Paf, boum, plouf !

Au nord, entre Ephtéria et Balaïne, Aspasie est déposée en bordure de fleuve. Plaque tournante du commerce, c'est également une ville très prisée pour sa beauté sereine et ses plages paisibles.

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Paf, boum, plouf !

Messagepar Sinnæus Notos » 25 Mar 2015, 18:54

Le trajet a été long, et parfois compliqué, et Sinnæus n’est même pas certain d’être sur la bonne piste. La terre de l’autre côté du monde à l’air bien plus vaste qu’il ne se l’était imaginé et, au début, il n’a pas trouvé grand-monde pour le guider, si bien qu’il a perdu la trace de la créature volante qu’il présume avoir enlevé son frère. Il a traversé la mer — passage pour le moins inquiétant, pour lui qui ne sait pas nager —, contourné des montagnes et survolé d’autres avant de se retrouver dans un endroit un peu plus peuplé.

Comme il ne sait pas trop bien où aller, il décide de se mettre en quête de la plus grande ville de la région. Après tout, les gens de Tib’Koh ont toujours l’air de mieux savoir ce qu’il se passe que ceux de Kobiki, ça doit être sûrement pareil ici. Et puis, une bestiole aussi grosse que celle qu’on lui a décrite — un dragon ? Si c’est bien ça, il espère qu’il n’a pas mangé son frère… —, ça ne passe tout de même pas inaperçu, quelqu’un là-bas doit bien savoir quelque chose à son propos.

On lui apprend qu’il est en Païlandune, ce qui lui fait une belle jambe, et que la capitale s’appelle Ephtéria, ce qui l’aide déjà un peu plus. C’est sûrement là qu’il doit aller pour trouver quelqu’un qui pourra l’aider. Par contre, personne ne semble avoir remarqué de grosse créature volante, et la description de Naja n’évoque rien, ce qui est plus ennuyeux. Enfin, il verra bien.

Il prend la direction qu’on lui a indiquée et il vole longtemps. Il finit par se demander s’il ne se serait pas perdu. Il regrette un peu de ne pas être un pigeon, à ce moment-là. Certes, ce n’est pas aussi joli, mais avoir une boussole dans la tête, ce serait bien pratique ! En plus, le temps se couvre et voilà qu’il se met à pleuvoir. Heureusement, il finit par remarquer une ville, et plus il s’en approche, plus elle lui semble gigantesque. Sûrement plus grande que Tib’Koh en tout cas, et définitivement plus que Kobiki. C’est sûrement ça ! De toute façon, par ce temps, mieux vaut en profiter pour s’arrêter. Il est déjà trempé, et si le vent se lève, voler va devenir vraiment compliqué, d’autant qu’il est déjà fatigué par son voyage.

Pip’ n’a pas l’air fâché non plus de pouvoir se reposer, et en profite pour venir s’installer sur son épaule. On lui jette quelques regards étranges, mais l’orphe s’en fiche, trop occupé à admirer ce qui l’entoure pour s’en soucier. Il est encore plus impressionné que la première fois qu’il avait découvert Tib’Koh, alors qu’il n’était qu’un enfant à l’époque. Même par ce temps, il y a drôlement de monde dans les rues, mais la plupart sont pressés et pas de très bonne humeur.

Il faudrait qu’il se mette à l’abri, mais ne sait pas trop où aller, marchant au hasard en tournant la tête de tous les côtés, sans toujours bien faire attention où il va. Il se fait bousculer à plusieurs reprises, ou bouscule lui-même des gens, s’excuse à chaque fois sans paraître être entendu. Son enthousiasme en est quelque peu douché — au sens propre comme au figuré — d’autant qu’il se sent perdu dans cette grande ville, incapable de trouver le moindre point de repère pour lui dire vers où diriger ses pas.

Il rentre à nouveau dans quelqu’un, un grand homme à la carrure impressionnante, et celui-ci ne lui laisse même pas le temps d’ouvrir la bouche avant de commencer à lui hurler dessus. Sinnæus, navré autant qu’effrayé, auquel l’autre ne prête pas la moindre attention, trop occupé à l’insulter. L’orphe recule machinalement, les mains tendues en signe d’apaisement, ce qui ne semble qu’énerver encore davantage son interlocuteur, qui semble prêt à en venir aux mains. Tout ça pour une petite bousculade involontaire ? Jamais il n’aurait imaginé que les gens de l’autre côté du monde puissent être si méchants. À bout d’arguments, il tourne les talons et prend ses jambes à son cou, trop paniqué pour songer à simplement s’envoler.

Sa fuite n’est que de courte durée, interrompue brutalement par une autre personne se trouvant malencontreusement sur son chemin alors qu’il avait instinctivement tourné la tête pour vérifier s’il était poursuivi, et qu’il n’a donc pas pu éviter. Le choc les envoie tous les deux rouler dans une flaque d’eau, Sinnæus tente de se relever précipitamment, trop d’ailleurs, puisqu’il s’emmêle les pattes et retombe au sol, tout en psalmodiant désespérément :

« Pardon, pardon, je suis vraiment désolé, j’ai pas fait exprès, excusez-moi… »

À bout de forces et à bout de nerfs, il n’a même pas le courage de chercher à se remettre sur pieds. Il a l’air bien piteux, assis dans sa flaque, ses grandes ailes traînant dans l’eau. Pip’, qui s’était envolé de son épaule au moment de l’altercation, revient faire mine de le consoler, mais il n’y prête même pas attention, toujours occupé à débiter ses excuses. Ça ne lui ressemble pas, mais il a l’impression qu’il pourrait bien se mettre à pleurer si on se remet à lui crier dessus…

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Re: Paf, boum, plouf !

Messagepar Bell Petipa » 25 Mar 2015, 20:19

Bell était frigorifié, et avec ça, de très mauvaise humeur, comme souvent l’étaient les gens frigorifiés. Habituellement, il ne détestait pas spécialement la pluie, cela pouvait même être appréciable si on restait bien au chaud à la maison, mais Païlandune semblait être le dernier endroit où on pouvait trouver la pluie agréable. Les rues en terre étaient boueuses, celles en pavés était glissantes et pleines de flaques, et aucunes n’offraient d’abris correctes à part quelques porches pleins de courants d’air où il était difficile de rester longtemps. Le jeune danseur était déjà trempé jusqu’aux os, et le temps ne semblait pas avoir l’intention de s’arranger.
Cela faisait trois quart d’heure qu’il cherchait une auberge, ou à ce stade, n’importe quelle étable où il pourrait se mettre hors de portée des trombes d’eau. Peut-être qu’il aurait dû rester à Balaïne, là-bas au moins, il savait où certaines étaient après y avoir passé presque une semaine. Il y avait aussi pas mal de tavernes sur le port, contrairement à ici où il semblait qu’elles étaient disséminés à travers la ville – sûrement afin que ce soit particulièrement dur pour moi de les trouver, pensa-t-il amèrement -.

Bell se balada encore un peu à travers les rues presque désertes, le regard distrait par ses recherches. Son visage venait de s’illuminer en remarquant des fenêtres montrant, il en était sûr, l’intérieur d’une taverne où bon nombre de gens festoyaient autour de grandes tables, lorsque quelqu’un lui rentra dedans de plein fouet, l’envoyant les fesses par terre dans la paille. Parfait, c’était juste ce dont il avait besoin, des bleus et des vêtements crasseux en plus d’être trempés !
« Non mais vous pourriez pas regarder devant vous ! » aboya-t-il en se relevant, avant de jeter un coup d’œil au fautif qui s’était mis aussitôt à s’excuser encore et encore. Bell se radoucit devant l’air pitoyable de l’orphe oiseau qui ne semblait même pas tenter à nouveau de se relever. Le pauvre avait l’air assez en mauvais point, vu sa tête déconfite ; et le danseur n’avait pas un cœur de pierre. Il ne l’avait de toute évidence pas fait exprès, et il avait l’air d’être jeune. Bell lui tendit une main pour l’aider et essaya de faire cesser la profusion d’excuses qui sortait de la bouche de l’inconnu : « Non mais c’est bon, c’est pas si grave, hein. »

Reprendre son chemin semblait soudain un peu malvenu, pourtant, aussi il continua un peu avec des sourcils légèrement froncés : « Hm, tout va bien pour toi ? T’as l’air un peu misérable, là. »
Vu la tronche de l’orphe qui semblait être sur le point de se mettre à pleurer, c’était probablement un non. Bell soupira et lui offrit le sourire le plus amical qu’il avait en stock après être resté quelques heures sous une pluie glacée. La chaleur de la taverne l’appelait d’ici alors s’il allait faire la mère Thérésa, ce serait à l’intérieur. Après tout, le jeune homme semblait en avoir aussi bien besoin ; à frissonner par terre, même ses plumes semblaient faire la tête. Ce n’était pas trop son problème, les ennuis d’un étranger, il avait déjà les siens, mais ce serait la moindre des choses de le laisser au sec. Bell n'aurait pas eu la conscience tranquille de le laisser planté là.
« Viens, y a une taverne en face, là. Tu devrais pas rester dehors. »

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Re: Paf, boum, plouf !

Messagepar Sinnæus Notos » 25 Mar 2015, 21:58

Quand la main s’approche de lui, une de ses ailes se lève, brièvement, devant son visage dans un réflexe de protection. Mais l’inconnu contrairement au précédent, n’a pas l’intention de le frapper, il veut simplement l’aider. Sinnæus fixe la main tendue quelques instants d’un regard éberlué, cligne des yeux plusieurs fois, presque surpris de ce revirement d’humeur. Tous les gens d’ici ne sont pas si méchants finalement, il est juste mal tombé tout à l’heure. C’est rassurant.

Il se reprend bien vite et saisit la main que l’étranger — étrangère ? Peu importe — lui tend, pour enfin se relever. Avec force précaution, pour ne pas risquer de le blesser avec ses griffes. Les plumes dans ses cheveux, jusque-là plaquées sur son crâne, se redressent un peu, timidement alors qu’il s’excuse à nouveau, pour sa réaction plutôt que pour l’incident cette fois, à mi-voix.

« Désolé. Merci. »

Il se sent un peu bête, pour le coup, et il ne sait pas trop quoi dire, et la question de l’inconnu ne l’aide pas vraiment. Si tout va bien ? Pas exactement, non. Il a froid, il est épuisé, trempé, perdu, loin de chez lui, incapable de savoir où aller, et comment est-ce qu’il espère bien retrouver son frère s’il n’est déjà pas capable de se retrouver lui-même ? Mais il ne peut pas l’embêter avec tout ça, surtout qu’il lui a déjà fait assez de tracas comme ça, alors il se contente de hausser les épaules d’un air pas très convaincu.

