Patati et patata, toute la journée, ça n'arrête pas !

Bâtie après le crash de l'Atlas IV, c'est une ville complexe à la pointe des nouvelles technologies, futuriste, propre, et protégée par un Dôme d'énergie fort curieux.

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Patati et patata, toute la journée, ça n'arrête pas !

Messagepar Benedikt » 02 Juin 2012, 13:00

Benedikt rentra dans le vestibule feutré. L'endroit était exceptionnellement calme et il ne pu s'empêcher de marcher tout doucement pour ne pas troubler le silence qui régnait. On était en fin de matinée, un beau soleil brillait dehors et la petite fenêtre aux vitraux colorés renvoyait des tâches bleus, jaunes ou vertes à travers la pièce.
Parquet et meubles en bois noble indiquait que les affaires de Lawrence William Hayner marchait plutôt bien pour lui. D'ailleurs, le botaniste le savait avant de voir son cabinet, le psychologue pouvait se permettre d'engager quelqu'un pour s'occuper des tâches ménagères. C'était bien pour ça que le botaniste s'était retrouvé ici, non pour suivre une thérapie. Il n'avait plus de travail, et il devait bien trouver de quoi s’acheter à manger en attendant que les jardins de Bellevue finissent les travaux de reconstruction. Ce n'était sûrement pas son rêve de faire la poussière chez des inconnus - qui plus est psychologues, Benedikt ne savait que vaguement à quoi ce métier se rapportait -, mais tant pis, il n'avait rien trouvé d'autres comme annonce cette semaine.
Il fit quelques pas de plus et prit quelques secondes pour prendre une grande respiration, arranger ses vêtements et repousser les mèches qui lui tombaient sur le front.

« Bon, cette fois, je vais l'avoir, ce job ! » murmura-t-il pour lui-même.

Il frappa deux petits coups sur la porte et attendit qu'on lui dise d'entrer pour se glisser dans le bureau de Hayner.

« Bonjour ! Heu, je viens pour votre offre d'emploi. »

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Re: Patati et patata, toute la journée, ça n'arrête pas !

Messagepar Jonah Kes » 02 Juin 2012, 20:44

Merde, merde, merde !!!
L’homme traverse la ville au galop, sautant par-dessus les flaques d’eau et dérapant sur les plaques de boue – il a plu la nuit dernière. Il manque plusieurs fois rentrer dans des personnes lambda, bondit de côté pour éviter le parapluie d’une petite vieille, qui a bien failli entrer en contact avec ses tibias ! « Petit insipide ! » chevrote-t-elle en brandissant son arme alors qu’il détale en quatrième vitesse. Insipide ? Alzheimer a dû faire son nid dans le cerveau de cette mamie, mais Jonah n’a pas le temps de s’étonner du qualificatif.

Plus vite ! Avec un peu de chance il arrivera à temps, avant que l’occupant de la maison ne revienne ! A temps pour prévenir le Minkar, envoyé par lui piquer un "truc" chez un bourgeois de la Basse-ville qu’il faut déguerpir vite fait… Car il s’avère que le gars qui habite cette maison rentre chez lui plus tôt que prévu, et risque de ne pas trop apprécier le fait de trouver un voleur chez lui. La situation serait problématique : Jonah serait décrédibilisé chez les Minkars et ne pourrait pas demander leurs services pendant un moment.

« La rue des Roussettes, c’est celle-là j’crois… »

Toutes les rues se ressemblent, dans ce quartier ! Toutes pleines de grandes maisons cossues. Plus de plaques de boue dans le coin, le sol est tout goudronné. « Numéro 19. » Jonah prend à peine le temps d’observer la baraque, il note uniquement la porte en bois verni et les grandes fenêtres colorées – quelle idée, on n’est pas dans une église.

« Blam ! » La porte s’ouvre violemment sous la poussée de l’homme, qui débarque dans le hall en sueur et essoufflé. Sans perdre de temps, il se met à ouvrir des portes au hasard pour récupérer celui qu’il cherche. Mais à la place de ça, à la deuxième pièce, Jonah tombe nez à nez avec un jeune homme bien mis aux fins cheveux blonds, qui tend seau et serpillière comme une offrande à… ce gamin ?! Plaqué contre la porte, le trafiquant reprend son souffle qu’il vient de reperdre. C’est quoi ce bordel ?? Il essaie d’effacer cet air de loup aux abois de son visage. De toute évidence, il s’est gouré de maison, et ici, c’est l’agence pour les hommes de ménage, auquel postule ce petit botaniste… Hum…

« Bon… Bonjour, je suis désolé, j’ai couru, j’avais peur d’être en retard… »

Il jette un sourire éclatant à Benedikt, sourire toutefois contrebalancé par son regard noir à la « si tu la joue pas à ma façon j’te bute ».

« Moi et le p’tit Bloom, »
il se rappelait son nom, miraculeusement, « on bosse toujours ensemble : moi je mouille, lui il essuie ! »

Jonah hausse les deux sourcils à la fois et étire ses lèvres en un sourire dévorant vers Benedikt, avant de se retourner vers l’employeur, dans l’expectative.

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Re: Patati et patata, toute la journée, ça n'arrête pas !

Messagepar Lawrence William Hayner » 02 Juin 2012, 23:11

Désolé mais comme le mobilier que décrivait Benedikt n'était pas du tout dans le goût de William, j'ai dû filouter un peu ;)


La petite sonnette de l'entrée avait tinté dans son « bureau », et une ampoule avait clignoté juste au-dessus de la porte. Signaux auditif et visuel sans équivoque : quelqu'un venait de pénétrer la salle d'attente. Sa secrétaire avait eu sa journée et lui rassemblait dans un carton ses dossiers confidentiels et presse-papier porte-bonheur offerts par ses plus jeunes patients. Patients qui n'étaient pas censés se présenter aujourd'hui. William se redressa, un peu surpris. À moins que...? Cette irruption dans son future ex-cabinet ne pouvait signifier qu'une seule chose : de la main d'œuvre venait de se présenter ! Ravi et gorgé d'espoir, il eut à peine le temps de refermer un tiroir pour contourner le grand bureau de bois, que l'âme charitable venue à son secours frappait déjà.

« Entrez ! »

De jolies boucles brunes occupées à bondir sur une paire d'épaules entrèrent aussitôt, accompagnées d'un regard un peu inquiet qui intercepta le sien. Comme une série de diapositives, William y lut l'interrogation, l'espoir, l'inquiétude peut-être. Celui-là ferait un bon client pensa-t-il avec un sourire. Mais l'autre confirmait qu'il n'était là que pour l'offre d'emploi, aussi le psychologue se contenta-t-il de lui tendre une main amicale et chaleureuse.

« Bonjour ! William. Se présenta-t-il. Je vous remercie d'être venu. J'ai fini de rassembler mes affaires, si vous voulez bien m'aider à porter mes cartons jusqu'à mon nouvel appartement. »

Sur ce, il lui désigna le meuble ancien sur lequel l'ordinateur dernier cri faisait un peu tache. Pas moins de quatre cartons remplis à ras bord de dossiers et d'objets en tous genre leur tendait les bras, et pour montrer l'exemple, William en empila deux l'un sur l'autre qu'il souleva à bras le corps avant de se diriger vers la sortie. Il n'ouvrit les portes sur son passage qu'à coups de pieds, appuyant sur les poignées d'un coude hésitant, poussant parfois avec une hanche ou les fesses. En bas de l'immeuble, le gardien leur ouvrit en se précipitant au-devant d'eux.

« Vous allez nous manquer monsieur Hayner. Fit-il avec une pointe de regret dans la voix.
_ Vous pourrez me rendre visite André, ce sera avec plaisir. » Lui répondit William à la cantonade.

