins, leurs pas se faisaient plus grands, ils devaient remonter les genoux pour ne pas entrainer du sable avec eux. Or, elle n'avait pas anticipé sa blessure à la jambe. Marcher de la sorte ravivait la douleur, mais elle ne ralentit pas puisqu'il ne s'agissait que d'une douleur, elle ne risquait pas de rouvrir la plaie. Celle-ci semblait bel et bien guérie.

Elle écouta Siobhán parler, sans pour autant lui répondre. C'était le genre de garçon qui aimait parler, mais surtout se plaindre et qu'il soit écouté ou non ne semblait pas le déranger. Ainsi, elle marchait avec pour seul occupation les commentaires du jeune homme. Cependant, elle prit soin de lui répondre quand elle estimait qu'elle avait à intervenir.

« Je n'ai pas sauvé le monde, non. Par contre, j'ose espérer avoir sauvé plus d'une personne. » Il n'y avait pas de fausse modestie, Ellesme appréciait l’honnêteté. Et il s'avérait qu'elle avait porté secours à plusieurs individus. Il lui était déjà arrivé d'intervenir lorsqu'elle estimait que cela n'était pas nécessaire, voire même injuste, mais son devoir était d'avant tout obéir aux ordres qu'elle recevait. « Je ne souhaite pas partir dans un débat sur l'escadron, mais je pense que l'escadron estime faire ce qui est à faire. Malheureusement, cela ne convient pas toujours à tout le monde. Je ne veux pas parler d'erreur, mais l'escadron cherche à agir le plus justement. » Elle voulut rajouter qu'une erreur pouvait être commise, mais préféra au dernier moment le garder pour elle.

Au bout d'un moment, le jeune homme s'arrêta réclamant un repos bien mérité. Ils auraient pu continuer encore quelques temps, mais Ellesme accepta, heureuse malgré tout de sa réclamation. Ils s'installèrent comme ils avaient désormais l'habitude de faire. Sywan ne tarda pas à faire une ronde pour assurer les environs et rien n'était à déclarer. Cette nuit, ils allaient pouvoir dormir sur leurs deux oreilles.

Tout en mangeant les restes qu'Elise leur avait laissé, Ellesme réfléchissait à l'avenir. Il était temps de penser au plan permettant à Siobhán de retrouver un semblant de liberté. Mais bien vite, elle estima qu'il n'était toujours pas l'heure d'y réfléchir. Lorsque le moment d'y penser se présentera, Ellesme sera apte à le faire. Mais pour le moment, il fallait se concentrer sur le présent, en somme sur leur progression à travers le désert.

« Je suis étrangère au désert, saurais-tu me dire ce qu'on y trouve ? Existe-t-il des nomades qui le traversent continuellement ? » Elle réalisait qu'elle manquait cruellement d'informations sur le sujet. Pourtant, cela s’avérait être nécessaire pour ne pas tomber sur de mauvaises surprises. « Je... je ne sais même pas quelles créatures nous pouvons croiser... » Avoua-t-elle comme si elle était honteuse de son ignorance.

Elle baissa la tête comme craignant les sermons d'un supérieur. Elle avait le sentiment de ne pas avoir suffisamment travaillé la mission qu'elle était en train d'accomplir, dans le sens où il était maintenant trop tard de se poser de telles questions. C'est presque comme si elle attendait les reproches de Siobhán.

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Re: À travers les dunes

Messagepar Siobhán » 03 Fév 2015, 22:17

Siobhán se mit à rire, encore en train de mâchonner un quartier de pomme que leur avait donné Élise. Bien sûr, il était difficile pour lui de ne pas se moquer des paroles d’Ellesme.
« Ohlàlà, mais c’est moi le guide, maintenant, on dirait ! » ricana-t-il. « Tu verrais la tête que tu fais, on dirait que t’as oublié d’arrêter le four avant de partir de chez toi ! »
Étonnamment, le jeune homme décida quand même de ne pas être si cruel et de répondre à ses questions. S’il n’était pas un expert, il s’y connaissait plutôt bien en ce qui concernait son animal totem, et celui-ci avait l’avantage ici d’habiter dans le désert. Malgré le fait que c’était ses parents qui avaient toujours insisté à le faire lire et regarder tout ce qui touchait à ce sujet, Siobhán avait toujours secrètement apprécié ça. Sans pour autant l’avouer, car cela aurait été admettre qu’ils avaient fait quelque chose de bien.