Mais quand l’autre reprend la parole, son regard s’éclaire et l’ombre d’un sourire se dessine sur ses lèvres. Les plumes de son crâne se redressent encore un peu, pas très vaillamment à cause de la pluie mais de façon notable tout de même, alors qu’il suit son son regard et découvre l’agitation derrière les fenêtres éclairées. Une taverne ! Ce n’est probablement pas ça qui l’aidera à retrouver Naja, mais rester sous la pluie à attraper la crève non plus. Mieux vaut se mettre au sec.

En plus, les paroles de l’étranger semblent sous-entendre qu’il irait avec lui, et ça lui fait plaisir. Lui qui a l’habitude de sa maison toujours remplie, il se retrouve seul quasiment depuis son départ, et la compagnie lui manque. Alors, puisqu’il a eu la chance de tomber — un peu trop littéralement — sur quelqu’un de gentil, ce serait agréable d’en profiter un peu avant de repartir à sa solitude. Alors, c’est avec un entrain retrouvé qu’il répond :

« Oh… Oui, bonne idée ! »

Il suit donc son nouvel ami, en faisant attention où il met les pieds cette fois, jusqu’à l’établissement. Une fois la porte passée, il s’ébroue les plumes avec plaisir, avant de remarquer le regard, pas exactement mauvais, mais pas franchement approbateur, que lui lance l’aubergiste. Penaud, la crête à nouveau baissée, il lui lance un petit sourire navré en lâchant doucement un « Désolé » que le concerné, derrière son comptoir, ne doit probablement pas entendre mais semble saisir, puisqu’il retourne vaquer à ses occupations.

Pip’ en revanche n’a pas l’air de s’émouvoir de la remontrance et s’ébroue à son tour joyeusement, mais de façon moins salissante. Au chaud, au sec, avec la perspective de se mettre quelque chose sous la dent et peut-être même de se faire un nouvel ami, Sinnæus se sent déjà un peu mieux. N’empêche, il s’en veut toujours d’avoir bousculé le pauvre inconnu si gentil. Il a bien une idée pour se rattraper, au moins un peu, mais il ne sait pas s’il acceptera. Il a sûrement mieux à faire, après tout, ou peut-être qu’il n’aura simplement pas envie. Mais il ne saura qu’en essayant… Alors, timidement, parce qu’il n’a pas l’habitude de prendre ce genre d’initiatives, il propose doucement :

« Je p-peux t-t’offrir quelque chose ? P-pour me faire p-pardonner de t-t’avoir bousculé… »

Il n’a pas pris énormément d’argent quand il est parti, mais il devrait quand même pouvoir se le permettre. Surtout qu’il n’a quasiment rien dépensé jusque-là. Et puis il lui doit bien ça.

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Re: Paf, boum, plouf !

Messagepar Bell Petipa » 25 Mar 2015, 23:10

Bell détache le morceau de tissus qui retient ses cheveux et l’essore dans l’encadrement de la porte, avant de faire de même avec ses mèches châtains luisantes d’humidité ; l’inconnu, lui, a choisis carrément l’entrée pour se secouer les plumes et reçoit des yeux de hibou grand-duc de la part de l’aubergiste. Cela amuse déjà le danseur, ou peut-être que la bouffé de chaleur qui les a accueilli à déjà chassé une partie de sa mauvaise humeur. Même avec ses vêtements trempés, comparé au vent froid qui sévit dehors, il se sent déjà beaucoup mieux. Et pour couronner le tout, il se voit même proposer un verre par celui qu’il vient de sauver de la pluie. Bell esquisse un sourire un peu plus large : « Tu sais, tu m’as juste bousculé, hein, c’est pas la peine d’en faire autant ! »

Le danseur saute sur l’occasion de voir des gens partir d’une table tout près de la cheminé et se faufile immédiatement à travers la pièce pour s’y installer. Il y a même quatre chaises, ce qui en laisse amplement assez pour s’en servir comme d’un étendoir à mettre devant le feu. Bell y met son manteau, son sac à dos et le mince turban qu’il avait dans les cheveux, et se retourne sur l’orphe oiseau ; sauf que sa proposition meurt bien vite dans son esprit. Il y a bien des plumes, sur ce grand dadais, mais pas de vêtements.
Il y en a qui ont de la chance ! D’ici que ces vêtements à lui sèchent, l’autre aura déjà depuis bien longtemps les plumes bouffantes. Bell soupire de soulagement, ses frissons commencent quand même à disparaitre alors que la chaleur l’envahit délicieusement. Dommage que ce ne soit pas une auberge, quand même. Maintenant il devra ressortir dans le froid quand même pour trouver un endroit où dormir. Mais au moins, ici, il pourra demander des directions à l’aubergiste. Le danseur étire ses muscles endoloris, à force de se crisper sous la morsure du vent, et jette un regard perçant à son compagnon de table.

« Mais si ton offre tient toujours, je le veux bien quand même, ce verre. » - Ce serait quand même bête de ne pas en profiter, surtout alors que son portefeuille s’allégeait déjà un peu trop rapidement à son goût. Bell avait eu beau prendre presque toutes ses économies avant de quitter la Basse-ville, ce n’était pas grand-chose, finalement.
Ce n’est pas un très bon sujet de réflexion. Et ce n’est sûrement pas ce qui va garder sa toute nouvelle meilleure humeur. Le danseur préférait largement regarder la tête penaude de l’orphe dont les touffes de plumes sur le crâne gigotaient régulièrement et l’amusaient. Il a l’air tout timide et Bell se demande un instant s’il abuse de la gentillesse de quelqu’un en acceptant ce verre ; il n’a pas l’habitude de se faire payer quoique ce soit. Mais bon, c’est lui qui a proposé, non ? En bégayant, mais difficile de savoir pour l’instant si c’était à cause de la peur ou du froid.

De toutes manières, l’arrivée de l’aubergiste qui vient prendre leur commande coupe court à ses états d’âmes ; Bell demande un grog, motivé par l’idée de boire quelque chose de chaud et revigorant, et laisse l’orphe oiseau prendre ce qu’il veut avant de continuer :
« Tu devrais prendre un truc à manger avec, peut-être, ça te ferais du bien. » Bon, il n’était pas son médecin mais le danseur n’avait pas envie de le voir tomber dans les pommes, justement parce qu’il n’était pas médecin. Même si le confort soudain de l’auberge semble l’avoir requinqué un peu. Bell se garde bien de poser des questions, ce n’est pas son genre de se faire son curieux, mais puisqu’il rend compte qu’ils vont au moins boire un verre ensemble, il décide à faire les présentations : « Je m’appelle Bell, pour information, sinon ! »

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Re: Paf, boum, plouf !

Messagepar Sinnæus Notos » 26 Mar 2015, 01:14

Les plumes de Sinnæus s’agitent légèrement à la réponse de son invité, perplexe sans qu’il ose pour autant le dévisager, incertain de s’il s’agit ou non d’un refus. Mais il remarque son sourire, plus chaleureux que celui qu’il lui a accordé un peu plus tôt, et il en déduit qu’en tout cas, il n’est pas indésirable. Du coup, il le suit quand il se dirige vers une table, puis une fois arrivé dans un moment d’un pied sur l’autre, hésitant tout de même un peu à s’installer sans y avoir été expressément invité.

Il l’observe un peu à la dérobée, du coin de l’œil, pendant qu’il défait les attaches de son sac à dos, mais puisque l’autre ne semble pas avoir de moment de désapprobation, il en déduit que c’est bien ce qu’il était faire, et finit par s’asseoir, posant son sac sur la chaise libre à côté de lui. Il fait bon là, près du feu, c’est bien agréable. Pip’ apprécie aussi, et en profite pour aller s’installer sur le dossier de la chaise la plus proche de la cheminée, tirant un mince sourire à son compagnon.

Sourire qui s’agrandit notablement alors que son nouvel ami reprend la parole, pour finalement accepter son invitation. À croire qu’il suffisait de ça pour lui faire oublier sa fatigue et sa déprime temporaire. Changement brusque d’humeur habituel chez lui, mais qui déstabilise souvent ceux qui ne le connaissent pas. Ses plumes se redressent joyeusement sur sa tête alors qu’il répond avec bonne humeur.

« Bien sûr ! »

Le tavernier arrive d’ailleurs rapidement pour prendre leur commande. Poli, Sinnæus laisse son invité parler en premier, et, le grog lui semblant une bonne idée, décide se simplement demander la même chose, jusqu’à ce qu’il lui conseille de prendre quelque chose à manger en même temps. Suggestion à laquelle il répond d’un hochement de tête songeur avant d’ajouter une assiette de charcuterie à sa commande.

« Tu ne veux rien pour toi ? » ajoute-t-il à l’intention de son invité. Après tout, quand il lui a proposé de lui offrir “quelque chose”, il ne pensait pas spécialement à un verre, mais à ce qu’il voudrait.

Maintenant qu’il y pense, c’est vrai qu’il a un peu faim. Il ne se souvient pas exactement de quand il a mangé parfois, ça lui arrive d’oublier de le faire, au grand dam de sa mère. Si elle était là et qu’elle le voyait dans cet état, elle le sermonnerait vertement. Il a une petite bouffée de nostalgie à cette idée. Il est content de voyager et de découvrir le monde comme il l’a toujours rêvé, même s’il s’inquiète tout de même pour son frère, mais c’est vrai que sa famille et sa maison lui manquent.

Il n’a pas vraiment le temps de se laisser sombrer dans la nostalgie, heureusement, puisque c’est le moment que choisi son invité pour lui donner son nom. C’est vrai qu’avec tout ça, il ne se sont pas encore présentés.

Belle donc. Il ne savait pas qu’il y avait des parents qui donnaient ce prénom à leur fille — car c’est indéniablement un nom de fille, pour lui — mais après tout il a bien une sœur qui s’appelle Cendre, alors pourquoi pas. Et puis c’est peut-être un nom ordinaire ici, il n’en sait rien. Au moins
ça répond à sa question. Non pas qu’il se la posait vraiment, ça n’a pas réellement d’importance pour lui, mais ça lui évitera de gaffer en s’adressant à elle au masculin. Peut-être qu’elle l’aurait mal pris.

Pour la première fois, il ose la regarder ouvertement. Il sourit doucement, l’air de chercher à se faire une idée, ou à assortir son nom à son visage.

