À l'abri

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À l'abri

Messagepar Benedikt » 09 Mar 2013, 01:47

Benedikt hocha la tête et appuya son front contre le torse du tatoueur. Maintenant que l’adrénaline redescendait, le botaniste devenait plus conscient du fait qu'il tenait à peine sur ses jambes. Entre le stress, le manque de sommeil, le manque de nourriture et de réserves vu sa morphologie, il n'y avait pas grand chose de plus que pouvait supporter son corps, qui se mettait à râler maintenant qu'on l’écoutait enfin. Benedikt grogna, et ferma les yeux.

« J'aurais eu au moins la décence de te le dire, si je t'avais quitté. Je ne serais pas parti sans mes affaires, en plus. Tu n'aurais eu qu'à aller chez moi pour me trouver. » répondit-il enfin, ses paroles étouffées par les vêtements de Vrass. Le botaniste se retourna vers l'entrée et y jeta un regard plein d'appréhension. Mais dehors, tout était calme. Aussi calme que pouvait être les Ghettos.
« Je vais... aller me laver, j'en ai besoin. J'ai pas faim. Mais... tu n'as qu'à prendre quelque chose si tu en as envie. »
Il lâcha le débardeur du tatoueur et jeta un coup d’œil sur le comptoir. Après avoir récupéré le pistolet qui s'y trouvait et l'avoir mit dans les mains de Vrass, il monter à l'étage jusqu'à la salle de bain sans se retourner.
« Tu devrais le prendre... Au cas où. »
Le botaniste devait bien l'avouer, il l'aurait bien pris pour lui. Mais après tout, l'extérieur lui semblait plus dangereux, non ? Même si Benedikt restait alarmé, la boutique de tatouage était familière, et offrait ce qu'on pouvait demander de plus proche d'un havre de paix. De toutes manières, avec ses talents... Une arme lui servirait plus à effrayer les gens qu'autre chose, et il n'allait pas prendre une douche avec non plus.

« Tu as une tête merdique, Benedikt Bloom. » commenta-t-il à voix haute lorsqu'il croisa son reflet dans le miroir et qu'il s'arrêta, surpris. On dirait que je suis passé dans une machine à laver, sauf que je suis sale, continua-t-il en pensée. Un poids inhabituel alourdissait sa poche de manteau, et alors qu'il l'enlevait, il retourna dans la chambre déposer le portefeuille de Cazel Parsons sur le lit, puis rechercha méticuleusement dans la doublure tout les documents qu'il avait récupéré. Il y avait une petite quinzaine de feuilles, toutes portant sur des sujets différents. Les subventions de l'état reçus par les laboratoires Deilofd, plusieurs rapports de différents programme expérimentaux sur des morphes et même parfois quelques cortésians, orphes ou humains, deux pages recto-verso où était détaillé toutes les informations possibles et inimaginables sur Benedikt, quelques feuilles du règlement spécifique des laboratoires – où il avait souligné plusieurs paragraphe avant de rajouter chaque fois un document prouvant son non-respect – et quelques autres rapports divers. Le botaniste avait privilégié ce qu'il lui semblait important, ou tout simplement qui lui avait donné assez la nausée parce qu'encore plus révoltant que les autres, si c'était possible.
Il lissa et aligna le paquet de feuilles légèrement froissée, le posa sur les couvertures et rajouta le portefeuille dessus pour les empêcher de s'envoler au cas où. Figé comme une statue, Benedikt décida finalement qu'il serait temps de s'en occuper après qu'il aurait eu l'occasion de s'occuper de lui au moins un peu. De toutes manières, Alrik seul savait ce qu'il allait pouvoir faire de ça. Ce n'était pas comme s'il pouvait aller les dénoncer aux autorités, quand ils travaillaient ensemble.
Le botaniste repartit dans la salle de bain, retira ses vêtements qu'il laissa par terre en boule, chaussures compris, et se réfugia sous l'eau chaude. La sensation était prodigieusement agréable, mais quelques minutes plus tard, roulé en boule par terre, Benedikt éclata en sanglots alors que l'eau chaude ruisselait sur son dos et ses cheveux.

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Re: À l'abri

Messagepar Vrass Rannveig » 09 Mar 2013, 02:38

La décence de me le dire... au fond de moi, je le savais et c'était pourquoi je n'avais jamais pu accepter cette idée et pourquoi j'étais si déterminé à le retrouver. Grace à l'éléphant, j'avais pu me souvenir de ce type et du logo repéré sur les lettres dans l'appart du gosse. Il semblerait que le destin ait tendance à jouer certains tours étranges et probablement que je devais remercier aussi l'étoile filante. Certes, j'ai parfois l'impression d'avoir une poisse pas possible, mais d'un autre côté, j'ai toujours pu me sortir de ces situations parfois périlleuses, et je me dis qu'en y regardant bien, oui, j'avais de la chance.

Si ce camion de pompiers avait roulé un peu plus vite, j'aurais pu y laisser ma peau, si je n'avais pas fait le tatouage de l'éléphant, je ne me serais jamais souvenu de ce logo que j'avais à peine aperçu sur les lettres en vrac dans l'appartement du gosse, et si la sécurité avait mis ne serait-ce que cinq minutes de moins à arriver, j'aurais peut être le corps criblé de balles à l'heure qu'il est. Et si le gosse ne s'était pas trouvé dans cette ruelle la première fois qu'il m'a vu, je serais peut être mort en baignant dans mon sang.

Je ne comptais pas m'attarder trop longtemps dehors, mais j'avais malgré tout pris l'arme pour la mettre dans la ceinture de mon pantalon à l'arrière. Je ne comptais pas m'en servir, je n'aime pas ce genre d'arme, mais c'était au cas où. J'allais devoir me renseigner auprès de Sayah pour installer une certaine protection à mon local. Je sais que la plupart de ses boutiques disposent d'un truc de sécurité pour éviter qu'il n'arrive quoi que ce soit aux commerçants. Jusqu'à présent, je ne disposais pas de ce genre de protection, mais j'allais devoir y songer. En général, il s'agit de moyens «naturels» ou plutôt les articles même de la boutique qui protègent leur patron, comme les plantes carnivores de Belladona, les pompons teigneux de l'antiquaire ou l'espèce de chaîne magique à la forge. Je ne sais pas s'il existe un truc à la bijouterie et je m'en cogne, j'ai peut être Iza qui sert de chien de garde, mais je ne veux pas la mettre en danger non plus, donc à voir s'il n'aurait pas un sortilège sous le coude.

En attendant, je revenais déjà de la cabine téléphonique, même s'il avait décrété ne pas avoir faim, je me disais qu'en sentant l'odeur des hamburgers, ça lui reviendrait et je prenais donc un menu pour lui aussi. Une fois rentré, je me dirigeais vers le coffre fort dans lequel j'avais déjà placé les documents secrets d'Iza et j'y mettais le flingue avant de grimper à l'étage. J'entendais le bruit de la douche, sur le coup, je ne savais pas trop si Benedikt voulait que je le rejoigne ou non, il semblait avoir vécu une expérience assez traumatisante sur le coup, et une part de moi se sentait responsable même si techniquement je n'y étais pour rien. Est-ce que justement, le fait qu'il soit avec moi ne leur avait pas facilité la tâche pour le retrouver et le kidnapper?