« Y a pleins de trucs, ici. Des serpents, des Raanaï qui font parfois quinze mètres, et y a aussi des caravanes de nomades qui passent. Et ils sont pas toujours super super accueillants, d’ailleurs ! » lui annonça-t-il avec un petit sourire sadique.
Il s’étala dans le sable et s’enveloppa dans la seule couverture qu’il avait emmenée, frissonnant déjà sous la fraîcheur qui s’installait pour de bon.
« Bah, mais tant fait pas, c’est pas non plus évident de croiser leurs routes. Le désert, c’est grand, normalement y a la place pour tout le monde, c’est rare qu’on fasse des rencontres, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. ‘Fin, si y a un truc de bon dans le désert. »

Une seconde plus tard, la prochaine chose qui sortit de la bouche de l’orphe fennec fut un hurlement à vous glacer le sang. Son chat détala toute vitesse.
« SERPENT !!! » hurla-t-il encore un peu, et il se leva plus vite qu’il ne l’avait fait de toute sa vie. Puis attrapa son sac rempli pour le jeter là où il était un peu plus tôt en continuant de hurler. Le silence retourna un instant, le temps que Siobhán, les yeux de la taille des deux lunes de Nideyle et le souffle court, guette le moindre le mouvement aux alentours. Il sursauta un peu lorsque quelques coups de vent formèrent de petit tourbillon de sable sur le sol, puis se calma progressivement, revenant récupérer son sac. Le chat était revenu avec un air renfrogné envers son maître qui faisait trop de bruit, et le serpent en question, lui, avait aussi filé vu tout le bordel qu'il y avait.

Le jeune homme se mit à jurer beaucoup de choses à ne pas glisser dans les oreilles d’un enfant, et gigotait encore, suspicieux qu’il était que cette satanée bestiole de l’enfer revienne, ou n’était pas véritablement partie.
« Ah non, je dors pas ici, c’est pas juste ! C’est quoi ce pays, on va mourir comme des andouilles ! » couina-t-il. « Non mais tu l’as vu ? Ah, mais bien sûr que tu l’as pas vu ! Aaaaaah, quelle poisse ! Je veux rentrer à la maison ! »
Siobhán se tut, effaré d’avoir dit un truc pareil, malgré le fait qu’il ne se rendait pas compte qu’il parlait comme un gamin la moitié du temps aussi. Mais là, c’était un peu trop sincère et il se jeta un coup d’œil vers Ellesme comme si elle pouvait peut-être sourde en plus d’être aveugle, puis se renfrogna d’autant plus.
« Je veux pas dormir avec des serpents ! C’est toi qui es sensé t’occuper de moi alors j’espère que t’as une solution miracle ! » se mit-il à lui aboyer dessus en la montrant du doigt, comme si elle allait le deviner et que cela la motiverait.

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Re: À travers les dunes

Messagepar Ellesme Lorien » 04 Fév 2015, 12:09

Le rire du jeune homme détendit l'atmosphère. Ellesme ne comprit pas pourquoi elle avait ressenti de la honte face à lui qui n'avait pas à la juger. Et elle apprécia d'autant plus qu'il réponde à ses questions, ne se plaignant pas que les rôles se retrouvent inversés. Elle prit soin de l'écouter attentivement et il ne manquait plus que les notes sur un carnet pour faire d'elle une élève modèle. Elle le gratifia d'un sourire et médita sur ce qu'elle venait d'entendre.

Mais elle n'eut pas le loisir de penser en toute tranquillité, car Siobhán hurla sans qu'elle ne réussisse à comprendre quoi. Instinctivement, elle se leva déjà prête à se battre ainsi qu'à se défendre. Mais en réalité, elle était plus que surprise car elle n'avait pas ressenti la moindre menace. Sywan non plus n'avait rien repéré et il n'y avait rien de plus étrange à cela. Son corbeau était un fidèle observateur qui n'avait jamais manqué de la prévenir du moindre danger.

Une vive image surgit dans sa tête et elle vit un rampent qui fuyait, tout aussi effrayé que le jeune homme. Cependant, un serpent effrayé pouvait devenir menaçant. Peut-être attaquait-il pour se défendre, mais le serpent se redressa d'une drôle de façon. Mais avant qu'il puisse faire la moindre chose, le corbeau chargea le reptile et le mit définitivement en fuite. De son côté Ellesme, complètement sereine avait laissé faire son corbeau, en qui elle avait entièrement confiance. Encore une fois, il s'agissait d'une fausse alerte du blondinet.

« Je n'ai pas de solution miracle à te proposer ! » Elle avait attendu qu'il se calme avant de lui répondre. Avec l'expérience, elle avait constaté que discuter avec criard ne menait à rien et qu'il fallait mieux attendre que celui-ci ne se calme. « Siobhán ! Nous sommes en plein désert, dans la nature sous sa forme la plus hostile ! Tu n'es plus en ville, tu devrais te mettre ça en tête. Ici, tu ne peux plus contrôler les choses comme te le permet ton appartement tout équipé. Ici, tu es comme un animal, tu dois t'adapter et oublier que tu n'es pas seul. »

Elle ne s'était pas énervée, mais son ton était autoritaire. Il agissait comme un enfant, elle réagissait comme une adulte responsable. Et elle était prête à faire la morale si besoin, même si cela devait le braquer pour une énième fois. Encore jamais elle ne s'était laissée faiblir. Elle se rapprocha de lui, aussi bien pour le rassurer que pour lui faire passer le message le plus clairement possible.

