Ce que pensent les hommes

Érigés à l'extérieur de la Basse-Ville et de la protection du Dôme, ils sont un curieux mélange de cahutes sommaires et de bâtisses tout à fait décentes. Ils sont nommés ainsi à cause de l'enchevêtrement des maisons, et parce que les habitants y sont peu nantis.

Ce que pensent les hommes

Messagepar Benedikt » 01 Fév 2016, 03:14

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* * * * * * * * * * *

« Benedikt ? Benedikt, tu m’écoutes ? »
Le petit botaniste se pinça le nez et releva la tête vers son amie. Son cocktail commençait sérieusement à lui monter à la tête et le goût lui brûlait la gorge, mais il commençait à supporter l’alcool à force d’en boire si régulièrement. Il fallait bien, pensa-t-il, pour supporter le monde et le bruit qu’il y avait dans le bar où ils étaient. On ne se savait plus trop si c’était une boite de nuit ou pas, à ce stade.

« Ouais, j’suis là, je t’entends. » répondit-il, malgré le fait qu’il était incapable de répéter ce que l’amie en question, répondant au nom de Coline, venait de dire. Il la connaissait des cours de l’université qu’il prenait, et se faisait trop souvent la réflexion avec elle qu’il était trop vieux pour sortir avec des gens de cet âge-là. Mais au moins elle était très sympathique et connaissait une quantité de bars impressionnante. Benedikt n’avait jamais qu’une peur, c’était de recroiser une des personnes qui l’avait invité chez elle et, inévitablement, dans son lit. Il ne se rappelait de toutes manières pas de leur nom, et chaque fois, le petit botaniste se demandait avec amertume comment Vrass faisait pour s’en rappeler. Chez lui, c’était bien le contraire - il connaissait bien mieux le prénom des enfants de ses clients d’une fois que ceux des gens qui l’avait nu depuis ces six mois.
Coline s’était remise à raconter son histoire, et Benedikt réalisa qu’il était incapable de la suivre, abruti par l’alcool et la frustration qui l’envahissait quand il se rappelait du billet de vingt ores fourré dans sa poche. Ces derniers temps n’avaient pas été mirobolants, mais là, il s’était vraiment surpassé. C’était sans doute le signe qu’il fallait qu’il finisse par faire quelque chose, mais cela faisait déjà des mois que le botaniste se le promettait sans résultat. Agacé par lui-même, celui-ci finit par décider de rentrer chez lui après avoir pris congé de Coline et des autres amis avec qui il était sorti.

Peut-être qu’il était temps de vraiment se sortir de cette mélasse, se demanda Benedikt en sentant l’air frais du dehors le réveiller un peu, on ne pouvait pas regretter indéfiniment le passé. Mais pour le petit botaniste, obsédé par le souvenir de Vrass, c’était peine perdu de vouloir avancer de l’avant. Bien trop occupé à transformer sa solitude en colère et en décisions stupides, il n’avait plus le temps pour réussir à chasser le tatoueur de sa tête – et de son cœur.

Benedikt secoua la tête, chercha quelques secondes dans quelle direction il devait aller pour rentrer à l’herboristerie. Il était dans un quartier qui n’était pas loin de la boutique de tatouage, si bien qu’il savait étonnamment où aller. Cela ne faisait portant pas cinq minutes qu’il marchait que deux types le rattrapèrent pour se mettre devant lui. Lorsque le petit botaniste leva les yeux, il reconnut l’un des deux qui avait encore une trace bien visible sur la joue, et fronça le nez. Et voilà, il allait payer le prix de la crise qu'il avait piqué. Benedikt s’arrêta comme les deux étaient de toutes manières plus grands et plus musclés que lui, trop soûl pour se mettre à fuir immédiatement.

« Apparemment tu sais pas ce qui arrive quand on manque de respect aux gens alors je te montre, mec. » déclara le premier avant de lui envoyer un coup de poing en plein dans le nez. Le botaniste sentit le goût du sang sur ses lèvres et essaya d’essuyer son visage avec le dos de sa main.
« Bah voilà, maintenant, c’est fait, alors j’y vais. » répondit-il, sauf qu’il n’eut bien sûr pas l’occasion de le faire avant de recevoir un coup de genou qui rentra dans son estomac comme dans du beurre. Recroquevillé par terre, le petit botaniste attendit seulement qu’ils se défoulent sur lui pendant quelques minutes, vu qu’il était incapable de faire autre chose, le souffle coupé.
Lorsqu’il se retrouva à nouveau seul dans la ruelle, seulement éclairée par un seul lampadaire, Benedikt mit plusieurs minutes à retrouver ses esprits et sa respiration, à quatre pattes dans la poussière. Bon, oui, il n’y avait plus de doute, c’était vraiment une soirée pourrie.

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Re: Ce que pensent les hommes

Messagepar Vrass Rannveig » 01 Fév 2016, 12:58

Cela faisait quelques jours que j'étais revenu de cette fichue quête du poulpe, cependant, j'avais pas vraiment eu le temps de me reposer dans la mesure où ça m'avait fait prendre un retard considérable auprès de mes clients et que Sayah risquait de me tomber dessus d'un moment à l'autre pour me foutre à la porte! C'est qu'on ne plaisante pas avec le boulot auprès du lézard...

Iza était partie faire des courses, il était tard et le dernier client venait enfin de partir... dans la rue un peu plus loin, deux gars venaient de passer à tabac un type, de là où j'étais, je ne pouvais pas les entendre, et j'avais retiré la perle jumelle depuis longtemps pour ignorer ce que faisait le gosse à ce moment là. C'est alors qu'Iza revint en panique, posant le sac en papier avec les hamburgers qu'elle venait d'acheter et se transformant si vite qu'elle était à poils devant moi.. j'étais habituée à force à la voir nue, elle s'était bien remplumée depuis qu'elle vivait ici, mais ce n'était pas pour autant que j'étais attirée par elle.

«Vrass!!!! Benedikt a été blessé! Il est à quelques pas!!» - je me figeais, mes flacons dans les mains et sans réfléchir, je me précipitais dehors. Elle s'était retransformée pour me guider et je trouvais effectivement le gosse à quatre pattes, salement amoché!

«Bordel! Qui t'a fait ça?» - je me rendais compte que ça ressemblait étrangement à notre première rencontre, si ce n'est que les rôles étaient inversés, c'était lui qui était blessé cette fois. Mais pas besoin de le conduire chez le Doc cependant, je le soulevais délicatement afin de le ramener chez n... moi. Je devais serrer les dents pour contenir une certaine pulsion meurtrière à l'égard de ceux qui avaient osé le toucher... on ne s'était pas vus depuis des semaines, il puait l'alcool, j'avais dans l'idée qu'il n'avait pas fait vœu d'abstinence depuis notre rupture, contrairement à moi qui ai fuit tout le monde comme la peste...

Je l'installais sur le lit et j'allais chercher la fameuse trousse à pharmacie qu'il avait laissée avant de partir, ses baumes, ses crèmes, ses flacons.. il y avait tout
«Désolé, je suis pas aussi doué que toi pour les soins.. tu veux de la menthise pour t'anesthésier ou tu penses que ça ira?» - inconsciemment, je cherchais quelque chose qui me dirait s'il avait quelqu'un maintenant. Un bijou, un suçon, un tatouage avec un nom... je ne le regardais même pas dans les yeux et pourtant, pour la première fois depuis des semaines, j'avais l'impression d'être vivant.

Iza monta les escaliers avec une bassine d'eau chaude et des serviettes, elle avait également lancé du thé qu'elle comptait mélanger avec une bonne dose de miel. Malgré le temps passé, elle n'avait pas oublié ses petites manies...

«Ça me fait plaisir de te revoir, Benedikt!» - qu'elle lui dit, et elle se tourna vers moi avant de rire un peu - «et c'est agréable de voir un peu de vie dans le regard de Vrass!»
- «La ferme!»
- sérieux, elle a vraiment réussi à me faire rougir là?

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Re: Ce que pensent les hommes

Messagepar Benedikt » 02 Fév 2016, 02:06

Le petit botaniste s’assit précautionneusement sur le lit, encore un peu dépassé par la tournure des évènements. Il ne s’attendait pas à se retrouver à la boutique de tatoueur, et c’était d’autant plus embarrassant qu’il était dans un sale état. Benedikt avait l’impression d’avoir le visage recouvert de sang, ce qui n’était pas complètement faux, et même si heureusement, cela ne venait principalement que de son nez, ce n’était sûrement pas très joli à voir. Au final, le botaniste se demandait si son visage n’était pas plus rouge de honte que de sang. Il avait de quoi l’être, alors ça n’aidait pas.
« Non, c’est bon, merci, je vais… ça ira. » bredouilla-t-il alors qu’il essayait de ne pas mettre du sang partout sur les draps.