Une fois à l'extérieur, les deux hommes marchèrent une bonne dizaine de minutes avant d'entrer dans un nouvel immeuble. Pas de gardien cette fois, mais une femme de ménage qui les regarda entrer d'un air suspicieux. Deux étrangers dans son immeuble ? Et quoi encore ? Mais William ne se formalisa pas de cet air revêche et lui servit un sourire franc, se présenta, et lui demanda poliment de lui montrer le chemin car il était un peu perdu. C'était évidemment faux, mais faire en sorte que la vieille femme se sente indispensable lui assurait sa sympathie. Aussi, une fois dans son appartement que la femme de ménage eut la gentillesse d'ouvrir pour lui – trop encombré de ses cartons – il posa son fardeau à même le sol et s'étira en grimaçant. Sans mauvais jeu de mots, toutes ces confidences faites par ses patients pesaient lourd !

« Je vous sers quelque chose ? Je n'ai pas encore de réfrigérateur et je n'ai que du soda caféiné, mais c'est mieux que rien. »

Et sans attendre de réponse, il fila vers la cuisine pour en revenir avec deux verres remplis de bulles paresseuses qu'il posa sur la tablette de la cheminée moderne, puis disparut de nouveau vers une autre pièce. Lorsqu'il revint, un seau et une serpillère en main, la porte s'ouvrit à la volée sur un deuxième homme qui le fit sursauter. Déjà un voisin mécontent ? Mais ils n'avaient pas encore commencé ! L'air incrédule de William se changea pourtant en un sourire lorsqu'il compris que l'intrus venait également pour l'annonce. Maintenant qu'il y pensait, il ne seraient pas trop de trois pour tout récurer étant donné l'état de l'appartement. À croire que les précédents locataires ne connaissaient pas le sens du mot « hygiène ». Mais alors que le psychologue s'apprêtait à se présenter à ce nouveau volontaire, une phrase le fait éclater de rire.

« Ah ah ah ! Pardon... s'excusa-t-il, peinant à retrouver son sérieux. C'est que votre phrase était un poil tendancieuse tout de même ! Enchanté, William. Se présenta-t-il pour la seconde fois. Je vais nous chercher de quoi lessiver sol et plafond. »

S'essuyant les yeux après son fou-rire (« moi je mouille, lui il essuie », il fallait oser), il disparut de nouveau dans la salle d'eau à la recherche d'un balai brosse et d'un bidon de dégraissant surpuissant. Dans ce qui devait devenir sa future salle d'attente, le sol était recouvert de crasse. Jusqu'au plafond, des tâches d'on ne savait quelle sauce, des petits tas de miettes dans les coins et les marques claires des tapis sous lesquels le carrelage avait été miraculeusement épargné. La lumière du jour filtrait à peine à travers les carreaux rendus opaques par la saleté et obstrués de grands stores poisseux et poussiéreux. Sans parler des poignées de porte gluantes et des traces d'éclaboussure sur les murs. Oui, il y avait de quoi faire !

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Messagepar Benedikt » 03 Juin 2012, 01:19

Le botaniste fut surpris par l'accueil chaleureux de son employeur. Il ne s'y attendait pas du tout, en vérité. Était-ce parce qu'il était psychologue ? Bon, sans doute qu'on ne soignait pas les gens avec des problèmes en étant désagréable. Il n'empêche, un léger sourire apparut sur le visage de Benedikt. Il prit les deux cartons imposants en se tortillant un peu pour essayer de voir devant lui et suivit le dénommé William. Le botaniste se rappelait du nom inscrit sur l'annonce et se demanda pourquoi il s'était présenté avec son deuxième prénom. Il n'oserait pas poser la question, cependant, aussi il se contenta de déposer les cartons par terre avec soulagement - ils étaient plutôt lourds et ils avaient fait une petite marche avec - lorsqu'il furent arrivé dans son nouveau bureau. Celui-ci était tellement sale qu'on avait peine à croire que ce n'était pas fait exprès. Le psychologue lui offrit un soda et il lui rendit un regard reconnaissant en le remerciant.

« Il est vraiment... délicieux. Je ne pensais pas que c'était un adjectif qu'on pouvait mettre sur de réelles personnes. » pensa le botaniste en le regardant aller chercher ce dont ils avaient besoin pour commencer à travailler.

Ce fut le moment que choisit un homme pour débouler dans la pièce, tout essoufflé. C'était un visage au yeux bleus perçants dont Benedikt se souvenait très bien... Il ouvrit la bouche, son nez se plissa en accordéon, mais ne dit rien et laissa le trafiquant dérouler un mensonge à William, qui éclata de rire et se présenta à lui. Le botaniste ne comprenais en quoi sa remarque était drôle, ce qui le contraria d'autant plus qu'il était inclus dedans.
Dès que le psychologue disparut récupérer d'autres choses, Benedikt brandit sa serpillière en direction du trafiquant, les sourcils froncés ;

« Mais qu'est-ce que vous faites ici ? Est-ce qu'il y a quelque chose de particulier qui fait que vous vous sentez obligé de m'inclure dans tout le temps dans vos histoires douteuses ? Je sais pas ce vous faisiez mais je devrais vous dénoncer ! Vous n'avez pas intérêt à vous approcher de moi ou je... »
Il s'arrêta. Effectivement, ou... quoi ? Je vais vous poignarder avec le manche de mon balai ? Je vais vous noyer dans un seau d'eau savonneuse ? Benedikt soupira et baissa son arme, qui serait sans doute bien plus efficace pour nettoyer le sol.
« Vous avez vraiment l'intention de rester ici nous aider jusqu'à ce que tout soit propre ? »

Bien sûr, il n'y avait jamais réfléchi, mais maintenant qu'il se trouvait dans la situation, il lui semblais très étrange de penser à cet homme en train de nettoyer quoique ce soit. Ça n'allait tout simplement pas du tout avec son aura "mystérieuse/dangereuse". Il esquissa un sourire en imaginant l'homme avec un plumeau, dépoussiérant une bibliothèque.

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Re: Patati et patata, toute la journée, ça n'arrête pas !

Messagepar Jonah Kes » 03 Juin 2012, 19:37

L'horoscope du jour pour les Scorpions doit être positif, car le propriétaire de la maison a l’air d’avaler les couleuvres de Jonah sans rechigner – au contraire, il se marre même de la tournure de phrase employée. En effet, le trafiquant n’a pas trop réfléchi avant de causer, sur ce coup-là ! Le jeune homme blond s’éclipse alors, allant chercher du matériel de nettoyage, si l’on en croit ses dires.

Quoi qu’il en soit, à peine est-il passé dans l’autre pièce que le gamin aux boucles brunes se retourne vers son grand ami d’un air agressif, ne laissant même pas à Jonah le temps de placer un mot. Après l’avoir agoni de menaces peu probantes, le botaniste se calme un peu, repose la serpillière que dans sa fougue il vient d’agiter sous le nez froncé de Jonah, sans rien récolter de plus qu'un éternuement – les sortes de dreads grises de ce truc sont pleines de poussière. Le petit arbore un air plein de lassitude, qui se mue ensuite en une expression plus légère, presque amusée en vue du sourire qui erre sur ses lèvres. Il doit se dire que Jonah n'est pas trop à sa place ici.

Et en effet, celui-ci croise les bras en pesant le pour et le contre de la situation. Lui, homme de ménage ? C’est pas franchement son truc, je vous l’accorde ! Sauf pour faire rutiler des lames. Cependant, il n’a plus d’obligation, car il est certainement trop tard pour prévenir son voleur, et de plus il risquerait de se tromper encore de maison. S’il se barre comme ça, il aura l’air vraiment louche… Et puis, maintenant qu’il est là… Bah, ça fera toujours quelques ores en plus, et puis, et pourra convaincre Monsieur Bloom de ne pas tenter de le dénoncer !