Je voyais les nombreux documents sur le lit et je me penchais dessus pour les regarder avant de me dire que ça ne me servirait pas à grand chose, si ce n'est que je pouvais aussi lui proposer de les ranger dans le coffre. Je retirais juste mes bottes histoire de respirer un peu, puis j'allais tout de même dans la salle de bain et je le trouvais là, recroquevillé sous l'eau! Je me précipitais rapidement, me mettant tant bien que mal à côté de lui et ce même si ça devait me mouiller aussi alors que j'étais toujours habillé
«Hey!! ça va?» - mais visiblement non... malgré l'eau qui couvrait son visage, je voyais bien ses yeux rougis par les larmes et je venais le forcer à se tourner pour que je puisse le ramener contre moi. J'avais fait passer ses jambes de part et d'autre de ma taille, cela pouvait avoir l'air tendancieux comme ça et pourtant je ne cherchais rien de tel, je voulais juste le serrer totalement contre moi, qu'il passe ses bras autour de mon cou pour pouvoir se réfugier contre moi. Je voulais pouvoir être son refuge à l'heure actuelle et je le laissais donc se blottir et pleurer autant qu'il le voulait

«Je suis là... ça va aller... respire...» - je n'aimais pas le savoir ainsi. Il était faible, épuisé, affamé aussi quoi qu'il dise, mais je ne disais rien de plus, massant doucement sa nuque tout en caressant son flanc de l'autre main, je ne voulais pas entendre ces sanglots aussi je fermais les yeux pour essayer de rester calme chaque fois que je le sentais sursauter. Je ne fis que répéter une nouvelle fois que j'étais là et que je serais là aussi longtemps qu'il voudra de moi et que je ferais toujours tout ce qui est en mon pouvoir pour qu'on ne lui fasse plus de mal.

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Re: À l'abri

Messagepar Benedikt » 09 Mar 2013, 16:26

Benedikt laissa sa honte de côté pour se pelotonner contre le tatoueur jusqu'à ce que les paroles de ce dernier le berce et le calme. La voix, l'odeur et le corps de Vrass n'avait d'inconnu et le rassurait petit à petit, surtout après avoir passé plusieurs jours à penser qu'il ne le reverrait plus.
« Merci d'être venu me chercher. » murmura-t-il tout bas entre deux hoquets. Je ne sais pas ce qui me serait arrivé, sinon, voulu rajouter le botaniste, mais il n'avait pas vraiment envie de parler, et était plus occupé à repousser toutes les images dérangeantes qui lui venait à l'esprit.

Il finit par repousser doucement le tatoueur, essuyant ses larmes avec gêne alors que l'eau les cachaient déjà et que cela ne faisait que lui donner des yeux rouges qui les montraient encore plus. Puis passa son pouce sur la joue de Vrass, incertain de ce qu'il voulait, avant de lui enlever son t-shirt et de le laisser le rejoindre, pour, cette fois, se laver véritablement. Benedikt était plutôt satisfait de se sentir propre lorsqu'il attrapa une serviette pour se sécher, et constata avec plaisir qu'il n'avait pas d'autres traces visibles sur son corps que des bleus au niveau du ventre et la nuque.

Le botaniste enfilait un t-shirt pour accompagner son pantalon de pyjama quand la clochette de la porte d'entrée sonna. Il sursauta, mais le souvenir du repas que le tatoueur avait commandé lui revint en mémoire. Bien sûr, livreur, hamburgers. Rien de quoi paniquer. Benedikt fronça les sourcils et se tourna vers le tatoueur.
« Je vais aller répondre. » déclara-t-il. Il n'aimait pas avoir l'air si peureux et si lâche, et ressassait encore le souvenir de la sale fouine sur laquelle il n'avait pas osé tirer. Tu pleures, tu fuis, tu peux bien aller payer un putain de pauvre livreur de l'état Atlante, pensa-t-il, comme un défi à ses peurs. Ce qui ne l'empêcha pas de prendre l'épée de Vrass dans un coin de la chambre avant de descendre.

Le livreur ne fit aucune réflexions, si jamais il s'était posé des questions sur le jeune homme en pyjama et au visage embrouillé qui vient récupérer sa commande. Il faillit même lui proposer de l'aide lorsque celui-ci repartit après l'avoir payé au fond de la boutique ; il semblait en avoir besoin, vu sa difficulté à porter l'épée imposante et le gros sac en papier qui contenait les hamburgers, mais quelque chose lui disait qu'il allait se faire envoyer bouler, aussi il ressortit dehors continuer ses livraisons.
Benedikt remonta les escaliers marche par marche, jusqu'à ce qu'il trouve enfin une manière judicieuse de porter ce qu'il devait ramener sans laisser tomber la moitié, puis déposa leur repas sur le lit, espérant que Vrass ne dirait rien sur le fait de manger là. Il pouvait avoir des espoirs raisonnables, vu le nombre de fois où ils avaient déjeuner au lit.
« Tu en as pris pour moi. » constata le botaniste lorsqu'il se mit à fouiller dans le sachet en papier kraft. Son estomac noué n'arrivait pas à cacher la faim dévorante qui l'envahit. Ça sentait bon, tellement bon, et Benedikt pouvait presque se voir enfoncer ses crocs dans le pain moelleux fourré de viande, de fromage et de salade. « Je crois que tu as bien fait. »

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Re: À l'abri

Messagepar Vrass Rannveig » 09 Mar 2013, 20:50

«J'avais un mauvais pressentiment... je savais au fond que tu ne serais pas parti sans rien dire. Je devais te retrouver...» - je le serrais un peu plus contre moi, je sentais combien il en avait besoin et je n'aimais pas le timbre de sa voix. Il avait le droit de pleurer, je ne lui en voudrais jamais pour ça, mais ça n'empêchait pas que je n'aimais pas cela. Puis il me repoussa un peu et commença à retirer mon t-shirt, nous étions tous deux dans un tel état de faiblesse qu'il serait idiot de songer à faire autre chose que se laver. Je l'aidais donc à se relever avant de retirer mon pantalon, de toute manière, ça me ferait du bien aussi. Et même s'il s'agissait là d'une simple douche, j'en profitais pour vérifier s'il avait eu des blessures ou non et je fronçais les sourcils en voyant les bleus sur son ventre.

«J'aurais du le tuer...» - oh oui, j'aurais du. J'ignore si le gosse m'a entendu avec l'eau qui coulait encore, mais peu importe. On finissait par sortir, il avait l'air d'un zombie encore perdu dans ses pensées, probablement traumatisé par ce qu'il venait de vivre. Je le voyais s'habiller pour la nuit, d'un autre côté on ne risquait pas de ressortir, et j'avais à peine eu le temps d'enfiler un caleçon qu'il sursauta en entendant la clochette en bas.

«Tout va bien, c'est le livreur...» - je n'aimais pas ce regard, celui d'un enfant qui a peur et qui pourtant se bat pour la surmonter. Déjà il redescendait pour aller ouvrir et récupérer le repas pendant que je m'habillais. J'enfilais seulement le bas d'un jogging, restant torse nu. Je n'avais ni chaud ni froid, mais je me doutais que s'il voulait se blottir dans mes bras, ce serait mieux ainsi. L'ambiance était lourde, je prenais les papiers qu'il avait laissés sur le lit pour les poser sur la table de nuit. Je l'entendais alors remonter et je constatais qu'il avait embarqué mon épée?

Je soupirais doucement avant de m'asseoir, il remarquait alors que je lui avais acheté à manger et je souriais
«Tu as besoin de manger... et moi aussi.»
J'avais plutôt intérêt à y aller doucement. Maintenant que l'adrénaline était tombée, probablement qu'il allait remarquer mes joues creuses, je n'avais plus rien avalé depuis que j'avais constaté qu'il ne revenait pas. Je commençais donc doucement, picorant les frites d'abord pour ne pas me remplir l'estomac trop vite, puis je me tournais vers les papiers qu'il avait récupérés là bas

«Je suppose que c'est ton assurance vie?» - pas sûr qu'il comprenne de quoi je voulais parler, aussi je me dépêchais de préciser - «ces papiers empêcheront ce Parsons de te rechercher?» - ou au contraire, c'est justement ces papiers qui vont foutre le bordel. Il peut chercher à vouloir les récupérer à tout prix. Malgré tout, je comprenais qu'il ne voulait pas parler de tout ça, qu'il voulait oublier...

