Sans aucun complexe ?

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Re: Sans aucun complexe ?

Messagepar Benedikt » 30 Nov 2012, 20:50

« Je ne sais pas trop, j'ai l'impression que... Tu vois toutes les nervures, là ? Elles devraient être noires là-aussi. Et elles l'étaient avant. Et je ne sais pas, ce serait bizarre que j'ai de la fièvre pour aucune raison, non ? Je n'ai pas l'impression d'être malade. Enfin, franchement, je n'en sais rien. »

Benedikt prit le tube de crème qu'était en train d'utiliser Vrass avec un haussement de sourcil suspicieux pour lire ce qui était écrit dessus, mais apparemment la présence de plantes qu'il connaissait et - qu'il aurait utilisé pratiquement de la même manière, probablement - dans la fabrication lui suffisait, puisqu'il le reposa et alla s'asseoir sur le bord de la baignoire.
« Désolé pour ça... » s'excusa alors le botaniste en rigolant légèrement, le doigt pointé sur le pantalon de Vrass sans aucune gêne. « Je me rattraperais plus tard. Promis. »

Le tatoueur lui demanda alors des précisions et lui parla des livres qu'il avait pu ramener.
« Je ne sais pas exactement... Le problème, c'est qu'il y a trop d'espèces pour être sûr de quoique ce soit avec ce que j'ai à porté de main. J'ai passé énormément de temps à observer tout ceux que je trouvais, quand j'étais enfant. Et maintenant, je dirais qu'on peut bien sûr éliminer les papillons, les mouches et ce qui y ressemblent, les moustiques, mes ailes ne correspondent pas. Ce que j'ai trouvé de plus proche, c'était les abeilles ou les bourdons, les scarabées aussi, les cigales, les libellules, et je me base aussi sur ceux que j'attirais le plus avant, parce qu'ils y en avaient de moins en moins à venir me tourner autour en grandissant. Et il y a aussi le fait que la plupart ont quatre ailes et pas deux. Mais vu l'état des miennes, je ne sais si je peux prendre ça en compte. Attends, je reviens. »

Le botaniste revint quelques secondes plus tard avec un gros volume sur le sujet.
« Je suis prévisible, apparemment. » fit remarquer Benedikt avec un sourire en revenant sur son perchoir en émail. « Je ne l'avais pas pris pour ça, mais peut-être que ça peut servir, tu as raison... »
Il feuilleta quelques pages au hasard. C'était en réalité surtout les grandes photos en gros plan qui l'avaient attiré.
« Mais il y aussi que les ailes d'insectes, ce n'est pas fait pour avoir cette taille-là, tu vois. Alors il se peut très bien que ça marche différemment en ce qui me concerne. Les insectes ne muent pas après avoir eu leurs ailes, seulement avant. Mais ils n'ont pas du sang comme le notre, c'est de... l'hémolymphe si mes souvenirs sont exacts. C'est ce qu'il y a dans les plus grosses nervures des ailes pour les rendre plus rigide mais plus flexible aussi, en fait, c'est ce qui permet de voler. Dans les miennes, je suis pratiquement sûr qu'il y a du sang. Dans tout les cas, tu vois pourquoi je parle de les perdre ? Sauf que c'est tout à fait possible qu'elles repoussent après, aussi. »

Benedikt releva la tête et inspecta d'un coup d’œil le bandage du winghox sans faire toutefois aucune réflexion.
« Je n'explique pas trop mal ? En fait, je m'y connais un peu parce que j'ai eu pleins d'explications d'un professeur des jardins de Bellevue, quand je suis arrivé. Je l'aimais bien, et je crois que lui aussi parce qu'il adorait parler pendant des heures de ça et qu'il avait du mal à trouver un auditoire, si tu veux mon avis, sauf qu'il travaillait dans la partie où ils disséquaient des insectes pour les étudier, alors j'aimais pas trop traîner là-bas. Mais franchement, c'était plus... scientifique que mes théories personnelles de quand j'étais enfant. Essaye de savoir à quoi ressemble des ailes de scarabée quand tu ne peux les voir qu'en vol et que tu n'aimes pas les ramasser déjà mort ! »

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Re: Sans aucun complexe ?

Messagepar Vrass Rannveig » 01 Déc 2012, 00:43

Voilà ce qui arrive quand on pose des questions! On a droit à un cours entier sur les insectes et leur anatomie! Enfin il s'était d'abord intéressé à la mienne en désignant mon état qui commençait tout de même à se calmer peu à peu - comme quoi ça se voyait encore bien même si j'étais presque calmé - avant de me parler de cette histoire de couleur. Ok donc si les nervures sont noires, c'est qu'il y a du sang dedans, sinon c'est que...?

Il me manquait visiblement un élément, mais je n'étais pas le seul aussi finalement, il alla chercher un bouquin comme je le lui avais suggéré! J'allais m'asseoir sur le rebord de la baignoire pour l'attendre, j'en profitais pour regarder ma hanche et mon coude, les bleus avaient presque disparus! On voyait à peine la teinte violacée finalement et j'en déduisais donc que les soins de mon infirmier personnel étaient bien plus efficaces que ceux de l'hôpital!

Il revenait finalement et j'avais droit à la suite du cours sur les insectes, et je finissais par afficher un air amusé
«Désolé! Autant je peux avoir certaines connaissances sur cette ville, mais je n'en ai aucune concernant les insectes! Je pense que c'est parce qu'ils ne peuvent pas m'être utiles pour mes encres contrairement aux plantes? Les seuls insectes dont j'ai une vague connaissance sont les feunetons, et seulement parce qu'ils ont un côté pratique quand on veut se réchauffer!»

Et tout comme il le suggérait, les feunetons n'avaient ce genre d'ailes transparentes que lorsqu'ils volaient! Sinon c'est comme des scarabées. Je soupirais alors, il semblait assez perplexe vis à vis de tout ça, et je venais me pencher en arrière pour regarder ses ailes avec un peu plus d'attention
«C'est vrai que ça me semble assez proche des ailes de libellules, si ce n'est qu'elles en ont quatre c'est ça? Mais vu la longueur, c'est ce qui m'y fait le plus penser! Quoi que j'ai jamais regardé des ailes de moustique à la loupe...»

Je venais approcher doucement ma main juste pour l'effleurer
«Dis moi quand je te fais mal! C'est pour voir si tu as des zones plus sensibles que d'autres... on sait jamais?» - on sait jamais quoi? Aucune idée, peut être qu'il y a une partie qu'on peut enlever et pas une autre, j'en sais trop rien. J'effleurais les nervures, parfois les plus grosses, parfois les plus petites, les ailes transparentes, chaque fois, je le regardais pour voir ses réactions et voir si ça l'aidait à comprendre ce qu'il pouvait lui arriver, mais il est vrai qu'il semblait dégager de plus en plus de chaleur et je fronçais les sourcils

«T'es sur que tu n'as pas de fièvre? J'ai l'impression d'être assis à côté du radiateur! Et je sais que c'est pas moi qui te fait cet effet!»