« Il n’y a rien de douteux dans le fait d’aider ses concitoyens à dépoussiérer ! » Jonah se rapproche de sa cible enserpilliérée. « Et tu voudrais me dénoncer pour quoi ? Délit de propreté ? » Un sourire, plus naturel que les précédents – même si mesuré en sourire-jonah, ça reste pas très joyeux – s’inscrit sur son visage. Il sait que l’autre n’a rien de tangible contre lui.

« Et puis, si tu veux te battre, c’est pas très équitable. T’es armé, et moi pas. »

Leur "hôte" arrive alors, chargé de nouvelles armes. Le trafiquant se détourne de Benedikt – c’est bon, s’il avait voulu l’accuser de n’importe quoi, il l’aurait déjà fait, et maintenant il doit s’être rendu compte que ce serait inutile. Mieux vaut garder ses forces pour frotter, la tâche ne sera pas aisée ! Et très différente du quotidien de Jonah ! Celui-ci regarde un peu autour de lui, tout en prenant les ustensiles que lui tend l’homme aux traits fins.

« C’est pas gagné, pour virer toute cette crasse ! »

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Re: Patati et patata, toute la journée, ça n'arrête pas !

Messagepar Lawrence William Hayner » 03 Juin 2012, 22:34

De retour dans sa future salle d'attente, William proposa un lot surprise composé d'un balai, d'une pelle, d'une balayette et d'un sac poubelle à son volontaire de dernière minute. Un sourire aux lèvres, il observa brièvement les deux hommes. S'ils se connaissaient aussi bien et qu'ils faisaient souvent ce genre de boulot, alors ce serait vite réglé.

« Je ne vous le fait pas dire ! J'ai déjà nettoyé la cuisine à fond, ça m'a pris un week-end entier, et un week-end supplémentaire pour la salle de bain. C'est un bel appartement pourtant, mais les précédents locataires avaient un véritable problème avec l'hygiène. »

Tout en parlant, il se dirigea vers les fenêtres, retourna un seau vide, grimpa dessus, et entreprit de décrocher les stores.

« Si quoi que ce soit vous gêne vous décrochez, vous arrachez, et vous jetez. Le lustre par exemple... et sûrement la tapisserie aussi, mais je m'en occuperai plus tard. »

Et en effet au milieu du plafond étoilé de taches de graisse, un lustre en forme de grosse fleur aux pétales en plastique recouverts de trois centimètres de poussière les narguait. C'était un peu comme s'ils risquaient de tous mourir ensevelis au moindre éternuement... et William n'arrêtait pas de s'agiter, menaçant de déclencher une avalanche depuis le lustre. Brisant les lames des stores vénitiens avec son genou, il tassa le tout au fond d'un sac poubelle qu'il sortit sur le palier, et sans demander l'avis des deux autres, renversa un seau d'eau chaude d'un coup de pied négligent.

« Ça ira plus vite comme ça, au point où ça en est autant y aller franchement ! » Expliqua-t-il sur le même ton que s'il racontait une blague tordante.

Il ramassa ensuite un bidon de détergeant qu'il versa pur sur le carrelage, reboucha le tout et lança un sourire de défi à ses deux hôtes. Et maintenant moussaillons, il va falloir frotter !

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Re: Patati et patata, toute la journée, ça n'arrête pas !

Messagepar Benedikt » 04 Juin 2012, 00:43

Reculant de quelques pas pour éviter l'eau chaude qui tentait de se répandre malgré la saleté collante qui la ralentissait, Benedikt retroussa ses manches. Il laissa tomber sa serpillière dans la flaque de détergeant, puis se mit à quatre pattes et commença à frotter le sol avec aussi fort qu'il put. La crasse était terriblement ancienne et ils risquaient de devoir se battre pour la faire déménager.
Une main devant son visage pour éviter d'éternuer tout le temps, le botaniste se retrouva vite recouvert de poussière et autres choses assez gluantes auxquelles il ne préférait pas trop penser. Mais tant pis, une bonne douche l'attendait à la maison. D'ailleurs, ce fut avec une certaines fierté qu'il rendit la petite portion du plancher autour de lui d'une propreté sans doute jamais égalée depuis des lustres.
Il avait renoncé à se chamailler avec le trafiquant et avait décidé de jouer son jeu. Après tout, il n'avait pas un couteau sous la gorge et ne s'engageait à rien en passant sous silence sa présence non désirée. Et puis à trois, ils finiraient plus vite !
Il resta pensif quelques secondes devant le papier peint, hypnotisé par sa laideur presque agressive.

« Si je devais torturer quelqu'un, je le mettrais dans une petite pièce avec uniquement cette tapisserie-là sur les murs. » pensa Benedikt.

Puis il reprit son nettoyage, à genoux, prenant appui avec les deux mains sur la serpillière pour s'étirer le plus possible et revenir. La technique n'était peut-être pas très professionnelle - étant donnée qu'on était pratiquement étalé par terre la moitié du temps -, mais très efficace, et breveté maintes fois lorsqu'il était encore à l'orphelinat et qu'ils devaient nettoyer les salles communes.
Le botaniste se redressa un peu et tout en continuant de frotter, il tourna la tête vers William.

« Pardon si c'est indiscret mais... Ça consiste en quoi, exactement, votre métier ? Vous réglez les problèmes des gens ? »

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Re: Patati et patata, toute la journée, ça n'arrête pas !

Messagepar Jonah Kes » 05 Juin 2012, 21:37

Ah, plein d’eau par terre, volontairement renversée par le blondinet ! Jonah recule par réflexe afin d’éviter la flaque grandissante et parsemée de bulles minuscules, en vain car l'eau fini tout de même par l'atteindre. Il se retient de lui jeter un regard noir en réponse – ça lui ferait peut-être passer ce sourire triomphant ! « C’est idiot… Après tout, c’est moi qui leur ai fait croire que je suis ici de mon plein gré… » L’homme aux yeux clairs, cependant, balaie la pièce dégueulasse – du regard, il vaut mieux le préciser – et soupire. Non, la case Nettoyage de Printemps, il la sauterait bien... Ce n’est pas trop dans son goût, de passer des heures accroupi dans la crasse.

Benedikt, lui, semble ne pas avoir ce problème ! Il s’est aussitôt laissé tomber à quatre pattes sur le sol, comme un chien, et frotte avec un enthousiasme déconcertant tel une Cendrillon qui aurait changé de sexe. Bah, il faut de tout pour faire un monde, comme on dit… Jonah lève les yeux au ciel et attrape un coin de papier peint tout enroulé, qui ne demande qu’à se faire tirer dessus. Il se décolle très facilement, comme s’il n’était déjà plus en contact avec le mur… AH !
Le trafiquant fait un bond en arrière, saisi, et dérape sur le sol glissant. Il évite une gamelle monumentale en se raccrochant à l’épaule de Benedikt, et s’appuie sur lui quelques instants, de tout son poids, afin de reprendre son équilibre. En effet, il y avait de l’espace entre le papier peint et le mur… Un espace occupé par une colonie de cafard, qui a jailli comme un feu d’artifice repoussant, avant de disparaitre aussi sec derrière le rouleau de tapisserie d’à côté, tellement vite que lorsque les deux compagnons de Jonah lèvent les yeux de leur ouvrage pour voir ce qui l’a fait bondir ainsi, il n’y a plus rien d’anormal. C'est toujours comme ça.

« Des… des cafards »
, marmonne Jonah, tout en se disant qu’il laisserait le soin de s’occuper de la tapisserie aux autres. Brr… Les rats, les corbeaux, les serpents, tout ça ; rien à battre, mais la vermine ! ça lui donne des frissons. Enfin bon, n’importe qui aurait été saisi de découvrir toute une famille de bestioles grouillante à l’improviste !
Néanmoins, le trafiquant décide de s’éclipser dans la pièce d’à côté, bien que rien n’indique qu’il n’y ait pas d’insectes dans ces murs là aussi. D'ailleurs les deux autres ont commencé à discuter, et notre Jonah ne meurt pas d’envie de papoter avec eux.