Là-dessus, Iza arriva avec une bassine d’eau chaude et quelques serviettes, complètement nue et capable de l’embarrasser encore plus rien qu’avec ses paroles. Benedikt faillit éclater de rire nerveusement devant la scène, mais il se contenta de lui sourire sincèrement en lui prenant ce qu’elle avait dans les mains.
« C’est gentil, Iza, tu m’as bien manqué aussi... » - répondit-t-il, et il jeta un regard à Vrass. Qu’est-ce que la morphe chienne voulait dire exactement ? Peut-être que le tatoueur était aussi mauvais à être seul que lui. En tout cas, la chambre avait peu changée. Il fallait dire que Benedikt n’avait repris pratiquement aucune de ses affaires avec lui, repoussant toujours le moment plus loin puisque le tatoueur n’était pas venu lui dire de le faire. Il avait même encore la moitié de ses vêtements quelque part dans la boutique, puisque Benedikt n’en avait pris que l’autre partie quelques semaines après qu’ils se soient disputés.

Si bien que c’était particulièrement étrange de se retrouver là, Vrass et Iza à ses petits soins dans une pièce qui lui était tellement familière. À côté de la soirée qu’il avait passé - de toutes celles qu’il avait passé ces derniers temps -, c’était un contraste frappant qui lui faisait d’autant plus mal au cœur. Benedikt se sentait sale et déplacé, et se mit à nouveau à parcourir la chambre du regard pour éviter celui de Vrass. C’était étrangement facile alors que d’habitude, c’était si dur pour le botaniste d’y réussir.
A la place des yeux vairons, ce fut une photo encadrée sur la commode qui attira son regard, simplement posée à l’envers ; mais le petit botaniste savait de quoi il s’agissait. C’était lui qui avait insisté pour l’encadrer, tout fier de son nouvel appareil photo et notamment parce que c’était la seule qu’il avait à peu correctement cadré, assez pour qu’on y voit à la fois lui et Vrass.

Benedikt plongea ses mains dans l’eau pour se laver un peu le visage, dans l’espoir que cela ferait disparaitre son malaise.
« Je suis désolé de te déranger comme ça, je sais que ce n’est pas très poli… Je ne vais pas rester longtemps. » souffla-t-il. Ce n’était pas correct d’être là, très probablement. D’autant plus alors qu’il n’avait même pas voulu lui dire la raison pour laquelle Vrass l’avait retrouvé dans cet état. Le petit botaniste était bien trop honteux pour lui raconter ce genre de chose. À le voir devant lui, Benedikt avait l’impression de l’avoir trompé alors qu’il n’était plus censé être avec lui, et se sentait encore plus pathétique.

Pour se donner une contenance, le petit botaniste essaya de se soigner autant bien qu’il pouvait, utilisant surtout du baume Saint-Ôl et un peu de Larmiqueuse pour les bleus et les coupures qui apparaissaient déjà sur son estomac. Le reste, puisqu’il n’avait pas le nez cassé, n’était pas si terrible. Ce dernier arrêta même de saigner assez rapidement, pour le plus grand bonheur de l’intéressé. Cerise sur le gâteau, Iza ramena un thé chaud plein de miel que le petit botaniste pouvait sentir, même avant d’en prendre la première gorgée et même avec le nez bouché. Ses ailes frémirent aussitôt, et le botaniste remercia Iza autant qu’on pouvait le faire, presque déçu qu’elle ne soit pas sous sa forme canine pour qu’il puisse la gratter derrière les oreilles. Il n’osait pas retirer son manteau mais avec le thé, il commençait à faire chaud, si bien qu’il se contenta de le déboutonner.

« J’ai vu les hamburgers en arrivant, j’espère que je vous ai pas empêché de manger… » s’excusa-t-il alors que le thé lui rappelait les paquets du restaurant où ils avaient eu l’habitude de commander, les jours de flemme – ce qui était arrivé souvent -. Benedikt n’avait pas mangé non plus, mais l’alcool, la chaleur du bar et sa mésaventure avec ces deux types lui avait définitivement coupé l’appétit. Il avait plutôt envie de vomir.

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Re: Ce que pensent les hommes

Messagepar Vrass Rannveig » 02 Fév 2016, 10:40

La situation était loin d'être agréable... on va dire qu'on ne pouvait pas vraiment se sentir à l'aise après ce qu'on avait vécu tous les deux. S'il avait honte de son comportement ces dernières semaines, j'avais encore honte de la manière dont je l'avais foutu dehors. De même, je n'avais plus revu Nathan depuis, Nessy me l'interdisait. Après, je n'ai pas non plus été totalement irréprochable pendant ces semaines, j'ai eu quelques aventures, mais ça n'avait tellement pas d'intérêt que je devais pouvoir les compter sur les doigts de la main.

Heureusement qu'il y a eu la quête du poulpe pour me changer les idées, même si j'ai failli me faire tuer une bonne dizaine de fois mais passons...

Au final, c'est surtout l'histoire avec Jake qui risque d'être problématique. Je savais qu'il avait jamais totalement lâché le morceau vis à vis de moi. Dans un premier temps, il est venu régulièrement par rapport à mes blessures, le Doc qui l'envoyait puisqu'il savait que j'oserais pas l'envoyer chier comme je le faisais avec lui, puis une fois guéri, il m'a allumé quelques fois et j'ai fini par céder... j'avais surement besoin d'un peu de réconfort, et même s'ils ne se ressemblent pas tant que ça, je pense qu'il me faisait un peu penser à Benedikt.

Bref, Iza était arrivée et portait une tasse de thé au gosse qui en était content, je m'asseyais par terre, fuyant tout autant son regard qu'il fuyait le mien alors que la morphe était toute contente de nous revoir tous les deux
«Tu déranges pas...»
- «Tu veux manger avec nous? Je peux aller rapidement acheter un autre menu si tu veux?»
- je me tournais vers elle, l'air un peu blasé mais elle n'attendait même pas la réponse de Benedikt - «tu n'as qu'à prendre ma part tant que c'est chaud! Je vais me chercher quelque chose pour moi!!» - et zouh, elle se transforma et fila sans demander son reste, je ramenais ma main sur mon visage, l'air blasé avant de m'appuyer sur la commode derrière moi et fixer le plafond

«Je dirais bien que t'as l'air en forme, mais bon... à part que tu sembles encore chercher des ennuis aux mauvaises personnes, qu'est-ce que tu deviens?» - la question de savoir s'il avait quelqu'un d'autre dans sa vie me brûlait les lèvres, mais j'avais trop d'orgueil pour oser la poser. je me contentais de fuir encore son regard en le laissant boire son thé. La situation était embarrassante, mais maintenant qu'Iza avait filé, ça devait aller mieux. Je me levais d'ailleurs pour aller chercher le sac du fast-food, puis je lui tendais la part de la morphe

«Tu devrais manger, au moins picorer des frites, ça te fera du bien. T'as l'air d'avoir un peu picolé.» - j'avais pas spécialement faim non plus, aussi je joignais le geste à la parole en prenant une frite, puis je buvais surtout une gorgée de soda. Non, définitivement non, cette soirée ne se passait pas comme prévu.

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Re: Ce que pensent les hommes

Messagepar Benedikt » 02 Fév 2016, 12:58

Iza avait l’air tellement excité de voir le botaniste qu’elle courrait un peu partout en lui posant pleins de questions. Lorsqu’elle lui proposa de lui donner sa part, il n’eut même pas le temps de refuser avant qu’elle ne reparte chercher autre chose pour elle. Benedikt la regarda disparaitre avec un léger sourire ; son enthousiasme lui avait manqué. Elle était toujours attentionnée… Mais la question de Vrass le coupa dans ses pensées.