« C’est un joli nom. Ça te va bien. Quelques secondes s’écoulent avant qu’il ne réalise la question implicite et qu’il ajoute, un peu gêné de ne pas avoir compris plus tôt : Oh. Moi c’est Sinnæus. Ou juste Sin’, comme tu préfères. »

Le silence commence à s’installer, et il ne sait pas trop quoi dire pour le meubler. Personnellement, ça ne le dérangerait pas de rester simplement là sans rien dire, mais il sait que c’est souvent vu comme impoli. Et puis il est quand même curieux d’en savoir plus sur elle. Mais il n’a pas vraiment l’habitude de se retrouver en tête-à-tête avec quelqu’un, généralement il a au moins un de ses frères et sœurs avec lui, qui s’occupe de faire la conversation. Alors, faute de meilleure idée, il décide de se lancer dans les banalités. Avec un peu de chance, elle rebondira assez pour prendre la direction de la conversation, et il n’aura plus qu’à écouter, ou à répondre si elle lui pose des questions ?

« T-tu es d-de la région ? »

Ce n’est pas une si mauvaise question, en fin de compte. Si elle est d’ici, peut-être qu’elle voudra bien lui parler de la région, et même lui indiquer où il pourrait se renseigner à propos de son frère et de cette grosse bête volante ?

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Re: Paf, boum, plouf !

Messagepar Bell Petipa » 26 Mar 2015, 17:26

Bell se met à rire au compliment de l’orphe oiseau : « T’es pas obligé de dire ça si tu flirtes pas avec la personne, tu sais. Mais si c’est sincère, merci. » - Il hoche la tête devant le nom de Sinnæus, ce n’est pas très commun mais cela n’étonne guère le danseur, il n’est pas habitué de toutes manières aux prénoms de Païlandune qui roulent bizarrement sur sa langue. Non qu’ils soient moches, mais inconnus, plutôt. Sinnæus n’est pas désagréable à entendre, en tout cas, pas plus que Bell.

Son attention est distraite par une serveuse qui revient avec leur commande ; la vapeur qui s’échappe de la grosse tasse qu’elle lui tend est indéniablement réconfortante. Bell souffle dessus et prends une gorgée immédiatement. Il n’a rien pris avec ça même si Sinnæus lui a demandé, et n’a fait que hocher la tête de gauche à droite pour lui répondre. Le danseur a du mal à oublier les règles strictes qui conduisaient sa vie à la Basse-ville, jusque ce qu’il y avait dans son assiette, et il lui est complètement inhabituel de manger en dehors des repas. Les autres, en revanche, ils font comme ils veulent, et le dénommée Sin n’avait pas l’air d’être mécontent devant la charcuterie posée devant lui. D’ailleurs, ce dernier semble vouloir soudain se mettre à discuter. Bell ne va pas s'en plaindre, au final, ça ne lui coûte rien, et puis il n'a pas vraiment discuté avec personne depuis ce type bizarre qu'il a rencontré à Balaïne. Même s'il est un peu solitaire d'habitude, c'est agréable d'avoir des contacts humains et Sin a l'air sympathique ; de bonne volonté, en tout cas.

« Moi ? Non, pas du tout. » s’exclame Bell. Il est étonné que son interlocuteur n’ait pas remarqué qu'il soit étranger, ici on semble le voir du premier coup d’œil. C’était peut-être parce qu’il n’était pas d’ici non plus, il avait l’air un peu paumé, après tout. « Je viens d’une ville bien plus au Sud, proche du désert. Enfin, proche. Par rapport à ici, oui, proche. »
La Basse-ville est pourtant assez loin du désert pour que la grande majorité des gens de l’état Atlante n’y soient jamais allé y poser un orteil. Encore moins le danseur qui vient des quartiers crasseux et miséreux des Ghettos ; ce n’est pas comme si on organisait des voyages scolaires, là-bas. Après ça, il y avait eu l’école de danse, tout le travail qu’on devait y fournir, et pas de temps pour autre chose. Le voyage que Bell était en train d’accomplir était le premier qu’il avait jamais fait aussi loin de chez lui, mais au final, il s’en sortait plutôt bien.

« Et toi ? » retourne-t-il la question à son envoyeur en reprenant un peu du grog brûlant qui réchauffe extraordinairement bien son estomac. « Tu ne viens pas de cette ville, au moins, j’imagine, non ? »
Peut-être de Banba ? Aspasie était déjà plutôt campagnard, comme endroit, mais le danseur imagine qu’un orphe oiseau préfère probablement vivre dans la nature. Surtout quand celui-ci a des traits animaux aussi prononcés.
« Tu peux voler, n’est-ce pas ? Tu aurais dû filer dans le Sud, là où il fait chaud et beau… » soupire Bell en regardant par la fenêtre où il pleuvait toujours un rideau lourd d’eau glaciale.

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Re: Paf, boum, plouf !

Messagepar Sinnæus Notos » 27 Mar 2015, 00:31

Au rire de Belle, Sinnæus penche la tête, perplexe, se demandant ce qu’il a bien pu dire de drôle. Pas l’air vexé ou fâché comme s’il pensait qu’elle se moque de lui, simplement… curieux de comprendre. Il retrouve vite son sourire quand elle reprend la parole, lui apportant l’explication du mystère. Flirter, ce n’est pas son genre — plutôt celui de Naja… —, en fait il doute même de savoir comment s’y prendre s’il lui prenait l’envie d’essayer. Ses frères le taquinent assez là-dessus d’ailleurs. Mais c’est vrai qu’on lui a déjà dit que sa façon de dire ce qui lui passe par la tête comme il le fait souvent pouvait donner cette impression. Alors il se contente de hocher doucement la tête pour dissiper le malentendu.

« C’est sincère. Je flirte pas, ne t’inquiète pas. »

Enfin il ne sait pas trop si ce serait inquiétant à proprement parler, mais… enfin, il se comprend quoi. De toute façon, l’arrivée de la serveuse interrompt ces considérations hautement philosophiques. Sinnæus en profite pour se réchauffer les mains sur son verre, en faisant attention à ne pas bousculer la table avec ses ailes. Il tente de relancer la discussion, pas très brillamment selon lui, mais ça a l’air de marcher. En tout cas, Belle répond bien volontiers à sa question.

Un bref instant, il est vaguement déçu que la réponse soit négative. Ça veut dire qu’elle ne pourra pas l’aider, c’est dommage. Mais d’un autre côté, ça leur fait un point commun,et peut-être un sujet de discussion ? Il voit bien qu’elle a l’air étonnée qu’il ait posé la question, et il en déduit la réponse doit sembler évidente, pour ceux qui connaissent. C’est vrai qu’à Kobiki, il n’aurait pas eu besoin de demander pour deviner qu’elle vient d’ailleurs, mais ici il ne sait pas vraiment à quoi les gens sont censés ressembler. C’est vrai qu’elle n’a pas tout à fait la même allure que ceux qu’il a pu croiser jusque-là, mais on est en ville maintenant, ce n’est pas forcément pareil.

Quand elle annonce venir du Sud, son regard s’éclaire de curiosité. Il se demande à quoi ça ressemble, si c’est très différent d’ici ou de Kobiki. Sûrement que oui. Mais il a peur de l’embêter en l’assaillant de questions. Et de toute façon, elle ne lui en laisse pas le temps. Il laisse échapper un petit rire à la remarque qu’elle lui lance, avant de répondre :

« Ça se voit tant que ça ? Il ne lui laisse pas vraiment le temps de répondre — ce n’est pas vraiment une question de toute façon, il suppose bien que oui, sinon elle n’aurait pas dit ça — et ajoute : Je viens de Kobiki. C’est… loin vers l’ouest. De l’autre côté de la mer. »

Il se rend compte que donner le nom de son village n’est pas très utile, elle ne risque pas de connaître, et il se sent un peu idiot. Ce qu’il oublie bien vite quand elle reprend la parole.

« C’est au sud ici, par rapport à chez moi. Je crois. »

Il fronce légèrement les sourcils, soudain incertain de ce qu’il avance. C’est vrai qu’il allait vers le sud quand il a traversé la mer, mais il est peut-être remonté depuis ? Il n’est pas trop sûr. Enfin, de toute façon, la différence de latitude n’a sûrement rien de comparable avec l’endroit d’où vient Belle. Il se souvient brusquement que l’oiseau dont il tire ses caractéristiques est censé venir du sud, justement, et il se demande si elle en a déjà vu. Lui jamais en tout cas. L’idée lui tire un sourire un peu rêveur alors qu’il ajoute :

« Mais j’aimerais bien y aller oui ! Plus tard peut-être. Je dois retrouver mon frère d’abord. »

Cette pensée affadit un peu son sourire. Il hésite à lui poser des questions à ce propos, mais il n’a pas envie de l’embêter avec ses problèmes. Mais d’un autre côté, si elle sait quelque chose, ce serait dommage de manquer sa chance… Ça ne coûte rien de demander après tout. Au pire, si elle ne sait rien, il pourra toujours l’interroger sur l’endroit d’où elle vient pour ne pas laisser la discussion prendre un tour trop sombre. Ça lui paraît un bon plan.

« D’ailleurs tu n’aurais pas vu ou entendu parler d’une grosse bête volante qui serait passée dans les environs, par hasard ?»

Peu de chances qu’interroger les gens comme ça au hasard donne quelque chose, mais bon, autant essayer.

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Re: Paf, boum, plouf !

Messagepar Bell Petipa » 27 Mar 2015, 01:48

« Oh, je ne connais pas, je dois t’avouer. » répondit Bell en reprenant une gorgée de grog, cherchant dans ces lointains souvenirs de géographie de l’école primaire. Non, vraiment, ça ne lui disait rien, Kobiki. Mais après tout, ce n’était peut-être pas une grande ville. Et puis… Il a même dit de l’autre côté de la mer. Ça fait loin, dis donc, quand même. « Tu… Tu as volé jusqu’ici ? Non, tu as pris le bateau ? »

Le danseur avait du mal à imaginer qu’il avait fait tout ça, parce que vu la carte mentale de Nideyle qu’il avait dans la tête, ça faisait forcément une trotte de géant. Pas étonnant qu’il soit paumé ! Et pas étonnant qu’il soit dans cet état-là. Même si Sinnæus continue de l’intriguer encore plus en parlant de son frère. Bell repose sa tasse et s’appuie sur le dossier de sa chaise :
« Retrouver… Tu veux dire qu’il habite ici, ou que tu le recherches ? » - Après tout, mieux valait demander, mais le visage penaud de l’orphe oiseau semble déjà lui dire la réponse. Sauf qu’il a une question encore plus étrange en stock, au final. Bell prends un air un peu incertain, pour le coup, ses sourcils froncés.
« Heu, la grosse bête…. C’est sensé être ton frère ? » - Parce que bon, c’était des orphes, mais quand même, l’appellation était un peu bizarre ! « Enfin… Dans tous les cas, non, je n’ai rien vu de ça… »

Il n’était pas commun, celui-là, tiens, décidément. Et pas très très efficace non plus, d’après Bell, en ce qui concernait la recherche de membres familiaux. S’il comptait simplement demander aux gens s’ils avaient vu une grosse bestiole, ça n’allait pas l’emmener bien loin. Qu’il soit aiguillé dans la mauvaise direction par quelqu’un qui avait mal compris ou ne parlait finalement pas de la même chose, ou qu’il doive se fier aux indications de témoins à la mémoire courte, ça allait lui prendre tellement de temps que son frère serait déjà reparti ailleurs depuis ! Le danseur n’était pas non plus un expert en la matière, mais dans les Ghettos, quand un gamin se perdait ou disparaissait – et cela arrivait souvent, vu le dédale de maisons de bric-à-brac et les gens douteux qui parfois y trainaient -, on ne s’en occupait pas de cette manière.