Il se retrouve donc tout seul, dans un salon – ou plutôt, ce qui pourrait être un salon, et même plutôt accueillant, une fois débarrassé de ces innombrables tâches, moisissures, et autres choses innommables qui le redécorent.
Et là, Jonah, tel Wolf dans Pulp Fiction – appelé pour faire disparaitre toute trace d’un cadavre -, prend la pelle d’une main, la balayette de l’autre, les sacs poubelles entre les dents et lance un regard assassin à la ronde.

« Et maintenant, à nous deux… »

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Re: Patati et patata, toute la journée, ça n'arrête pas !

Messagepar Lawrence William Hayner » 06 Juin 2012, 18:36

William n'avait pas bougé. Déformation professionnelle ou pas, il observait ses deux volontaires d'un œil intrigué. Des deux, Benedikt lui semblait le plus ouvert, mais aussi le plus enthousiaste à la tâche. Il fallait bien l'admettre, il n'avait pas peur de se sali, au point qu'il se dévoua corps et âme au récurage du sol d'une façon bien à lui. Amusé, le psychologue le rejoignit et frotta à son tour en usant de la brosse du balai afin de désincruster le plus gros des taches. Le détergeant se mis alors à produire une quantité impressionnante de mousse, transformant la pièce en une gigantesque piscine à bulles. Mais loin de se laisser déconcentrer par ce spectacle, William continua son petit jeu d'espionnage. Du coin de l'œil, il surveillait le dénommé Jonah qui avait reculé devant la montée des eaux comme un frileux qui refuse que l'eau glaciale de l'océan ne vienne lécher ses orteils. Mieux encore, il fit un bond prodigieux après une tentative de décollage de papier peint, s'excusant aussitôt d'y avoir aperçu des cafards.

Pour toute réponse, le seul blondinet du groupe lui offrit un sourire et le laissa filer dans l'autre pièce pour se remettre de ses émotions. Si ces deux-là avaient l'habitude de travailler ensembles sur des ménages, alors lui il était Roi d'Ephtéria !

Et alors qu'il s'apprêtait à se lever afin de vérifier l'état psychique de son aide ménagère, une question de Benedikt déclencha un nouvel éclat de rire chez William qui renonça à changer de pièce.

« Ça ne fonctionne pas exactement comme ça... sourit-il en s'essuyant le front sur un bras. La plupart du temps je me contente d'écouter. Beaucoup n'ont besoin que de ça parce qu'ils n'ont pas vraiment d'amis à qui se confier, ou parce que certains secrets leur font honte... alors ils préfèrent les ébruiter auprès d'un inconnu plutôt qu'à leurs proches. Et puis parfois seulement écouter ne suffit pas. Dans ce cas, discuter devient nécessaire. Pour répondre à votre question, je ne résous pas les problèmes par magie. J'essaie... disons, de provoquer une réflexion que les gens n'auraient pas eue en ruminant leur problème tout seul dans leur coin. »

Le sol commençait enfin à ressembler à quelque chose, et pour dégrossir, William se leva pour passer un coup de serpillère rapide. Ça méritait un deuxième passage, mais beaucoup moins intense que le premier.

« Tout va bien Jonah ? » Demanda-t-il à la cantonade alors qu'il épongeait le sol.

Il baissa brièvement les yeux pour constater qu'il n'avait pas pris la peine de se changer. Son teinturier allait adorer !

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Re: Patati et patata, toute la journée, ça n'arrête pas !

Messagepar Benedikt » 06 Juin 2012, 21:19

Le trafiquant ne resta pas longtemps dans la même pièce qu'eux. Après avoir clamé une invasion de cafards, il fila ailleurs en emportant le nécessaire pour faire disparaître un peu la crasse environnante.
La réponse du psychologue plongea Benedikt dans la perplexité. D'abord parce que payer quelqu'un pour l'écouter lui semblait un concept assez étrange, et sans nul doute fait pour les gens riches - alors qu'il avait quelque part l'idée que les gens riches ne pouvaient pas avoir de problèmes, puisqu'ils avaient assez d'argent pour éviter les ennuis -. Ensuite parce qu'il lui semblait bien plus difficile d’avouer quelque chose de honteux à un parfait inconnu qu'à un ami. Mais conscient que ses connaissances dans ce domaine était plus que hasardeuses, et sûrement incorrectes, le botaniste ne se risqua pas à faire une remarque à propos de ça.

« Oui, je vois. Vous leur donnez des conseils ou vous les aidez à prendre des décisions, en fait. Et parfois, vous n'avez qu'à les écouter parce que c'est juste qu'il se sentent seuls. »

Benedikt, un peu gêné parce que sa réponse lui donnait l'impression d'être un idiot se remit aussitôt à frotter avec vigueur. Il ne dût cependant pas attendre longtemps avant de s’apercevoir qu'ils avaient réussi à nettoyer plus ou moins le sol. Il était temps, d'ailleurs, parce que la pièce commençait à devenir dangereusement mousseuse, et le botaniste n'était pas loin de penser qu'ils finiraient bien par voir passer un banc de sardines.
Il se releva et étira son dos avec un petit soupir de satisfaction - ce n'était pas très confortable, par terre -, puis il dirigea vers l'endroit où Jonah avait décollé une partie du papier peint.

« Il faut repasser encore une petite fois pour que ce soit vraiment propre, par terre, mais mieux vaut nettoyer tout le reste avant, ça risque de faire pas mal de saleté ! »

Là dessus, il tira sur un pan de la tapisserie, où la colonie de cafards, à nouveau dérangés de... leur activités de cafards, s'en alla offensée avec un bruissement rapide. Benedikt ramassa une des bestioles à la carapace luisante tombée par terre sur le dos, qui frétillait activement dans l'espoir de se remettre sur ces pattes. Il n'avait jamais eu peur qu'aucun insecte - et sa nature orphe n'y était sûrement pas pour rien -, mais les cafards n'étaient pas dans ses préférés, et il comprenait presque que la plupart des gens veuillent les exterminer.

« Hé, salut, toi ! » lança-t-il à celui qui tenait entre deux doigts, avant de se retourner avec William, « Je crois qu'il a raison, vous avez une belle invasion de cafards. »

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Re: Patati et patata, toute la journée, ça n'arrête pas !

Messagepar Jonah Kes » 06 Juin 2012, 23:37

Etrangement, être seul décomplexe pas mal Jonah dans ses activités d’homme de ménage ! D’une certaine façon, il prend cette tâche comme une espèce de défi personnel. La conscience de s’être ridiculisé face aux cafards et de s’être raccroché au seul truc accessible pour éviter de tomber – en l’occurrence, le cou de Benedikt – a entrainé chez lui le besoin inconscient de se rattraper, de montrer qu’il n’est pas une tapette et que, eh oh, il faut plus qu’un peu de saleté pour lui faire peur !

Notre homme viril a donc passé la vitesse turbo, et son efficacité accrue s’accompagne d’un boucan du tonnerre. Pas besoin de faire dans la dentelle, vu l’état de la pièce ! Jonah donne des grands coups de balayette un peu dans tous les sens, sur les murs, le lustre, les tableaux – ceux-ci sont cachés par une pellicule grasse si opaque qu’on arrive à peine à deviner le sujet de la peinture… un paysage, ou une femme-poisson à cinq têtes ? Dur à dire.

Mais pas le temps de s’occuper d’art, l’heure est plutôt au renversement de canapé ! Ben oui, pour virer tous les moutons qui sont en-dessous, et allez pas me dire qu’on peut tout aussi bien pousser le meuble. Pourtant, malgré son état de « Je vais éradiquer la crasse comme si elle avait tué mes parents », Jonah a un mouvement de recul lorsqu’il découvre les horreurs tapies sous le canapé. Parmi les occupants précédents de l’appart, il devait y avoir des gamins un peu turbulents… Du genre à cacher jouets, bris de verre ; mais aussi légumes et sous-vêtements sous le meuble… A tous les coups, c’est la même chose sous les lits ! « Yeurk », pense-t-il, sans que ça l’empêche de fourrer tous ces trucs putrides dans un sac poubelle, à mains nues.