«Écoute... tu n'es pas obligé de me répondre. Mais peut être que si tu en parles, ça te fera du bien. Après, tu peux en parler à quelqu'un d'autre...» - après tout, y'a des psys pour ça. Mais je suis prêt à l'écouter si besoin, même s'il n'est pas dit que je réussisse à garder mon calme. J'entendis alors un bruit de pas, et Iza apparaissait avec timidité dans la chambre. Je lui souriais avant de fouiller dans le sac en papier, j'avais commandé volontairement un triple burger, je retirais les steaks pour les lui jeter l'un après l'autre! Elle se régalait visiblement avant de s'approcher pour poser sa tête sur les genoux de Benedikt et je souriais doucement

«Tu lui as beaucoup manqué... elle t'a cherché autant qu'elle a pu dans les environs.» - oui, à présent, la morphe semblait s'être bien attaché au gamin.

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Re: À l'abri

Messagepar Benedikt » 09 Mar 2013, 23:36

Benedikt resta silencieux, incapable d'ouvrir la bouche malgré son envie. Il était finalement soulagé que Vrass lui précise qu'il ne se vexerait pas s'il ne lui en parlait pas, même s'il aurait aimé être capable de pouvoir tout lui raconter. C'était simplement... qu'il n'avait pas envie de remuer tout ça ou même de s'en rappeler. Iza lui sauva la mise, pourtant, puisqu'elle apparut avec un peu d'appréhension, pour finir par poser sa tête pour ses genoux. Le botaniste lui caressa le dessus de la tête avec application, les sourcils froncés.

« Tu m'as manqué toi aussi. Vous m'avez tout les deux beaucoup manqué. Même la maison m'a manqué. » murmura-t-il en se penchant vers elle jusqu'à ce que les mèches bouclées les plus longues effleurent la morphe chienne. « Mais tu sais, ceux qui t'ont gardé tellement longtemps et qui t'ont fait du mal, ils ne te chercheront plus jamais. Maintenant ils ne savent même pas que tu existes. De toutes façons, je ne les laisserais jamais t'emmener. Tu seras en sécurité pour toujours avec nous deux. »
Benedikt finit éventuellement par se taire, continuant à la caresser encore un peu jusqu'à que la faim le rende impatient, et le fasse bouger à contrecœur. Pourtant, avant de parler à nouveau, il attendit qu'Iza redescende, pour être sûr qu'elle n'entende rien de ce qu'il allait dire. Il n'avait pas envie qu'elle s'inquiète et se soucie de ça. Elle avait déjà bien trop vécu avec les cicatrises de son passé, sûrement. Le botaniste désigna maladroitement la pile de documents et le portefeuille sur la table de nuit.

« Je... je ne sais pas ce que je vais en faire. Je les ai pris parce qu'il fallait que... J'ai commencé à lire ses archives parce que... il fallait que je fasse quelque chose, qu-que j'essaye quelque chose. Je ne comprenais pas trop de quoi il était question au début, et puis j'ai commencé à voir de quoi ils parlaient. C'était... des expériences sur des morphes, et puis je me suis souvenu de ce que tu m'avais dit sur le passé d'Iza. Mais j'ai trouvé son dossier bien plus tard, il n'y avait pas énormément d'informations dedans parce qu'il disait qu'elle était porté disparu et qu'elle avait prise avec elle la grande majorité de son dossier. Je suppose qu'ils en gardent aux labos, parce qu'ils ne sont pas situés au même endroit, ou je ne sais pas, le sien avait été emmené là-bas pour je-ne-sais quelle raison... Et après en continuant mes recherches, j'ai découvert qu'ils travaillaient avec le gouvernement. Donc... ce n'est pas comme si ça allait me permettre de les... dénoncer mais... Ce type, Parsons, il faisait aussi certaines choses qui lui était strictement interdites, de son côté. Je ne pense pas qu'il se risquerait à laisser ce genre d'informations être divulguées parce que ça lui coûterait très cher. Peut-être la vie. »
Il releva la tête et se mordit la lèvre, attrapa timidement une frite dans laquelle il croqua avec hésitation. « Je ne sais pas si c'est vraiment sensé, ce que je raconte, je suis désolé. »
Son regard se perdit dans le vide, et Benedikt se redressa brusquement, horrifié à l'idée de se remettre à pleurer. Il se raisonna silencieusement et attrapa un hamburger où il prit une bouchée qu'il avala comme il pouvait. Oh, c'était quand même délectable d'avoir de la nourriture en chemin vers son estomac. Ce dernier semblait être bien d'accord.

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Re: À l'abri

Messagepar Vrass Rannveig » 10 Mar 2013, 02:16

Cela n'avait pas trop d'importance ce qu'il pouvait dire ou non. Et il est vrai qu'à mes yeux, ce qu'il racontait n'avait aucun sens, mais je préférais le laisser parler, un peu comme lorsque le poison s'échappe peu à peu du corps, je tenais à ce qu'il laisse tout ça s'échapper peu à peu de son esprit. Il était question d'Iza, et heureusement, la morphe chienne ne comprenait pas grand chose non plus, à ses yeux, ceux qui lui avaient fait du mal étaient déjà loin et ne pouvaient plus l'atteindre depuis qu'elle était avec moi, dans son esprit, ce genre de chose est trop abstrait pour qu'elle vive dans une crainte constante qu'ils la retrouvent. Je lui avais promis qu'elle serait en sécurité, ça lui a suffit.

Mais le gosse attendit qu'elle descende tout de même pour poursuivre et je picorais quelques frites tout en l'écoutant le plus attentivement possible. Je regardais les documents en question, et selon moi, je devais les mettre avec ceux d'Iza. C'était ce qu'il y avait de plus sûr à l'heure actuelle. Puis au bout d'un moment, je le voyais se taire pour manger et c'était probablement ce qu'il avait de mieux à faire pour le moment, mais je venais poser ma main sur sa nuque avant de me souvenir qu'il portait une trace d'hématome à cet endroit et je venais donc seulement la poser sur son épaule
«On va garder tout ça en lieu sûr, juste au cas où. Et puis... on va prendre certaines dispositions pour que ce genre de choses n'arrivent plus.» - je pensais notamment à cet achat des perles jumelles. Ce n'est pas comme un téléphone non plus, mais au moins c'est petit, discret, et on peut sentir la présence l'un de l'autre. Et je pense qu'avec un peu d'entraînement on pourra même réussir à sentir où l'autre se trouve si besoin. Faudra juste que je lui fasse le tatouage du bourdon, mais on a le temps d'y réfléchir de toute manière, mais pas trop longtemps non plus car on ne peut pas savoir quand la prochaine tuile nous tombera dessus.

Je mangeais à mon tour mon hamburger, puis je sifflais le soda avant de ranger les déchets dans le sac en papier puis me lever pour aller me laver les mains. Une fois dans la salle de bain, je venais l'attraper par les épaules pour qu'il me regarde, je restais quelques secondes ainsi, mes yeux plantés dans les siens avant de ramener mes mains sur ses joues et l'embrasser avec une tendresse assez rare chez moi. Puis je le serrais dans mes bras, enfouissant mon nez dans ses cheveux tout en y glissant également mes doigts
«Tu m'as manqué... je suis désolé de ne pas t'avoir retrouvé plus tôt...»

Je restais ainsi quelques secondes, je savais qu'il ne m'en voudrait pas, qu'il serait déjà bien heureux que je l'ai retrouvé tout court et pourtant, j'aurais aimé que personne ne lève la main sur lui. Si j'avais su qu'il avait été ainsi maltraité, ce Parsons serait mort et peu importe si j'avais du me retrouver avec ma tête placardée sur une affiche! Je reculais alors pour poser ma main sur sa joue et lui faire un signe de tête pour désigner la chambre
«Allez... on devrait dormir, on en a tous les deux besoin.» - c'était le cas de le dire. Je venais l'entraîner jusqu'au lit et je m'allongeais le premier, tendant le bras pour qu'il vienne se pelotonner contre mon flanc. Sa présence m'avait tellement manqué que je n'avais pas fermé l'œil depuis qu'il avait disparu. J'allais pourtant devoir m'y habituer car après tout, avec son boulot à l'herboristerie, il n'était pas dit qu'il puisse dormir tous les soirs avec moi, mais oui là... avec l'inquiétude, je n'avais pas pu fermer l'œil et je sentais que dès qu'il serait contre moi, je me mettrais à ronfler comme un bébé...