« C’est comme ça que tu as l’intention de retrouver ton frère, en demandant aux gens s’ils ont vu une grosse bête jusqu’à ce que tu puisses suivre ses traces ? Je ne voudrais pas être désagréable ou déprimant, hein, mais… Ça va te prendre des années, à ce train-là, si tu veux mon avis. On risque de mal te comprendre ou de mal t’informer, et encore, c’est si tu trouves des gens qui pourraient même répondre à ta question… »
Bell lui jeta un regard concerné : « Il a disparu comment, ton frère, si ce n’est pas indiscret ? »
Quelque part, les histoires de gens portés disparus, ça tapait un peu trop près de chez lui pour qu'il n'ose pas poser de questions. Même si le danseur, lui, n'avait pas de frères ou de sœurs pour aller lui courir après. Il détourna la tête en pensant à ceux qu'il avait laissé derrière lui à la Basse-ville. Est-ce que quelqu'un s’inquiétait aussi pour lui, là-bas ?

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Re: Paf, boum, plouf !

Messagepar Sinnæus Notos » 27 Mar 2015, 14:18

« J’ai pris le bateau oui, mais j’ai surtout beaucoup volé. Ça va plus vite. » répond-il, amusé par l’air étonné de Belle.

C’est vrai que, quand on n’a jamais eu l’occasion d’essayer, on ne se rend pas compte du temps qu’on peut gagner en volant. D’ailleurs, Sinnæus n’a même pas terminé la traversée en bateau, préférant la finir à tire-d’aile. Son estomac n’appréciait vraiment pas la houle, et il ne se sentait pas très à l’aise aussi près de tant d’eau alors qu’il ne sait pas nager — il n’est même pas sûr de simplement pouvoir, d’ailleurs, mais il n’a jamais eu l’envie de s’y risquer.

À la question concernant son frère, les plumes de son crâne s’affaissent, et il lâche d’une petite voix « Il a disparu… ». Pourtant, malgré son inquiétude, la suite lui tire un petit rire, alors qu’il répond simplement en hochant la tête de gauche à droite. C’est vrai que sa formulation n’était pas très claire, d’habitude il essaye de s’expliquer un peu mieux, mais il est fatigué et il n’a pas vraiment fait attention. Quand Belle finit par répondre à sa question, il est un peu déçu, mais pas vraiment surpris, alors il hoche doucement la tête.

« D’accord, tant pis. Merci quand même. »

Il trouve qu’il l’a déjà assez embêtée avec ses problèmes, et il s’apprête à chercher comment changer de sujet, mais c’est elle qui reprend la parole et qui continue sur sa lancée. Il la trouve gentille de s’inquiéter comme ça pour lui alors qu’elle le connaît à peine et de vouloir lui donner des conseils. Même si en l’occurrence, ce qu’elle dit, elle le sait déjà. Même lui se rend bien compte à quel point cette façon de procéder serait inefficace. N’empêche, c’est la première qui fait mine de s’intéresser à son histoire, et ça le touche.

Il est sur le point de lui expliquer son plan, ou ce qui en tient lieu, pour la rassurer, mais elle lui coupe à nouveau l’herbe sous le pied en lui posant une nouvelle question. Il la regarde un instant, les plumes frémissantes, l’air dubitatif. Ce n’est pas tant la question qui le laisse perplexe que la façon dont il va pouvoir y répondre. Il se passe la main dans les cheveux, donne un coup d’aile dans la table au passage — sans rien renverser, coup de chance — jette un regard à son verre, auquel il réalise qu’il n’a pas encore touché, en prend une gorgée pour se donner une contenance le temps de réfléchir à comment il va pouvoir présenter les choses.

« Je ne sais pas exactement, en fait… Il part souvent en vadrouille pour aider les animaux blessés et tout ça, mais cette fois il est pas revenu. Alors on est partis à sa recherche, mais on a rien trouvé, comme s’il s’était juste… envolé. Sauf qu’il n’a pas d’ailes, lui ! En plus il a le vertige… pense-t-il à préciser avant de continuer. Et puis on a entendu parler d’une grosse créature volante qui est passée par là au même moment. Je suis pas vraiment sûr que ce soit elle qui l’a enlevé mais… Il hausse les épaules. J’ai rien de mieux. Et puis, s’il est toujours là-bas, ma famille le retrouvera. Alors qu’il n’y avait que moi qui pouvait suivre la grosse bête. Ça n’a pas été très difficile d’ailleurs, pas mal de gens l’ont vue. Je sais qu’elle a traversé la mer, mais depuis que je suis de ce côté, j’ai perdu sa trace… On m’a dit qu’en venant à Ephtéria, comme c’est une grande ville, je pourrais peut-être trouver des gens qui savent ce que c’est, et qui sauraient me dire comment la retrouver. Il lui lance un petit sourire et ajoute, comme pour se justifier : Toi, je t’ai juste posé la question au cas où. Comme t’étais là, et que tu as pas mal voyagé, je me suis dit on sait jamais… »

Il s’arrête et se tortille vaguement sur sa chaise, un peu gêné. Il se sent un peu idiot d’un coup. Sur le moment, quand il est parti, mais maintenant qu’il l’a expliqué à haute voix, il n’est plus sûr que ce soit un si bon plan. Il faut dire qu’il ne se rendait pas compte que ce côté de la mer était si grand ! Il ne l’a pas visité en entier, certes, mais il est presque sûr que là d’où vient, ça l’est beaucoup moins. Il aurait peut-être dû réfléchir un peu plus à tout ça. Mais d’un autre côté, il ne voit pas bien ce qu’il aurait pu faire de plus utile en restant chez lui… il ne sait plus trop.

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Re: Paf, boum, plouf !

Messagepar Bell Petipa » 27 Mar 2015, 17:10

Bell arbora un air pensif à la réponse de l’orphe oiseau et hochait la tête régulièrement pour lui dire qu’il suivait, avant d’esquisser un léger sourire.
« Non, je t’assure, je n’ai pas beaucoup voyagé. Ça fait à peine une semaine et demi que je suis parti de chez moi pour la première fois. »
C’était encore assez bizarre de se retrouver en Païlandune, d’ailleurs. Mais après tout, c’était plus facile pour quelqu’un qui venait de la Basse-ville de se balader là que l’inverse. Le danseur avait vu quelques films à moitié erronés qui se passaient dans le coin, et savait se servir d’une bougie, contrairement à un habitant de Balaïne complètement paumé devant un interrupteur. Au final, la seule chose vraiment désagréable ici était de ne pas avoir accès à de l’eau chaude facilement. Il se sentait sale un peu trop souvent à son goût sans pouvoir y faire grand chose.

Mais ce n’était pas le sujet de la discussion qui se déroulait à l’instant. Bell tâta son manteau pour voir s’il avait un peu séché et reprit avec réflexion :
« Mais depuis le temps, rien n’est moins sûr que ton frère soit encore avec cette bête, non ? » - et puis, même si le danseur préfèrera ne pas le mentionner, mais s’il l’était toujours, ce n’était pas parce qu’il avait déjà servi d’apéritif à cette grosse bestiole ? Si ce machin était assez gros pour emporter un humain avec lui… Mais si ça se trouvait, son frère était encore un enfant. Bell fit une moue dérangée. Ça ne sentait pas très bon, cette histoire, et le danseur n’aimait guère entendre parler d’un gamin peut-être dévoré, pendant que son frère traversait la moitié de Nideyle pour le retrouver.

« T’es pas à la capitale, ici, c’est vrai qu’il serait peut-être plus facile d’avoir des informations là-dessus là-bas. Tu devrais mettre des affiches avec la tête de ton frère, aussi, sans doute. Je ne sais pas, il n’y a pas des forces de l’ordre, ici, qui peuvent s’occuper de ce genre de chose ? »
Il devait avouer qu’il n’avait aucune idée de ce qui se passait ici concernant ce domaine. Bell n’était même pas le genre de personne à y penser en premier, dans les Ghettos, la police n’était souvent que mauvais signe et peu de gens s’attendaient à être aidés par des gens qui leur avaient fait autant de mal. Mais à la Basse-ville, c’était leur boulot et ils faisaient même des investigations pour retrouver les personnes disparues. Sauf que bien sûr, le dôme de la Basse-ville était aussi bien plus petit que tout Païlandune qui s’étalait parmi la campagne. Bell soupira. Il n’avait pas assez d’informations pour lui trouver des conseils, et puis il n’était un expert. Plus important, les problèmes de cet inconnu n’étaient pas sensé le concerner, il l’avait juste bousculé. Et offert un verre.

« Je suis désolé pour toi, ça ne doit pas être facile. » - c’était un peu l’hôpital qui se foutait de la charité, pensa le danseur, vu que lui-même faisait la même chose, mais volontairement. Mais hé, il avait laissé un message qui disait de ne pas s’inquiéter, c’était déjà ça de plus, n’est-ce pas ?
Merde, la vie était vraiment ironique. Il aurait pu rencontrer n’importe qui mais il fallait que ce soit quelqu’un qui recherchait un membre disparu de sa famille, pendant que lui avait fui dans le Nord aussi soudainement que s’il avait été aussi emporté par une grosse bête.
« Est-ce que tu es sûr qu’il n’est pas simplement parti de son propre chef, déjà ? » demanda-t-il un peu brusquement.

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Re: Paf, boum, plouf !

Messagepar Sinnæus Notos » 27 Mar 2015, 22:15

« Oh, un peu comme moi alors ! » réplique l'orphe au commentaire de Belle, retrouvant en partie son enthousiasme. Il avait présumé qu’elle avait dû voyager longtemps, puisqu’elle venait de si loin, ça lui semblait logique, surtout qu’elle ne peut pas voler, elle. Mais après tout, peut-être qu’elle n’a pas voyagé à pieds ? Il ne sait pas trop quels moyens de transports on peut trouver dans cette partie du monde. Il devrait se renseigner, peut-être qu’il pourrait gagner du temps ? Enfin, pour ça il faudrait déjà qu’il sache où il va…

À la remarque suivante, il affiche une petite moue ennuyée, le coin de la bouche retroussé sur le côté.