Vu l’énergie que l’homme met à la tâche, l’assortiment de sacs qui lui avait été fourni est vite épuisé. Les bras pleins de tout ce barda, Jonah apparait dans l’encadrement de la porte, couvert de poussière grise des pieds à la tête et la chemise ouverte, juste à temps pour découvrir Benedikt penché sur une bestiole qu'il tient entre les doigts comme s'il allait la croquer.

« Je descends au local à poubelles balancer tout ça. »

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Messagepar Lawrence William Hayner » 09 Juin 2012, 19:19

William eut un sourire en écoutant le résumé que Benedikt se faisait de son métier. À vrai dire c'était beaucoup plus complexe, mais on pouvait résumer les choses ainsi, oui.

« Disons que je suis l'aiguillage qu'ils n'ont pas vu. Ensuite, c'est à eux de choisir où mène chaque chemin et lequel emprunter, et par quel moyen encore. C'est comme choisir de traverser la rue à pieds ou en char d'assaut, attentif ou les yeux fermés, au passage protégé ou n'importe où. Quant à se sentir seul, ma foi, je crois que nous le sommes tous lorsqu'il s'agit de souffrir. »

Là-dessus, les boucles brunes se levèrent pour s'étirer puis, comme pour se venger de l'affront que lui avait fait le sol, s'attaquer au papier peint innocent. Un grand lai se décolla de lui-même entre les doigts du jeune homme, mettant aussitôt à jour le nid de cafards qui avait fait fuir le grand ténébreux. Curieusement pourtant, Benedikt ne sembla pas s'affoler le moins du monde et cueillit l'un des insecte avec douceur avant de lui adresser la parole comme à son chat. Jonah réapparu au même instant, deux poubelles pleines à craquer dans chaque main, manifestement décidé à faire le ménage par le vide. William se précipita aussitôt pour lui ouvrir la porte.

« Moyennant un joli sourire, je pense que la femme de ménage du hall sera ravie de vous donner un coup de main. » L'encouragea-t-il.

Et avec la chemise ouverte en prime, elle ne pourrait pas résister, mais ça, il se garda bien de le lui dire. L'individu n'avait pas l'air de partager son sens de l'humour. Refermant la porte derrière lui, il se dirigea alors vers la cuisine et en revint avec un bocal vide.

« Inutile de faire un massacre, ces bestioles sont du genre à aimer la crasse. Ils partiront d'eux-même quand ils auront compris que leur habitat n'est plus à leur goût. Il lui tendit toutefois le bocal. Vous n'avez qu'à mettre ceux que vous attrapez là-dedans, on ira les lâcher ailleurs. Vous auriez vu ce que j'ai trouvé en faisant la cuisine. Se mit-il à rire aussitôt. Je voulais démonter les meubles pour nettoyer le mur couvert de je ne saurais même pas dire quoi d'ailleurs, et j'ai failli faire une syncope quand une colonie grouillante d'asticots a surgit du panneau de particules qui avait moisi ! Autant vous dire que tout est parti à la benne... Du coup je n'ai plus de cuisine, mais j'ai un frigo, pour les boissons. »

En parlant de boisson, il alla récupérer leurs verres et but quelques gorgées sans se presser. Le liquide sucré avait perdu de ses bulles, mais il n'en était que meilleur selon William qui pleurait chaque fois sous la violence de cette boisson pétillante... Corrosive aurait été un terme plus approprié selon lui ! Savourant sa pause syndicale, il attendait le retour de Jonah en se rappelant qu'il ne lui avait rien proposé à boire à lui. Et pourtant, il l'aurait bien mérité ! Son regard bleu posé sur Benedikt, il se demanda quelle sorte de relation les deux individus pouvait bien entretenir. Car il ne fallait pas être devin pour comprendre qu'ils n'avaient pas du tout l'habitude de travailler ensemble sur des ménages contrairement à ce qu'ils prétendaient...

« Et vous, vous faites quoi dans la vie ? Mis à part récurer des appartements plus sales qu'une soue à cochons bien sûr. »

Son regard accrocha le lustre en forme de pâquerette défraîchie, et sans attendre la réponse de boucles d'onyx, William se saisit d'un nouveau sac poubelle, décrocha l'objet d'un goût douteux et le fit disparaître de sa vue. À y repenser, il leur faudrait aussi descendre les rares meubles à avoir été abandonnés sur place. De mémoire un canapé qu'un Orios mal éduqué avait méthodiquement épluché jusqu'à l'armature, des cadres qui devaient forcément abriter autant d'asticots que les meubles de la cuisine et une petite table en métal sur le sort de laquelle il se tâtait encore. Mis à part la tablette en bois laqué plus rayée qu'une patinoire après un match de Hockey, le reste était miraculeusement préservé. Un coup de brosse métallique, peinture, une tablette neuve et le tour était joué ! En attendant, descendre ce fichu canapé ne serait pas une partie de plaisir... et ils ne seraient pas trop de trois pour en venir à bout.

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Messagepar Benedikt » 09 Juin 2012, 20:27

Benedikt resta muet et ne répondit que par un signe de tête à la remarque de William, qui donnait matière à réfléchir. Quelques secondes plus tard, le trafiquant revint les mains pleines comme un guerrier en mission kamikaze. Au moins, pensa le botaniste, on ne pouvait pas lui reprocher de ne pas être énergique. Il l'observa avec un regard plutôt méfiant - la dernière fois qu'il était resté à côté de lui, il avait faillit finir le visage écrasé dans la saleté -, mais Jonah ne faisait que passer, finalement.
Le psychologue disparut dans la cuisine et en revint avec son verre et un bocal en verre vide qu'il tendit à Benedikt.

« Merci ! » Il lâcha son butin de tout à l'heure à l'intérieur et lança un regard désolé à la bestiole avant de remettre le couvercle, « Je pense pas que j'aurais eu le courage de les tuer. »

En entendant William lui raconter sa mésaventure dans la cuisine, il se demanda soudain pourquoi il avait choisi d'emménager dans un appartement complètement insalubre. Il ne l'avait pas visité avant ? Ce n'était pas comme ça que les gens faisait ? Comme Benedikt n'avait que sa propre expérience pour juger et qu'elle avait aboutie à habiter dans un immeuble où les 3/4 des habitants étaient passeurs de drogue, il décida de ne rien dire à ce propos.

« Je suis botaniste. Au jardins de Bellevue. Vous en avez peut-être entendu parler, il y a eu un... petit incident là-bas il y a quelques temps. Du coup, je ne suis plus trop le bienvenue. »
Il s'arrêta, avant de se rendre compte que sa dernière phrase portait à confusion.
« Enfin, c'était pas à cause de moi ! Je veux dire, je n'ai rien à voir là-dedans. Ils ont besoin d'argent. Pour les travaux. Alors ils ont suspendu tous ceux qui n'étaient pas indispensables. C'est pour ça. »

Benedikt s'aperçut que sa réponse ne collait pas trop avec le trafiquant qui clamait en arrivant qu'ils travaillaient ensemble. Pour couronner le tout, le botaniste mentait désespérément mal et présumait le pire puisqu'il inventait au fur et à mesure qu'il ajoutait ;

« C'est là que j'ai rencontré... » Et flûte, il ne connaissait même pas son nom. « Que j'ai rencontré mon... cher... et précieux... compagnon... » Ah si, tiens, William l'avait appelé tout à l'heure. « ...Jonah ! Et heu, on essaye tout les deux de trouver du travail parce que c'est plus facile à deux, enfin non, mais... C'est... plus sympa, quoi. »
Il finit par se taire, pas la peine d'en rajouter une couche car ça risquait d'être encore pire, si c'était possible.