Le petit botaniste tripota sa tasse de thé avec embrassement. Son ego lui disait plutôt de ne pas y réfléchir… Il ne savait pas comment tourner sa situation actuelle en quelque chose de positif. Il y avait Till qui voulait démissionner à force de devoir compenser ce que son patron ne faisait pas à la boutique. Il y avait les soirées où il ne faisait rien du tout à part regarder sa nouvelle et minuscule télé, avec un pot de miel, et puis il y avait les soirées où des gens qu’il ne connaissait pas lui servaient à oublier sa solitude, sans que ce soit efficace. Il n’allait même plus à ses cours de l’université, se contentant de sortir avec les gens qu’il y avait rencontrés à la place. Il y avait ce type, ce soir, qui avait cru tellement bien qu'il se prostituait qu'il lui avait donné de l'argent sans se poser de questions. Benedikt soupira légèrement, mentir à Vrass n’était de toutes manières par une possibilité.
« Je…. Je ne sais pas trop, pour être honnête. »

Le petit botaniste avait ouvert le paquet du hamburger d’Iza, mais comme il n’y touchait pas, ce fut Vrass qui lui conseilla d’en manger quand même parce qu’il avait l’air d’avoir bu.
« Ouais, j’ai… j’ai beaucoup picolé. Je suis étonné d’être capable de réfléchir, en fait. Je crois que je commence à m’habituer un peu à l’alcool, je ne suis plus complètement soûl après un verre. »
Le petit botaniste s’arrêta brusquement alors qu’il réalisait que Vrass allait sans doute lui demander comment c’était possible avec le tatouage qu’il lui avait fait. Lui annoncer qu’il ne l’avait plus – même pas grâce à la crème técol mais à une technique de la Basse-ville qui faisait diablement mal -, c’était très loin de ce que voulait Benedikt. Il attrapa aussitôt une frite, sans conviction mais simplement pour avoir la bouche pleine.

Le goût de la patate salé était quand même bien agréable. Cela faisait au moins trois jours qu’il n’avait pas mangé un véritable repas, et au-delà de sa nausée, grignoter un peu lui donnait de plus en plus faim. Il finit par descendre du lit en grimaçant pour s’assoir lui aussi par terre, et attrapa le hamburger d’Iza. Il contenait plus de viande qu’autre chose, et Benedikt se mit à sourire, la bouche pleine, parce qu’il n’avait pas du tout anticipé ça alors qu’il aurait dû s’en douter.
« Iza et toi et la viande… » murmura-t-il en riant doucement. « Seul Alrik pourrait vous séparer. »
Benedikt jeta un regard à Vrass. Eux, Alrik n’avait pas eu besoin de les séparer… Ils s’étaient très bien débrouillé tout seul. Une vague de nausée envahit à nouveau le petit botaniste qui tenta de changer le sujet de ses pensées :
« Et toi, heu, ça va… en ce moment ? »

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Re: Ce que pensent les hommes

Messagepar Vrass Rannveig » 02 Fév 2016, 14:20

On va dire qu'on n'avait pas l'air cons, tous les deux assis par terre dans la chambre alors qu'il y avait une cuisine en bas, mais tant pis. Benedikt avait du sang sur son t-shirt, je me retournais pour plonger la main dans le tiroir de la commode derrière moi, son tiroir, je sentais la texture d'un t-shirt et je le lui donnais, enfin non, je le posais près de lui pour ne pas avoir à bouger, puis je prenais une autre frite sans un mot.

J'avais haussé un sourcil lorsqu'il me parla de la boisson, il avait un tatouage pour ne plus être bourré normalement, mais il avait du le retirer je suppose, même si je n'avais pas besoin de savoir comment. Il finit par mordre dans son hamburger, assez riche en viande évidemment puisque c'était celui d'Iza, mais ça semblait lui convenir. J'eus un sourire crispé face à sa réflexion et je finis par soupirer en levant les yeux au ciel, fixant le plafond d'un air absent.

«Honnêtement? J'ai connu mieux. Sayah a failli me retirer la boutique de tatouages par mon manque d'enthousiasme envers les clients, Nessy refuse que je vois Nathan... et je suis d'une humeur exécrable la majorité du temps.» - je finissais par baisser la tête pour le regarder et hausser légèrement des épaules - «la seule bonne nouvelle, c'est qu'apparemment, Windrakk n'enverra plus de winghox sur ma tête. J'ai pas intérêt à m'y pointer, mais ils ne me chercheront plus non plus... faut croire que l'idée qu'un fantôme soit capable de me kidnapper leur a foutu un poil la trouille et qu'ils jugent que ma connerie passée ne mérite pas qu'on s'emmerde à me traquer.»

J'avais eu un léger sourire en coin, c'est ma mère qui m'avait envoyé un message pour me prévenir de cette décision. D'après elle, Frahn était furieuse, et elle serait peut être la seule à éventuellement me traquer pour me tuer, mais pour le moment, elle ne semblait pas décidée à quitter le village.
Je prenais une autre frite, je n'avais toujours pas touché à mon hamburger, j'y arrivais pas vraiment...

«Je... je suis désolé, ok? J'ai été con, je t'ai mal parlé. Je sais que ça changera rien, malgré tout, je sais que j'ai déconné et... je voulais que tu le saches.» - voilà, c'était dit. Je m'étais mal comporté, je lui avais mal parlé, je lui avais dit de dégager alors qu'au fond, le voir partir a été la chose la plus dure que j'ai vécue, même l'idée d'être décapité était moins difficile - «et merci de m'avoir sauvé la vie aussi. Ça pareil, j'ai pas eu le temps de te le dire avant que tu partes...»

J'avais mal au bide, je prenais plutôt une gorgée de soda et je cessais de nouveau de le regarder. Il peut s'en passer des choses en quelques semaines, mais il y a peut être des choses qui ne changent jamais...

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Re: Ce que pensent les hommes

Messagepar Benedikt » 03 Fév 2016, 23:22

Benedikt se mordit la lèvre en entendant Vrass. Il était plus honnête que lui, au moins, mais il n'avait pas vraiment l'air en forme non plus. Le botaniste était plutôt déçu d’entendre de pareilles nouvelles, en fait. Vrass méritait mieux, de son avis, bien mieux. Il y avait bien une bonne nouvelle, mais elle ne renvoyait pas du tout à de bons souvenirs. Benedikt hocha la tête et croassa : « Ah, c’est bien, ça… », passant nerveusement la main sur les cicatrices encore présentes sur ses paumes. Il s’en était mal occupé, elles n’auraient pas dû laisser de marques. Au final, cela avait été une mauvaise idée parce que c’était un rappel constant de ce qui s’était passé.

Le petit botaniste avait dû rester trop longtemps silencieux parce que Vrass reprit étrangement la parole, pour s’excuser et le remercier. Comme il ne s’y attendait pas du tout, Benedikt resta plusieurs secondes à regarder le tatoueur avec un air de poisson hors de l’eau. Puis un immense sourire naquit sur son visage, un de ceux qui rendrait presque invisible la tristesse dans ses yeux.
« Merci. Ça me fait vraiment plaisir que tu me dises tout ça. » - ça fait plutôt mal, aussi. Et le petit botaniste, tripotant ses frites sans grand enthousiasme, rajouta alors que son sourire était en train de disparaitre : « Est-ce… Est-ce que tu regrettes ? Je veux dire…. Est-ce que tu crois que tu dirais la même chose, si… est-ce que tu aurais voulu… Oh, laisse tomber, je suis juste à moitié soûl. »

Histoire de cacher sa gêne, Benedikt entreprit de changer son t-shirt plein de sang pour celui que lui avait donné Vrass un peu avant. Il avait été plutôt surpris de découvrir que ses vêtements étaient toujours à la même place, et se demandait si le tatoueur attendait simplement qu’il les reprenne.
Le botaniste eut énormément de mal à ne pas plonger son visage dedans pour le renifler à plein nez. Il sentait la maison. Il sentait même Vrass, maintenant que son odeur avait plus ou moins disparu du vêtement, en six mois. C’était un petit morceau de cet endroit qu’il allait pouvoir ramener à l’herboristerie, et pour le botaniste qui ne se sentait plus chez lui nulle part depuis des mois, c’était précieux. Aussi mal que le tatoueur à cet instant, Benedikt finit de se rhabiller et baissa les yeux sur son repas à moitié grignoté.
« Vrass, je devrais que y aller, je ne devrais pas être ici. » soupira-t-il, la gorge nouée. « C’est- c’est ridicule, ce qu’on fait, il y a encore mes affaires dans tes tiroirs et moi, je… je veux pas penser à les récupérer parce que c’est au-dessus de mes forces et… »

Benedikt s’arrêta soudain pour relever la tête pour fixer Vrass. Avoir le tatoueur à quelques centimètres de lui, c’était une tentation qui faisait plus mal que n’importe quel pot de miel, au final.
« Tu sais pourquoi je me suis fait taper dessus ? Parce que j’ai fichu un coup de poing à un type qui a tellement cru que je me prostituais qu’il m’a donné de l’argent. Et il avait bien raison en fait, parce que je n’arrête pas de coucher avec des gens en me disant que je penserais plus à toi sauf que ça ne marche pas du tout, et Till veut démissionner parce que je m’occupe pratiquement plus de l’herboristerie et franchement, je ne sais pas ce que je fais de mes journées à place parce que c’est décidément pas des trucs qui sont assez intéressant pour que je m’en souvienne ! Je déteste vivre au dessus de l'herboristerie, je déteste dormir sans toi, j- »
Le petit botaniste s’arrêta brusquement avec de grands yeux et couru vider le contenu de son estomac dans les toilettes. Au moins, il connaissait le chemin !