Je passais cette fois ma main sur son épaule et ça commençait à m'inquiéter! Ce n'était pas normal de dégager une telle température. Il n'était pas bouillant non plus, mais quand même, il dégageait une chaleur qui ne me semblait pas normale et j'avoue que cette fois, c'est moi qui commençait à m'inquiéter pour lui
«Il n'y a pas des tisanes ou autres à l'herboristerie pour faire baisser la température? Je viens de me souvenir que j'ai droit à un article gratuit à cause de mes nombreux achats... »

C'était surtout histoire de ne pas dépenser encore des ores inutilement, et puis bon, je m'en fichais un peu de ce bon d'achat en fait! Mais je lui proposais au cas où.

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Re: Sans aucun complexe ?

Messagepar Benedikt » 01 Déc 2012, 15:41

Le botaniste hocha la tête alors que Vrass avouait qu'il ne connaissait pas grand-chose au insectes. Bien sûr, la leçon n°1 et n°2 sur les ailes des insectes que venait de dérouler Benedikt n’intéressait pas grand monde, il en était bien conscient. Il grimaça presque en entendant parler des feunetons, comme si le simple fait d'en parler lui donnerait encore plus chaud, avant que les moustiques ne soit mentionnés et qu'il relève la tête.

« Moi si ! Ça ne ressemble pas assez aux miennes. C'est aussi bien, imagine que je veuille faire le vampire et te sucer le sang pendant la nuit. » répondit Benedikt avec un sourire en se penchant sur Vrass et faire semblant d'enfoncer ses crocs dans son cou. Il se contenta finalement d'y déposer un baiser. « Mais celles que j'ai sont un peu plus rondes et courtes que celles des libellules. Elles n'ont pas trop eu la liberté de grandir comme elles voulaient donc elles ne sont pas plus grande que mon dos, en même temps... »

Le botaniste se raidit un peu par réflexe quand Vrass commença à effleurer doucement ses ailes, puis s'essaya de se détendre malgré l'embarras qui l'envahissait. La tête rentrée dans les épaules, il n'attendit pas que le tatoueur ait fini pour annoncer son verdict.
« Les nervures me font mal, mais même quand tu ne les touches pas. Mais le reste, je ne le sens pas. Enfin pas vraiment, c'est comme si tu prenais une mèche de cheveux sans tirer dessus, quoi. »
Il tourna la tête pour regarder la main de Vrass sur le bout de son aile déployée, et rougit un peu plus lorsque celui-ci posa son regard sur lui.
« Je ne sens rien, là. Je ne sais pas si je pouvais avant m- Ah, si. En fait, à partir du moment où elles commencent à être à nouveau visible. »

Il n'eut pas le temps vraiment d'y réfléchir puisque le tatoueur posa sa main sur son épaule avec un air presque préoccupé.
« Si, c'est possible... » répondit le petit botaniste à voix basse, posant sa paume - encore légèrement froide après été passée sous l'eau – sur sa nuque dans l'espoir d'y apporter un peu de fraîcheur.
« Non, je ne vois pas, il y a la menthise bleue mais je ne pense pas que ce soit fait pour ça... Enfin, c'est peut-être logique, c'est sensé être une réaction de ton corps pour se défendre, ce n'est peut-être pas une bonne idée de l'en empêcher. Mais ce n'est pas grave, tu sais, je suis sûr que ça va passer. Je vais juste... aller m'allonger un peu. »
Benedikt lui sourit dans l'espoir de le rassurer et de voir ses sourcils se défroncer, puis se releva pour rejoindre la chambre à petit pas.
« De toutes façons, si j'ai besoin de quoique ce soit là-bas, je me l’achèterais moi-même, Vrass... Tu n'est pas là pour m'entretenir, et puis je paye tout moitié moins cher avec mon travail là-bas, alors je peux me permettre de dépenser plus... » rajouta-t-il, le nez fourré dans les couvertures. Il prit le temps d'apprécier la fraîcheur des draps puis de regretter d'avance qu'ils se réchauffent quelques minutes plus tard, avant de bouger pour voir si le tatoueur viendrait le rejoindre.

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Re: Sans aucun complexe ?

Messagepar Vrass Rannveig » 02 Déc 2012, 12:27

Je comprenais un peu ce qu'il ressentait à force. Au final oui, ses ailes étaient comme des ongles ou des cheveux, en soit ce n'est pas trop douloureux tant qu'on ne tire pas-dessus ou que ce n'est pas trop proche des extrémités. Je lui avais proposé quelque chose pour la température de son corps, mais il estimait que pour le moment ce n'était pas nécessaire, aussi je le laissais se lever pour aller vers la chambre et s'allonger.

Je me levais à mon tour et je marchais jusqu'à me retrouver près du lit, je pouvais voir qu'il était assez pâle tout de même et je n'aimais pas vraiment le voir ainsi. Dans un soupir, je me tournais vers l'escalier et m'apprêtais à le descendre
«Je reviens, ne bouge pas.»

Je descendais doucement pour ne pas glisser puis une fois en bas j'allais vers la cuisine pour prendre un torchon, avant de sortir le bac à glaçons. Je vidais son contenu dans le torchon que je refermais soigneusement avant de le re-remplir et le remettre à sa place. Puis je remontais pour le rejoindre en lui montrant le petit baluchon
«Ça devrait te faire du bien.»

Je remarquais que le tatouage du flocon m'empêchait d'avoir chaud moi-même, mais il ne m'empêchait pas de ressentir la chaleur des autres. C'était une bonne chose tout de même car j'aurais été assez ennuyé si je n'avais pas été en mesure de le sentir jusque là. En fait, je ne m'en étais même pas rendu compte alors que pourtant oui, depuis le temps maintenant qu'il était avec moi, j'avais eu plus d'une fois l'occasion de sentir sa chaleur corporelle, juste qu'à moi, elle ne me donnait pas chaud. Contraste intéressant non? Ainsi là, je sentais la fraîcheur des glaçons dans ma main, sans que ça ne me donne froid pour autant. Une sorte de différence entre le corps et l'esprit surement.

Je m'approchais de lui et je venais serrer doucement le torchon dans ma main avant de la poser sur sa nuque en effleurant doucement. Je préférais jouer les intermédiaires, je me disais qu'à poser le baluchon de glaçons directement que sa peau pourrait être dangereux vu comment il semblait avoir chaud lui-même, varier trop brutalement les températures n'était pas bon, alors que de cette manière j'étais plus ou moins assuré que ça lui ferait du bien, et ce sans risque.

J'avais commencé par la nuque, donc, puis je glissais vers ses épaules en contournant soigneusement les ailes pour ne pas les toucher. Puis je revenais serrer le baluchon dans ma main pour passer un peu dans son cou et sur son front aussi avant de voir ses réactions
«On se demande lequel de nous deux est l'infirmier finalement hein?»

Puis finalement, je venais appliquer les glaçons sur mon corps à moi, vu que je ne ressentais pas le froid, ça allait rafraîchir ma peau au moins! Puis je me levais pour aller poser le torchon dans le lavabo avant de revenir et m'allonger sur le dos pour qu'il puisse venir contre moi et ainsi au moins, je pourrais le rafraîchir aussi d'une certaine manière
«Est-ce que ça te va comme ça? Je... je n'aime pas l'idée de ne rien pouvoir faire...» - car mine de rien, je me rends compte que depuis qu'il est dans ma vie quand même, il a vraiment fait beaucoup pour moi, rien que le mal qu'il s'est donné pour pouvoir me retrouver à l'hôpital - et ce même s'il a eu l'aide d'une petite gourde amourachée - alors je me sentais plutôt impuissant face à ce qu'il vivait aujourd'hui. Est-ce qu'il a ressenti la même chose lorsqu'il m'a vu la première fois dans le coma? Je me le demande, c'est assez perturbant en soit quand on ne sait pas trop ce qui se passe dans sa propre tête finalement.