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Re: À l'abri

Messagepar Benedikt » 10 Mar 2013, 17:40

« Tu n'as pas à t'excuser. »
La réponse du botaniste fut dite presque sèchement, mais la façon dont il se blottit dans les bras du tatoueur montrait le contraire. C'était déjà miraculeux qu'il l'ait retrouvé, comment pourrait-il lui en vouloir ? Comment avait-t-il su, d'ailleurs ? Benedikt se souvint des lettres des laboratoires qu'il avait laissé chez lui et décida de s'en tenir à cette explication. Il n'avait pas envie de demander maintenant, simplement de retrouver la sensation familière et accueillante des mains du tatoueur qui glissaient dans ses cheveux et de son visage enfoui contre lui. Plus ou moins conscient d'avoir l'air un peu déconnecté de la réalité depuis qu'ils étaient rentrés, le botaniste n'avait pas envie de voir Vrass s’inquiéter, et déposa un nouveau baiser sur les lèvres de ce dernier.
« C'est rien, de toutes façons, tout va bien, maintenant. » chuchota-t-il, et il sembla un instant vouloir rajouter quelque chose, avant que la honte ne le fasse taire des paroles trop naïves et sentimentales. Benedikt lui accorda plutôt son premier sourire, déterminé tant bien que mal à croire à son mensonge. Il pouvait au moins penser qu'il avait ce qu'il estimait indispensable, et c'était déjà ça.

Il se laissa emmener au lit, bien trop heureux à l'idée de pouvoir fermer les yeux sans crainte. Durant les derniers jours, il n'avait dormi que quand l'épuisement avait réussi à l'assommer, et Benedikt, le nez dans les draps, bénit soudain Iza et sa lessive parfumée. Le botaniste se glissa sous les couvertures une fois que Vrass eut fini de s'installer pour se blottir contre lui comme à son habitude, plus plante grimpante que dormeur respectant les notions d'espace vital. Il eut pourtant du mal à s'endormir, contrairement à celui dont les ronflements légers prouvait la béatitude à peine cinq minutes plus tard. Pendant un long moment, Benedikt resta observer les ombres qui dansaient au plafond à cause de la faible lumière qui réussissait à percer à travers les stores de la fenêtre. Les enseignes en train de clignoter dans la rue, les voitures qui passaient occasionnellement, peut-être la lune et les lumières de la Basse-ville, au loin ; c'était assez absorbant pour l’hypnotiser et l'empêcher de se perdre dans des réflexions qui n'étaient pas la bienvenue. Le spectacle le berça jusqu'à ce que ses yeux se ferment sans qu'il ne s'en rende compte.

Pourtant, le lendemain, il y avait de la revanche dans l'air, et midi passa sans que le botaniste n'ouvre un œil. Il s'était bien réveillé plus tôt dans la matinée, mais Vrass dormait encore et il s'était contenté de se retourner avant de se rendormir quelques minutes plus tard. Il avait bien le droit à une grasse matinée, non ? Même si vu l'heure, ce n'était plus vraiment de matin qu'on parlait.

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Re: À l'abri

Messagepar Vrass Rannveig » 10 Mar 2013, 23:47

Je savais qu'il lui faudrait du temps pour se remettre de tout ça, qu'il nous faudrait du temps en réalité, mais on y arriverait. Je m'étais allongé de façon à se qu'il puisse se lover contre moi, et dès que je sentis sa présence sur mon flanc, je réussissais à m'endormir, profondément apaisé de l'avoir ainsi dans mon lit. Je ne mis donc pas beaucoup de temps à m'endormir, et évidemment à ronfler. Je ne pouvais pas savoir que le gosse n'allait pas faire de même tout de suite, j'aurais aimé que ma simple présence suffise mais de toute évidence il était encore trop traumatisé pour cela il faut croire.

Le lendemain matin, il était encore collé à moi et visiblement bien endormi, je levais les yeux vers la fenêtre, il devait pas être loin de midi et j'étais étonné qu'il soit encore là en fait! Il était du genre lève tôt en temps normal et s'était donc toujours réveillé avant moi, mais je n'avais pas le cœur à le tirer du sommeil pour le moment, aussi je me mettais seulement de côté pour l'observer en train de dormir. Je le regardais, admirais son air si paisible à présent après ce qu'il avait vécu, puis lorsqu'il ouvrait enfin les yeux, je lui souriais avec un certain amusement
«Alors la belle au bois dormant!» - je le laissais s'étirer un peu, et une fois la connerie passée, je venais l'embrasser doucement avant de frotter mon nez au sien - «plus sérieusement... comment tu te sens?»

Je baissais les yeux sur son ventre où je voyais encore les marques de coups. Je me demandais comment il se les était faites, est-ce que c'était seulement lors de son enlèvement? Est-ce qu'ils l'ont frappé parce qu'il ne donnait pas les bonnes réponses? Je ne suis pas doué pour savoir de quand date un bleu juste à le voir, et je n'allais pas lui poser la question de toute manière. Vu l'heure, c'était un peu bête de songer à un petit déjeuner, aussi je venais passer doucement ma main sur son front pour en retirer quelques mèches de cheveux bouclés avant de baisser les yeux sur lui
«Tu sais quoi? Si tu me préparais une ratatouille pour ce midi?» - je savais que le fait de me faire manger des légumes lui faisait plaisir. Je me disais qu'ainsi il se rendrait compte qu'il était bien de retour à la maison, chez lui d'une certaine manière... je déposais un baiser sur son front avant de lui sourire - «et tu sais quoi? je crois qu'on va se lancer dans notre petit tour des auberges de Nideyle. On pourrait commencer par Balaïnes? Ça nous rappellera de bons souvenirs...» - n'était-ce pas là qu'on avait passé notre première nuit ensembles? Je ne savais plus si je l'avais conduit chez moi ou si c'était là bas, en tout cas c'était agréable comme ville et surtout loin de la Basse Ville et de ses dangers...

J'attendais de voir ce qu'il pensait de ce petit programme, mais je me disais que ça lui ferait du bien de s'éloigner un peu de tout ça non?

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Re: À l'abri

Messagepar Benedikt » 11 Mar 2013, 03:28

« Ça va... » Un énorme bâillement suivit la réponse, et Benedikt s'étira avec application, révélant une grande parcelle de ventre que Vrass regarda avec désapprobation. Le botaniste tira immédiatement sur son t-shirt, un peu gêné, un peu endormi, mais aucune réflexion ne suivit. Une autre question, en revanche, à propos de leur repas de midi, fut d'autant plus surprenante.
« Mais... Tu n'aimes pas ça. » fit remarquer le botaniste, de grands yeux désemparés cherchant la raison forcément derrière le carnivore invétérée. Mais bon, après tout, allait-il refuser une proposition aussi remarquable ? Il n'aurait sûrement pas la chance d'en profiter tout les jours. « Enfin... Oui, si tu veux. J'aimerais beaucoup. »
Il laissa Vrass l'embrasser sur le front avant de l'amener contre lui, déposant deux ou trois baisers sur ses épaules et dans son cou alors que la torpeur de son sommeil disparaissaient progressivement.
« J'aimerais énormément. » souffla-t-il avec un sourire doux après avoir écouté la deuxième proposition présentant des vacances bien sympathiques. « On pourrait même aller dans la même auberge que celle où on était passé, juste pour voir la tête de la fille qui nous a tendu les clefs avec un air choqué. Je parie que c'était la première fois qu'elle voyait deux mecs s'embrasser, alors on pourrait lui rafraîchir la mémoire ? »
Le souvenir des derniers jours était plus diffus maintenant qu'il s'était réveillé dans la boutique de tatouage, dans un lit moelleux et aux côtés d'un winghox qu'il portait dans son cœur, reposé et affamé naturellement comme on l'était avant le petit-déjeuner. La journée semblait tellement belle qu'il lui était facile de repousser les mauvaises idées au fond de son esprit, comme si cela n'avait été qu'un simple rêve. Benedikt profita encore un peu d'avoir carte blanc pour tripoter le corps caramel de Vrass, avant de se relever. Il troqua son t-shirt contre un pull et passa dans la salle de bain faire un brin de toilette, puis emmena le tatoueur au rez-de-chaussée.