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Re: Ce que pensent les hommes

Messagepar Vrass Rannveig » 04 Fév 2016, 13:42

Est-ce que je regrettais? Difficile à dire... on va dire que c'était compliqué

«On va dire que je regrette, oui. Même si je sais au fond que sur le moment, j'étais persuadé que c'était la meilleure chose à faire. Me rendre pour avoir la paix, autant moi, même si ça aurait voulu dire que j'étais mort, que vous tous... et puis au moins, je me dis que ça aura servi à quelque chose, Fritjolf en a sa claque de perdre des soldats pour une histoire de cul dont il a rien à foutre, donc même si je peux pas retourner à Windrakk, au moins les winghox ne me traqueront plus ni moi, ni ma famille...» - et honnêtement, j'en ai rien à battre de pas pouvoir retourner à Windrakk, faudrait juste que je me forme un assistant pour qu'il fasse les tatouages là bas. Et encore, pas dit que ça marche, les tatouages, c'est un truc de teenag'a, donc je doute qu'il y ait beaucoup de winghox intéressés...

Bref, je picorais encore quelques frites, la situation était tendue, on semblait tous deux regretter ce qu'il s'était passé, la tournure des événements. Je le regardais enfiler son t-shirt, ses ailes n'avaient pas beaucoup changé, elles n'avaient pas poussé il me semblait, et je me demandais si elles étaient retombées depuis? Il me semblait que les nymbus pouvaient muer plusieurs fois, enfin je ne suis plus très sûr et je n'allais pas poser la question.

Finalement, il se lâcha, un peu trop surement mais je réalisais combien cette séparation avait été difficile pour nous deux, qu'on en souffrait autant et qu'on avait chacun cherché à nous reconstruire à notre manière. Visiblement, il a couché à droite et à gauche, ça ne m'étonne pas trop finalement vu comment il vivait avant. Un retour en arrière... j'ai fait un peu pareil au final, surement moins que lui à cause du boulot à abattre et la menace de Sayah de me foutre à la porte. J'ai besoin de cet argent, ne serait-ce que pour Iza. En fait, je crois que la différence était là, moi j'étais chez moi, son odeur était encore là, et j'avais Iza en soutien. Lui s'est retrouvé seul à errer et devoir surmonter ça sans vraiment quelqu'un pour l'aider. Ce Till était son employé, probablement pas son ami.

Il n'eut pas le loisir de finir car il fila vers la salle de bain, je le suivais rapidement et je me mettais derrière lui pour poser une main sur son front et ainsi tenir ses cheveux, l'enveloppant doucement de mes bras pour le soutenir. Il était un peu fiévreux, normal avec une telle cuite...
«Tu n'aurais pas du enlever le tatouage que je t'avais fait, l'alcool ne te réussit vraiment pas...» - mais peut être en avait-il eu besoin pour coucher avec tous ces mecs, pour oublier aussi...

J'attendais qu'il termine, mais je reculais pour le garder contre moi, j'étais derrière lui et je l'enveloppais comme lorsqu'on prenait un bain ensembles, mes jambes de part et d'autre des siennes et je le calais juste contre mon torse.
«Je n'aime pas non plus dormir sans toi. Personne n'a dormi dans ce lit depuis que tu es parti, pas même moi.» - je dormais en bas, sur le canapé... je ne pouvais simplement pas rester dans cette chambre, et si je couchais avec un ou une autre, c'était dans un hôtel, ailleurs, loin d'ici. Pour ça que toutes ses affaires sont encore à leur place, cette chambre n'a servi que de stockage de mes affaires et de passage vers la salle de bain pendant ces dernières semaines.

Je restais simplement comme ça, attendant de voir si sa nausée passait. Il devait bien avoir quelques trucs contre la gueule de bois non? Je sais plus quel produit de l'herboristerie le fait, mais s'il a pris l'habitude de boire, il a bien du en garder pour lui?

«Et j'ai pas trop envie que tu partes...» - ça devait se sentir vu comment je maintenais mes bras autour de lui.

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Re: Ce que pensent les hommes

Messagepar Benedikt » 06 Fév 2016, 16:27

Le petit botaniste n’eut pas le loisir de sursauter en sentant les bras de Vrass l’envelopper, trop occupé à ses petites affaires, mais lorsqu’il retomba sur le sol glacé de la salle de bain, la chaleur du tatoueur fut suffisante pour qu’il se sente un peu mieux. Ce n’était pas la première fois qu’il était malade à cause de l’alcool, Vrass avait bien raison en disant que ça ne lui réussissait pas, mais Benedikt aurait presque été heureux d’avoir l’estomac à l’envers vu l’attention que cela lui apportait. Il se tourna pour se blottir contre le tatoueur, profitant sans honte de ce réconfort.
« Je suis bien d’accord avec toi… » - Mais le botaniste savait que c’en était aussi le but. A se rendre malade à cause de l’alcool, on pouvait au moins accuser quelque chose d’autre pour sa misère. Les bars et les flirts n’étaient guère le jeu préféré de Benedikt ; cela lui rappelait plus la maison close d’Aspasie qu’un moment d’amusement. Le petit botaniste avait appris que mieux valait ne pas être en état de correctement réfléchir le soir, qu’il soit de sortie ou non.

La suite des paroles de Vrass firent froncer son nez. C’était une explication pour cette chambre qui n’avait presque pas changé d’apparence, mais aussi une preuve amère de la solitude qui leur été tombée dessus à tous les deux. Le commentaire d’Iza, un peu plus tôt, et les explications du tatoueur lui montrait bien qu’il n’était pas en grande forme non plus. Benedikt en serait presque fier, lui qui était persuadé que Vrass, habitué au défilement de gens chez lui et difficile à atteindre, s’en sortait bien mieux que lui. C’était même sur le modèle de celui-ci qu’il s’était mis à accumuler les coups d’un soir, pensant que c’était comme ça que le tatoueur ne se sentait pas seul avant qu’il n’arrive dans sa vie. Au final, Benedikt avait laissé une trace plus profonde chez celui-ci qu’il n’arrivait à le croire, d’autant plus parce que c’était lui qui lui avait demandé de partir.

Sa dernière remarque, en revanche, apportait un tout autre vent d’espoir et ne tomba pas dans l’oreille d’un sourd. Le botaniste, sans lever le menton, se mordit la lèvre et déclara timidement :
« Alors je pourrais peut-être rester cette nuit, non ? Mais je vais devoir prendre une douche, parce que j’en ai vraiment besoin, là… »
Il s’était senti rarement aussi sale, mais au lieu de repenser à la soirée qu’il venait de passer, Benedikt pensait plus à présent au confort d’une bonne douche, d’un pyjama propre et de son lit. Enfin… Ce n’était plus vraiment le sien, mais ça y ressemblait tellement que le petit botaniste ne voulait pas réfléchir une seconde à ce qui pourrait lui gâcher ce réconfort.

« Ce serait juste pour ce soir. » rajouta-t-il comme pour convaincre un tatoueur qui n’avait pas l’air d’en avoir besoin, vu la façon dont son premier réflexe avait été d’assister un botaniste en train de vomir ses entrailles au lieu d'en être dégoûté.

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Re: Ce que pensent les hommes

Messagepar Vrass Rannveig » 06 Fév 2016, 21:28

C'était tout de même assez ironique d'imaginer qu'il ait pu coucher avec tant de gens depuis notre rupture, alors que l'une des raisons pour lesquelles on s'était éloignés, c'est que justement il ne voulait plus que je le touche ou presque. Enfin, je suppose que c'était surement plus facile avec de parfaits inconnus dont il avait rien à faire.. j'en sais rien.

Le temps semblait s'être arrêté, assis sur le carrelage froid de la salle de bain, je le tenais contre moi, et sur l'instant, j'avais l'impression d'être revenu des mois en arrière. À une époque où tout allait bien, je voyais Nathan une fois par semaine, Benedikt allait à la boutique le matin et rentrait le soir quand j'avais mal au bras à force de faire des tatouages... avant Aspasie en somme. C'était depuis ce jour, depuis la fois où il a réussi à tourner le dos à son passé, que tout a dégénéré... de son côté d'abord, puis du mien.

Je n'étais jamais retourné voir cette psy, j'aurais peut être du. Elle avait surement raison en pensant qu'il y avait quelque chose qui clochait chez moi à l'époque, et c'est peut être pour ça que j'ai décroché à Balaïnes, puis à Windrakk.
Je ne voulais pas qu'il parte, cette époque me manquait. Je ne voulais pas revenir à mon ancienne vie, cette vie sans intérêt de personnes qui passent dans mon lit sans que je ne les revois jamais. J'ai fait la connerie de coucher avec Jake, depuis j'ai dit au Doc de ne plus le laisser venir à la boutique, j'ai peur qu'il se fasse des idées. Je sais qu'il a toujours le béguin pour moi, moi qui lui ai fait comprendre indirectement son goût pour les hommes, mais j'avais pas envie de lui faire du mal... va surement falloir que je répare ça à un moment ou un autre.