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Re: Sans aucun complexe ?

Messagepar Benedikt » 02 Déc 2012, 17:50

Le botaniste soupira.
« Oui, effectivement... Et dire que je suis sensé m'occuper de toi, je ne pourrais pas faire pire, là, j'inverse carrément les rôles. »
Il regarda le tatoueur passer le torchon plein de glaçons à présent sur lui avec perplexité, jusqu'à ce qu'il comprenne le but de l'opération. Benedikt ne pouvait pas demander mieux, puisque cela lui évitait de choisir entre avoir le tatoueur contre lui et l'envie de s'éloigner de toutes sources de chaleur. Il se colla à lui et posa sa joue contre le torse presque humide, en tout cas délicieusement frais de Vrass avec un nouveau soupir, cette fois de contentement.
« Non, ne t'inquiètes pas. Ça me va très bien. »
Le botaniste posa sa main sur le ventre du winghox et la referma sur elle-même lorsque l'envie de descendre plus bas se fit sentir. Mais il fallut peu de temps pour que Benedikt dorme à poings fermés, au sens propre comme figuré, malgré les pensées qui lui traversaient l'esprit.

Quand Benedikt se réveilla une demi-heure plus tard, le mal de tête qu'il sentait se balader dans son crane le fit grommeler quelques mots totalement incompréhensibles. Il n'avait pas envie de se mettre debout un seul instant, et n'aurait pas eu l'intention si la soif ne l'empêchait pas de se rendormir. Vexé d'être aussi fatigué alors qu'il avait dormi cette nuit un nombre d'heure parfaitement acceptable et irrité par la douleur installée dans son dos depuis trop longtemps d'après son opinion personnelle, il se releva alors quand même pour se diriger d'un pas lourd et hésitant vers la salle de bain. Un coup d’œil dans le petit miroir lui suffit pour constater que l'état de ses ailes n'était pas en train de s'arranger, c'était même le contraire, mais le botaniste se contenta de mettre ses mains jointes sous l'eau pour boire avant de revenir s'étaler sur le lit en grognant. Sa volonté de garder un peu de bonne humeur avait tout simplement complètement disparue. Il se lova contre Vrass, ou peut-être plutôt sur au vu de la place qu'il prenait, et se rendormit en quelques minutes.
Le deuxième réveil, presque une heure plus tard, ne fut pas plus satisfaisant.

« Vrass, ça te dérange d'aller me chercher une bouteille d'eau ? » demanda-t-il tout bas, passant une main sur son front pour repousser quelques boucles trempées par la sueur. Bien qu'il n'était pas en mesure de le voir, la plus grande partie des ailes du botaniste était à présent dépourvues de nervures. Et semblait d'autant plus fragiles ainsi, ce qui était sûrement le cas, car chaque battement leur faisait perdre des morceaux de membrane de plus en plus imposant. Probablement le moindre coup de vent les détruiraient en grande partie, mais pour l'instant, elles ne bougeaient qu'occasionnellement.
Benedikt attendit d'avoir la réponse du tatoueur pour changer de position et le laisser se relever, assez léthargique pour se soucier de l'économie d'énergie que cela pourrait éventuellement lui permettre en cas de refus.
« Je suis désolé, tu veux peut-être faire quelque chose d'autre de ta journée que jouer les nounous. »
Lui-même s'ennuyait mais avait l'avantage d'être assez amorphe pour plonger dans le sommeil. Vrass n'avait probablement pas du tout envie d'une deuxième nuit seulement quelques heures après la première, même si le botaniste supposait qu'il aurait pu aisément le soulever pendant qu'il dormait pour aller faire autre chose – il était même possible qu'il l'ait fait et que Benedikt ne se soit simplement pas réveillé, finalement -.

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Re: Sans aucun complexe ?

Messagepar Vrass Rannveig » 02 Déc 2012, 18:46

Je voyais bien qu'il s'en voulait de son état, tout comme je m'en voulais du mien hier. J'ai quand même dépensé une petite fortune en baumes de l'herboristerie pour être sur pieds plus vite que les trois ou quatre jours nécessaires en temps normal! J'avoue que ce n'était pas vraiment dans l'optique de pouvoir «seulement» marcher que j'avais envie de me retrouver en pleine possession de mes moyens, et maintenant que j'étais à peu près apte à le remercier comme il se doit de ce qu'il avait fait pour moi, voilà que les rôles étaient inversés et finalement je le remerciais simplement d'une autre manière.

Il avait fini par s'endormir, pas moi. Malheureusement, je ne pouvais pas vraiment savoir si j'étais encore assez frais pour lui, aussi j'essayais de l'observais pour voir s'il recommençait à dégager un peu trop de chaleur ou non. Puis au bout d'un moment, je m'assoupissais doucement jusqu'à ce que je le sente se lever! On aurait dit un zombie au point même qu'il ne voyait même pas que je le suivais jusqu'à la salle de bain et qu'il buvait un peu. J'en profitais pour prendre le torchon plein de glaçons pas encore fondus - mais qui venaient de prendre une douche involontaire, Benedikt n'avait pas du voir qu'ils étaient dans le lavabo, et je m'en repassais à nouveau sur le corps pour le rafraichir. Puis je le suivais toujours, en silence - on sait jamais, il peut être somnambule après tout - et je m'installais ensuite rapidement sur le lit pour qu'il revienne se lover contre moi. J'étais un peu plus redressé cependant, et je passais ma main dans ses cheveux pour sentir ses racines humides, il avait chaud et j'espérais lui faire du bien tout de même à avoir le corps plus frais.

Je regardais ses ailes devenir de plus en plus transparentes, et pendant qu'il dormait une nouvelle fois, j'avais pris mon carnet à dessin pour griffonner quelques croquis, en particulier, j'essayais de ne dessiner que ses ailes justement pour qu'il soit plus facile de les identifier par la suite. Les nervures semblaient être de moins en moins visibles ce qui ne me paraissait pas normal, et elles paraissaient si fragiles que j'osais à peine m'en approcher de peur de les déchirer.

Au bout d'une heure pendant lesquelles je me retrouvais avec de très beaux croquis de libellules ou autres créatures fantastiques ailées tirées de mon imagination qui pourraient toujours me servir pour mes tatouages, il me demanda de l'eau, et je pouvais voir en posant ma main sur son front qu'il était de nouveau bouillant
«Aucun problème, ne bouge pas.»

Je me dégageait doucement puis j'allais d'abord chercher le torchon désormais seulement humide. Je l'essorais puis je redescendais pour chercher une bouteille d'eau minérale, je ne savais pas s'il voulait de l'eau fraiche ou à température ambiante, alors finalement j'en prenais une autre frigo aussi avant de ressortir le bac à glaçon pour remplir à nouveau mon torchon et en lancer d'autres! Donc en remontant, j'avais sous le bras deux bouteilles d'eau et un baluchon de glace dans la main avec une petite bassine.