« Je sais bien, mais comme je n’ai pas d’autre piste… Je m’étais dit que si je la retrouvais, je trouverais aussi des indications pour savoir où est passé Naja. Et puis je dois dire que je n’avais pas prévu de perdre sa trace aussi longtemps… »

Il lâche un petit « Oh… » à peine audible en apprenant qu’il n’est pas là où il croyait. Le voilà bien parti, s’il n’arrive même pas à trouver une ville… Et ça veut dire qu’il ne sait pas non plus où il est. Enfin, de ce point de vue là ça ne change pas grand-chose, puisqu’il ne sait pas vraiment où se trouve Ephtéria de toute manière, il n’aurait pas été tellement plus avancé. Et puis c’est quand même assez grand ici, il a peut-être une chance d’y trouver des gens compétents pour l’aider.

Ses plumes se redressent sur sa tête quand elle parle d’avis de recherches. Ça il n’y avait pas pensé ! Il faut dire que les choses ne se sont pas vraiment passées comme prévues, et que c’est de toute façon la première “vraie” ville sur laquelle il tombe depuis son départ, donc ça ne lui aurait pas servi à grand-chose avant ça. Mais, puisque son plan a tout l’air d’être tombé à l’eau, il lui en faut un nouveau, et celui-ci lui paraît très bon. Il hausse les épaules à la question avant de répondre de façon plus élaborée.

« Je sais pas, je viens tout juste d’arriver… Sûrement ? C’est une bonne idée en tout cas, je vais me renseigner ! Il tourne la tête pour jeter un regard par la fenêtre, et ajoute avec un demi sourire : Enfin, dès que le temps se sera un peu calmé… »

Sans trop s’en rendre compte, et même s’il vient tout juste de la rencontrer, il lui parle plus facilement, il se sent plutôt à l’aise avec elle. Il faut dire qu’elle est drôlement gentille, à s’intéresser ses problèmes comme ça et essayer de l’aider alors que rien ne l’y oblige. Elle ne le connaît pas après tout, et il l’a même bousculée. Il l’aime bien. Et elle lui donne de bons conseils, en plus !

Et quelque part, ça lui fait du bien de parler de tout ça, d’évacuer un peu l’inquiétude qu’il ressasse depuis son départ. Ruminer, ça n’aide jamais à voir les choses clairement, et elle l’a aidé à voir les choses sous un autre angle, envisager d’autres possibilités, et ça lui redonne l’espoir qu’il peut y arriver. D’accord, il ne s’y est pas pris de la meilleure façon jusque-là, mais ce n’est pas très grave, il va faire mieux maintenant ! Il apprend.

« Merci… »

La question qui suit, en revanche, le prend complètement au dépourvu. Il observe Belle, cligne des yeux plusieurs fois, l’air de ne pas très bien comprendre ce qu’elle essaye de dire. Alors ça, vraiment, c’est une possibilité qui ne lui a jamais ne serait-ce même qu’effleuré l’esprit ! Autant il n’a pas la moindre difficulté à admettre la probabilité qu’une grosse créature inconnue ait enlevé Naja, autant l’hypothèse que vient d’émettre Belle lui semble tout bonnement impossible.

« Oh non, il n’aurait pas de raison. Et puis il nous aurait au moins prévenus ! »

Si la première phrase a été d’un ton plutôt neutre — il en doute très fort, mais on ne sait jamais après tout, peut-être que son frère lui a caché des choses ? Ce serait surprenant, mais pas entièrement impossible —, la seconde en revanche est d’une conviction sans appel. Jamais de la vie Naja ne serait parti en les laissant s’inquiéter comme ça. C’est une évidence dont rien ni personne, à part son frère lui-même, ne pourrait le faire douter. En revanche, la façon dont elle a demandé ça amène Sinnæus à se poser une autre question. La tête penchée, il pose sur Belle un regard intrigué.

« Et toi, est-ce que ta famille sait que tu es partie de chez toi ? »

Il se rend compte, un peu tard, qu’il y a des questions qui ne se posent pas, surtout à quelqu’un qu’on ne connaît que depuis quelques minutes à peine, et que pour une fois il aurait peut-être mieux fait de ne pas simplement dire tout haut ce qui lui passe par la tête sans réfléchir. Gêné, et un peu inquiet qu’elle le prenne mal, il se met à rougir et les plus de son crâne s’affaissent à nouveau alors qu’il bafouille maladroitement.

« D-désolé, c-c’est indiscret. T-t’es p-pas obligée de répondre… Pardon. »

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Re: Paf, boum, plouf !

Messagepar Bell Petipa » 28 Mar 2015, 02:52

Bell est encore en train de hocher la tête vers Sin en l’entendant réfutant sa question ; il s’aperçoit trop tard qu’il venait de se faire prendre au piège par sa propre question. Le visage du danseur se décompose légèrement un instant, juste une ombre avant qu’il balaye son embarras, mais l’orphe se répands déjà en excuses, les joues cramoisies. La vision suffit à l’amuser à nouveau, il est tellement timide, mais Bell reste encore silencieux quelques secondes, pas sûr de savoir s’il devrait profiter de son retrait, ou répondre quand même à sa question.

Mais après tout, cela ne va ni aggraver ni améliorer la situation, d’en parler ou non. Il est en Païlandune depuis effectivement une semaine et demie, et rien n’a changé dans sa tête, tout est aussi flou et confus qu’avant. Il faut dire qu’il y a de quoi lui changer les idées avec le changement de paysage, et qu’il en a profité parce qu’il n’avait pas du tout envie de penser à tout ça.
Bell soupire, mais cela ne l’empêche pas de retrouver un fin sourire : « T’excuse pas, je t’ai posé des questions indiscrètes moi aussi. T’as l’air toujours bien gêné, mais je ne vais pas te hurler dessus sauf si t’es vraiment insultant. Stresse pas comme ça. »

C’est drôle de voir Sinnæus gigoter et rougir, mais le danseur n’est pas méchant et préfèrerait le voir plus à l’aise. Ce n’est pas vraiment intéressant de l’entendre dire tout le temps pardon alors que c’est inutile, à la fin. Le plafond semble soudain l’être, par contre, vu la manière dont Bell le fixe avant de baisser à nouveau son regard sur son interlocuteur :
« Ma famille le sait, oui. Mais je n’ai laissé qu’un mot pour le dire… » - Et puis famille est un bien grand mot pour une seule personne. Bell n’a jamais connu ni son père ni le reste de la famille du côté de sa mère dont les parents l’avaient déshérités rapidement. Il y a bien une grand-tante qui venait parfois les voir et les avait aidés financièrement dans le passé. Mais c’est à peu près tout.
« Ce… Ce n’est pas très courageux mais je n’avais pas envie de donner d’explications. » rajoute le danseur, bizarrement incapable de s’arrêter sur sa lancée, même si son regard s’est perdu cette fois au fond de sa tasse. Il a un peu honte de déballer ça à un inconnu, même s’il ne se risquera pas maintenant à donner les détails. « J’avais besoin d’air, sérieusement besoin d’air. »

L’aubergiste repasse à côté de leur table et Bell l’arrête soudain pour lui redemander un verre, complètement d’alcool, cette fois. Ce sera lui qui le paiera, celui-là, promet-t-il à Sinnæus au cas où il s’inquièterait pour son porte-monnaie. Il n’a pas l’habitude de boire de l’alcool, pourtant, mais là, ça lui fera sûrement du bien. Il en profite même pour demander aussi un peu à manger, comme s’il venait de décider qu’il ne passait pas des vacances à l’autre bout de Nideyle pour se priver. Il aurait tout le temps pour ça en rentrant à la maison. Mais ça, Bell ne préfère vraiment pas y penser, parce que revenir va être la partie la plus compliquée et la plus douloureuse, celle pour laquelle il n’y aucune idée de la marche à suivre.
Le danseur lève son verre plein à Sinnæus pour trinquer avec le sien à peine entamé : « Mais si ça ne te gêne pas, on va changer de sujet. Je préfère encore parler de ton frère que de mes problèmes. Ou... bof. Ton frère, c'est un peu triste aussi. Tu n'aurais pas un sujet de conversation plus léger ? Tu fais quoi dans la vie ? »

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Re: Paf, boum, plouf !

Messagepar Sinnæus Notos » 28 Mar 2015, 22:19

Au sourire et aux paroles de Belle, il répond d’un petit sourire hésitant. C’est vrai que ce n’est pas la première fois qu’on le lui dit, mais c’est plus fort que lui. Il se rend compte, pourtant, que ça ne doit pas être très agréable pour elle de le voir tout embarrassé comme ça, si bien que son premier réflexe est de répondre : « C’est vrai. Désolé. Enfin je veux dire… » Il ne sait pas trop ce qu’il veut dire, en fait, et il se racle la gorge, incapable de terminer sa phrase d’une façon plus satisfaisante, avant de se prendre d’une fascination soudaine pour le verre qu’il tient entre les mains.

Il l’observe à la dérobée pendant qu’elle fixe le plafond, se demandant si elle compte répondre à sa question ou pas, finalement, et se force à ne pas détourner les yeux quand elle ramène son regard sur lui. Quand elle reprend la parole, les plumes de son crâne oscillent doucement, comme hésitantes. Il voit bien que ce n’est pas un sujet facile pour elle. Il se demande ce que ça lui aurait fait si Naja avait fait pareil, disparu en ne laissant qu’un bout de papier derrière lui. Ça aurait été moins pire que ne pas savoir, c’est sûr, mais quand même…

Mais c’est vrai qu’il ne sait rien de sa famille ni de leur relation. Ni d’elle, d’ailleurs, quand il y pense. C’est peut-être très différent… Il se demande ce qui a pu la pousser à partir de chez elle, surtout de cette façon, aussi brusquement, et elle y répond en quelque sorte, mais d’une façon qui lui apporte plus de questions que d’explications. Il la regarde d’un air un peu triste, comme s’il était désolé pour elle, même sans rien savoir de son histoire. Il aimerait en savoir plus, mais il n’ose pas tout à fait l’interroger. Même si elle n’a pas mal réagi à sa question tout à l’heure, ça n’a pas l’air de lui faire très plaisir d’en parler.

En l’entendant préciser qu’elle paierait elle-même le verre qu’elle vient de commander, l’orphe hausse simplement les épaules, l’air de dire que ça n’a pas d’importance. Il ne va pas insister, mais ça ne l’aurait pas dérangé de payer. Il l’a invitée après tout. Et puis elle a été si gentille avec lui. Alors, quand elle commande quelque chose à manger, ce qui lui rappelle brusquement l’assiette de charcuterie à laquelle il n’a toujours pas touché, il pousse légèrement cette dernière dans sa direction, comme un invitation à se servir aussi si elle veut, et pioche dedans pour montrer l’exemple.