Je me levais doucement, il voulait prendre une douche, je lui souriais doucement
«Tu sais où sont tes affaires... il y a toujours ton gel douche au miel.» - même à ça, je n'y avais jamais touché. Évidemment, je ne m'étais jamais lavé avec non plus, c'était trop douloureux, mais les fois où j'avais l'impression d'être au bord du gouffre, je me plaisais à le sentir, ça me rappelait son odeur à lui.

Il insistait sur le fait que ce serait que pour ce soir, je m'étais arrêté sur le pas de la porte, j'avais l'impression qu'il avait enfoncé une lame brûlante dans ma poitrine, mais je n'allais pas l'admettre
«C'est comme tu veux. C'est aussi chez toi ici.» - je préférais ne pas rester pour le moment, j'attrapais une serviette propre et je la lui posais sur le lavabo, il savait aussi où étaient ses affaires - «je t'attends en bas.»

Je descendais, Iza était revenue mais elle avait du vouloir nous laisser seuls car elle était en train de manger dans la cuisine
«Pourquoi t'es pas remontée?»
«Oh... je voulais vous laisser tranquilles...»
- elle avait enfilé un t-shirt, elle se tortillait légèrement sur sa chaise d'un air embarrassé - «est-ce que je dois aller dormir chez Madame la Chouette?»
- «Je ne pense pas... Benedikt va dormir ici ce soir, il a un peu bu. Mais je pense que je dormirai sur le canapé.»


Elle parut un peu triste, aussi, elle termina son hamburger et se leva d'un bond
«Nan! Je vais plutôt aller voir Madame Chouette! En plus, ça fait longtemps que je ne l'ai pas vue! Bonne nuit!»
«Iza...»
- mais elle ne voulait rien entendre, elle se transforma en chienne et disparut sans rien dire. Je soupirais en allant me laver un peu les mains, je ne savais pas trop quoi faire ou quoi penser. Une part de moi se disait que de toute évidence, autant lui que moi on était malheureux l'un sans l'autre et qu'il était donc ridicule de tourner autour du pot, j'avais qu'à lui sauter dessus et puis c'était tout. Mais est-ce qu'on pouvait vraiment revenir en arrière comme ça? Je ne savais pas trop, j'étais en train de ruminer un peu en attendant qu'il finisse de prendre sa douche. Surtout que crevé comme il devait l'être, c'était pas le soir pour parler.

On verra peut être demain.

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Re: Ce que pensent les hommes

Messagepar Benedikt » 07 Fév 2016, 14:44

Le petit botaniste était encore en train de cogiter sur ce qui se passait lorsqu’il se déshabilla pour se mettre sous l’eau chaude. Cela faisait pas mal de temps qu’il n’avait pas profité d’une bonne et véritable douche, puisqu’il n’en avait pas à l’herboristerie et s’était contenté d’acheter un bac en cuivre dans un marché en Païlandune. Benedikt n’en était pas si gêné que ça, il avait eu l’habitude de se laver de cette manière pendant des années ; mais il devait bien avouer que ça ne valait pas le plaisir d’une bonne douche ou d’un bon bain brûlant comme on en faisait à la Basse-ville, et comptait bien apprécier l’expérience pendant qu’il était temps. Mais la situation actuelle amenait des questions sans fin auxquelles il n’avait jamais la réponse, si bien que ce n’était pas vraiment le moment de se détendre.

La remarque du tatoueur restait collée à son cerveau comme un moustique sur un pare-brise. L’entendre déclarer que la boutique de tatouage était autant chez lui que chez Benedikt était une théorie d’un autre temps, mais qui restait bien d’actualité. L’orphe ne pouvait pas prétendre qu’il ne se sentait pas chez lui. Surtout pas alors que c’était son propre gel douche qu’il était en train d’utiliser. Mais il était tout aussi étrange de s’y balader à nouveau six mois après.

Au final, lorsqu’il redescendit retrouver Vrass après un petit quart d’heure, le petit botaniste ne savait plus quoi penser de quoique ce soit. Ses boucles encore humides rebondissaient à chacun de ses pas, et lorsqu’il s’assit sur une chaise de la cuisine, ce fut avec un air de gamin embarrassé. Coincé entre la sensation de réconfort d’être à nouveau chez lui dans un pyjama propre, et celle terrifiante de savoir que Vrass et lui n’en était pas moins séparés, le visage de Benedikt arborait une expression étrange. Il tripota les motifs de son pantalon de pyjama avant de finir par souffler doucement :
« Vrass… Qu’est-ce qu’on va faire ? »

Le petit botaniste se mordit la lèvre. « Je pensais… Sous la douche, je pensais à comment je n’arrivais pas à t’oublier et je… Est-ce que c’est juste qu’on ne fait pas les choses comme il faut ? Il y a quelques mois, tu sais, quand j’ai commencé à… à voir des gens à nouveau, je me disais que j’étais en train de me détacher de toi, je croyais vraiment que ça allait mieux et en fait… Personne n’est assez bien, par rapport à toi. Je peux toujours essayer de voir leurs bons côtés, je ne m’imagine avec personne d’autre. Je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas ce que je fais là ce soir. J’ai l’impression que c’est mal, ce que je fais, alors que c’est ce que j’ai envie. »

Malheureusement pour lui, là-dessus, Vrass n’était pas plus une encyclopédie des relations amoureuses. Le petit botaniste se demanda s’il existait des livres donnant ce genre de solutions. Les relations humaines en général étaient compliqués, mais la leur… La leur avait le désavantage d’être bien trop importante pour se tromper. Il baissa les yeux sur ses chaussettes, remua une seconde ses orteils et releva soudain le menton : « Iza n'est pas rentrée ? »

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Re: Ce que pensent les hommes

Messagepar Vrass Rannveig » 07 Fév 2016, 15:14

Les minutes où j'étais resté seul dans la cuisine m'avaient paru horriblement longues. J'aurais pu me servir un café si j'avais pas l'angoisse que ça m'énerve et m'empêche de dormir, déjà que j'étais pas franchement sûr de réussir à dormir en sachant Benedikt sous ce toit. Il finit par descendre, encore un peu humide et portant ce parfum sur lui qui avait tendance à m'alléger le cœur quand j'étais au bord du gouffre.

Les bras croisés, je le laissais s'installer, j'aurais pu faire du thé, un chocolat chaud tiens... je me levais pour en préparer, c'était simple, ça calmait et ça mettait de bonne humeur. Une histoire de protéine ou je sais plus quel truc dedans qui est bon pour le moral. Je mettais le lait à chauffer d'abord pour faire fondre les carrés de chocolat dedans. C'est Nathan qui m'avait appris à faire comme ça plutôt qu'avec du chocolat en poudre, c'était meilleur...

Je me crispais lorsqu'il se mit à parler de ce qu'il avait fait, visiblement pour m'oublier. Je n'aimais pas l'idée que d'autres aient pu passer dans son lit, et visiblement ils avaient été nombreux si je me fiais à ce qu'il disait, plus nombreux que ceux et celles à être passés dans le mien de toute évidence. Je lui tournais le dos, faisant tourner le lait pour ne pas qu'il brûle, j'essayais de me focaliser sur le petit tourbillon qui prenait peu à peu une teinte brune au fur et à mesure que le chocolat fondait, puis je soupirais lorsqu'il parla d'Iza

«Elle est allée dormir chez la vieille chouette. Elle a préféré nous laisser seuls.» - le chocolat semblait avoir fondu, mais je continuais de tourner au cas où, puis j'éteignais le feu et je remplissais deux tasses avant de les déposer sur la table de la cuisine. De là, je m'asseyais face à lui, attendant que ça refroidisse un peu en plantant mon regard dans le sien

«Je ne sais pas non plus ce qu'on peut faire. Je sais juste que j'aime pas celui que je suis devenu.» - je soupirais encore, passant mes mains sur mon visage pour m'éclaircir les idées - «comme l'a dit Iza, je suis pas sur de me souvenir de la dernière fois où j'ai pu sourire. J'ai l'impression que ma vie est chiante à mourir. J'ai plus envie de rien. J'ai pas fait un seul dessin depuis des semaines en dehors des tatouages quand j'ai pas le choix. Au début, je dessinais toujours la même chose, je croyais que c'était des vagues, mais en fait, c'était des boucles, des mèches de tes cheveux... c'est Iza qui s'en est rendu compte.»