«On dirait que tu as de plus en plus de fièvre... tu es sur que ça va? Il ne faudrait pas que tu voies un médecin?» - mais de toute évidence, ce qui le dérangeait c'était surtout de me gâcher la journée d'une certaine manière. Je lui tendais les deux bouteilles d'eau, puis je posais la bassine juste à côté du lit avant de serrer une nouvelle fois le baluchon dans mes mains pour les rafraîchir, puis je passais doucement mes paumes sur sa peau, au niveau de son cou et de son front principalement, allant parfois glisser une peu sur son torse aussi

«Ne t'inquiète pas pour ça... on devait rester ici pour la journée non? Que ce soit pour prendre soin de moi ou de toi, le résultat est le même. Et je préfère faire de mon mieux pour te soigner, même si je suis pas très doué comme médecin moi!» - heureusement que je suis tatoueur quand même et que je sais donc être délicat de mes mains! Malgré tout ce n'est pas ce que je fais le mieux. Je serrais une nouvelle fois le torchon dans mes mains pour les rafraîchir avant de recommencer l'opération, à savoir les passer où je pouvais sur le haut de son corps. Puis je passais directement le torchon sur mon torse à nouveau avant de le jeter dans la bassine, comme ça je le gardais à portée de main, puis je m'installais confortablement pour qu'il revienne contre moi. En général, le corps humain est destiné à réchauffer l'autre, c'était assez étrange de voir que je cherchais à faire l'inverse!

«Viens. Et ne t'inquiète pas pour moi. Je dessine pendant que tu te reposes. Le plus important est comment toi tu te sens!» - je caressais à nouveau ses cheveux, s'il avait lui aussi d'autres envies, je savais que dans son état ce n'était même pas envisageable. Évidemment que je me sentais un peu frustré, après tout au fond, je n'attendais que ça depuis que j'étais sorti de l'hôpital! Mais c'est pas comme si lui ou moi nous pouvions y faire quelque chose. Iza était sortie prendre l'air, mais malgré tout, je ne pouvais m'empêcher de m'inquiéter pour lui... comment pouvait-il savoir si ce qu'il vivait était réellement «naturel»?

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Re: Sans aucun complexe ?

Messagepar Benedikt » 03 Déc 2012, 00:31

Benedikt attrapa au hasard une des bouteilles d'eau que Vrass lui tendait, sans comprendre qu'il y avait une bonne raison à ce qu'il y en ai deux, et se redressa maladroitement. Impossible de boire allongé sur le ventre.
« Un médecin ? Je n'ai... Non, ça va... » Il se mordit la lèvre, le souffle court après avoir bu aussi longtemps sans prendre le temps de respirer. L'idée même d'aller voir un médecin lui semblait étrange. Ce genre de luxe était réservé aux gens qui avaient de l'argent à perdre. Et même si de nombreux aspects de sa vie à Païlandune n'était plus applicable à la Basse-ville, il restait hésitant ; il n'avait aucune idée de la rémunération que pouvait demander ici les médecins pour leurs services.
Il n'avait aucune idée de comment en trouver un non plus, et l'idée de faire une petite balade à travers la ville était tout à fait déplaisante.

« Ça va, alors... Je suppose qu'il faut beaucoup de pratique pour dessiner aussi bien que toi... »
Le botaniste ferma les yeux et s'étira, avec l'impression d'être plein de courbature. Mais il ne parvint pas à se rendormir cette fois-là. La douleur était trop lancinante, et il attendit quelques temps pour finalement poser sa tête dans le creux de l'omoplate de Vrass et le regarder en train de dessiner. Alors que celui-ci finissait un troisième croquis, Benedikt reprit la bouteille qu'il avait laissé sur le lit – il avait au moins eu la présence d'esprit de vérifier que le bouchon était bien fermé – pour prendre une ou deux gorgées d'eau fraîche qui laissèrent désespérément son palais pratiquement aussi pâteux qu'avant.
« Elles sont plutôt belles, quand même... » murmura-t-il après avoir reposé la bouteille, son regard examinant les détails au crayon de ses ailes sur quelques croquis laissés sur le bord du lit. « Enfin, sur tes dessins... »

Le petit botaniste se tut pendant longtemps après ça, assez immobile pour qu'on puisse penser qu'il pouvait être endormi. Seul sa respiration trop rapide pour quelqu'un dans les bras de Morphée et les moments occasionnels où il rouvrait les yeux, comme pour vérifier que Vrass était toujours là malgré qu'il le sente parfaitement contre lui, prouvait le contraire. Deux nouvelles heures passèrent, pendant lesquelles Benedikt s'endormait parfois quelques minutes sans trop savoir ce qu'il attendait. Que la douleur se calme, certes, mais c'était l'inverse qui se produisait à présent, et c'était ce qui le fit abandonner.

« On pourrait peut-être aller voir le doc, en fait... » ânonna-t-il en fronçant le nez. « C'est un médecin, non... un docteur, quoi... »
Le botaniste ouvrit les yeux et fronça les sourcils, comme si l'abréviation du nom de l'ami de Vrass lui donnait du fil à retordre. C'était malheureusement exactement ça.
« J'espère qu'il a quelque chose pour les gens comme moi... » Il n'était pas évident de savoir ce qu'il pouvait bien vouloir dire, mais comme lui-même ne le savait pas vraiment, ça n'aidait pas. Le botaniste ne chercha pas à dire quoique ce soit après, trop confus à cause de la fièvre bien installé pour réfléchir à la situation sérieusement.

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Re: Sans aucun complexe ?

Messagepar Vrass Rannveig » 03 Déc 2012, 10:19

Je faisais de mon mieux pour rester frais, prenant le torchon humide à intervalles réguliers pour le passer sur mon torse afin de rafraîchir le gosse chaque fois que j'avais l'impression qu'il recommençait à avoir chaud! Il était obligé de boire beaucoup et à force, ça commençait sérieusement à m'inquiéter. Je continuais de dessiner encore, j'avais calé mon carnet sur le lit, une main pour crayonner, l'autre dans les cheveux de Benedikt pour le rassurer sur ma présence. Parfois j'avais l'impression qu'il s'assoupissait, mais ça ne durait jamais longtemps.

Au bout d'un moment, je sentais encore sa température grimper en flèche au point que je mettais le torchon sur son front après avoir mis mon carnet sur la table de nuit. Il voulait aller voir le Doc? Bonne idée, seulement je ne voulais pas qu'il sorte en réalité, pas dans son état.
«Non, je vais plutôt lui demander de passer. Je ne veux pas que tu sortes dans ton état!» - j'allais donc devoir sortir pour aller à la cabine téléphonique. Je me dégageais doucement de son étreinte avant de finalement me pencher pour l'embrasser délicatement
«Je te laisse la bassine avec le torchon humide pour te rafraîchir, je vais voir si Iza est rentrée pour qu'elle reste avec toi en attendant!»

Je ne savais pas vraiment si le Doc pourrait l'aider. Je sais qu'il est à la fois médecin et vétérinaire puisqu'il soigne aussi bien les humains, les orphes et les morphes! Il m'avait donné des conseils pour Iza lorsque je l'ai recueillie même s'il n'a pas pu l'examiner tellement elle avait peur des médecins! Mais là on parle d'insectes, c'est pas la même chose qu'un mammifère quand même. Je laissais ma main sur ses cheveux en ayant un air plutôt inquiet en réalité, la peur qu'il ait quelque chose de grave surement, et peut être que c'est de ma faute en prime! S'il le faut, il a chopé un truc pendant nos balades, ou à l'hôpital aussi.. je détourne le regard et je prends une paire de chaussures avant de descendre, j'entends du bruit dans la cuisine et je vois Iza en train de faire la vaisselle
«Salut Iza... laisse tomber ce que tu fais s'il te plait. Benedikt est malade, tu veux bien rester auprès de lui?»