Pour se donner une contenance et tenter de faire comme si de rien n'était, il repris son arrachage de papier peint. Les cafards n'étaient finalement pas si nombreux et Benedikt entreprit de les récupérer - en tapant sur le mur avec le plat de la main quand il enlevait un pan de tapisserie, une partie tombaient toujours par terre et il n'avaient plus qu'à faire la cueillette avant qu'ils ne disparaissent autre part dans la pièce -.

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Messagepar Jonah Kes » 10 Juin 2012, 15:09

Jonah sort de l’appartement tout empêtré de son fardeau, alors que le jeune homme aux cheveux blonds comme du miel d’acacia lui tient la porte. Ok, direction… plus bas. Une brume grise s’envole des épaules du trafiquant alors qu’il dévale les escaliers.
Quelques étages et secondes plus tard, l’homme manque – encore une fois, c’est pas possible ça – de déraper sur un sol glissant – ce n’est pas jour de nettoyage que pour eux, apparemment ! Il se retrouve nez à nez avec la nana qui s’occupe du ménage – enfin, nana… Elle n'est plus toute jeune, je ne sais pas si ce nom lui convient encore ! Quoi qu’il en soit, elle est en plein dans le passage et n’a pas l’air pressée d’en bouger, de façon à ce que Jonah ne puisse pas passer sans la dégommer ; ce qu’il ne souhaite pas faire, tout de même, restons civilisés ! Elle le considère la bouche pincée, tentant de minimiser sa petitesse en rejetant la tête en arrière à la limite du torticolis, histoire de pouvoir le regarder de haut. Hum… C’est sûr que la mise du gars laisse à désirer : les cheveux en bataille, gris de poussière, des toiles d’araignées accrochée aux épaules – et son occupante sur sa joue, mais ça il ne le sait pas. Cependant, il ne se laisse pas démonter, et décoche un sourire charmeur à la vieille femme.

« Bonjour, Mademoiselle. Je ne vous sers pas la main, comme vous le voyez je suis un peu encombré… »
Il remue ses deux sacs poubelles pour appuyer ses propos. « Si vous pouviez me guider jusqu’au local à poubelles, je vous en serais très reconnaissant ! »

Gagné ! Après avoir hésité un instant pour la forme, la p’tite dame – demoiselle, pardon, elle a visiblement été très flattée de l’appellation – les gens sont tellement prévisibles ! bref, après avoir hésité un instant, elle l’emmène vers le lieu sacré qui se trouve juste dans la cour, en trottinant comme un chiot et lui tient même la porte, son vieux visage rayonnant de satisfaction.

L’odeur terrible prend Jonah au nez dès qu’il rentre dans le local. La chaleur des derniers jours n’y est sans doute pas étrangère, et les poubelles qui marinent dans une atmosphère tropicale ont vite tendance à puer – c’est le mot ! Il entend la porte claquer alors qu’il déverse ses colis dans les bacs – petit ajout au cloaque coulant. « Allez, je sors de la vite fait ! »

Vraiment ? Devant la porte, Jonah actionne la poignée… encore… en vain. Ça ne s’ouvre pas. Premier réflexe ? La secouer violemment, au pire ça marche pas mais ça fait du bruit. Aucun résultat.

« Hum… Mademoiselle ? Je crois que j’suis enfermé… »

Pas de réponse… Elle a dû retourner dans l’immeuble achever son passage de serpillière ! « ‘Tain, vieille pie… » Bon, on fait quoi là ? On enfonce la porte ? Jonah se recule, prend son élan, et se précipite à toute allure pour donner un grand coup d’épaule dans le panneau, dans un bruit sourd. L’homme frotte son muscle endolori… Porte : 1, Jonah : 0. Quelques essais plus tard, il s’arrête enfin ; ravale ta fierté, mec, t’as besoin d’aide !

« Que quelqu’un vienne m’ouvrir ! EHOH !
PUTAIN MAIS C’EST PAS POSSIBLE VOUS ÊTES TOUS BOUCHES DANS CET IMMEUBLE DE MERDE ?!!! »


Ouaip, de toute évidence. Après avoir vociféré tout son saoul, Jonah s’assoit sur une poubelle, les jambes ballantes, tel un roi déchu. Ses compagnons de ménage, ou alors la vieille vont bien finir par se rendre compte qu’il ne revient pas… En espérant que ce moment vienne assez vite, car les minutes sont longues, dans ce jardin d’Eden de détritus.

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Re: Patati et patata, toute la journée, ça n'arrête pas !

Messagepar Lawrence William Hayner » 11 Juin 2012, 21:09

Décidément d'humeur joviale, William esquissa un nouveau sourire à la réflexion de Benedikt. Il se serait plutôt attendu à quelque chose comme « ne pas avoir le cœur de les tuer », et non le courage, mais chassa ses réflexions en buvant quelques gorgées de son soda. À force de toujours tout analyser, se disait-il en savourant le sucre sur son palais, il finirait par ne plus apprécier la spontanéité – et la vie elle-même – à leur juste valeur... jusqu'à devenir un psychologue , et ça, il n'en avait pas très envie. Il reposa son verre lorsque le jeune homme lui parla de son métier, et ne put s'empêcher de rire de nouveau face à ses doubles sens qu'il ne rattrapait que difficilement. Benedikt l'amusait. C'était autre chose que ses patients, les gens n'entretenant pas les mêmes rapport selon qu'ils étaient volontaires pour se faire aider ou bien qu'ils se contentaient d'échanger quelques mots par courtoisie.

« Oh, l'explosion des serres ? J'ai vu ça aux informations oui, vous n'avez pas eu de mal ? »

Observant le jeune homme sous un autre angle à présent, et l'air subitement inquiet, il hocha la tête pour lui signifier qu'il comprenait sa reconversion, avant d'éclater de rire de le voir ramer avec son histoire de ménages à deux – sans mauvais jeu de mots – avec Jonah.

« Ne vous fatiguez pas... Sourit-il en reposant son verre. Je ne suis pas flic, même si je travaille souvent avec eux, et puis vous êtes venus pour m'aider, pas pour me rendre des comptes. Son regard se tourna vers la porte comme s'il s'attendait à voir surgir Jonah, mais il n'en fut rien. Je n'y connais pas grand-chose en botanique... mis à part quelques plantes vertes increvables qui m'attendent dans mon ancien appartement. Lierre du Diable, plante Araignée, Dragonnier... rien que des dures à cuire. » Énonça-t-il d'un air absent.

Observant Benedikt s'acharner sur la tapisserie quelques instants, il en oublia totalement Jonah dont il n'était par ailleurs pas certain qu'il reviendrait. Autrement dit ce ne serait certainement pas lui qui volerait à son secours, trop persuadé qu'il était de son départ après l'affront que lui avaient fait les cafards... Il alla donc vider son seau d'eau gris cendre, rinça la baignoire puis revint prêter main forte à Benedikt. Finalement, l'arrachage de papier peint se révéla être un bon défouloir ! Les sacs poubelle se remplirent à vitesse rapide, chaque fois soigneusement refermés et posés près de la porte pour être remplacés par de nouveaux, tout disposés à avaler la tapisserie gondolée. En une heure, les murs du salon furent mis à nus. À la fin de la deuxième heure, la chambre se retrouva dans le même état de désolation, et au milieu de la troisième heure, William interrompit ses assauts répétés contre la crasse incrustée jusque dans les joins du carrelage pour s'éponger le front de son bras.

« Votre ami ne revient pas ? J'espère qu'il ne s'est pas fait manger par la femme de ménage... »

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Re: Patati et patata, toute la journée, ça n'arrête pas !