Je prenais la tasse pour me réchauffer les mains, même si je ne craignais plus le froid. J'attendais un peu, voir comment il réagissait, puis je finissais par lever les yeux vers lui
«J'en ai rien à foutre que ce soit mal ce qu'on fait. Je crois surtout que si on le fait pas, ce sera pire. Faut se rendre à l'évidence, c'est pas une question que les autres soient pas à la hauteur, je suis pas un dieu, tout comme tu n'as rien d'exceptionnel par rapport à d'autres. Mais... je crois que t'es simplement ma drogue, et que je suis en manque. Et je pense que c'est pareil pour toi.»

Pourquoi est-ce qu'on était comme ça? Je ne sais pas trop. J'en ai vu des ruptures amoureuses, normalement avec le temps, on finit par oublier. Mais de toute évidence, ni lui, ni moi on a envie d'oublier. Parce que malgré les trucs qu'on a vécus, malgré nos déboires, on a toujours tenu le coup et on n'avait pas envie de renoncer l'un à l'autre... ça devait jouer aussi.

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Re: Ce que pensent les hommes

Messagepar Benedikt » 11 Fév 2016, 03:12

Le petit botaniste, accroché à son bol de chocolat comme s’il allait l’empêcher de tomber, fixa Vrass un bon moment sans rien dire. Il avait même de l’étonnement dans son regard. Benedikt se souvenait bien avoir été tellement en colère contre le tatoueur qu’il ne voulait que frapper quelqu’un chaque fois que son esprit lui rappelait son existence, ce qui était malheureusement bien trop souvent. La psychologue - qu’il avait continué à voir plus longtemps que Vrass - avait aidé pour ça, même si c’était surtout le temps qui avait transformé sa fureur en tristesse.
Mais à présent, en voyant le visage fatigué de la personne qui lui manquait tellement, le botaniste ne pouvait qu’éprouver de la compassion, d’autant plus qu’il connaissait lui-même très bien cette sensation.

Reposant la tasse de chocolat chaud qu’il avait commencé à toutes petites gorgées, histoire de ne pas offenser son estomac déjà attaqué par l’alcool, Benedikt se releva et attrapa doucement celle du tatoueur pour la poser aussi sur la table.
« Okay. » lâcha-t-il pour prendre le visage du tatoueur dans ses mains, et il ne put s’empêcher de caresser du pouce ses pommettes. « Okay. Je vais te faire confiance alors. »

Le petit botaniste aurait pu être un peu honteux de la facilité avec laquelle il décidait de remettre les derniers mois en question. Mais c’était bien ça le problème ; il supportait tellement mal d’être loin de Vrass qu’il était impossible de résister dès lors qu’il l’avait sous les yeux. C’était ce que les histoires recommandaient constamment après tout, il fallait parfois suivre son cœur sans se poser de questions. Et des questions, Benedikt avait beau s’en poser énormément, aucune n’était plus effrayante que l’idée de rentrer le lendemain à l’herboristerie pour continuer sa vie misérable comme avant.

Enfourchant la chaise sur laquelle Vrass était assis, le botaniste s’assit sur ses genoux pour le serrer contre lui, sans s’occuper de surprendre ce dernier. Il y avait là une odeur qui lui avait manqué chaque soir, et qui était au moins aussi entêtante que celle du miel, si bien qu'il fourra son nez dans la nuque du tatoueur et refusa de desserrer son étreinte sur lui. Et puis il se mit presque à rire en reprenant la parole :
« Mais tu vas devoir me trouver une autre métaphore que la drogue, ça ne fait pas du tout sain comme relation. » - Ce ne l’était peut-être pas, d’ailleurs, en fait. Mais le tatoueur avait eu raison dans ce qu’il disait, et le petit botaniste savait bien qu’il pouvait difficilement continuer à se vautrer dans son malheur. Les innombrables souvenirs qu’il avait avec lui étaient, pour la grande majorité, ceux qu’il chérissait le plus. Faire une croix dessus était aussi dingue que de se voir arracher un membre.

J'espère que mon post est correct, je suis encore assez malade du coup je suis assez à côté de la plaque. ^^

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Re: Ce que pensent les hommes

Messagepar Vrass Rannveig » 11 Fév 2016, 10:59

Ça servait à rien de tourner autour du pot. C'était pas mon genre, et j'avais encore moins envie d'étaler mes sentiments encore et encore. Il était malheureux, moi aussi. On avait essayé de vivre l'un sans l'autre, on avait échoué. Peut être qu'il nous fallait juste davantage de temps, mais l'un comme l'autre, on avait ce sentiment que nos vies n'avaient pas grand intérêt à poursuivre dans cette voie. Je risquais de perdre mon job, les clients étaient moins contents de mes tatouages et surement de mon humeur aussi, et une réputation, c'est assez précieux. Il manquerait plus qu'Onirie apprenne mes déboires et fasse un article à la con du genre "le tatoueur winghox en mal d'amour" avec des textes bien fleur bleue, et là je passe pour un con sur Nideyle tout entier.

Je fus légèrement déstabilisé lorsqu'il prit mon visage dans ses mains, j'avais du mal à m'y faire car en général, je n'aimais pas avoir ce sentiment de vulnérabilité, mais passons...
«Je t'ai pas forcément demandé de me faire confiance... je peux absolument pas te garantir que je vais pas déconner à nouveau.»

Malgré tout, il vint contre moi, c'était presque effrayant cette manière qu'il avait de faire tomber mes défenses, je refermais mes bras autour de lui pendant qu'il enfouissait son visage dans mon cou, je pouvais sentir son parfum de gel douche et ses boucles brunes me chatouiller le nez, ça faisait du bien...
«Je suis pas sur qu'on puisse dire qu'on ait une relation très saine non plus... enfin pas vraiment conventionnelle... je sens que la psy va être ravie de me revoir tiens!» - contrairement à lui, j'avais rapidement cessé les séances. Déjà que quand on était ensembles, elle décrétait que j'avais un problème, alors une fois séparés c'était pire. Et j'avais pas besoin de l'entendre me dire que parfois, une séparation peut faire du bien dans un couple, de base, j'aimais pas trop l'idée qu'on dise qu'on était un couple, même s'il fallait se rendre à l'évidence que c'était le cas.

Je prenais une profonde inspiration, puis je reculais pour poser ma main sur sa joue comme il l'avait fait un peu plus tôt avec moi, et sans même attendre sa permission, je l'embrassais... ça m'avait trop manqué, je ne pouvais le nier, et je sentais que j'allais avoir du mal à me retenir à pas lui sauter dessus. Je tremblais un peu, mais tenais bon, ce serait con de tout gâcher à vouloir aller trop vite.
Je prenais une profonde inspiration avant de décoller mes lèvres des siennes, puis je fermais les yeux.

«Tu dois être fatigué. On devrait aller se coucher.» - et vraiment pour dormir, enfin je crois, j'avais pas trop envie de réfléchir en fait. Je le laissais se lever.. enfin je savais pas trop quoi faire à vrai dire, je n'avais pas envie de le brusquer, il était encore patraque à cause de l'alcool, et c'était surement pour ça aussi que je me disais qu'il valait mieux être sage. Même s'il a rendu pratiquement tout ce qu'il a bu, pas dit qu'il soit totalement maître de lui et je ne voudrais pas en profiter.

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Re: Ce que pensent les hommes

Messagepar Benedikt » 11 Fév 2016, 14:11

Le petit botaniste soupira, le nez dans la nuque du tatoueur.
« Je ne peux pas être avec quelqu’un si je lui fais pas confiance, Vrass, je te prends avec tes défauts et tout le reste mais il faudra qu’on discute de ça à un moment de toutes manières. » murmura-t-il. « Ça m’a fait trop mal pour que je ne te demande pas de comprendre au moins un peu. On ne peut pas refaire les mêmes erreurs constamment. »

Ou peut-être que Sayah allait finir par les virer correctement cette fois ! Mais Benedikt devait bien avouer qu’ils n’étaient en général par très bons pour se débrouiller avec leurs ennuis. Ils avaient chacun leur dose de problème avec eux-mêmes, ne finissaient souvent par discuter que lorsqu’ils se mettaient à se disputer sérieusement, et avaient de toutes manières un caractère si différents qu’on pouvait même se demander comment ils arrivaient à communiquer en général. Tout comme le jour et la nuit, il était difficile d’imaginer que ces deux-là réussissait quand même à se retrouver quelque part là-dedans.
Si bien que lorsque Vrass qualifia leur relation de « pas vraiment conventionnelle », le petit botaniste se mit rire légèrement. Ça, c’était le moins qu’on puisse dire !
« De quelle partie tu parles, de celle où on est tous les deux des hommes, ou que tu es un winghox et moi un orphe, ou qu’on a trop de sexe dans notre vie, ou d’autre chose ? Je crois qu’il m’en reste pas mal alors faut peut-être faire une liste pour la psychologue au cas où ! » s’amusa-t-il, avant de rajouter plus sérieusement. « Mais en tout cas, je sais qu’elle était déçue que tu arrêtes d’aller la voir. »