Il hoche simplement la tête quand elle propose de changer de sujet — il est curieux, mais si elle n’a pas envie d’en parler, il ne va pas la forcer — et prend le temps d’avaler le morceau de jambon qu’il a dans la bouche avant de répondre à sa question d’un ton pince-sans-rire.

« Eh ben pour le moment je voyage. Il se fend d’un sourire, et reprend plus sérieusement, retrouvant de son enthousiasme au fur et à mesure qu’il parle de chez lui. Mais sinon normalement je suis messager. D’ordinaire, il se serait arrêté là, mais puisque le but est de changer de sujet, il décide de détailler un peu, comme il peut, en espérant qu’elle ne trouvera pas ça trop ennuyeux. Je porte des courriers et des colis entre mon village et Tib’Koh, la ville qui est à côté. Comme c’est en haut d’une falaise, et qu’il fait souvent froid, la route n’est pas toujours praticable, surtout quand il neige, alors en volant c’est plus pratique. C’est un peu ennuyeux parfois de faire toujours le même trajet, mais ça me dégourdit les ailes. Et puis assez souvent j’emmène des lettres ou des cadeaux des familles des garçons du village qui sont rentrés dans l’armée, et ça j’aime bien, parce ça leur fait toujours plaisir. Et quand je peux, j’en profite pour passer voir mon frère Krait — c’est pas lui dont je te parlais… — qui est dans l’armée aussi, et je peux donner de ses nouvelles à la famille, c’est sympa. Il marque une petite pause, cherchant s’il trouve autre chose à dire sur le sujet et, ne trouvant rien, finit par lui retourner sa question. Et toi, tu fais quoi ?»

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Re: Paf, boum, plouf !

Messagepar Bell Petipa » 29 Mar 2015, 01:43

« C’est intéressant. Ça doit être agréable de voler. » Bell s’arrête un instant pour réfléchir avant de continuer : « Tu devrais peut-être faire essayer de travailler un peu ici, ou à Ephtéria. Si tu rencontres des gens en leur livrant des choses un peu partout, tu aurais plus de chance de tomber sur quelqu’un d'informé. Enfin, c’est une idée, disons. »
Il s’appuie un peu plus sur sa chaise et prend une longue gorgée amère d’alcool lorsque Sinnæus lui retourne sa question : « Je suis danseur. De ballet. Enfin, je l’étais. Je ne sais plus trop. »
Mais après tous les détails que l’orphe oiseau lui a donnés sur son boulot, ne dire que ça semble un peu court. Et puis comme il semble attendre la suite, en plus, Bell se creuse la tête pour ajouter un peu plus d’informations :
« Ma compagnie, les gens avec qui je travaille, est une des plus renommés de là d’où je viens, alors on fait des représentations dans les deux plus grand théâtres, où des vieux riches viennent déposer leurs fesses grasses sur des fauteuils en velours pour nous regarder sautiller et faire semblant de ne pas faire d’efforts pour nous mettre sur nos orteils. »
Le danseur s’arrête en secouant la tête. C’est peut-être l’alcool qui commence à lui monter à la tête parce que d’habitude, il n’aurait clairement rien dit de pareil.
« Mais il y a aussi la beauté de la grâce, l’amour de la musique, le dépassement de soi, tout ça, bien sûr, hein ! » rajoute-t-il un peu moqueur. Et Bell finit son verre d’une traite, agacé par lui-même. Il n’a pas toujours été aussi amer et méprisant, mais ce soir, il ne peut pas s’en empêcher, motivé par les souvenirs de son départ. « Mais te méprends pas, j’aime ça, bien sûr. Ce n’est pas le genre de métier qu’on fait par hasard, il faut tellement de travail. »

C’est sûr que de son côté, Sinnæus avait probablement un chemin tout tracé vu sa tête. Ou plutôt ses ailes. Bell se demande s’il aime vraiment ça, il n’a pas l’air de détester mais il le dit bien lui-même, cela peut être ennuyeux. Pour le danseur, c’est un peu inconnu ; il y a aussi pleins d’aspects ennuyeux dans son métier, mais on ne se pose pas la question, on s’exécute. Refaire mille fois les mêmes mouvements jusqu’à la perfection n’est jamais très agréable, c’est plutôt une question d’attendre le résultat et la gratification qui viendra avec. Mais après tout, c’est justement un peu semblable à ce que raconte Sinnæus ; porter les paquets n’est pas toujours intéressant, c’est la réaction des destinataires qui l’est.
« Il y a au moins un point commun entre ce que l’ont fait toi et moi, en fait. On peut toujours faire autant d’efforts et travailler autant qu'on peut, si le résultat ne plait pas aux ceux qui le reçoive, alors c’était complètement inutile. » rajoute-t-il doucement.
Il commande à nouveau un verre à la serveuse qui slalomait entre les tables, sans trop y réfléchir. L’alcool qu’ils servent n’est pas très bon, mais Bell doit avouer que c’est assez agréable de sentir la chaleur descendre jusqu’à son estomac et d’être très légèrement pompette. C’est juste assez pour le motiver à continuer pendant qu’il discute encore avec Sinnæus de choses et d’autres, même si en retour, ce dernier lui pose souvent plus de questions. Bell répond parfois brièvement, quand cela concerne sa vie d’une manière trop privée, selon lui, mais se prend au jeu le reste du temps, aidé par son esprit de plus en plus embrumé et le comportement sympathique de Sinnæus. Il a l’air curieux et maintenant, moins embarrassé ; de bonne compagnie, finalement.

Seulement les verres vides s’amoncellent et le danseur commence à être sérieusement attaqué, même avec les morceaux de charcuterie qu’il a grignotée de son plateau. Il faut dire qu’il n’a même pas fini, laissant le reste à Sinnæus, et qu’il n’a pas non plus l’habitude. Une ou deux flûtes de champagne au gala de charité de Noël ? Pas de problème ! Mais avec la liqueur mal distillée venant de Païlandune, c’est une autre histoire. Il n’a jamais vraiment eu à se dire d’arrêter avant que ça finisse mal.
Résultat, à présent, c’est trop tard pour le faire, Bell est déjà en train de parler et rire trop fort. L’orphe oiseau semble soudain être un vrai comique, mais c’est plutôt le danseur qui se ridiculise de plus en plus avec ses réponses à peine compréhensibles et ses réactions exagérées. Lorsque l’aubergiste commence à parler de mettre tout le monde dehors parce qu’il commence à se faire tard, ça n’a pas l’air de rentrer dans l’oreille de Bell qui s’est mis à se plaindre.
« P’tain, j’ai faim ! Et j'suis fatigué. C’est ça qu’est chiant dans les voyages, tu vois, t’es pas chez toi, hein ? Chez moi, on dort bien tu vois. Super lit. Super matelas. Y a même un tapis ! Jamais dormi dessus mais on pourrait ! »

Désolé, t'as un alcoolique à gérer. XD J'essayais de trouver une raison pour que Bell file pas trop vite, parce que de base, ce serait son genre, il est pas surtout développé niveau sociabilité. Là, tu peux en faire ce que tu veux, ahah.

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Re: Paf, boum, plouf !

Messagepar Sinnæus Notos » 30 Mar 2015, 16:19

La mention de la danse suffit pour que Sinnæus prenne l’air émerveillé d’un enfant devant un tour de magie. Mais le ton désabusé que prend Belle pour en parler ne lui échappe, et il n’ose pas poser de questions sur le sujet pour le moment, même s’il se demande bien que ça peut être que le ballet.

Une autre chose que l’orphe relève, qui lui avait échappé la première fois, est l’utilisation du masculin. Mince alors, il s’était trompé dans ses déductions… Quelle idée aussi, d’appeler un garçon “Belle” ! Enfin, c’est peut-être normal, là d’où il vient, après tout. Et pour Sinnæus, ça ne change rien. Il est juste content de ne pas avoir gaffé pendant qu’ils parlaient jusque-là, ça aurait pu être gênant, surtout si Belle l’avait mal pris. Lui n’a jamais compris en quoi c’était insultant d’être comparé à une fille, mais il sait que certains trouvent ça vexant…

En tous les cas, la conversation se passe plutôt bien, petit à petit Sin’ se détend et Belle se déride. L’orphe finit par remarquer le nombre de verres commandés par son nouvel ami, qui n’y sont sans doute pas pour rien, mais ne se permet pas de faire de remarque à ce propos. Il est grand après tout, il sait sûrement ce qu’il fait. Et puis il n’a pas l’air d’avoir l’alcool mauvais ou tristes, comme certains qu’il a déjà vu au village, au contraire ça semble le mettre plutôt de bonne humeur, alors pourquoi pas. Une fois de temps en temps, il paraît que ça fait du bien. Sinnæus préfère éviter l’alcool fort, pour sa part ; la première — et dernière — fois qu’il a essayé, il s’est endormi sur la table et s’est réveillé avec l’impression que la fanfare du village défilait dans son crâne… Et pourtant il n’avait même pas bu tant que ça !

Il n’y a plus grand monde dans la salle quand le patron commence a envisager de mettre ceux qui restent dehors. C’est vrai qu’il commence à se faire tard, il ne s’était pas rendu compte que le temps était passé si vite ! Le tenancier n’a pas l’air d’apprécier de voir son avertissement si peu suivi d’effet, et répond aux plaintes de Belle d’un ton bourru.

« Eh ben justement en parlant d’lit, j’aim’rais bien r’trouver l’mien, alors si vous pouviez m’débarrasser l’plancher, ce s’rait bien aimable.
— Oh, oui, pardon, on va partir !
annonce l’orphe tout en se levant en signe de bonne foi. Dans le même temps, il pousse vers Belle le plateau de charcuterie pas tout à fait terminé, lui annonçant gentiment : Il en reste un peu si tu veux finir. Après on va s’en aller. Puis, tout en fouillant dans son sac pour en sortir de quoi payer ce qui ne l’a pas encore été, sans trop se soucier de qui a commandé quoi, il revient au tenancier pour lui demander : D’ailleurs, est-ce que vous pourriez nous indiquer une auberge pas trop loin ? On vient d’arriver et on connaît pas la ville… »

Le tavernier se radoucit un peu en voyant qu’au moins un des des jeunes gens a encore l’esprit assez clair pour comprendre ce qu’on leur dit et qu’il n’aura au moins pas besoin de mettre ceux-là dehors à coups de pieds au derrière. Il indique donc à l’orphe une auberge pas trop chère à quelques minutes de là et lui donne l’itinéraire pour la trouver, et va même jusqu’à lui demander, d’un air vaguement concerné : « Vous êtes sûr que ça va aller avec votre ami dans cet état ? »

Sinnæus lui assurant que oui d’un ton confiant, l’homme se contente de hausser les épaules avant de s’éloigner pour s’occuper de faire bouger une autre tablée. Alors, l’orphe tend la main à son nouvel ami, pour le cas où il aurait besoin d’aide pour se lever, et demande plus qu’il n’annonce :

« Viens, on y a va ? »

J’ai coupé là parce que je préférais ne pas faire réagir Bell à ta place, mais si ça te semble pas assez pour répondre n’hésite pas à me dire et je rallongerai. :)

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Re: Paf, boum, plouf !