« Tu dormiras donc ici, tu n'as pas le choix. Je suis désolé, mais tu ne peux pas rentrer chez toi ! » Elle fit en sorte d'articuler le plus clairement possible afin de s'assurer que cette idée allait enfin pénétrer son esprit et y rester. Parfois la vérité était dure à entendre et faisait souffrir, mais Ellesme avait toujours entendu qu'une véritable amitié, ou plus couramment une honnête relation ne se basait pas sur la flatterie, mais bien sur la vérité. La jeune femme ne voulait pas l'aider à se complaire dans sa peine en lui disant qu'il retournerait un jour chez lui. Elle n'avait aucun moyen de lui assurer, la seule chose qu'elle pouvait faire, c'était de l'aider à ouvrir les yeux sur la situation.

« S'il te plaît, essaye d'arrêter de penser à ton ancienne vie. Tu vas te faire du mal et tu ne feras qu'espérer la retrouver... » Elle ne prit pas le risque de le toucher, mais son ton se fit plus doux, plus maternel. « Sywan dormira avec toi si tu le veux, comme ça il veillera sur toi. Et... et si le souhaites aussi, je peux dormir près de toi... »

Sa dernière proposition n'était pas nécessaire, mais en aucun cas elle ne s'était forcée à la lui formuler. Elle disait toujours les choses le plus sincèrement possible.

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Re: À travers les dunes

Messagepar Siobhán » 04 Fév 2015, 22:41

Siobhán regarda Ellesme un instant comme s’il allait lui arracha la tête.
« QUOI. SANS RIRE. J’avais jamais remarqué qu’on était plus en ville et que je dormais pas dans mon lit le soir ! Tu crois que j’ai pas fait le même chemin que toi jusqu’ici ?! J’ai l’air aussi con que ça ! »
Le jeune homme était absolument furieux, et le calme d’Ellesme ne faisait d’accentuer ça. Elle croyait quoi, elle, qu’elle savait toi ? Que c’était la grande prêtresse de la sagesse ?

« Évidemment que je veux retrouver ma putain d’ancienne vie, tu crois que je peux faire autrement que de le vouloir ?! Tu crois que j’ai besoin d’autre chose que de ça ?! Je te signale que toi t’as pas à te dire que tu vas jamais rentrer chez toi, alors tes conseils, tu peux te les mettre là où je pense ! Tu t’es aperçu que même si j’arrive à revenir dans l’état atlante avec ta putain d’aide, je serais un clandestin et je pourrais jamais vivre comme je l’ai fait avant ?! Je te laisse ma place si tu veux pour que t'en profites, vu que TOI, tu sais garder ton calme et ta bonne humeur, hein ?? » siffla-t-il aussi méchamment qu’il put, avant d’attraper son sac brutalement et son chat sous l’autre bras. « Je préfère dormir avec les serpents qu’avec toi ! »

Et là-dessus, il s’éloigna à grand pas, allant s’installer de l’autre côté de la dune où ils étaient comme un vieux couple qui fait chambre à part. Ce ne fut pas long avant que des larmes amères se mettent à couler sur ses joues, pas aussi amère, pourtant, que les pensées qui occupaient son esprit. Au point où il en était, il serait presque à revenir s’excuser auprès de la jeune soldate, rien que pour adoucir le sentiment de désespoir qui l’écrasait, là, perdus qu’ils étaient au fin fond de ce désert et à l'assaut de toutes les horribles bestioles qui trainaient. Siobhán détestait d’autant plus sa réaction qu’il n’était pas du genre à s’impliquer. Il s’en fichait de tout, même de ce qui était important, mais là, c’était un peu trop pour le jeune orphe pas du tout courageux. Comment pouvait-il être aussi stupide et dévasté pour quelque chose d’aussi ridicule, continuait-il à se demander, mais il avait beau vouloir se voiler la face, c’était important, c’était plus important que tout le reste.

Ellesme avait proposé de l’aider à revenir, mais qu’est-ce qui l’attendait là-bas au juste ? Une famille qui l’avaient envoyés manu militaire dans les ennuis et qu’il ne voyait pas plus que ça d’habitude ? La police de la Basse-ville qui l’empêcherait sans aucun doute d’avoir la possibilité de retrouver son ancien appartement et l'obligerait à vivre comme un clandestin ? Ce n’était pas comme Siobhán avait eu des projets particuliers avant toute cette histoire, à part glander le plus possible jusqu’à ce que ses parents l’ordonne de s’occuper de sa vie lui-même. Mais là, ça devenait quand même un peu plus problématique.
Le jeune homme ravala sa salive. Il n’y avait plus rien qui l’attendait dans l’état Atlante à part un ou deux amis. Revenir était aussi stupide que rester chez les ploucs du désert. C’était une voie sans issue. Quelque part, n’importe quelle solution semblait aussi mauvaise qu’une autre, parce que si ça allait être si difficile de retrouver son petit confort à la Basse-ville, alors est-ce que n’importe quelle autre ville n’allait pas aussi bien ?