Benedikt n’eut pas le temps d’en dire plus avant que Vrass n’accapare ses lèvres, et comme c’était bien plus intéressant que ce qu’il avait à dire, le petit botaniste n’eut aucun mal à se concentrer là-dessus. En fait, il fut d’autant plus déçu que Vrass s’éloigne pour proposer d’aller se coucher. Il savait qu’il n’y avait aucune autre intention dans ses paroles – le petit botaniste le connaissait assez pour le savoir, et en général, il ne les cachait pas, d’ailleurs -, mais il n’avait pas tort. Le tatoueur était peut-être aussi épuisé que lui, mais en ce qui le concernait, ses côtes lui faisaient aussi encore mal des coups de pieds qu’il avait reçu peu de temps auparavant. Benedikt avait beau avoir particulièrement envie de fourrer ses mains sous les vêtements de Vrass, ce n’était pas la peine de le faire si c’était pour gémir de douleur après, surtout après avoir été séparés si longtemps.

« Bonne idée, oui, j’ai encore mal partout. Et puis ça va te faire du bien de dormir dans ton propre lit, pour une fois. Moi aussi, d’ailleurs. Je dors dans un hamac, à l’herboristerie. » répondit-il, et il se releva pour attraper les deux tasses de chocolat et remonter à l’étage. Benedikt se retourna vers Vrass pour l’attendre : « Ce serait bête qu’on ne les finissent pas comme les burgers, il est bon, ton chocolat. »
Arrivé dans leurs chambres, le petit botaniste n’eut qu’à poser les tasses qu’il avait dans les mains avant de se fourrer sous les draps, puisqu’il était déjà lavé et en pyjama, et s’en félicita. Ils étaient froids, mais s’allonger sur un matelas confortable était un véritable plaisir après une soirée comme une soirée comme celle-ci. D'autant plus que finir sa tasse en vitesse le réchauffa immédiatement et le poussa déjà à demi dans les bras de Morphée.

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Re: Ce que pensent les hommes

Messagepar Vrass Rannveig » 12 Fév 2016, 12:26

Cette idée de confiance me mettait mal à l'aise... au fond, je savais même pas si je pouvais me faire confiance à moi-même, alors qu'il me fasse confiance était peut être plus compliqué qu'il n'y paraissait...

Bref, ce n'était pas la peine de réfléchir à tout ça pour le moment, surtout que je ne m'attendais pas à ce qu'il veuille que je retourne voir la psy!
«Attends, t'es sérieux? Tu continues à la voir et tu veux qu'on y retourne ensembles?» - je soupirais alors qu'on se levait pour aller se coucher.. certes, l'idée qu'on se retrouve et qu'on se couche dans le même lit à nouveau rendait l'ambiance assez... bizarre, mais là le coups de la psy m'avait quand même pas mal refroidi.

On grimpait les marches, s'il était déjà en pyjama, pas moi, j'allais donc dans la salle de bain. Je suis pas d'une nature pudique, mais allez savoir, avec la situation actuelle, je préférais éviter qu'il me voit à poil. J'enfilais un bas de jogging gris avant de revenir dans la chambre, il semblait déjà sur le point de s'endormir. Je contournais le lit, et je me faufilais sous les draps sans m'approcher de lui pour autant, ne sachant pas à quel point on venait de se rapprocher. Je restais sur le dos, un bras derrière la tête, l'autre le long de mon corps, puis je lui souhaitais bonne nuit avant de fermer les yeux.

Pendant la nuit, j'avais fait moins de cauchemars que d'habitude, même si je m'étais réveillé plusieurs fois en sursaut... je faisais souvent le même rêve depuis que j'étais revenu de Windrakk, Nathan tenait une épée, à la manière dont Frahn m'avait menacé, et il me regardait avec surement ces mêmes yeux froids que ceux que j'avais à Balaïnes, et il prenait l'épée à deux mains pour me décapiter avec un tel élan qu'on aurait dit qu'il utilisait une batte de base-ball, et je me réveillais toujours en sursaut à ce moment là.

Je n'avais pas revu Nathan depuis, et je supposais que j'angoissais à l'idée qu'il puisse me haïr après m'avoir vu trancher toutes ces têtes... je me tournais, Benedikt dormait comme une souche, sur le côté en me tournant le dos, surement épuisé et ravi de pouvoir dormir dans un vrai lit. Machinalement, et ne sachant pas s'il le prendrait mal, je venais me plaquer contre lui, son dos contre mon ventre, et j'enroulais mes bras autour de lui pour plonger mon nez dans ses cheveux. Mon rythme cardiaque se calmait peu à peu, même s'il devait surement le sentir tambouriner contre son dos... espérons qu'il ne s'imaginait pas des trucs, bien qu'une autre partie de mon corps était trop calme pour qu'il puisse y croire.

Quelques secondes après, je me calmais enfin totalement et j'étais sur le point de me rendormir paisiblement. Oui, il m'avait vraiment manqué.

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Re: Ce que pensent les hommes

Messagepar Benedikt » 12 Fév 2016, 20:02

Benedikt se réveilla parce qu’il faisait trop chaud. Entre la couette enroulée contre lui, la chaleur du corps de Vrass qui irradiait jusqu’à lui et la sienne qui était encore plus étouffante, le petit botaniste gigota vainement à la recherche de l’air frais. Il s’était retourné dans son sommeil pour fourrer son visage contre l’estomac du tatoueur et s’était retrouvé piégé parmi les couvertures et les bras de Vrass. Pire, le souvenir encore bien vivide du rêve qu’il était en train de faire le fit découvrir rapidement pourquoi son caleçon semblait trop serré. Rien de très étonnant vu que le tatoueur était collé contre lui, mais embarrassé, Benedikt se défit de l’étreinte de celui-ci aussi lentement que possible pour ne pas le réveiller.
Ce qu’il voulait vraiment, c’était tripoter Vrass jusqu’à le réveiller, mais vu leur situation encore particulière, le botaniste ne savait pas exactement si c’était vraiment la chose à faire. Si bien qu’il se contenta d’aller se passer un peu d’eau glacé sur le visage pour aller faire ce qu’il avait l’habitude de faire lorsqu’il habitait encore là : le petit-déjeuner.

Iza ne semblait pas encore être rentrée, et Benedikt prépara donc à manger seulement pour lui et Vrass, quelque chose de plus simple qu’il n’avait l’habitude de faire. Mais un petit-déjeuner au lit était un petit-déjeuner au lit, et cela devrait faire plaisir au tatoueur de toutes manières. Pendant que des tranches de pain réchauffaient dans le grille-pain, le botaniste en profita pour aller fureter dans la pièce d’à côté. Il y avait toujours son bureau, d’autant plus recouvert de bordel que Vrass avait dû faire de la place pour dormir dans cette pièce, et dont les tiroirs débordaient maintenant de plantes complètement desséchées et inutilisables.

Benedikt s’en voulut d’avoir tout laissé en plan, et fit un peu de ménage pendant quelques minutes, le temps de retrouver un sacré paquet de cochonneries à jeter à la poubelle et quelques objets qu’il avait cherché pendant les six derniers mois. Cela suffisait bien à faire remonter pas mal de souvenirs qui le firent soupirer plus d’une fois. Il finit par retourner dans la cuisine pour finir son plateau de victuailles avec un cœur plus lourd qu’il n’aurait dû. En fait, il n’avait plus qu’une envie maintenant, c’était se blottir à nouveau contre le tatoueur.

Il remonta avec son plateau pour se réinstaller sous la couette, profitant du sommeil encore lourd de Vrass pour se coller à nouveau à lui. Le tatoueur gigotait un peu en grimaçant comme s’il faisait un mauvais rêve, et Benedikt lissa les rides de son front et l’embarrassa doucement pour le calmer. Le problème, c’était que c’était maintenant horriblement difficile de s’arrêter et que des mauvaises pensées l’assaillait à nouveau. Le petit botaniste roula sur le dos, un peu plus loin du tatoueur, et respira un grand coup. Il fallait penser à quelque chose qui n’allait pas avec les mauvaises pensées… Une fille toute nue. Un morceau de pain à moitié mangé. Son frère. La vieille chouette chez qui était Iza. Est-ce qu’elle avait déjà eu des amants, cette femme ? Est-ce qu’elle avait été jeune un jour ? Si ça se trouve, elle avait eu des milliers d’aventures comme Vrass pendant des années. Ah non, pas Vrass !