Vrass n'avait pas grand-chose à faire puisque Benedikt était sensé faire la cuisine, mais celui-ci espérait qu'il resterait pour lui faire plaisir ; c'était plus agréable de l'avoir près de lui. Pour l'occuper, il commença à bavarder à propos de ce qu'ils pourraient faire dans le Nord, et puis, entraîné par l'enthousiasme et par le sentiment délicieux de bonheur qui l'absorbait, il fouilla dans les placards à la recherche d'un livre de cuisine. Il y en avait effectivement un, sans doute utilisé par Iza lorsqu'elle était arrivé, et c'est grâce à lui que lorsqu'un plat de ratatouille se retrouva au chaud au four, Benedikt commença une toute autre recette, celle d'un moelleux au chocolat. C'était le gâteau que préférait Vrass, n'est-ce pas ? Vu tous les légumes qu'il allait avaler, il avait bien le droit à une compensation.

Benedikt cassait des œufs dans un saladier déjà rempli de farine et de sucre quand ce fut l'heure des infos à la radio. (En réalité, il cassait plutôt ses œufs dans une coupelle, enlevait tout les petits morceaux de coquilles tombés avec, puis les mettait dans son saladier, mais chuuut.) Jusqu'à ce que la présentatrice annonce une intrusion au sein des laboratoires Deilofd, rajoutant quelques détails qui furent aussitôt oublié par le botaniste dès lors que la voix d'un certain Monsieur Parsons envahit la petite cuisine. L'homme interviewé était en train d'expliquer qu'il n'y avait aucun cas de s’inquiéter puisque la situation avait été parfaitement maîtrisé, que rien n'avait été volé, ni personne blessé, et Benedikt aurait dû apprécier de telles nouvelles. Après tout, cela signifiait au moins qu'il n'avait pas mis sa tête ou celle de Vrass à prix dans l'unité policière de la Basse-ville, ce qu'il aurait pu très bien faire. Mais le botaniste eut seulement l'impression que l'intérieur entier de son ventre se retournait. Il se jeta sur la radio posée sur le plan de travail et appuya d'un coup sec sur le bouton on/off, laissant retomber un silence tendu dans la pièce. L'envie de violence qui le traversait l'empêchait de bouger, et Benedikt resta immobile sans oser se retourner vers le tatoueur.

« Tu as déjà joué à un jeu qui s'appelle un, deux, trois ? » finit-il par articuler lentement. Son regard noir se planta dans celui vairon derrière lui alors qu'il changeait enfin de position, appuyant son dos contre le rebord du plan de travail.
« Les règles sont simples, on pointe un flingue sur toi, on compte jusqu'à trois, et on tire sur toi, ou tout près de toi. Il faut bien sûr avant qu'on t'ait fait croire qu'on avait plus besoin de toi puisque tu ne voulais pas aider. C'est là tout l'amusement, chaque fois que tu entends le bruit d'une balle traverser quelque chose, tu passes les secondes suivantes à chercher à savoir si tu es encore vivant ou non, s'il te reste quelques minutes ou si tu as encore des chances de t'en sortir. »
Benedikt fit volte-face brusquement et retourna à sa cuisine avec des gestes secs et maladroits qui trahissaient l'assurance factice de sa voix.
« J'ai mis un certain temps à m’apercevoir qu'ils ne me tueraient pas pour le moment, et que c'était surtout un moyen comme un autre de m'aider à répondre à leurs questions. » rajouta-t-il finalement d'un ton amer.

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Re: À l'abri

Messagepar Vrass Rannveig » 11 Mar 2013, 15:38

Voir cet enthousiasme dans les yeux du gosse à l'idée que j'allais manger de la ratatouille valait bien le fait de braver le goût détestable des légumes le temps d'un repas. Et puis, la ratatouille avait le mérite d'avoir tout de même beaucoup de tomates et comme c'était l'un des rares «légumes» que j'appréciais, je me mettais à prier pour qu'il en mette une dose raisonnable pour masquer le goût du reste.

Mais d'abord, il fallait se lever, se laver un peu et s'habiller, mais il ne semblait pas motivé, pas tout de suite du moins et profita donc de quelques caresses et étreintes rassurantes avant de finir par bondir hors du lit. Je ne pouvais m'empêcher de sourire à le voir ainsi, c'était déjà mieux qu'hier et je me levais donc doucement pour enfiler un bas de pantalon et un t-shirt. Si nous devions aller à Balaïnes, j'allais devoir mettre plutôt le pantalon de vieux cuir et la chemise en lin pour me faire un peu moins remarquer. Mais cheveux rouges et mes cornes étaient déjà suffisants pour que je sois visible à des kilomètres, pas la peine d'en rajouter avec une tenue extravagante à base de jean' te de t-shirt synthétique.

Lorsque Benedikt sortit de la salle de bain, j'en profitais pour prendre les documents que je comptais ranger dans le coffre fort en bas. Je fouillais dans un tiroir afin d'attraper l'agrafeuse pour les accrocher ensembles et ainsi ne pas risquer que ça s'éparpille partout puis je passais près du comptoir pour soulever le panier d'Iza qui cachait la fameuse trappe où j'avais caché le coffre fort. Le code n'était pas compliqué pour moi, il s'agissait d'un numéro de plaque d'immatriculation de la première voiture que j'ai vue en arrivant à la Basse Ville, ça m'avait tellement marqué et choqué que j'avais retenu les numéros avec une facilité déconcertante, et c'était donc impossible, même pour quelqu'un qui me connaissait bien, de trouver les numéros par hasard de cette manière puisque finalement, ils ne se rapportent en rien à moi.

Une fois dans la cuisine, je m'installais à la table après avoir actionné la machine à café pour m'aider à me réveiller un peu quand même. Le voir s'affairer à préparer le repas avait vraiment quelque chose de réconfortant et j'allumais donc la radio pour l'ambiance. Pour le moment, il n'y avait que de la musique, mais alors qu'il se lançait dans la préparation d'un gâteau au chocolat - miam - les informations passaient et il était alors question de notre évasion d'hier! Je commençais à me lever pour éteindre, mais lorsque j'entendis la voix de l'autre fouine à la cervelle de moineau, je m'arrêtais pour écouter. Il n'avait pas intérêt à nous avoir balancé sinon il allait se retrouver dans une mare de boue des ghettos avant même d'avoir eu le temps de boire son café ce matin! Ou ce midi on s'en fout. Mais non, il ne parlait pas de nous et ne mentionnait même pas le vol des documents.

Si ce point aurait du me soulager, je voyais que ça avait rappelé de mauvais souvenirs au gosse qui coupa rapidement le son avant de me parler d'un «jeu» auquel ce connard s'est livré sur lui pendant qu'il était séquestré là bas! Je fronçais les sourcils avant de me lever brusquement et poser mes mains sur l'une de ses épaules pour le forcer à se tourner vers moi et le prendre dans mes bras. J'avais envie de tuer ce connard de mes mains à présent que je réalisais tout ce qu'il lui avait fait subir, et probablement que Benedikt devait sentir que je tremblait. Avait-il vu le sac de frappe défoncé à l'étage? Preuve que j'avais essayé de me calmer comme je pouvais pendant son absence? Peut être, ou pas... après tout il est dans le coin avec quelques vêtements et bandages à côté.
«Cet enfoiré ne s'approchera plus de toi.. s'il essaie, cette fois, je le tuerai et crois moi, je le ferai.» - peu importe d'avoir les mains sales quand c'est pour tuer ce genre de type. Je préfère aller en tôle en me disant que j'ai rendu service à la société plutôt que le laisser continuer à faire ce qu'il veut de la vie des gens.