Messagepar Bell Petipa » 30 Mar 2015, 22:01

Bell, en train d’avaler encore quelques morceaux de jambon, lève un menton fier devant la main tendue de Sinnæus : « Hé, je suis danssseur, tu crois que j’ai besoin d’aide pour marcher ? J'peux rester en équilibre même sur la pointe des pieds si j’ai envie, monsieur ! »
Et l’intéressé se relève aussitôt pour prouver ses dires ; mais malheureusement pour lui, c’est plus difficile que prévu et le monde entier tangue soudainement comme sur un bateau en pleine mer. Bell ne risque pas de faire le rapprochement, il n’est jamais monté en bateau, encore moins au milieu d’une tempête, mais il n’en a guère besoin pour tanguer lui-même de gauche à droite. Après quelques pas, il aurait déjà dû s’apercevoir qu’il valait mieux faire attention, mais le danseur a autant de fierté que de verres dans le nez, et il finit par terre en se penchant trop bas après un essai d’arabesque raté.

L’aubergiste lui lance un regard désapprobateur, mais il ne s’en rends pas plus compte qu’avant, se relevant simplement en titubant comme un pingouin à chacun de ses pas jusqu’à l’entrée, refusant toujours l’aide de Sinnæus. Dehors, la pluie se repose pour une heure ou deux dans une brume glaciale, mais plus facile à supporter que le déluge de plus tôt. Ce n’est quand même pas une raison pour se balader manteau ouvert, mais Bell n’a plus vraiment de bon sens à ce stade. Même si au moins, il suit diligemment l’orphe oiseau sans poser de question, vaguement conscient qu’un endroit chaud et moelleux l’attend au bout.

En revanche, les rues sont malheureusement apparemment assez attrayantes et spacieuses pour chantonner et danser avec maladresse. Tourner sur soi-même complètement soûl n’est pourtant une idée lumineuse, tout le monde vous le dira. Bell s’arrête à mi-chemin avec un air un peu pâle, avant de couvrir sa bouche d’une main, l’air un peu horrifié. Une seconde plus tard, il a déjà disparu en courant et en trébuchant dans une ruelle sombre perpendiculaire. Une ou deux minutes passent avant qu’il ne réapparaisse, l’air un peu mieux, un bébé cochon sous le bras. Le danseur brandit aussitôt sous le nez de Sinnæus l’animal, annonçant fièrement : « Regarde ! C'est un cochon ! Il ressemble à ma première prof de danse quand j’avais six ans ! Enfin elle était bien plus grande, mais celui qui lui ressemblait vraiment, il était trop gros pour que je le porte ! »

Bell n’a pas l’air du tout coupable – du moins pour l’instant -, de faire subir à un inconnu ses idées douteuses de vol de cochon. Il a vidé son estomac dans un enclos qui n’était vraiment pas le mieux pour ça, mais toujours mieux que les pavés de la rue ; ce n’est guère une explication pour son comportement, mais dans la tête du danseur, cela semble faire tout à fait sens. En fait, il en est déjà à chercher un prénom pour la bestiole qui grouine d’un air confus.
« Tu crois que je devrais l’appeler Sabine comme elle ? »

C'est ça, une arabesque ! ^^
Je viens de m’apercevoir que je vais peut-être utiliser des termes comme ça des fois alors j'essayerais de te les mettre en photo pour que tu n'ai pas à les chercher. Aussi, t'inquiète pas, c'est parfait ! En revanche, j'espère que moi je t'embête pas trop. XD

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Re: Paf, boum, plouf !

Messagepar Sinnæus Notos » 02 Avr 2015, 00:33

Ah oui c’est gentil de me mettre les photos, et ça me sera utile *-* XD
Et tu m’embêtes pas du tout, au contraire c’est rigolo XD J’espère que ma réponse t’ira par contre, je la trouve pas terrible >_<

Sinnæus ne s’offense pas quand Belle refuse son aide et le regarde illustrer son propos — pas très brillamment, certes —, pas vexé mais un peu inquiet. Il sait que les gens ivre ont facilement tendance à surestimer leurs capacités, surtout quand ils n’ont pas l’habitude, et il commence à soupçonner que ce soit le cas du danseur. Qui finit d’ailleurs par terre, comme l’orphe le redoutait. Ce dernier se précipite vers son ami pour s’assurer qu’il ne s’est pas fait mal et l’aider à se relever, mais il refuse une nouvelle fois, et Sin’ n’insiste pas, simplement soulagé qu’il ne se soit pas blessé.

Il fait frais dehors, à cette heure, et l’orphe frissonne légèrement en quittant la chaleur de la taverne. Au moins la pluie s’est arrêtée, c’est déjà ça. Même s’il est assez pressé de retourner au chaud, il veille à marcher assez doucement pour s’assurer de ne pas perdre Belle, qui continue à faire des âneries sous le regard patient de l’orphe. Avec un peu trop d’entrain apparemment, cependant. Il suffit à Sinnæus de voir son expression pour comprendre le problème — lui se souvient du bateau qu’il a pris pour arriver ici… —, et il le laisse donc se précipiter vers une rue latérale sans le suivre, pour lui laisser un peu d’intimité.

Il commence à s’inquiéter de ne pas le voir revenir, et il commence à s’engager dans la ruelle en question quand Belle réapparaît, avant de lui brandir un tout jeune cochon sous le nez. Même s’il s’inquiète un peu de savoir où il l’a trouvé, il ne peut pas s’empêcher d’éclater de rire devant l’excentricité de la situation, et des explications du danseur, à qui il répond d’un air amusé.

« À moins que ce soit aussi un nom de garçon chez toi, je te le déconseille. De toute façon, il vaudrait mieux aller le rendre à sa mère avant qu’elle s’inquiète de son absence et se décide à venir le chercher… crois-moi, tu n’as pas envie d’être poursuivi par un cochon énervé… »

Il a parlé d’un ton de connaisseur, les yeux exagérément écarquillés, comme si l’idée à elle-seule avait de quoi effrayer, ce qui n’est pas tout à fait faux. Si lui ne s’y est jamais risqué, il a vu les gamins du village s’amuser à essayer de chevaucher les cochons du père Drevas, et il a vu la vitesse à laquelle ils couraient pour échapper à leurs “montures” furieuses après s’être faits jeter par terre…

Tout en parlant, l’air de rien, en douceur, il a récupéré le petit cochon qu’il porte contre lui tandis qu’il remonte à son tour la ruelle jusqu’à trouver l’enclos d’où il vient. Sa mère est d’ailleurs déjà en train de le chercher, tournant en rond dans l’enclos en reniflant de tous côtés. Quand l’orphe dépose le petit près de sa mère, les retrouvailles sont quelques peu bruyantes, et une lumière s’allume à l’étage de la maison attenante juste avant qu’une fenêtre ne s’ouvre et qu’une voix puissante — et manifestement mécontente — se fasse entendre.

« Qu’est-ce qu’y s’passe là-dehors?!
— Oups… Cours ! »


Tout en saisissant le bras de son ami pour s’assurer qu’il le suive bien, Sinnæus met son propre conseil à exécution et détale, Pip’ guidant la voie en pépiant. Il ne pense pas vraiment que l’éleveur va se mettre à leur courir après, mais il préférerait éviter de se faire cataloguer comme voleur de cochon alors qu’il vient juste d’arriver. Ça risquerait de lui compliquer pas mal la tâche…

Après quelques minutes de course maladroite et erratique, il commence à ralentir et s’arrête devant une fontaine, essoufflé, avant de se mette à rire sans trop savoir pourquoi. Si on lui avait dit que sa première soirée ici ressemblerait à ça ! Au moins il ne croit pas s’être perdu dans la débandade, s’il se souvient bien des indications du tavernier ils doivent être presque arrivés.

« Ça va ? On devrait rentrer avant d’avoir réussi à réveiller toute la ville… »

“Rentrer” n’est probablement pas le meilleur terme, puisque ni l’un ni l’autre ne sera vraiment chez lui dans cette auberge où ils n’ont jamais mis les pieds, mais bon il se comprend. Il se remet en route, en marchant cette fois, sans avoir lâché Belle, qu’il tient toujours par le bras dans un geste amical, peut-être un peu intime pour quelqu’un qu’il ne connaît que d’aujourd’hui, mais il doute que dans son état ça le dérangera… Lui il aime bien, et puis il a un peu moins froid comme ça. Et, bien sûr, comme ça il pourra l’empêcher de faire d’autres bêtises avant qu’ils arrivent… à moins qu’il cherche à se dégager.

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Re: Paf, boum, plouf !

Messagepar Bell Petipa » 02 Avr 2015, 04:03

« Aussi ? » demande Bell, un instant confus, mais il suit l’orphe oiseau jusqu’à l’enclos où il se trouvait quelques minutes auparavant, regardant la truie avec un air un peu suspicieux, comme si elle allait montrer soudain des crocs énormes. C’est que Sinnæus n’a pas été très précis dans ce qui arrivait dans cette situation…! Pourtant le danseur manque d’imagination, en temps normal.
Mais il n’a pas trop le temps d’y penser, au final, parce que le vacarme qu’eux et les cochons sont en train de faire a déjà réveillé le paysan qui vit là, et que Sinnæus a le bon réflexe de décider de déguerpir. Bell le suit comme il peut en trébuchant sur pratiquement tous les pavés, entrainant avec lui généralement le pauvre orphe qui doit retrouver son équilibre pour eux deux avant de finir le nez par terre, jusqu’à ce qu’ils s’arrêtent sur une petit place pour souffler un peu. Sa question pleine d’attention fait froncer des sourcils.

« Ça va ? Bien sûr que non, tu m’as piqué mon cochon ! Maintenant j’le récupèrerais jamais ! » s’exclame Bell avec une indignation toute particulière, mais de courte durée, et qui ne semble pas vraiment affecter autre chose que l’expression de son visage. Le danseur ne fait aucun geste pour s’éloigner de Sinnæus qui l’a gardé sous le bras comme pour s’assurer qu’il n’irait pas à nouveau vagabonder ailleurs, et il continue de le suivre, soupirant seulement parfois avec langueur, comme si le souvenir de la bestiole qu’il avait sous le bras lui causait forte peine et douleur.