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Re: À travers les dunes

Messagepar Ellesme Lorien » 01 Juin 2015, 18:12

La réaction du jeune homme n'étonna que très peu Ellesme. Avec le temps, elle s'était habituée à ses colères soudaines. Elle restait toutefois surprise quand cela se produisait, car il éclatait sans prévenir. Elle baissa la tête, vraiment attristée d'une telle réaction et l'écouta sans même vouloir répliquer quoique ce soit. Elle avait compris que c'était sa peine et sa colère qui s'exprimaient avant tout.

La jeune femme aux cheveux clairs savait que rien n'était ou tout noir, ou tout blanc. Il existait des nuances qu'il fallait apprendre à percevoir. Ce qui était loin d'être le cas de Siobhán, qui focalisait absolument toute son attention sur son malheur. Elle ne comprenait que trop bien l'injustice dont il était victime, elle en éprouvait de la révolte elle-aussi ! Mais ne voir que l'injustice, ne pas voir au-delà ne permettait pas d'avancer. Il fallait avant tout accepter cette situation qui lui avait été imposée. Il se sentait moins libre depuis, mais en réalité il l'était toujours autant. La seule différence était que désormais, il avait le choix de choisir, mais à partir d'une situation imposée. Mais le choix était malgré tout présent !

Ellesme entendit le jeune révolté s'éloigner en quête d'un peu de solitude. Il ne l'avait pas ménagé avec ses mots. La jeune femme s'était sentie comme poignardée par certains de ses propos. Elle aurait tant aimé pouvoir lui expliquer sa façon de voir les choses. Elle désirait tellement lui faire comprendre qu'une nouvelle vie s'offrait à lui, une vie impliquant de nouveaux choix. Mais pour ce faire, il lui fallait oublier son passé. Peut-être était-il pas assez mature pour penser de la sorte, ou était-il trop sous l'emprise de la colère pour porter un tel raisonnement.

Elle intima à son corbeau de veiller sur le jeune homme. Celui-ci s'envola en douceur et vint se poser à quelques mètres du garçon, respectant soigneusement la distance qu'il avait établi. Il lui fallait du temps. A cet instant, Ellesme fut prise d'une nouvelle vision. Sa vision transcenda celle de Sywan et durant quelques secondes, elle aperçut Siobhán qui séchait ses larmes. Sa peine n'en fut que plus profonde. Elle se frotta la nuque, totalement désemparée. Malheureusement, il n'y avait rien à faire. Seul le temps pouvait panser certaines blessures, seul le temps permettait d'accepter certaines choses. La seule chose qu'elle pouvait faire pour lui, c'était lui laisser le temps nécessaire.

A son tour, elle établit son petit campement et retrouva la chaleur que lui procuraient ses couvertures. La nuit était déjà tombée depuis longtemps maintenant et si ses yeux lui avaient permis de voir, elle aurait vu que le ciel scintillait de mille étoiles. Elle se laissa emporter par le sommeil après avoir ressenti quelques petits frissons agréables.

Le lendemain matin, Sywan la réveilla en frottant son bec contre sa joue. Un réveil aussi doux ne pouvait qu'annoncer une bonne journée. Elle caressa les ailes de son corbeau et lui glissa un baiser sur le haut de sa tête. Elle comprit que le jeune homme dormait toujours et décida de le laisser se reposer. En attendant, elle sortit son petit matériel de cuisine et fit chauffer de l'eau afin de préparer de quoi tenir pour le trajet qui les attendait.

Une épaisse fumée blanche commença à s'élever. L'odeur du ragoût se répandit délicieusement dans les airs.

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Re: À travers les dunes

Messagepar Siobhán » 23 Juin 2015, 20:53

Siobhán ne se réveilla que quand les rayons du soleil se mirent à darder à travers le paysage, l’obligeant à essuyer un peu de sueur sur son front en se relevant. Son chat n’était pas auprès de lui, et le jeune orphe grogna un peu en le cherchant du regard, déjà agacé dès les premières secondes de la journée. Il faut dire qu’il n’a pas l’habitude d’avoir les nerfs à fleurs de peau, et n’a pas l’habitude de pleurnicher jusqu’à s’endormir.
C’était non seulement bizarre, mais en plus très très désagréable ; tu parles d’une nouveauté. Siobhán aurait volontiers envoyé balader ces sentiments inopportuns, mais malgré son indifférence générale légendaire, cette fois la situation était suffisamment perturbante pour l’en rendre incapable. Ce matin-là, il est encore secoué par ces réalisations du jour d’avant, et ne revient auprès du feu de camp d’Ellesme que parce que l’odeur est trop alléchante quand on a si faim, d’autant plus qu’il lui faut retrouver sa bestiole.