Je reculais alors pour poser mon front contre le sien tout en caressant sa joue, puis je soupirais doucement
«Ces vacances vont nous faire du bien. Si on discutait un peu de l'itinéraire?» - après tout, avec ma perle, on pouvait choisir soit de prendre le train, soit de se téléporter directement. Je pense qu'on pouvait commencer par Balaïnes comme il l'avait suggéré en retournant dans la même auberge que notre première fois, puis prendre le train jusqu'à Aspasie, y passer la nuit avant de filer à Ephtéria. Je ne sais pas encore s'il voudra aller à Guttenvald, mais dans ce cas on utilisera ma perle par contre, ensuite Banba - le train sera trop long, donc la perle sera surement aussi utile

«Tu as déjà été à Ohime Quinah? C'est une ville dans le désert... les habitants sont un peu bizarres, mais pas méchants au fond... en revanche il y fait super chaud, tu voudras peut être te faire le tatouage du flocon de neige avant?» - proposition comme une autre après tout. Mais je me dis que ce serait sympa aussi!

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Re: À l'abri

Messagepar Benedikt » 12 Mar 2013, 02:24

« Je ne veux pas que tu le tues, Vrass, je veux que quelqu'un lui fasse tout ce qu'il a osé faire à d'autres, qu'il se rende compte du mal qu'il a fait, et que ce soit la honte et la culpabilité qui le tue. » répondit sèchement le botaniste, le visage bloqué dans une expression étrange, à mi-chemin entre la colère et l'indifférence.

Benedikt essaya mollement de repousser le tatoueur, avant de se laisser aller et d’appuyer sa joue contre son torse avec un soupir. « Désolé... » rajouta-t-il brusquement quelques instants après en fermant les yeux, s'obligeant à calmer sa colère floue.
Le botaniste se doutait bien que sa disparition n'avait pas été une partie de plaisir non plus pour Vrass. Il avait eu l'air bien épuisé le jour précédent, l'état de ses mains et bien d'autres détails pouvaient en témoigner. Mais il n'avait pas vraiment envie de lui demander ce qui s'était passé durant son absence, du moins pas pour l'instant. C'était déjà assez difficile de tenter de faire comme si de rien n'était.

Son front contre celui du tatoueur, Benedikt lui lança un regard penaud et fit un murmure d'approbation quand le sujet des vacances fut à nouveau abordé, lui offrant un changement de conversation souhaitable. Le botaniste bénissait la perle de Sayah à cet instant. Sortir dans les Ghettos ou la Basse-ville aujourd'hui semblait tout simplement être impossible, et Benedikt n'avait pas du tout envie que Vrass s'aperçoive de sa récente peur irrationnelle. Il pouvait s'arranger pour trouver des excuses un jour, mais deux ou trois, ou quatre ? Païlandune, et tout ce qui se trouvait loin de l'état Atlante en général, seraient des endroits sûr où il ne risquerait pas d'entendre la voix de cette fouine et où rien ne lui rappellerait ce qu'il venait de se passer. C'était probablement le meilleur moyen d'oublier.

« Je... je crois que j'ai entendu parler de Ohime Quinah une fois... par des saltimbanques, c'est tout. Ça me ferait plaisir de voir ça. » Il n'y avait pas trop d’inquiétude à avoir quand il s'agissait d'une ville inconnue pour Benedikt, on était parfaitement sûr de l'enthousiasme qui accompagnerait sa découverte. « Par contre, pour le tatouage du flocon, heu... Je ne veux pas être vexant, mais moi, je trouve un peu contre-nature ces trucs-là, tu sais... Je veux dire, je sais que je ne me rendrais pas compte du danger s'il y en a, avec un tatouage pareil. J'aime bien sentir le froid et le chaud, je ne sais pas... je crois que ça me manquerais. Je suis sûr que je m'en sortirais très bien là-bas, au pire j'aurais un peu trop chaud, tant pis... »
Benedikt prit le visage de Vrass dans ses mains et y déposa un baiser léger, puis reprit sa cuillère en main. « Si tu ne me lâches pas jusqu'à ce que j'ai fini la recette, tu auras le droit de lécher le saladier... » murmura-t-il, même si sa technique pour garder le tatoueur contre lui était contestable, mais il n'avait pas le courage de le demander clairement.
Il rajouta le bol de chocolat qu'il venait de faire fondre dans sa préparation ; l'odeur au moins laissait présager de bon résultats.
« Pour l'itinéraire, on pourrait commencer par Balaïne puisqu'on vient d'en parler, mais pour le reste, je te laisserais bien décider. J'essayerais de deviner la ville où on sera chaque fois qu'on atterrira quelque part en moins de deux minutes, et si je perds, je te dois un gage, ça te dirais ? »

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Re: À l'abri

Messagepar Vrass Rannveig » 12 Mar 2013, 13:17

Sa réaction face à l'idée de faire de moi un assassin n'avait rien de surprenant, et pourtant je trouvais son idée presque plus cruelle que la mienne, mais ce n'était pas une mauvaise idée. Le pointer d'un pistolet en comptant jusqu'à trois avant de tirer sur lui ou à côté serait assez amusant à mes yeux, mais je gardais cela pour moi. Je le maintenais contre moi pour le moment, laissant mes doigts glisser dans ses cheveux alors que je le sentais perdu dans ses pensées. Je lui parlais alors de notre programme et surtout d'Ohime Quinah. Il n'y était jamais allé, mais visiblement aspirait à s'y rendre, je venais donc hocher de la tête pour lui signifier simplement qu'on irait.

Sa remarque concernant les tatouages qui protègent du chaud et du froid eut de quoi me faire sourire. Il est vrai que je regrette un peu désormais de me les être faits, et comme il me reste un peu de crème de Técol, je vais voir au moins pour retirer le flocon de neige. Depuis que je suis avec lui, le fait de ne plus avoir chaud me manque. Surtout qu'avec ma carte de fidélité, Sayah me doit quelques produits pour que je me fasse un tatouage gratuit et il m'a également filé un pot de Técol. Autant en profiter. Je pense me faire le tatouage du chat, le fait de voir dans le noir pourrait être bien pratique de temps en temps.

Il me proposa alors de lécher le saladier si je ne le lâchais pas, aussi je m'exécutais. Restant dans son dos pour passer mes mains autour de sa taille, je m'amusais à voir s'il était chatouilleux en passant le bout de mon pouce contre ses flancs. Pendant qu'il continuait sa petite cuisine - ce qui m'obligeait à le suivre un peu partout dans la pièce, ce qui était amusant en soit mais peut être un peu ridicule - il me demanda l'itinéraire et je venais lever les yeux au plafond pour réfléchir
«Honnêtement, j'aimerais bien prendre un peu le train. Après tout, une fois qu'on aura passé la nuit à Balaïnes, on n'aura plus grand chose à y faire. On a déjà été à la plage, au port... on a déjà visité la ville. Donc autant prendre le train dès le lendemain pour aller à Aspasie? Ça nous laissera le reste de la journée pour visiter la ville et reprendre le train pour Ephtéria. Je pense que ce sera plus agréable puisque bon, pareil... on n'aura peut être pas trop envie de se balader dans cette ville?» - il y avait de mauvais souvenirs après tout. Utiliser le train nous permettrait de passer tout de même agréablement la journée, surtout que maintenant nous avions tous les deux les moyens de payer les billets. Et certains compartiments sont... bien isolés si on s'amuse à prendre en première classe! Ce serait amusant tiens de tenter l'expérience dans un train, j'ai jamais essayé.