Même quand elle est en humaine, elle ne parle pas beaucoup. Elle ne porte qu'un immense t-shirt à moi, trois fois trop grand pour elle mais qui a le mérite de la couvrir entièrement. Elle a du se dire que comme tout était silencieux, elle pouvait faire le ménage! En tout cas, elle commence à s'essuyer les mains et je me retourne pour lui laisser le temps de retirer ses vêtements pour se transformer. Puis elle me passe à côté en trottinant, je lui caresse doucement la tête et le dos en passant alors qu'elle se dirige vers l'escalier.

Je soupire en me dirigeant vers la sortie après avoir mis mes chaussures, puis je file vers la cabine téléphonique, glissant quelques ores dans le boitier avant de tomber sur la secrétaire
«Allo?
- «Oui, c'est Vrass...
- «Vrass? Quelle bonne nouvelle! Le Doc s'inquiétait pour toi tu sais? Il a appris pour le camion...»
- «Moi ça va! Je m'en suis plutôt remis à l'herboristerie qu'à l'hôpital...»
- «Tu as bien fait! Le Doc voulait passer te voir avec du Plantafix, mais on lui a dit que seule ta famille pouvait..»
- «Oui, oui je sais Nessy. Il est là? Je suis un peu pressé»
- «Je m'en doute, sinon tu serais passé. Je l'appelle!»


J'attendis quelques secondes encore, puis finalement, ce fut la voix du vieil homme qui jaillit du combiné
«Allo Vrass? Comme je suis content de t'entendre!»
- «Merci Doc... dis, tu crois que tu pourrais passer?»
- «Chez toi? Oui bien sur! Je suppose que tu as encore quelques plâtres?»
- «Non, j'ai tout fait virer pour mettre du plantafix à la place... c'est pas pour moi mais pour un ami.»
- «Un ami? Me dit pas que ce jeune homme a encore été roué de coups?»
- sur le coup, je me demandais de qui il parlait jusqu'à me souvenir de Kjeld
- «Ah non, c'est pas lui. C'est celui qui m'a conduit chez toi quand je me suis fait tirer dessus!»
- «Oh! le petit avec les cheveux frisés? Qu'est-ce qu'il lui arrive?»
- «Justement, j'aimerais bien le savoir. Il a une sacrée température, ça ressemble à une grippe, mais c'est pas ça. Il est vraiment très affaibli!»
- «D'accord, je prépare ma trousse et j'arrive dans une demi-heure environs le temps de prévenir mes patients»
- «Merci Doc...»
- «Pas de quoi mon ptit! »
- mon ptit. Je crois qu'il n'y a que lui pour m'appeler comme ça
- «Au fait Doc... c'est un orphe insecte. Il a des ailes dans le dos, et je crois, enfin on croit tous les deux que ça vient de là!»
- «Un orphe insecte tu dis? C'est pas très commun ça! Je vais voir ce que je peux faire, je vais avoir besoin de prendre des livres avec moi.»
- «Tu veux que je vienne te chercher pour les porter?»
- «Pas la peine, j'ai ma mobylette!»
- «Ok!»


Puis je raccrochais en soupirant. Ce type est vraiment une crème. J'espère qu'il n'a pas trop de patient sinon je l'aurais foutu dans la merde. Mais bon, dans les Ghettos c'est comme ça, on est solidaire et quand un ami a vraiment besoin d'un service, on accourt. Au début, le Doc se faisait racketter par des voyous qui signifiaient que s'il payait une petite prime tous les mois, il serait protégé. J'ai débarqué et j'ai fait le ménage, donc depuis il est tranquille et avec ma perle, je peux vraiment aller à son cabinet n'importe quand s'il a besoin.

Je revenais à l'appartement, grimpant les escaliers pour trouver Iza, la tête posée sur le lit à fixer Benedikt d'un air aussi inquiet que moi
«Merci Iza. Mais le Doc va arriver si tu veux aller faire un tour...» - elle me regarda un moment, je préférais la prévenir car si elle le souhaitait, elle pouvait partir. Et effectivement, sa peur des médecins ne l'avait jamais quittée, et elle trottina rapidement pour quitter la pièce et surement l'appartement. Je venais m'asseoir près du gosse en passant une nouvelle fois ma main dans ses cheveux
«Il arrive. Le temps de prévenir ses patients et de prendre quelques livres sur les insectes, il sera là dans une demi-heure.»

J'espérais qu'il pourrait nous aider.


Tu es libre de jouer le Doc si tu veux ^^ Comme tu peux le voir, il considère Vrass un peu comme son fils :)

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Re: Sans aucun complexe ?

Messagepar Benedikt » 03 Déc 2012, 17:07

Benedikt prit le torchon humide pour le plaquer contre sa nuque d'une main, puis le laissa tomber et tendit la main pour caresser mollement Iza. Il plongea finalement dans un demi-sommeil jusqu'à ce que les pas de Vrass qui montait les escaliers le firent ouvrir les yeux.
Le botaniste regarda à tour de rôle la morphe chienne et le tatoueur en fronçant le nez.
« Me regardez pas comme ça... Je vais pas mourir... »
Iza disparu bien vite lorsqu'elle entendit parler de la venue du médecin, pendant que Benedikt, qui avait de toutes évidences de plus en plus de mal à suivre les conversations, la suivait du regard.
« Je l'ai vexé ? » demanda-t-il d'une petite voix, comme un gamin en train de se faire gronder. « Ah non, elle a peur des médecins... Pourquoi elle a peur d'eux ? »
Son expression se fit soudain inquiète et effrayée, avant que quelques rouages dans son cerveau ne se mettent en place et qu'il se rappelle de ce que lui avait raconté Vrass. Il retourna alors se blottir contre ce dernier, la tête sur ses genoux, sans attendre qu'il ne s'installe plus confortablement.

Malgré le fait que Benedikt se sente stupide de faire appel à un médecin alors que lui-même était herboriste, il était surtout incapable de comprendre ce qu'il lui arrivait, et la peur de faire augmenter la douleur et la fièvre plutôt que de les faire disparaître par une mauvaise décision était plus forte que la fierté. Il se rendait compte que son esprit embrouillé n'était pas celui le plus fiable pour l'instant.
Naviguant entre un sommeil peu réparateur et un éveil pas plus satisfaisant pendant les vingt-sept minutes qui suivirent, Benedikt ne s'aperçut de l'arrivé du Doc que lorsqu'il le vit en face de lui.
Le botaniste sursauta et se recroquevilla aussitôt sur lui-même avant de fourrer son visage dans l'oreiller qu'il serrait dans ses bras.
« J'suis pas malade. J'veux p'us avoir mal, c'tout. » prévint-il d'une façon peu aimable, la voix étouffée par le tissus. Benedikt semblait avoir oublié toute sa politesse et son obsession des négations complètes pour servir le moins de mots possible à ses interlocuteurs.