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Re: Ce que pensent les hommes

Messagepar Vrass Rannveig » 13 Fév 2016, 15:51

Mes cauchemars ne risquaient pas de s'arrêter de si tôt, du moins, pas tant que je n'aurai pas retrouvé Nathan je présume.. mais déjà, si je réussissais à ramener Benedikt dans ma vie, ce serait peut être un bon début?

J'avais senti du mouvement, mais j'étais si épuisé que je ne me réveillais pas, j'avais juste roulé sur le dos, basculant la tête du côté opposé à celui où Benedikt se trouvait, l'aidant ainsi à s'extirper un peu des draps. Un nouveau cauchemar revint quelques minutes plus tard, et je sentais quelque chose me chatouiller le front, tout comme une odeur agréable venir jusqu'à mes narines, je finissais par ouvrir les yeux, fixant le plafond à la recherche de ce qui venait de me réveiller, puis je regardais d'un côté, le réveil... 9h, tôt, mais pas trop, puis je tournais la tête de l'autre côté et je voyais le gosse qui semblait fixer le plafond à réfléchir à un truc, mais je pouvais pas trop deviner quoi.

Il y avait un plateau sur la table de nuit, avec du café et des tranches de pain grillé avec de la confiture... je me redressais sur les coudes pour le regarder avec un air mi-surpris, mi-inquiet
«Euh... salut? ça va?» - je me redressais doucement pour m'asseoir, regardant le plateau, puis lui. Ça m'avait manqué le petit déjeuner au lit. Iza avait essayé de le faire, mais c'était pas pareil venant d'elle... mais je ne m'en souciais pas pour le moment, je m'inquiétais surtout de la tronche qu'il tirait

«Gueule de bois? Mal au crâne? Ou bien tu regrettes seulement d'être là?» - je ne pouvais pas rejeter cette possibilité, après tout, il avait bu quand il est venu hier, peut être qu'au fond, il trouve que c'est une mauvaise idée d'être revenu?
Je ne touchais pas au plateau pour le moment, je préférais voir un peu où on en était, si on continuait d'essayer d'arranger les choses ou si on laissait tout tomber. La deuxième option ne me plaisait pas beaucoup.

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Re: Ce que pensent les hommes

Messagepar Benedikt » 13 Fév 2016, 21:20

Le petit botaniste sursauta en apercevant Vrass se redresser, et d’après la tête de celui-ci et ses paroles, il avait l’air un peu suspicieux. Benedikt resta une seconde à le regarder avec une tête déconfite, surpris de sa réaction et incertain de ce qu’il devait répondre, avant de lâcher : « Je regrette surtout d’avoir pensé à la vieille chouette toute nue en train de coucher avec quelqu’un. Je ne te conseille pas. »

Et le botaniste se fit la réflexion que ce n’était peut-être pas mieux comme réponse que « j’ai une gigantesque érection depuis que je me suis réveillé et je n’arrive pas à m’en débarrasser. ». D’autant plus quand c’était la première chose qu’il disait au tatoueur ce matin. Aussi il rajouta après coup : « Mais j’ai aussi mal au crâne, ouais. »

Là-dessus, la solution était assez simple, et le botaniste se redressa pour ramener le plateau du petit-déjeuner vers eux et se verser du thé. Il avait fait du café à Vrass, qu’il lui tendit juste après, mais pour lui-même, son corps en train de cuver l’alcool lui avait dit qu’il préférait une douce tasse de thé malgré sa fatigue. Avoir fait de simples tartines avait été finalement aussi une bonne idée. Elles étaient plus faciles à avaler.

Benedikt mangea silencieusement, au début, ce qui était souvent assez inhabituel vu sa tendance à bavarder, mais finit éventuellement par ouvrir la bouche pour parler de ce qui avait débattu toute la soirée d’avant dans sa tête :
« Vrass… J’ai réfléchi un peu, aussi. J’ai une condition, si on se remet ensemble. » - vu la réaction du tatoueur le soir d’avant, ça n’allait pas lui plaire, mais tant pis. Le petit botaniste avait pensé qu’il valait mieux attendre un peu qu’ils ne soient pas aussi fatigué – et soûl – pour en discuter, mais il devait en parler rapidement de toutes manières. « Je voudrais que tu ailles voir la psy à nouveau. Même pas avec moi, ça, c’est si tu veux mais moi je m’en fiche, je voudrais juste que tu la vois toi. »

« Tu me dois ça pour Balaïne, et tu dois ça aussi à Nathan. » rajouta-t-il un peu plus bas, et il guetta la réaction du tatoueur avec un soupir. Pas sûr que celui-ci accepte… Vrass avait plus d’égo que la plupart des gens réunis et le sujet de Balaïne qu’il venait de remettre sur le tapis était on-ne-peut-plus épineux. Mais Benedikt essaya de prendre l’air le plus résolu qu’il pouvait prendre. Après tout, ce n’était pas demander énormément. Et c’était important pour lui. Et puis au moins, se félicita-t-il intérieurement, cela avait le mérite de le faire véritablement penser à autre chose qu'à sauter sur le tatoueur comme un sauvage. Tant que celui-ci ne se collait pas à lui, ça devrait aller.

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Re: Ce que pensent les hommes

Messagepar Vrass Rannveig » 13 Fév 2016, 21:52

Lorsqu'il me sortit sa réplique, je ne pus m'empêcher de pouffer de rire... ça me faisait tellement bizarre en fait de rire que je me rendais compte que ça me faisait mal aux joues, et machinalement, j'avais ramené ma main au niveau de ma bouche, pas pour me cacher, mais pour me masser un peu.. c'était..bizarre.

«J'avoue, y'a mieux comme vision du matin...» - il rajouta tout de même qu'il avait mal au crâne, mais je ne me faisais pas trop de souci pour lui, il était herboriste après tout et devait donc bien avoir de quoi soigner ça!
Il apporta le plateau, je souriais quand même encore un peu, même s'il ne le voyait peut être pas car c'était à la commissure de mes lèvres, puis je prenais la tasse de café et une tartine que je trempais dedans...

Je ne savais pas pourquoi, j'avais un léger poids sur le cœur, le sentiment qu'il me réservait quelque chose, même si j'étais plutôt content de le voir à mes côtés... qu'il soit le premier que je vois le matin avait quelque chose de réconfortant, je me sentais bien. Je buvais une autre gorgée de café lorsqu'il me lança la bombe... je me tournais vers lui en haussant les sourcils
«Hmm?» - que je retourne voir la psy? Je levais les yeux au ciel, prenant une mine renfrognée avant de poser ma tasse, je le regardais quelques secondes, il avait l'air sérieux. Et lorsqu'il ajouta la note à propos de Nathan et lui, et surtout Balaïnes, je me dégonflais un peu et ramenais ma main sur mon front, comme si j'étais pris d'une soudaine poussée de fièvre.

Je ne disais rien. Honnêtement, j'en avais pas envie, mais contrairement à ce qu'il pensait, pas parce que j'estimais ne as en avoir besoin, mais justement parce que je savais qu'il le fallait. Me cauchemars continuaient de me hanter, j'étais en manque de sommeil - et d'autres choses, mais passons - et je savais que Nessy refuserait que je vois Nathan tant que je n'aurais pas prouvé que j'allais mieux... et donc que je vois un psy.

«D'accord.» - j'avais relevé la tête pour regarder un point devant moi, ça ne me plaisait pas, mais je savais qu'il avait raison et c'était surement ce qui m'agaçait le plus - «je te cache pas que j'ai pas envie. Mais je crois que si je veux aller mieux, même sans qu'on se remette ensembles, y'a des trucs dans ma tête que je dois soigner...» - je me tournais finalement vers lui pour planter mon regard dans le sien - «je veux pas redevenir le monstre que j'ai été à Balaïnes....» - car oui, j'étais bien conscient de la manière dont je m'étais comporté, même si j'avais des raisons pour en être arrivé là. Je suis un winghox, pas un ours en peluche. Mais j'ai changé, je ne suis pas comme eux, il ne faut pas que je l'oublie.

Je récupérais ma tasse, fixant de nouveau un point devant moi
«Je suppose donc que tu ne reviendras vivre ici qu'une fois qu'elle aura donné son feu vert sur mon état?» - car bon, il lui fallait surement une preuve, non? Je doutais qu'il s'installe ici juste avec la promesse que j'y aille sans la garantie que je ne le fasse pour de bon. Certes, je comptais vraiment y aller, mais vu le peu d'enthousiasme que j'avais, je présumais qu'il ne voudrait pas prendre de risque... j'en sais rien.

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