«Après ça par contre, on utilisera la perle... tu veux aller à Guttenvald ou on la zappe celle la?» - ensuite, Banba puis Ohime Quinah. Je ne pouvais pas me permettre d'emmener le gosse à Windrakk ou à Yeillstrand, on se ferait tuer. Mais ça aurait ainsi de quoi nous occuper plusieurs jours après tout non?

Je finissais par déposer un baiser au creux de son cou, avant de remonter légèrement vers son oreille pour le faire frissonner, puis je lui murmurais doucement «J'ai un petit truc à faire. Je te laisse finir de préparer à manger, ensuite on prépare nos affaires et on file. Ça te va?» - j'avais le sentiment que plus vite on partirait, plus vite il se sentirait mieux. J'allais donc dans la pièce à côté où je fais mes tatouages en général, puis je sortais un petit paquet envoyé par Sayah. La crème de Técol avec un kit d'herbes pour le tatouage que je veux. Je me baisse pour regarder mes différents flacons, et il me reste une encre pour le chat, donc ça tombe bien.

Je m'approche d'abord du miroir en tenant le pot de crème dans mes mains, puis je penche la tête sur le côté en retirant mes cheveux, le petit flocon blanc est là, presque invisible malgré ma peau mate, et j'applique donc une couche généreuse dessus. Au bout de quelques secondes après un massage du bout des doigts, le tatouage disparaît et je baisse un peu les yeux pour voir si je ressens quelque chose. Après, je ne porte qu'un t-shirt donc normal que je n'ai pas chaud dans cette tenue, mais on verrait bien dans d'autres circonstances si ça a marché - sinon, il faudra que je «punisse» Benedikt pour publicité mensongère!

Je prenais ensuite le flacon pour le chat, et je réfléchissais à ce que j'allais bien pouvoir faire. Finalement, j'optais pour des formes tribales sur l'intérieur du bras, près de l'aisselle de façon à harmoniser avec celles que j'avais déjà. Ce genre de tatouage serait rapide à faire et je n'avais donc besoin que d'encre noire. Je préparais rapidement mon aiguille avant de me mettre à l'ouvrage. Je pouvais sentir l'odeur de la cuisine venir jusqu'à moi, et même si je savais que j'allais devoir bouffer des légumes, la perspective du gâteau au chocolat me faisait tout de même saliver.

Je n'avais pas besoin de plus d'un quart d'heure pour finir, un simple coup d'œil et j'étais satisfait. J'allais dans la petite pièce à côté où les clients se changent d'ordinaire pour fermer la porte et me retrouver donc dans l'obscurité. Ça avait marché! Une bonne chose de faite. Je revenais donc dans le hall pour voir que dans le colis que Sayah m'a laissé, il y a aussi un papier signifiant que je devais toujours venir récupérer ma monture. Banba me semble être le meilleur endroit pour trouver des bêtes de qualité, et comme c'est notre dernière étape avant Ohime Quinah, je pourrai peut être prendre un hiéras pour qu'on y aille en volant. J'allais devoir acheter pas mal d'équipements pour être sûr qu'il ne nous bouffe pas en chemin par contre, mais ça pourrait être bien sympa! Et au pire des cas, j'avais la perle pour nous téléporter si cette sale bête nous fait tomber en cours de route.

Finalement je reviens dans la cuisine, supposant à l'odeur que c'était bientôt prêt. Je m'approchais du gosse pour le prendre dans mes bbras et l'embrasser avec fougue, et je me rendais compte que j'appréciais de sentir la chaleur de sa peau contre la mienne
«Tu avais raison... avoir chaud, c'est bien en fait...» - je suppose qu'il allait comprendre de lui-même, car l'odeur de la crème técol est assez particulière. Je l'embrassais à nouveau avant de regarder la ratatouille qui mijotait «c'est bientôt prêt? Je meurs de faim!»

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Re: À l'abri

Messagepar Benedikt » 13 Mar 2013, 02:15

Benedikt se contenta de hocher la tête quand le tatoueur lui annonça qu'il allait revenir bientôt. Il n'avait pas précisé ce qu'il avait à faire et cela aurait pu lui donner quelques questions à se poser, mais comme il l'avait entendu s'arrêter juste derrière la porte de la cuisine, il n'allait pas s’inquiéter pour ça. Peut-être rangeait-il sa boutique avant qu'ils partent, ou quelque chose de ce goût ?
Le botaniste en profita pour respirer un bon coup et remettre ses idées en place. La cuisine était bien chaleureuse et rassurante, et il chantonna quelques chansons pour lui-même tout en finissant de préparer la pâte de son moelleux au chocolat. Rien ne pouvait tourner mal, n'est-ce pas ? Pas la peine de s’inquiéter de quoique ce soit, pas la peine de dramatiser.

Perdu dans ses pensées, le botaniste fut accueillit par le retour bien affectif de Vrass. Il lui retourna un baiser qui voulait rivaliser avec celui qu'il venait de recevoir, et puis les paroles qu'il entendit eurent de quoi l'étonner. Benedikt lui lança un regard un peu perplexe, est-ce que c'était un sous-entendu qu'il n'avait pas compris, ou...? Une odeur étrange attira soudain son attention. Ce n'était pas du tout l'odeur de Vrass, mais c'était sur Vrass ? Ça sentait... Les produits de l'herboristerie, est-ce que c'était lui ? Le botaniste renifla son pull, découvrit que non, c'était vraiment Vrass, renifla le sien et remonta jusque dans son cou, jusqu'à se mettre sur la pointe des pieds et soulever ses cheveux pour fourrer son nez dans le creux de son cou, derrière son oreille.
« Oh ! » Les pièces du puzzle se mirent en place et les yeux du botaniste s'agrandirent alors qu'il retombait sur ses talons. « Tu as enlevé ton tatouage du flocon ? Ce n'est pas à cause de ce que j'ai dit, j'espère... »
Un son clair retentit dans la cuisine et il contourna le tatoueur pour ouvrir le four et y mettre le moule à gâteau, puis se retourna sur Vrass en frottant son nez soudainement réchauffé contre le sien. « Tu verras, je vais te faire apprécier la chaleur. » finit-il par conclure en murmurant, riant légèrement.

Quelques minutes plus tard, Benedikt admirait la table où il avait disposé vaisselle et couverts, puis ajouté la nourriture qui allait avec dans les assiettes. Il ouvrit la porte du four pour vérifier que rien n'était en train de brûler, incapable d'attendre jusqu'à la fin, et laissa derrière lui une bonne odeur de chocolat. Puis se planta au milieu de la cuisine, poings sur les hanches et torchon encore dans la main.
« Pour quelqu'un qui ne sait pas cuisiner, je trouve que je me débrouille plutôt bien ! Non ? », montrant ostensiblement sa fierté. Il se mit à rire et se laissa tomber sur une chaise, piquant sur sa fourchette une tranche de courgette brûlante sur laquelle il souffla. « J'avais une amie à l'orphelinat qui avait l'habitude de dire que je ferais une bonne épouse plus tard, pour me faire enrager. Elle n'avait pas tort, finalement ! J'espère que tu retrouveras ma virilité avant que je me mettes à m'acheter des nouvelles robes ! Ah- Chest chaud. »

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Re: À l'abri

Messagepar Vrass Rannveig » 13 Mar 2013, 12:23

«Si, c'est un peu à cause de toi. J'avais envie de pouvoir sentir ta chaleur...» - j'affichais un air malicieux alors que je pouvais sentir que mine de rien, ça lui faisait plaisir. Je sentais sa bonne humeur revenir après cet épisode difficile à la radio. Il mettait le gâteau au four avant de revenir pour frotter son nez chaud contre le mien et je sursautais sur le coup en sentant la différence de température. J'allais devoir m'y réhabituer. Cela faisait plusieurs mois maintenant que je vivais constamment dans une température tiède, cela allait me changer désormais.