Le botaniste s'adoucit pourtant en entendant Vrass et le Doc discuter ensemble. Finalement, le Doc avait soigné Vrass de nombreuses fois, et il lui faisait confiance. Et surtout, sa contrariété ne venant pas de l'homme en question, il n'avait pas à la lui faire subir. Cette idée fit lentement son chemin à travers l'esprit de Benedikt. Son saut d'humeur passé, il consentit enfin à regarder le médecin, un air à la fois méfiant et gêné rajoutant de nouvelles nuances de rouges sur ses joues.
« Je suis vraiment désolé ? De vous avoir parlé comme ça ? » s'excusa-t-il en hésitant sur les mots comme s'il n'était pas sûr que sa phrase était compréhensible. Il s'arrêta quelques instants. Bon, pour qu'il le soigne, il faudrait déjà qu'il puisse savoir ce qu'il se passait chez lui. Le botaniste ferma les yeux pour se concentrer.
« J'ai de la fièvre depuis quelques heures, je ne sais pas... exactement vu que j'ai dormi... mal à tête, et... là, mais c'est parce que ma peau n'a pas encore complètement cicatrisé. Là où j'ai vraiment mal, c'est là et... »
Le botaniste passa une main dans son dos pour désigner la naissance de ses ailes, entre ses deux omoplates, sans oser poser ses doigts sur sa peau, puis se tut soudainement avant de se redresser brusquement.

« Vrass, je sens plus mes ailes ! »
Il resta deux ou trois secondes immobile le temps que sa tête arrête de tourner et referma sa main sur un bout d'une de ses ailes qui se brisa et lui resta entre les doigts. Benedikt laissa échapper un hoquet de surprise et leva un visage paniqué vers le tatoueur comme s'il attendait que celui-ci fasse un miracle. Il se demanda lui-même sur le coup pourquoi il s'en remettait à lui alors qu'il ne voulait pas qu'il se sente obligé à quoique ce soit, et qu'il était probablement la personne la moins indiqué à trouver une solution dans la pièce. Mais c'était Vrass, et c'était à lui que pensait le petit botaniste quand il voulait se rassurer.

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Re: Sans aucun complexe ?

Messagepar Vrass Rannveig » 03 Déc 2012, 18:34

Autant le dire tout de suite, plus le temps passait et plus je commençais à m'inquiéter pour lui! Sérieusement, il semblait de plus en plus mal au point même qu'il en divaguait!
«Non tu ne l'as pas vexée... elle n'aime pas les médecins!» - mais de toute évidence, il s'en était souvenu tout seul, mais lorsqu'il me posa la question, je me demandais si je ne lui en avais pas déjà parlé, et vu la façon dont il se renfrognait, je supposais qu'il s'en était souvenu tout seul.

Je venais donc m'asseoir à côté de lui, et déjà il se jetait sur mes genoux pour somnoler encore! Il était brûlant. Je prenais le torchon et le trempait dans la bassine, là où les glaçons fondus avaient quand même laissé une eau bien fraîche et je le passais sur son front et sa nuque - «Non tu ne vas pas mourir. J'irai te chercher jusque dans les Abysses s'il le faut!» - que je disais en plaisantant!

Lorsque le Doc arriva, il entra de lui-même, comme à son habitude, mais je savais qu'il devait être chargé alors j'avais du obliger Benedikt à me lâcher! Je le laissais tranquille sur le lit avant de descendre avant de remonter avec seulement deux livres et la mallette du Doc
«Merci mon ptit! Bon alors... où est le jeune malade?» - dit-il d'un ton presque amusé, mais la réaction du gosse eut de quoi me faire froncer les sourcils, mais évidemment, le Doc était habitué à ce genre de réaction - «ah? encore un qui n'aime pas les médecins? Tu les choisis pour ça? Entre Iza et lui, tu sembles les attirer!»
- «C'est lui qui a demandé à te voir...»
- «Je vois. Ça me fait plaisir de voir que tu commences un peu à te ranger tu sais? Je m'inquiétais pour toi!»
- «Qui parle de se ranger? Je... bref on n'est pas là pour ça!»
- je n'aimais pas le regard amusé qu'il me lança par-dessus ses lunettes, ni la légère rougeur que je devais avoir sur les joues! Non mais franchement c'est pas le moment! Je croisais les bras avec une mine boudeuse pendant que Benedikt s'excusait et expliquait vaguement au Doc ce qu'il lui arrivait
«Ce n'est rien mon garçon, quand on a mal, on dit toujours des bêtises! Si tu savais tout ce que Vrass pouvait maugréer quand il s'était démis le doigt face à... une cellule mère je crois? Je sais plus ce que c'était, mais il était dans un sale état!»
- «C'est pas la cellule mère qui m'a démis le doigt! Je me suis fait ça en escaladant pour sortir l'autre folle du trou où elle nous avait fait tomber! La cellule mère a juste essayé de me faire monter en neige avec un fouet!»
- «Ah oui c'est ça! Ça me fait toujours rire cette histoire!»


Je savais que le vieux essayait de détendre l'atmosphère pour que Benedikt se calme un peu, cependant, la panique le gagna légèrement lorsqu'il se rendit compte qu'il ne sentait plus ses ailes! Je m'approchais rapidement pour voir et le Doc fit de même avant de prendre vite les poignet du gosse pour l'empêcher de continuer
«Doucement mon garçon! Ne va pas les réduire en miette pour le moment! Il faut que je regarde d'abord quel genre d'ailes tu as!»
- «On a essayé de chercher, on n'a pas trouvé...»
- «Normal! C'est un orphe, pas un insecte! Tu as déjà vu un orphe chat ou chien? Tu remarqueras qu'ils ont souvent les oreilles qui ne sont pas du tout implantées là où elles devraient être, que ce soit du point de vue humain ou animal! Ce n'est pas l'apparence qui compte forcément»


Il sortit l'un de ses livres, et commença à feuilleter rapidement en léchant le bout de son doigt pour tourner les pages
«Je me souviens avoir vu un truc sur les termites... si on regarde bien, ça y ressemble assez et j'ai lu.. ah voilà! Les jeunes mâles perdent leurs ailes juste avant d'être en mesure de s'accoupler! Vu l'âge que vous avez, c'est peut être simplement un signe que vous êtes enfin prêt à enfanter!»
- «Il est plus vieux qu'il n'y parait! À mon avis ça fait un moment qu'il peut faire des gosses s'il veut...»


Le Doc se met à rire doucement avant de regarder le haut des ailes de Benedikt
«Oui, mais il n'est pas humain. Sa part d'insecte l'en a peut être empêché jusque là! Une femme ordinaire ne peut être fécondée que par un seul homme, hors j'ai vu des orphes chattes qui avaient eu trois enfants de trois pères différents en même temps! On ne peut jamais savoir quelle est la part humaine ou animale qui domine dans certains cas...»

Il prit une petite lampe et la mit dans les yeux du gosse pour voir ses pupilles, puis lui demanda de ouvrir la gorge pour la voir aussi
«Évidemment, je ne peux être sûr de rien. Je ne suis pas spécialisé dans les insectes, cependant, si j'en crois les cicatrices dans votre dos, et dans la mesure où je ne les avais pas remarquées la première fois que je vous ai vu, j'en déduis que jusqu'à présent, elles étaient comme fossilisées sur votre corps?»

Je venais hocher de la tête pour approuver
«Les termites n'ont pas vraiment besoin de leurs ailes, c'est pour ça que les mâles finissent par les perdre. Si vous aviez été une part d'un insecte qui a besoin de ses ailes, je pense que quoi que vous auriez fait, elles seraient restées...»