Sans surprise, elle est bien près du feu à miauler désespérément ; l’odeur de la nourriture ne lui a pas non plus échappé. Siobhán se glisse sans un mot à côté de lui, recroquevillé comme une araignée à moitié écrasée, et ne se met à pointer un nez curieux vers la nourriture que lorsqu’Ellesme fait l’effort de lui en servir un bol. C’est particulièrement gentil de sa part mais l’orphe fennec ne prend pas la peine de dire merci, se contentant de bouder, les oreilles plaquées en arrière.

C’est ce qu’il fait toute la journée, d’ailleurs, pendant qu’ils marchent à travers les dunes. Le soleil chauffe tellement fort que la peau du jeune homme se met elle aussi à brûler malgré son teint, d’autant plus qu’il n’est pas habitué à s’en protéger et aborde assez peu de vêtements vu la chaleur. Mais même quand la fraicheur du soir commence à revenir et que Siobhán s’aperçoit de ses coups de soleil, il refuse d’ouvrir la bouche pour s’en plaindre, contrairement à son habitude, et laisse la sensation du feu lécher ses épaules là où son débardeur les exposaient. Quelque part, c’est un détail comme un autre dans sa misère actuelle, non ? Le jeune homme n’est apparemment pas du genre à vouloir améliorer sa situation quand il est déprimé.

C’est peut-être pour ça que la silhouette lointaine d’Ohime Quinah, en fin de journée, n’éveille chez lui qu’un air encore plus renfrogné. Ça devrait être un soulagement, rien que parce que Siobhán n’aime rien plus que la propreté et que son état actuel est une torture, mais il se met à trainer encore plus des pieds, au contraire. Il se demanda s’ils arriveraient à atteindre à la ville avant le coucher du soleil, mais il espérait que non, parce qu’au moins, tant qu’ils n’étaient pas arrivés, ils avaient un but clair et facile ; atteindre Ohime Quinah. Après, c’était nettement plus flou et compliqué, et l’orphe fennec n’avaient plus du tout envie d’en savoir plus. Lui qui voulait tant arriver enfin là-bas quelques jours auparavant !

Désolé si c'est petit et/ou pas super comme poste, je met partout ça mais j'ai vraiment l'impression d'avoir l'esprit rp un peu rouillé ><

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Re: À travers les dunes

Messagepar Ellesme Lorien » 08 Juil 2015, 12:38

Ellesme laissa le jeune homme dans son coin, respectant son désir de solitude. Elle ne pouvait se permettre de le laisser seul, comme il l'aurait certainement souhaité. Mais elle n'engagea pas la conversation si ce dernier ne le désirait pas. D'après sa carte, qu'elle aperçut rapidement grâce aux yeux de son corbeau, elle réalisa qu'ils étaient bientôt arrivés. Raison de plus de le laisser respirer sans lui prendre la tête, car maintenant qu'elle le connaissait légèrement, elle se doutait qu'il se la prenait déjà assez lui-même.

Siobhán n'eut même pas besoin de lui dire qu'il voyait Ohime Quinah, car elle ressentit un changement dans son comportement. Il s'agissait très certainement de son allure qu'il avait inconsciemment ralenti. Elle porta la main à son épaule et Sywan grimpa sur son poignet. Elle leva ensuite le bras et son fidèle compagnon prit son envol. Il ne lui restait plus qu'à attendre de voir quelle était la distance qui les séparait de la ville. Au bout d'un certain temps, elle put voir la cité qui paradoxalement se fondait parfaitement dans le décors des dunes. C'était tout simplement magnifique à voir, car on aurait dit qu'Ohime Quinah appartenait au désert.

Elle observa aussi le soleil qui allait bientôt se cacher derrière les plaines de sables. Le mieux pour le jeune homme aurait été de passer une dernière nuit à la belle étoile afin de retarder son arrivée, mais elle estima qu'ils avaient assez perdu de temps. Elle avait un délais à respecter et elle ne pouvait donc pas se permettre de trainer de la sorte. Mais, comment expliquer cela à Siobhán ?

Elle rattrapa ce dernier et l'incita à s'arrêter. Ils devaient impérativement parler. Ce qu'elle fit afin de ne pas lui donner l'espoir qu'ils s'arrêtaient pour la nuit.