Le repas était finalement prêt, je regardais la ratatouille avec un petit soupir, il avait tout de même fait une belle côte de veau avec pour ne pas non plus que je ne me retrouve qu'avec des légumes, et il regardait donc le résultat avec ce petit air satisfait en manifestant tout de même un certain talent pour la cuisine
«La cuisine, c'est comme tout, ça s'apprend.» - comme la chimie d'une certaine manière, et s'il s'amuse à faire des expériences avec les plantes pour l'herboristerie autant que moi avec mes encres, donc il est plutôt normal qu'on arrive à se débrouiller. Mais il flottait dans l'air une bonne odeur de chocolat qui me donnait clairement envie de passer au dessert tout de suite, mais bon, il fallait d'abord faire honneur à sa cuisine et je m'installais donc à ma place.

J'allais attaquer directement la viande, mais finalement je prenais déjà une bouchée de ratatouille puisque c'était tout de même le plus compliqué à faire pour lui. J'étais plutôt content car je voyais qu'effectivement, il avait mis beaucoup de tomates pour que ça garde un côté sucré qui me plaisait mieux que le reste, et je finissais par sourire avant de lui faire un clin d'œil après avoir avalé ma bouchée - «Pas mal...»

Je ne pouvais pas dire objectivement que c'était délicieux vu que voilà, je n'aime pas les légumes, c'est plus fort que moi. Malgré tout voilà, ce n'était pas mauvais je devais aussi le reconnaître et j'allais donc soigneusement finir mon assiette, même si la plupart du temps, je prenais une bouchée de légumes mélangée à la viande! Lorsque j'eus terminé, j'affichais ce petit air innocent de garçon bien sage, ramenant mon menton dans ma main pour regarder le gosse d'un air malicieux
«J'ai tout fini, "chéri"!» - je pouffais de rire face à l'évocation qu'il puisse être une bonne femme au foyer! Je venais attraper son poignet pour le tirer vers moi afin de l'embrasser, faisant tourner la chaise de manière à me retrouver face à lui et me presser contre lui au point presque de le faire basculer en arrière... je me faisais bien entreprenant évidemment, mais je me contenais sachant qu'on devait bientôt partir - après avoir mangé le gâteau ! Mais je murmurais tout de même après avoir posé mon front contre le sien
«Et ne t'inquiète pas pour ta virilité, je sais très bien où elle est, et je lui en ferai voir de toutes les couleurs à Balaïnes!» - petite annonce de l'avenir très proche donc!

Je retournais sagement à ma place, le laissant se calmer un peu suite à cette provocation avant qu'il ne sorte le gâteau du four. Si j'avais du faire quelques efforts pour finir mon assiette de légumes, cette fois, je n'allais pas me priver!
«Tu sais quoi? On l'embarquera à Balaïnes» - dis-je en désignant le gâteau du menton - «ça nous fera un petit goûter chaque fois qu'on aura un petit creux!» - ce qui risquait d'arriver souvent vu ce qu'on prévoyait. Je mordais à pleines dents dans le gâteau avant de sentir une légère brûlure sur mon palais et je le lâchais alors sur le coup de la surprise

«Ouah!! C'est chaud!» - j'avais vraiment perdu l'habitude sur le coup et je venais pouffer de rire avant de finalement souffler un peu dessus pour pouvoir le manger. Il avait mis la dose de chocolat, c'était le cas de le dire et je me régalais de ce goût sucré et doux sur ma langue. Inutile de dire que ma propre bonne humeur était revenue elle aussi bien vite avec ce simple repas et je me prenais donc une autre part avant de me rendre compte qu'à ce rythme, j'allais tout manger. N'avais-je pas dit qu'il fallait en garder un peu? Je me retenais donc jusqu'à ce qu'on en ait mangé au moins la moitié et j'emballais soigneusement le reste. Puis je me tournais vers lui avec un sourire amusé sur le visage

«Allez, faut préparer les sacs! On devrait être parti une petite semaine je pense?» - peut être plus, peut être moins. Ça dépendrait du temps qu'on passe dans chaque ville. Je me dirigeais vers la caisse pour prendre de l'argent pour le voyage, autant pour payer des billets de train que pour les auberges et la nourriture. Ces derniers jours, j'avais fait pas mal de tatouages - histoire de m'occuper l'esprit pendant la disparition du gosse - donc la caisse était bien pleine et j'avais même pu payer le maçon pour qu'il commence la cour. Les travaux allaient pouvoir avancer pendant notre absence, les murs seraient surement dressés d'ici là et je pourrai alors chercher un charpentier pour le toit. Mais pour l'heure, il était temps de partir en vacances!

Vu que tu as terminé le DF pour ouvrir les rp, je te laisse faire un dernier poste ici et j'ouvrirai à Balaines ;)

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Re: À l'abri

Messagepar Benedikt » 13 Mar 2013, 18:41

« Oh, j'attends de voir ça, crois-moi. » répondit le botaniste, les joues rouges et un sourire en coin.
Il se releva pour sortir son gâteau du four, le démoula dans une assiette et coupa quelques parts avant de le poser sur la table, parfaitement sûr que Vrass voudrait se jeter dessus avec la tonne de légumes qu'il venait d'avaler. Sans prévoir que le tatoueur avait perdu l'habitude de faire attention à son pauvre palais maintenant sensible à la température. Benedikt le regarda protester en riant et étala ses jambes sur les genoux de la victime de sa cuisine, en profitant pour caresser ses cuisses du bout du pied sans aucune honte alors qu'il croquait précautionneusement dans sa part. La moitié du gâteau partit à une vitesse qui tenait en grande partie à la gourmandise de Vrass, puis celui-ci emballa le reste et annonça l'heure de faire les bagages.

Benedikt n'étant jamais parti en vacances, si on excluait les quelques journées qu'il avait passé avec Vrass ailleurs grâce à sa perle, il resta planté quelques secondes à regarder son vieux sac en cuir. Qu'est-ce qu'on emportait en vacances ? Quand le botaniste était sur les routes, ce qu'il y avait avec lui, c'était l'intégralité de ce qu'il possédait. Enfin, c'était à peu près la même chose, non ? La seule différence était que maintenant qu'il habitait à la Basse-Ville, il accumulait bien plus d'affaires, société de consommation et enthousiasme des découvertes aidant.
Benedikt finit par fourrer en vrac dans son sac des vêtements de rechange, quelques affaires de toilette, une trousse de secours remplie de ses propres mélanges et de ceux de l'herboristerie, son métallophone – il l'avait pas mal délaissé depuis qu'il connaissait Vrass, celui-là, mais quand même - et l'intégralité de sa fortune, avant de décider que c'était bien comme ça. De toutes manières, il ne pouvait pas mettre beaucoup plus dans ses bagages par manque de place.

« Suis prêt ! » annonça-t-il alors qu'il remontait à l'étage après avoir récupéré chaussures, manteau et écharpe au rez-de-chaussée – vu la façon dont Benedikt les jetait un peu partout chaque fois qu'il rentrait à la boutique, c'était toujours une petite chasse au trésor pour les retrouver -.
Si le botaniste avait troqué ses baskets en toile qui faisaient un peu trop « Basse-Ville » contre les bottes à lacets qu'il portait lorsqu'il voyageait encore dans le Nord, et qu'il n'avait pas été encore assez audacieux pour s'acheter des jeans, le manteau qu'il avait sur lui allait un peu jurer dans le paysage de Balaïne. Mais celui-ci était tellement plus chaud et confortable que l'ancien que Benedikt n'avait pu se résoudre à l'échanger pour quelque chose de plus approprié, et puis le bleu marine n'était pas si voyant, avait-il décidé. Oh, personne ne remarquerait rien.
Le jeune homme attrapa le col de Vrass pour l'incita à se baisser et l'embrassa pendant qu'il glissait sournoisement autour de son cou l'écharpe qu'il avait dans les mains.
« Il y a du vent, à Balaïne. Ah, et j'ai réfléchi, je préférerais qu'on saute Guttenvald, en fait, dans notre itinéraire. Enfin, pour l'instant, mais je n'aime pas trop cette ville... »

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