Je me tournais alors vers Benedikt, en soit ça ne nous aidait pas beaucoup sur ce qu'on devait faire, mais peut être qu'il avait quand même quelque chose à dire là dessus...
«J'ai pris de la menthise liquide pour vous anesthésier un peu. Je suis un bon client de l'herboristerie vous savez? Ce que je peux déjà faire, c'est retirer toutes les membranes fines et fragiles qui se détachent en ce moment, normalement c'est indolores. Mais si vous voulez que je retire de moi-même les nervures par contre, il faut vous opérer et je ne peux pas le faire d'ici! Et si vous appartenez effectivement aux termites, je pense qu'elles vont tomber toutes seules dans les heures à venir...»

Mais voilà, on ne pouvait être sur de rien.

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Re: Sans aucun complexe ?

Messagepar Benedikt » 04 Déc 2012, 00:30

Benedikt resta totalement perplexe devant l'histoire de Vrass face à sa cellule-mère. Dommage pour quelque chose sensé détendre l'atmosphère. Mais bien sûr, le Doc pouvait difficilement savoir qu'il venait d'Ephtéria, et qu'une cellule-mère ne lui disait rien de plus que rien du tout. Et comme c'était déjà assez difficile pour lui de suivre la conversation... Qui était l'autre folle et pourquoi vouloir faire monter en neige le tatoueur ? Voilà des questions qui méritaient des précisions, mais plus tard.

Benedikt resta silencieux un long moment, écoutant simplement attentivement la discussion avec des sourcils froncés, cette fois signe de réflexion. Les yeux fixés sur le morceaux d'aile qu'il cassait machinalement en petits morceaux maintenant que le Doc avait lâché ses poignets, sûr qu'il ne continuerait pas avec les vraies, il ne releva pas les yeux lorsqu'il reprit la parole.
« Si... Si je comprends bien, l’élément déclencheur... c'est sensé être le début du moment où je peux avoir des enfants ? » Il fit une nouvelle pause, pas très sûr de ce qui était en train de dire. « Parce que je sais que je peux... depuis... plusieurs années... Je veux dire, j'en suis sûr. Donc il faudrait trouver... une autre raison. »
Le botaniste ferma les yeux une seconde, le souvenir qui amenait sa remarque était bref et flou mais pas spécialement agréable. Mais en vérité, c'était simplement l'envie de se rouler en boule pour dormir qui dominait.
« Mais c'est possible que ce soit les termites, pourquoi pas, enfin... Je n'y ai jamais pensé, ce sont pas des insectes que j'ai eu l'occasion de beaucoup observer... »
Le médecin en train de sortir un flacon de menthise liquide fit briller les yeux de Benedikt qui se tut aussitôt de peur qu'il prenne le temps de répondre à ses paroles avant de l'utiliser. Il n'ouvrit à nouveau la bouche que lorsque le Doc commença à l'appliquer. Qu'il utilise des produits de l'herboristerie ne pouvait pas donner plus confiance au botaniste.
« Je crois qu'elles se détruiront toutes seules de toutes manières... Si vous ne pouvez ici enlever que la membrane, c'est pas la peine, j'aurais toujours mal. Je vais attendre que la menthise fasse effet... Ce sera déjà ça. »

Le botaniste frotta son front humide, autant par la sueur que l'eau froide, avec le dos de sa main.
« Mais vous pourriez le faire ? Si elles tombent pas en morceaux ou si elles repoussent, vous pourriez les enlever pour toujours ? Je n'aurais jamais dû les avoir... pour commencer. Vu l'état dans lequel elles étaient avant, tout le monde et même peut-être Alrik s'est dit la même chose. »
Mais bien sûr, personne ne décidait de son physique, sinon ce serait un peu trop facile. Quoiqu'il ce soit passé entre sa naissance et le moment où il avait atterri à l'orphelinat, Benedikt n'avait aucun moyen de le savoir. Il se demanda s'il aurait pu s'habituer à ces ailes si dérangeantes si elles n'avaient pas été endommagées. Il y avait de fortes chances que oui, tout comme il aurait semblé tout à fait étrange à Vrass ne plus avoir de cornes, ou à un orphe chat de perdre ses oreilles duveteuses.
Si avoir des ailes impliquait quelques problèmes d'ordre logistique, comme s'habiller ou s'asseoir correctement sur une chaise, gestes pourtant basiques, le botaniste avait souvent rêvassé quand il s'ennuyait, par hasard, à toutes les solutions qu'il aurait pu mettre en œuvre, et il en avait généralement des plutôt simples. Benedikt soupira et écrasa dans son poing fermé le dernier morceau irisé et dont il ne resta à présent que pleins de petits éclats.

« Je sais pas si vous demandez beaucoup d'argent pour faire ce genre de chose, mais je travaille à l'herboristerie dans peu de temps, je pourrais peut-être vous donner en échange ce dont vous avez besoin... »
Quitte à travailler deux fois plus ensuite pour éviter les foudres de Sayah, cela évitait au botaniste de se dire qu'il ne pourrait pas s'offrir ces services.

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Re: Sans aucun complexe ?

Messagepar Vrass Rannveig » 04 Déc 2012, 10:37

La réponse du gosse eut de quoi me surprendre sur le coup! S'il savait qu'il pouvait avoir des enfants, c'est que...
«T'as déjà mis une fille en cloque?» - c'était la seule réponse possible, et le Doc me regarda d'un air amusé en voyant ma réaction - «quoi?»
- «Non non, rien.»


Je soupirais en levant les yeux au ciel, pendant qu'il regardait l'état des ailes de Benedikt pour ne pas prendre le risque de lui faire mal.
«Je suis désolé de ne pas pouvoir beaucoup plus vous aider. Je n'ai énoncé qu'une théorie parmi tant d'autre après tout!» - il essayait donc de l'apaiser en lui aspergeant un peu de menthise liquide sur le dos, au niveau de la base des ailes là où il avait décrété que ça lui faisait le plus mal. Il y allait par gestes particulièrement doux, beaucoup plus que si je l'avais fait moi-même je suppose et je baissais les yeux devant mon impuissance.

Benedikt semblait être intéressé par une intervention chirurgicale et je levais les yeux vers lui, n'appréciant tout de même pas l'idée alors que le Doc hochait de la tête
«Oui, je pourrais le faire. Vos ailes ne sont pas un élément vital à votre organisme. Ce serait comme vous couper un bras pour ne pas que la gangrène se propage. Mais vous savez mon garçon, rien n'arrive jamais par hasard!»
- «Dis ça au camion de pompier qui m'a renversé!»
- que je rétorquais d'un air presque boudeur. J'ai jamais aimé cette notion du destin, et le Doc se tourna vers moi avec ce petit sourire malicieux et ses yeux perçants par-dessus ses lunettes
- «Allons mon ptit... tu ne vas pas me dire que cet accident n'a rien changé dans ta vie? Même pas entre vous deux?»

Sur le coup, je fronçais les sourcils avant de tourner les talons pour me diriger vers l'escalier «je vais chercher de l'eau»
Je l'entends pouffer de rire avant de descendre. Changer quelque chose, changer quelque chose... oui bon d'accord ça nous a surement rapprochés mais je me serais bien passé d'un truc pareil quand même! Me retrouver dans le coma, rencontrer ce vieil homme... sur le coup j'affichais un air presque blasé, et heureusement personne ne pouvait me voir, mais oui, ce coma m'avait aussi permis de rencontrer ce type que je voulais sauver d'une certaine manière.