« Je sais que tu aimerais passer une dernière nuit dans le désert, retarder ton arrivée là-bas. » Dit-elle pour commencer bien qu'elle savait que toute compassion tapait sur le système du jeune homme qui se sentait seul. «  Mais nous avons perdu beaucoup de temps, notamment à cause de moi et de ma blessure, nous avons aussi fait un détour chez Elise... »

Elle cherchait ses mots, la meilleure approche possible. Pourtant, la jeune femme savait que le jeune homme n'était pas en mesure de comprendre quoique ce soit. Mais elle préférait le mettre en colère plutôt que de passer pour un monstre sans cœur. Au fond, elle voulait montrer qu'elle avait un cœur, bien qu'elle lui apparaissait comme un bourreau.

« Nous allons pouvoir passer les portes dès la nuit tombée. Il nous est inutile d'attendre plus. Retarder ta venue ne te fera que plus de mal et surtout n'y changera rien. » Elle l'observait de ses grands yeux clairs sans pour autant le voir. Dans ce grand instant de faiblesse, elle était comme soulagée de ne pas voir son regard qui aurait très certainement exprimé de la détresse, de la colère ainsi que de la fatigue. C'était une chose qu'elle aurait difficilement supporté.

« Siobhán, une fois livré à l'escadron, ma mission s'arrêtera. Nos chemins se sépareront, mais si tu le souhaites, je peux te venir en aide. » Elle s'interrompit quelques instants, se demandant si elle faisait là une erreur. N'allait-elle pas à l'encontre des ordres ? Pas tout à fait, elle accomplissait sa mission et une fois celle-ci terminée, personne n'avait plus rien à attendre d'elle. Par conséquent, libre à elle d'agir comme elle le voulait. Or, si elle estimait que venir en aide à Siobhán était la meilleure des choses à faire, elle ne pouvait s'en priver une fois sa mission accomplie.

Elle regrettait de ne pas avoir discuté plus en détails de la situation du jeune homme. Celui-ci semblait victime d'une injustice et elle sentait quelque chose d'anormal derrière tout ceci. Mais ce n'était pas à elle d'en parler, c'était au jeune et ce dernier avait estimé préférable de ne pas évoquer plus en détails le sujet.

« Je dois te livrer à eux et ce n'est qu'à partir de cet instant que je pourrai t'aider, mais cette fois-ci je n'aurai aucun droit sur toi. Tu te verras certainement attribué un logement dans lequel tu seras placé et je n'aurai pas accès aux informations de ton dossier. » Du moins officiellement, cependant il lui était inconcevable de fouiller et de manquer à ses devoirs, même dans ce cas là. « Je ne sais pas comment va se passer la suite, mais si nous devons nous recroiser par la suite, je suis persuadée que cela se fera d'une façon ou d'une autre. »

Elle reprit la route, fatiguée après un si long voyage mais l'idée que celui-ci allait prendre fin lui donnait la force nécessaire pour ces quelques pas qui lui restaient à faire.

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Re: À travers les dunes

Messagepar Siobhán » 27 Sep 2015, 18:31

Siobhán était assommé de fatigue. Aussi, par le filtre de la détresse et de la mauvaise foi, l’orphe ne retient que de la rancune envers Ellesme lorsqu’elle annonça ces plans pour l’avenir. Il la fixa d’un air boudeur pendant un long moment avant d’ouvrir la bouche :
« J’ai pas besoin de toi pour quoique ce soit, je sais me débrouiller tout seul. Tu pourras te débarrasser de moi quand tu m’auras montré à tes petits potes. » grogna-t-il entre ses dents, révélant deux petites canines plus pointues que la moyenne humaine.
Il se remit à marcher, cette fois plus vite, même si obéir à la demande d’Ellesme était une manière très étrange de lui mener la vie dure. Siobhán n’en avait tout simplement plus la force. Ellesme lui avait bien proposé son aide, mais le jeune homme était bien trop orgueilleux pour l’accepter, même dans sa situation. Il était plus facile de jouer au gamin roulé en boule par terre pour faire la tête, et il n’avait jamais eu avant à se faire violence de cette manière.

Pourtant, lorsque les portes d’Ohime Quinah furent assez près pour qu’on en distingue les détails des pierres et ses décors, Siobhán s’était presque mis à revenir sur ces paroles. Les engrenages rouillés de l’esprit de l’orphe tournait à plein régime et plus il réfléchissait, plus il était perdu. Au moins, il était déjà allé à Ohime Quinah et savait quelques petites choses de la ville. Mais malheureusement rien qui ne pourrait l’aider présentement. Il n’allait pas pouvoir se permettre de loger dans les auberges les plus luxueuses de la ville cette nuit.
Tout occupé à observer d’un regard vide les immenses remparts qui se dressaient devant eux, il ne remarqua qu’au dernier moment que les gardes devant les portes les avaient interpellés. Il laissa Ellesme parler, jetant un regard méchant au deuxième garde qui lui avait fait l’immense affront de se tourner vers lui.
« Très bien, emmène-moi là où tu veux histoire qu’on en finisse avec ça. » siffla-t-il à la membre de l’escadron une fois qu’ils purent passer les portes.