Messagepar Benedikt » 12 Juin 2012, 22:30

« Oh, oui, c'était surtout beaucoup de verre cassé. Je dois avouer que j'ai eu beaucoup de chance, à quelques minutes d'intervalle, j'aurais eu sans doute de gros problèmes... Mais heureusement, il n'y a eu qu'une seule personne de blessée, celui qui a eu le malheur de mélanger ce qu'il ne fallait pas. »

Benedikt regarda quelques instants le psychologue avec des grands yeux alors qu'il lui expliquait qu'il ne leur attirait pas d'ennuis même s'il voyait que Jonah et lui n'étaient certainement pas ce qu'ils voulaient faire croire. Il se contenta finalement d'un « Merci » qui n'aurait pas pu être plus sincère, et se reprit au travail, plutôt silencieux.
Le temps passa d'ailleurs assez vite car il y avait beaucoup à faire. Les murs furent dépecés sans remords et il en était déjà à finir de nettoyer par terre quand William demanda où était Jonah.

« Mon am... Ah oui, tiens ? Qu'est-ce qu'il fait ? »
Il n'arrivais pas à savoir exactement depuis combien de temps le trafiquant avait disparu, plutôt absorbé par la répétitivité des tâches qu'ils avaient accomplis. Mais cela devait faire bien deux ou trois heures à vu de nez. Benedikt promena ses prunelles bleu marine vers la porte, comme si Jonah allait débarquer dans son encadrement à la simple mention de son absence, mais tout était bel et bien silencieux dans l'appartement. Peut-être parti ? Le botaniste aurais tout de même trouvé cela étrange après le mal qu'il s'était donné au début, mais après tout, il ne le connaissait pratiquement pas.

« Je devrais peut-être aller voir... » dit-il en se levant, avant de rajouter avec un léger sourire. « Je reviens tout de suite. »

En sortant sur le palier, encore recouvert de saleté et les cheveux en bataille, il tombe sur la multitude de poubelles pleins des vestiges de la tapisserie.
« Autant au profiter pour descendre ça. » pense le botaniste qui attrape trois sacs plastiques, heureusement plutôt légers, et descends les escaliers. Dans le hall, il retrouve la femme de ménage dont parlais William qui discute avec un locataire, appuyée sur le manche de sa serpillière.

« Pardon, vous n'auriez pas vu homme passer il y a quelques heures avec de gros sacs poubelle ? »

La vieille femme finit par tourner la tête et lève un sourcil de désapprobation devant l'allure miteuse du botaniste.

« Ouais. Il m'a demandé où les mettre. Je l'ai pas revu. C'est dans la cour, le local à poubelle. »

Benedikt hoche la tête et fronce le nez avant de sortir - pas très aimable, celle-là -.
Le trafiquant est parti, de toutes évidences. Il s'approche tout de même du cube de béton qui doit être ce dont parlais la femme de ménage, dont la porte même fermée laisse échapper des effluves assez peu engageante. Sauf qu'il n'y a pas de poignée, sur cette porte rouillée. Celle-ci est par terre, juste en face. Benedikt la ramassa et l'observe quelques instants pour finalement essayer de la remettre en place, ce qui se révèle assez facile - il suffisait de trouver l'angle adaptée pour pouvoir l'enfoncer dans les rouages du mécanisme de la serrure -. Après un clac! satisfaisant, il force un peu pour abaisser la poignée et ouvre la porte.
Puis viennent rapidement les regrets, parce que même après l'appartement en sale état quelques étages plus tôt, la seule chose qu'on puisse retenir de cet endroit, c'est la puanteur. Certes, bien sûr, il n'y avait pas grand-chose à espérer d'un local à poubelle, mais là c'est à peine respirable, et le botaniste n'a passé que la tête à l'intérieur. Tête qui affiche un étonnement certain lorsqu'il aperçoit l'homme blottit entre les sacs plastique. Oui, c'est bien Jonah.

« Vous avez une araignée sur la joue. » finit par lâcher Benedikt, sans mentionner la toile qui l'accompagne entre son épaule et sa mâchoire. Intérieurement, il rigole bien de voir celui qui l'a tant effrayé enfermé pendant presque trois heures dans un local à poubelle. Mais dans un élan de compassion alors que l'odeur l'oblige à mettre une main devant son nez, il regarde le trafiquant avec des yeux un peu inquiet ;

« Ça va ? Vous êtes ici depuis tout ce temps ? »

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Re: Patati et patata, toute la journée, ça n'arrête pas !

Messagepar Jonah Kes » 13 Juin 2012, 17:13

Il avait quasiment perdu espoir. Le pauvre Jonah – qui ne l’eut pas pris en pitié, ayant conscience de l’environnement putride de l’endroit ? – avait fini par s’assoir par terre, s’étant ménagé un coin en poussant des sacs poubelles. Et il était resté là… Une heure… Deux heures… Ne bougeant que de temps en temps afin de vérifier si la porte ne s’était pas miraculeusement rouverte, et appelant encore quelques fois au cas où la femme de ménage passait dans le coin. Mais non, rien.
Il chercha ensuite quelqu’un contre qui diriger sa colère. Benedikt, le type aux cheveux blonds ? L’homme poussa un soupir. Ce serait facile, comme réaction… A la place, il préféra donner des coups de pied dans une malheureuse poubelle – comme si elle était responsable des effluves qui émanaient d’elle, et du fait que Jonah soit bloqué ici. Puis il se calma pour de bon, et se rassit dans son terrier, prêt à se résigner à l’idée de passer sa vie ici ! Il avait regardé, il n’y avait pas de fenêtre, les murs étaient en pierre, et la porte solide. Le mieux était d’attendre, après tout, le grand débarras de l’appartement allait bien remplir d’autres sacs d’ordures.

C’est donc ainsi que le trouve Benedikt quand – enfin ! il vient à sa recherche. Recroquevillé comme pour se protéger des miasmes, et tenant sa chemise enlevée et roulée en boule contre son nez, moyen approximatif de filtrer l’air pestilentiel.
En entendant le jeune homme entrer, Jonah bondit sur ses pieds – on n’annihile pas une vie à rester sur ses gardes par trois heures dans l’antichambre de l’Enfer, et le fixe d’un regard mi-incrédule mi-méfiant, comme s’il se demande si ce qu’il voit est réel, ou bien une illusion tirée de l’atmosphère viciée. Mais l’hallucination lui dit alors qu’il a une araignée sur la joue. Presque sans y penser, Jonah porte la main à sa pommette, sent la petite chose poilue qu’il attrape machinalement, l’écrasant entre ses doigts sans le faire exprès – sans même s’en rendre compte.
Depuis tout ce temps… Oui, il est resté là longtemps. Il s’est tenu au courant de l’évolution de l’heure grâce à son portable. Mais la durée ressentie surpasse de beaucoup la durée effective, et Jonah a plutôt l’impression d’être dans ce trou depuis une semaine !

« Non. Enfin, si… »

C’est pas évident, d’admettre qu’on s’est fait piégé comme un rat. Mais vu les circonstances, il serait vain de le nier ! Tâchons toutefois de sauver les apparences. Jonah file vers la sortie à grand pas en frôlant le botaniste au chômage, et dehors – ah ! il se sent revivre ! Quelle douceur que l’air pollué de la ville ! Celle du béton chauffé au soleil ! L’homme inspire comme s’il se trouvait dans un jardin de fleurs aux fragrances délicates. Il est toujours torse nu, sa chemise à la main et le dos noir de la saleté du mur contre lequel il s'est appuyé.
Puis il se retourne vers un Benedikt un peu éberlué, qu’il interpelle comme si c’était lui qui était à la bourre.

« Allez, on remonte ! Ça va pas se finir tout seul, hein. »

Jugez-le avec compréhension. Ce n’est pas évident, de se faire humilier de cette façon quand on a l’habitude de tout contrôler. On se rattrape comme on peut…

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Re: Patati et patata, toute la journée, ça n'arrête pas !