Bien heureusement, le chemin jusqu’à l’auberge est assez court pour que Bell n’ai pas le temps d’imaginer d’autre bêtises à commettre. Ce n’est pas un établissement de luxe, mais il ne semble pas si miteux non plus, et aucunes des deux personnes qui viennent de passer la porte n’ont pas beaucoup d’argent, de toutes manières, alors ça tombe bien. Ce n’est même pas comme s’il avait vraiment le choix avec la pluie qui se remet à tomber, à moins que l’un d’eux ait l’énergie nécessaire pour demander là le chemin d’une autre auberge. Ce n'est pas en tout cas se qui passerait par la tête de Bell, qui s'est mis à râler contre les nuages, l'eau et le ciel en général pendant qu'ils referment la porte derrière eux.
Dans la grande entrée, il n’y a personne, mais des bruits se font rapidement entendre venant d’une pièce adjacente, et une femme déboule rapidement pour les accueillir. Vu les discussions étouffées et les rires qui proviennent d’où elle vient, il y a sûrement encore des gens qui mangent là ; peut-être des employés de l'auberge ayant enfin trouvés un peu de temps pour eux.

« Bonjour ! » La tenancière leur jette un sourire pendant qu’elle essuie ses mains sur son tablier.
« Ah, je suis désolé mais nous n’avons plus qu’une chambre, par contre… » rajoute-t-elle aussitôt en voyant Bell se promener dans l’entrée comme un papillon, à la suite de Sinnæus. Le pantalon qu’il porte le fait pencher immédiatement du côté homme en Païlandune, où ce n’est carrément pas correct de voir une femme comme ça, mais ses cheveux longs restent une surprise et elle hésite devant les traits fins de la personne en face d’elle. Difficile pour elle de décider s'il peut s'agir d'un couple ou non, mais sa remarque est déjà posée, de toutes manières.
« Pourquoi vous me regardez comme ça, j’ai une tronche à piquer les couvertures ? » s’exclame le danseur avec de grands yeux à nouveau scandalisé. « Je reste de mon côté, moi, madame, je vous apprendrais. Des fois, je donne même mon oreiller vu que moi j’aime pas dormir avec ! »

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Re: Paf, boum, plouf !

Messagepar Sinnæus Notos » 04 Avr 2015, 17:02

Difficile pour Sinnæus de prendre très au sérieux le drame de la disparition du cochon, qui ne semble d’ailleurs pas affecter le danseur autant que veut bien le montrer son air indigné. En tout cas, il ne cherche pas à se dégager ni à s’éloigne de l’orphe, et ils arrivent donc bien vite à l’auberge qu’ils cherchaient. Et sans s’être perdus !

Quand l’aubergiste arrive dans la salle où ils viennent de pénétrer, Sin’ la salue d’un « Bonsoir » à peine audible, d’autant qu’il est en grande partie couvert par les excuses qu’elle leur présente en annonçant n’avoir plus qu’une chambre disponible. Il s’apprête d’ailleurs à y répondre, mais Belle le fait le premier, et il hésite entre rouler des yeux au ciel ou pouffer de rire devant les simagrées de son ami, avant de finalement se décider à intervenir d’une voix douce, en posant une main apaisante sur son épaule.

« Mais non, je suis sûr que c’est pas ce qu’elle voulait dire. Sans lâcher Belle, il se tourne vers la tenancière pour lui répondre plus poliment que ne l’a fait son compagnon : Désolé, il a un peu trop bu, il est pas comme ça d’habitude. Une chambre ça ira très bien, merci. »

“D'habitude”, c’est peut-être un bien grand mot pour quelqu’un qui a, en définitive, davantage côtoyé le concerné en état d’ébriété que sobre, mais bon. Il s’est permis d’accepter, puisque l’idée de partager la chambre n’avait pas l’air d’ennuyer Belle. Pour sa part, il en a plus que l’habitude, et même son lit parfois, quand il y avait des invités à la maison, donc ça ne lui pose pas l’ombre d’un problème. En plus, ça leur fera des économies.

L’aubergiste, en revanche, depuis que le mystère du genre de Belle a été éclairci, a l’air de se faire des idées sur la relation qui unit les deux jeunes gens, et s’est mise à les fixer d’un air suspicieux dont l’orphe est à mille lieues de deviner l’origine. C’est donc d’un ton quelque peu plus bourru qu’elle reprend la parole.

« 'Ferez attention à pas tout m’saloper par contre. Avec vot' bestiole j’veux dire… » ajoute-t-elle, un peu à retardement, en désignant d’un geste Pip’, installé sur l’épaule de l’orphe. Ce dernier, pour le moins déstabilisé par ce changement d’humeur un peu brusque et qu’il ne comprend pas, répond d’un ton qui se veut rassurant, mais qui se fait quelque peu hésitant.

« Oh non vous inquiétez pas, il a l’habitude d’être à l’intérieur, il est bien élevé ! »

Malgré ses réticences, la tenancière a décroché la dernière clé à trôner sur le mur derrière elle, et, prenant une lanterne de l’autre main, leur fait signe de la suivre et les guide jusqu’à leur chambre. Elle y allume une chandelle à la flamme de sa lanterne, puis tend la clé à Sinnæus, sans toutefois la lâcher avant une ultime mise en garde.

« J’fais pas payer d’avance, c’est pas dans les habitudes d’la maison, mais j’gage que vous aurez de quoi régler, n’spa ?  Puis, alors que l’orphe approuve d’un hochement de tête, de plus en plus perplexe, elle retrouve soudainement son sourire et ses manières commerçantes pour annoncer d’un ton professionnellement bonhomme : Le déjeuner est compris dans le prix, servi de sept à dix, sans exceptions. Nous servons aussi des repas passé onze heures, mais ceux-là comptent en supplément. La bonne nuit à vous messieurs. »

Après quoi elle disparaît, refermant la porte derrière elle, sous le regard définitivement dubitatif de Sin’ qui lance, sans s’adresser à personne en particulier ni vraiment espérer de réponse :

« … Elle est un peu bizarre, non ? »

Puis, se reprenant, il détaille un peu la chambre. Dans un coin, une petite table où trône une bassine en faïence et un broc d’eau, une chaise dont le dossier est le nouveau perchoir attitré de Pip’. Le lit n’est pas immense, mais ils devraient pouvoir y tenir tous les deux sans problème. Pas luxueux, mais propre et d’apparence confortable. L’orphe se tourne vers Belle, qu’il avait presque oublié dans la confusion causée par le comportement de l’aubergiste, pour lui demander :

« Tu préfères dormir de quel côté ? »

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Re: Paf, boum, plouf !

Messagepar Bell Petipa » 04 Avr 2015, 22:52

Bell n’avait pas écouté un seul mot de ce que l’aubergiste avait dit une fois arrivé dans la chambre, trop occupé à chantonner une chanson à propos d’escargots, de chiens et de petits garçons. Il ne prit la peine de se concentrer un peu que pour Sinnæus, lorsqu’il lui fit ma remarque qu’elle était un peu bizarre, mais le danseur haussa les épaules exagérément :
« Sais pas, elle s’est peut-être disputé avec son mari ! »

Il tournoya maladroitement dans la pièce pendant que l’oiseau de l’orphe quittait l’épaule de son propriétaire. La pièce était admirablement chaude vu l’absence de radiateurs en Païlandune, peut-être qu’ils étaient au-dessus d’une étable ou de la cuisine, et Bell se mit aussitôt à bailler d’avance. Sinnæus lui demandait déjà quel côté il préférait comme s’il était l’heure de se coucher, et il avait bien raison.
« Tout les côtés ! » s’exclama aussitôt le danseur avant de plonger sur le lit en travers, étalé en étoile de mer.
Il tâta un peu les couvertures avec des petits bruits heureux, tout content d’avoir atteint un endroit où il pouvait dormir. Ce qu’il fit immédiatement, tout habillé et prenant toute la place. C’était bien une manière de prouver ses dires d’à peine quelques minutes plus tôt ! Mais le danseur semblait n’avoir aucune honte ; la seule chose dont il pouvait se vanter était de ne pas ronfler, au moins !

== == == == == == == ==

Le lendemain, sans étonnement, de la honte, il en avait tout un paquet. Bell s’était réveillé confus et nauséeux dans un endroit qui lui disait à peine quelque chose, et c’était maintenant un embrassement profond qui lui donnait encore plus mal à la tête. Apparemment, Sinnæus l’avait au moins poussé un peu pour avoir un peu de place pour dormir, et le danseur s’était plutôt étalé de l’autre côté, à moitié par terre.
Bell se leva précautionneusement pour ne pas réveiller son compagnon de chambre, hésitant sur la marche à suivre. Il fallait dire qu’il ne s’était jamais réveillé à côté d’un pratiquement inconnu après une soirée bien arrosée. Au moins, il ne s’était pas encore plus ridiculisé et avait dormi avec ses vêtements. Le danseur était bien trop pudique pour même imaginer combien il aurait été encore plus honteux. Il frotta son visage, hésita un instant à filer sans demander son reste, mais ça n’aurait pas été très sympa. Sinnæus s’était plus que gentiment occupé de lui alors qu’il lui avait mené la vie dure et qu’il ne le connaissait pas du tout. La moindre chose qu’il pouvait faire était de s’excuser correctement pour son comportement.

En attendant, faire usage de l’eau posée sur une petite table à l’autre bout de la pièce ne serait peut-être pas du luxe. Il sentait bizarrement le cochon, ce qui réveilla des souvenirs vagues qu’il ne préférait pas creuser. Il y avait même un heureux paravent qui se révéla bien pratique pour faire une toilette de chat loin des regards, au cas où Sinnæus se réveillait malgré sa discrétion. Bell en profita pour coiffer longuement ses cheveux et les attacher dans un chignon serré, comme pour se rassurer sur sa présentation après la soirée précédente.
Et puis il décida de descendre pour aller chercher un petit-déjeuner qu’il ramènerait ici. Là, il pourrait s’excuser platement en mots et nourriture, et filer sans demander son reste, n’est-ce pas ?

Ah, c'est pas ça en fait que je voulais dire avec l'aubergiste dans le dernier post, du genre, si Bell était un homme, ça excluait immédiatement la possibilité qu'ils soient en couple, si c'était une femme, alors c'était une éventualité. Mais c'est pas grave, ça marche parfaitement bien aussi bien sûr ! ^^
Aussi désolé, j'ai écrit tout mon post en oubliant que j'utilisais le présent avec toi. Je pense que c'est pas grave non plus !

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