Les passants leur lançaient quelques regards et sourires lorsqu’ils s’enfoncèrent dans la ville, et Siobhán se rappela ses visites lorsqu’il était enfant en voyant les vêtements chatoyants qu’ils arboraient, ornées souvent de pierres précieuses qui se vendrait à prix exorbitants à la Basse-ville. Au lieu de se demander s’il ne pouvait pas s’en procurer quelques-unes pour revenir là-bas avec un peu d’argent, l’orphe fennec resta dans ses souvenirs de l’odeur forte des épices et du bruit ambiant des marchés. Les étals des boutiques des rues débordaient de fruits à l’aspect exotique et au goûts inconnus, ou de poteries aux motifs intrigants. Petit, Siobhán avait été souvent fasciné par toute cette nouveauté, même alors qu’il commençait déjà à faire preuve d’une indifférence crasse. Les voir à nouveau, bien des années plus tard, était presque rassurant au milieu des récents évènements.
Et puis après avoir passé des jours au milieu du silence et des dunes infinies du désert, c’était presque hypnotisant d’avoir autant de bavardages et de détails autour d’eux. Le jeune homme se rapprocha même d’Ellesme inconsciemment après avoir perdu l’habitude de la foule.

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Re: À travers les dunes

Messagepar Ellesme Lorien » 28 Sep 2015, 13:52

Ils arrivèrent devant les portes de la grande cité. Durant tout le trajet, Ellesme avait préféré se taire respectant le souhait du jeune homme. Elle était incapable de lui en vouloir, car sans pour autant ressentir ce que lui ressentait, elle éprouvait un fort sentiment de compassion. Pourtant au fond d'elle, elle était agacée de le voir si immature. Elle ressentait une forte envie de le secouer et de lui crier dessus afin qu'il comprenne qu'il n'avancerait pas de la sorte. Cependant, il était encore sous un état de profond choc et il était tout naturel de réagir à sa façon. Le problème c'est qu'il refusait toujours son aide et s'il ne changeait pas d'avis prochainement, il lui serait impossible de la recontacter. Or elle éprouvait ce désir de lui venir en aide.

Elle s'arrêta sous l'ordre des gardes et elle fut tirée de ses pensées par l'un d'eux qui s'adressa à eux.

« Bonsoir, qui êtes-vous étrangers ? » Demanda-t-il d'un ton autoritaire. Ellesme prit la parole, jugeant que c'était à elle de parler, d'autant plus que cela leur éviterait certainement bien des ennuis. Il ne manquerait plus que Siobhán se montre agressif...
« Bonsoir messieurs, je suis Ellesme Lorien et je suis accompagnée de Siobhán. » Dit-elle en montrant du doigt le concerné. « Je suis en mission pour l'Escadron et ma mission est d'accompagner ce civil jusqu'ici, nous sommes attendus dans les bureaux. »

Les gardes se montrèrent coopératifs et dégagèrent le passage afin de les laisser passer. Siobhán se contenta d'une réflexion que la jeune femme préféra ignorer. Elle était juste attristée d'être perçu comme la méchante dans l'histoire. Comment lui faire comprendre qu'elle était aussi là pour l'aider ? Ellesme s'avança donc sans se préoccuper du jeune homme qui n'avait pas d'autre choix que de la suivre. Il avait beau être têtu, borné et capricieux, jamais il n'aurait le courage de s'enfuir. Il était comme un enfant avec un fort caractère, mais était perdu sans sa mère. Ils progressèrent parmi la foule et Ellesme se sentit bien mieux ainsi. Passer autant de temps dans le désert avait de quoi rendre fou. Elle s'y était sentie seule et imaginais l'ampleur de cette profonde solitude que devait connaître Siobhán. D'ailleurs, celui-ci se rapprocha d'elle. Elle sentit sa présence à ses côtés et leurs coudes se choquèrent même une fois. Elle avait raison, Ellesme était à Siobhán ce que la mère représentait à l'enfant lorsque celui-ci se sentait dépassé.

« Les bureaux de l'Escadron se trouve à l'autre bout de la ville, au niveau de la forteresse militaire. Nous allons devoir traverser les Scribes et longer les temples il me semble. » Expliqua-t-elle en se remémorant les instructions. Elle ne se sentait pas obligée de lui parler, pourtant elle agissait avec lui comme avec un enfant. L'enfant perdu était rassuré d'avoir des explications même si celles-ci ne lui évoquaient pas grand chose.