Messagepar Lawrence William Hayner » 14 Juin 2012, 22:27

William se contenta de hocher la tête à l'affirmative et laissa Benedikt filer à l'anglaise pendant qu'il continuait de récurer le sol autour du canapé. Mais rapidement découragé par la solitude, il laissa tomber détergeant et serpillère et décida d'imiter les deux jeunes gens. Il tassa donc le contenu des différents sacs poubelle répartis dans l'appartement, les ferma avec une certaine hargne, et pour faire bonne mesure, entreprit d'en descendre le plus grand nombre à la fois. L'opération ne fut pas bien compliquée compte tenu du faible poids de ses sacs remplis pour la plupart d'écorchures de mur. Ses clés soigneusement rangées dans l'une de ses poches, il traversa le hall d'une démarche plus déterminée que s'il partait en guerre et gratifia au passage la femme de ménage d'un grand sourire. Dans un sens, il se sentait comme un complice dans les basses besognes de l'existence. Enfin, il s'engagea dans la cour intérieure où il trouva Jonah et Benedikt occupés à discuter d'il ne savait trop quoi.

« Oh ! Je pensais que vous étiez parti. Avoua William au trafiquant d'armes dont il ignorait par ailleurs les passe-temps peu recommandables. Vous avez changé d'avis finalement ? »

Évidemment son sincère intérêt ne prenait pas en compte le fait que son aide ménagère venait de passer trois heures dans l'enfer nauséabond du local à poubelles, et ainsi se débarrassa-t-il de ses fardeaux sans faire preuve de davantage de compassion pour le pauvre Jonah.

« Il ne reste plus grand chose maintenant. Je pense qu'à grand renfort de brosses et de dégraissant, le sol retrouvera son apparence d'origine. L'immeuble est récent, j'ai bon espoir que le carrelage aura survécu à ce traitement et ressemblera encore à quelque chose une fois propre. J'aurai juste besoin d'un dernier coup de main pour descendre les meubles. Oh, et bien sûr la salle de bain est à votre disposition. J'ai du change pour moi mais vous pouvez vous servir, vous me rapporterez tout ça un autre jour. Je ne vais pas vous laisser rentrer chez vous dans cet état. »

Consultant sa montre un bref instant, il estima son quota d'efforts épuisé pour la journée et remonta à l'appartement avec la satisfaction du travail accompli. Le reste serait l'affaire de quelques jours. À lui seul en tête à tête avec ses murs et de l'enduit à plâtre, il viendrait à bout du souvenir cauchemardesque que lui avaient laissé les lieux à sa première visite. En attendant, il fila directement à un bout du canapé et d'un regard encourageant, invita ses deux volontaires à y mettre de l'huile de coude.

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Messagepar Benedikt » 15 Juin 2012, 18:41

Benedikt jugea bon de ne rien dire à propos de la mésaventure du trafiquant. Le pauvre n'avait déjà pas l'air fier devant lui, alors devant le psychologue ! Celui-ci ne posa heureusement aucune question trop précise, et le botaniste était d'ailleurs presque convaincu que William devait tout savoir en tant que psychologue et qu'il avait juste la finesse de ne pas vouloir mettre Jonah dans l'embarras.

« Justement, on allait remonter... » finit-il par répondre avec un sourire un peu gêné.

Benedikt secoua la tête alors que William leur proposait aimablement l'utilisation de sa salle de bain après qu'ils aient fini. Mettre des vêtements d'un presque inconnu et prendre sa douche chez lui ? Oh non, voyons ! Évidemment, c'est exactement ce qu'il avait fait chez Vrass. Mais il était couvert de sang, ce qui était tout de même un poil plus embêtant. Et puis on voit comment ça a fini, d'ailleurs.
Enfin, ça ne le dérange pas plus que ça de rentrer chez lui en ayant l'air de s'être roulé par terre chemin faisant. Tant qu'il y a de l'eau chaude chez lui - ce qui n'est pas certain, car les canalisations hasardeuses et vieillottes de son immeuble font souvent des caprices de toutes sortes, ayant le mérite d'être toujours plus inventives à chaque fois -. Mais il serait temps de voir ça après. Pour l'instant, c'est atelier descente de meuble, apparemment, puisque William les attends dans le salon au bout d'un canapé vieux comme le monde - ou peut-être seulement martyrisé par les anciens occupants -. Benedikt retrousse à nouveau ses manches et attrape l'autre bout pour le soulever avec une petite grimace. Il a beau ne pas être aussi frêle qu'il en a l'air, ça reste d'un côté un gros sofa défoncé et de l'autre ses petits bras.

« Heu, je crois qu'à trois, on ne sera pas de trop, en fait. » lance le botaniste avec un regard plein d'espérance à Jonah.
Même s'il préférerais le voir aider de l'autre côté, près de William, parce que rester trois heures dans un local à poubelle ne vous fait pas sentir la rose et le lilas, de toutes évidences.

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Re: Patati et patata, toute la journée, ça n'arrête pas !

Messagepar Jonah Kes » 16 Juin 2012, 13:39

Hum… En son for intérieur, Jonah approuve fortement l’initiative du petit botaniste de ne pas crier sur les toits ses occupations des trois dernières heures. C'est sage de sa part, il faut croire qu'il a retenu la leçon de leur première rencontre… Même s’il est étrange que leur "employeur" ne lui ait pas posé plus de questions ! C’est vrai qu’il aurait été hautement improbable que, après s’être barré de l’appartement, le trafiquant se soit retrouvé la proie de remords et ait décidé, des heures plus tard, de revenir. Il n’a pourtant pas l’air idiot, ce blondinet ; peut-être estime-t-il – à raison – que quelque chose d’imprévu est arrivé à son aide-ménagère, qu'il préfère passer sous silence ? Bon, ça ne sert à rien de se casser la tête pour ça ; l’heure est plutôt à la descente de canapé.

Jonah file à la rescousse de ses deux compères, qui, un à chaque bout du sofa comme deux fourmis tentant de soulever un cadavre de chenille, galèrent proprement. C’est clair qu’ils ne sont pas très épais… Un sourire aux lèvres, tout satisfait qu’il est de se montrer indispensable – c’est clairement lui le plus costaud des trois – après sa mésaventure si douloureuse pour son ego, il enlace le canapé à bras-le-corps, un sur le dossier qu’il serre contre son torse, l’autre prêt à passer dessous dès que la bête sera un peu levée.

« Un, deux, trois… ! »

Hisse ! C’est lourd, mais pas question de montrer le moindre signe d’effort. Tant que la prise en main est bonne, le poids est qu’un détail.
L’étrange équipage se dirige alors vers la porte, heureusement restée ouverte, d’une démarche rappelant celle du crabe. L’escalier… On est à quel étage, déjà ? Pas trop haut j’espère.

« Je prends en bas si vous voulez. »

Oui, parce que, sans trop savoir pourquoi, Jonah sent bien que mettre Benedikt ou le jeune homme haut et mince – il ne sait même pas son nom ! à l’extrémité inférieure du meuble imposant, c’est un coup à les retrouver écrasés contre un mur, compressé par le cadavre du canapé. L'échange se fait donc, et la descente commence - lente, ponctuée de sursauts, de fausses alertes et de gouttes de sueur. Un des douze travaux d'Ulysse, au moins ! Ils arrivent enfin dans le hall de l'immeuble, haletants et tous plus ou moins rouges, des rigoles salées se creusant dans la crasse de leur peau. Et c'est reparti, il faut le foutre à l'extérieur, ce monstre ! La vieille femme de ménage - toujours là, celle-là ! les regarde passer comme une vache les trains, goutant le spectacle des trois hommes en plein effort.
Enfin, ils sont arrivés devant le local - car c'est là qu'on doit déposer le mobilier ! Avec un faible soupir et un gros "Brouf !", le canapé enfin lâché s'effondre au sol, ses coussins défoncés mais à l'air moelleux cependant semblant les appeler à quelques minutes de repos mérité.

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Jonah Kes

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