« Pourtant je ne connais pas Ohime Quinah... » Rajouta-t-elle laissant paraître son ignorance. Même si elle avait bonne mémoire, elle craignait de se perdre. Après tout, il ne s'agissait que d'instructions qui n'avaient pas grand sens lorsqu'on ne connaissait rien de la ville.

Elle n'eut pas la joie d'apercevoir les rues de la cité, mais elle profita néanmoins des odeurs et des bruits. Cela lui permettait de visualiser approximativement les lieux. Et même sans les voir, elle les trouvait fabuleux. Elle aurait tant aimé pouvoir voir toutes ces choses et observer les détails les plus insignifiants. Profitant de l'effet qu'avait Ohime Quinah sur Siobhán, elle décida de relancer la discussion afin de lui donner une dernière chance.

« Je ne dis pas que tu as besoin de moi, mais je veux simplement que tu saches que je serai là... si jamais... »

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Re: À travers les dunes

Messagepar Siobhán » 03 Oct 2015, 13:44

« J’ai pas besoin de toi. » grogna Siobhán entre ses dents. « Je vais même nous conduire à ce putain d’endroit à ta place parce que je m’y connais mieux que toi, alors tais-toi. »
Le jeune homme ne lui accorda pas un regard après ça alors qu’ils traversaient la ville entière. Entendre Ellesme lui proposer son aide était ce qui le rendait le plus en colère, étrangement. C’était elle qui le mettait dans cette situation, elle et l’escadron, et maintenant, il fallait qu’il accepte de l’aide venant de leur part ? Quelle bande de salauds.

Ils ne passèrent pas longtemps dans les bureaux de l’escadron, de toutes manières. Quelques tampons et phrases ampoulées suffisaient pour que son destin soit bien scellé.
« On doit prendre vos empreintes et vous faire passer une visite médicale avant de vous laisser partir. »
« Quoi, est-ce que j’ai une tronche à avoir des puces ? »
protesta l’intéressé vertement alors qu’un garde l’emmenait dans une autre pièce.
« Mesure de sécurité de propagation des maladies. » déclara le sergent derrière son bureau, pas le moins du monde dérangé par les vociférations du jeune homme qui continuait derrière lui. Il avait sans doute vu pire. Il se retourna vers Ellesme.

« Bien, votre mission est accompli. On va passer en revu rapidement votre rapport, puis vous pourrez vous en aller. Nous avons aussi des logements à disposition pour vous, si vous le souhaitez. »
Siobhán ne revit pas Ellesme puisqu’on l’accompagna jusqu’à une autre sortie, simplement lesté d’un petit paquet de vêtements à la mode d’Ohime Quinah. Il ne chercha en aucun cas à la retrouver, de toutes manières, furieux contre elle comme depuis le début de leur voyage. Le jeune homme était encore en train de grommeler à son propos lorsqu'il se mit à la recherche de bains, bien décidé à se laver enfin correctement. Les quelques ores qui lui restaient suffirait bien à lui payer ce luxe bien mérité. Il fallait juste espérer qu’il pourrait faire entrer son chat en douce à l’intérieur. Et Ellesme ? Elle pouvait aller se faire voir, il n'avait pas besoin d'elle.

* * * * * * * * * * * * *

Deux jours plus tard, Siobhán était accroupi par terre contre un mur, tout près d’un étal du marché, immobile comme un chat devant un morceau de viande. La situation était à peu près la même, d’ailleurs. La faim pouvait pousser à beaucoup de choses, comme le vol, et le jeune homme n’avait pas mangé depuis deux jours. Les fontaines publiques suffisait à se laver d’une manière minimaliste et à se désaltérer, mais n’aidait pas à se nourrir. Et Siobhán n’avait jamais eu à se débrouiller seul ; en tout cas pas sans un compte en banque qui lui garantissait de voir les supermarchés lui ouvrir les bras. Les joues pleines de la poussière d’Ohime Quinah, son regard était aussi attentif que fatigué, cerné de noir.

Une nouvelle sale journée au pays des pauvres. Mais cette fois, il ferait attention à ne pas se faire prendre, et il remplirait enfin son satané estomac gargouillant à plein volume. La faim rendait paradoxalement plus optimiste. Ou peut-être moins réaliste, après tout. Les oreilles de l’orphe fennec se dressèrent dans toutes les directions, jusqu’à ce qu’il décide que c’était le bon moment pour attraper un gros pain posé sur l’étal et filer avec.
Ce n’était peut-être pas si le bon moment que ça, vu les hurlements qui suivirent derrière lui. Siobhán n’eut qu’à se retourner une seconde pour savoir qu’on le poursuivait, en plus de ça, et sprinta dans la rue aussi vite que son manque d’athlétisme lui permettait.

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Re: À travers les dunes

Messagepar Ellesme Lorien » 07 Oct 2015, 13:01

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