J'allais vers la cuisine pour prendre une autre bouteille d'eau pour Benedikt, pendant que le Doc discutait avec lui des détails de l'opération
«Ne vous inquiétez pas pour le prix. Vous pourrez payer en plusieurs fois! Il vous suffira de me faire quelques ristournes à l'herboristerie si vous y travaillez! On s'arrangera, j'ai l'habitude!» - c'est sur que quand on vit dans les Ghettos, on a plutôt intérêt à trouver ce genre de compromis, car peu de personnes ont réellement les moyens de payer les services d'un médecin, mais encore moins d'aller à l'hôpital! Il plongea son regard dans celui du jeune homme, comme s'il essayait de sonder son esprit au rayon X

«Malgré ses airs bourrus et son orgueil, Vrass est un gentil garçon. Depuis longtemps j'espérais qu'il se trouverait une gentille fille qui saurait le calmer un peu. Bon, il a préféré un homme mais ça, je m'en moque, le principal est là. Par contre, j'espère que vous n'êtes pas ce genre à profiter de lui. Quand il apprécie quelqu'un, il a le cœur sur la main et je sais que s'il veut vous aider, il le fera!»

On pouvait sentir la mise en garde d'un père à l'égard de son gendre, ce qui pouvait être amusant en soit
«Si je vous opère, vous allez devoir rester au lit plusieurs jours. Vous pourrez toujours prendre du baume larmiqueuse pour que les cicatrices se referment plus vite, mais quoi qu'il arrive, vous aurez mal. Votre organisme va devoir s'habituer à la perte d'un membre et vous risquez même d'avoir l'impression qu'elles sont toujours là pendant un bon moment!»

Le membre fantôme. Je remontais doucement les marches, n'ayant pas entendu la conversation jusqu'à ce que je me retrouve dans la pièce avec la bouteille d'eau et un verre de scotch
«Il vient de Banba, je sais que tu as un faible pour celui la!» - que je disais en lui tendant le verre pendant que je donnais la bouteille d'eau à Benedikt
- «Ah, tu me connais si bien!» - je le vis alors se tourner vers le gosse en lui lançant un drôle de regard, comme si je venais d'appuyer quelque chose qu'il avait dit un peu plus tôt
- «Qu'est-ce que tu manigances?»
- «Rien. Je mettais juste en garde ton ami sur les risques de l'opération, et le fait que ce soit assez contraignant par la suite»


Je soupirais alors, croisant les bras en m'appuyant le dos contre le mur derrière moi
- «Tu veux vraiment le faire?» - je ne sais pas pourquoi, ce serait comme si on me demandait si je voulais virer mes cornes... ce serait bizarre non?

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Re: Sans aucun complexe ?

Messagepar Benedikt » 04 Déc 2012, 16:21

« Elle me l'avait dem- Elle m'a pay- On peut en parler plus tard ? »
Benedikt lança une moitié de sourire sensé lui donner un peu plus de contenance face au médecin. Il n'osait pas dire à voix haute qu'il n'avait pas du tout envie de raconter cette histoire devant lui, peu importe que ce soit un ami proche du tatoueur et qu'il l'appréciait pour le temps qu'il l'avait vu, il ne le connaissait pas.

Le botaniste rougit un peu sous le regard perçant de l'homme qui avait attendu que Vrass descende au rez-de-chaussée pour changer momentanément de sujet. Benedikt n'était pas un habitué des présentations aux parents, mais les paroles protectrices le firent presque sourire.
« Un gentil garçon, oui, exactement... » Entendre parler de Vrass sous des dénominations telles que mon p'tit et gentil garçon était véritablement étrange pour l'esprit confus du botaniste. Preuve qu'on était toujours le gamin de quelqu'un d'autre ?
« Mais ne vous inquiétez pas, je n'abuserais pas de sa bonne volonté. Je suis sûr que même si c'était le cas, il ne se laisserait pas faire... »

Il écouta le reste des informations sur l'opération en silence, hochant la tête occasionnellement pour montrer qu'il restait attentif, jusqu'à ce que le winghox remonte avec de l'alcool et une nouvelle bouteille d'eau.
« Merci. » répondit Benedikt en la prenant, jetant un coup d’œil envieux sur le verre de Scotch. Pourtant, il commençait à sentir la douleur diminuer avec délice, et la fièvre semblait avoir au moins cessé de se renforcer. Si la première ne disparaîtrait pas, l’anesthésiant restait un don du ciel. Il ouvrit la bouche pour corriger le Doc qui annonçait qu'ils n'avaient fait que parler de l'opération, mais fut assez pertinent dans son raisonnement embrumé pour s’apercevoir à temps qu'il le faisait intentionnellement. La question du tatoueur, en revanche, lui fit froncer le nez.

« Vrass, je- Tu m'as regardé ? N'importe quel orphe se marrerait en me voyant. Je sais que je vais le regretter un peu mais je vais le faire. Ces ailes ne m'ont attiré que des ennuis ! Moi je ne crois pas au destin, c'est juste une manière de se consoler des emmerdes qui nous tombent dessus et... et qu'on ne peut pas éviter. » Il leva des yeux désolé sur le Doc. « Peut-être que ça a changé sa vie, ou notre relation, mais cet accident a failli tuer Vrass ! Et moi, j'aurais été là à le regarder mourir, avec Nathan dans les bras ? Sans rien faire ? Et d'ailleurs, c'est ce qui s'est passé ! Je l'ai regardé mourir pendant que des infirmières essayaient de faire repartir son cœur qui avait eu le bon goût de s'arrêter, et je jure que j'aurais préféré être déjà enterré depuis des années pour ne pas avoir ce spectacle devant les yeux ! Et j'avais même pas eu assez de temps pour me rendre compte pleinement des conséquences ! Si le destin existe, c'est un véritable salaud ! »
Le botaniste prit une grande respiration dans une tentative désespérée de calmer la panique qui l'envahissait. Il ne hurlait pas mais sa voix trahissait son désarroi et son visage ne l'aidait pas non plus à garder ce qu'il aurait aimé appeler un air respectable. Décidément, le Doc ne risquait pas d'avoir une bonne opinion de lui vu les états dans lesquels il le voyait.

« Je vais... je reviens. D'habitude, je ne... Je suis désolé de vous obliger à... m'entendre. » Benedikt se releva et marcha jusqu'à la salle de bain, d'une manière loin d'être la plus déterminée, ou rapide, ou stable, mais qui le fit atterrir finalement tout de même devant le lavabo en émail. Appuyé contre le rebord de ce dernier, il s’aspergea le visage d'eau froide avant de revenir, le visage nettement moins décomposé. Le botaniste vacilla jusqu'au lit, où il dû combattre l'envie de s'enfouir sous les draps et de s'endormir jusqu'au lendemain.
« Donc, heu... je disais... Je me demandais, quand vous dites que j'aurais mal, ça veut dire, plus que maintenant ? Rester au lit, ça ne dérange pas tant que ça... Je pourrais m'organiser... »

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Re: Sans aucun complexe ?

Messagepar Vrass Rannveig » 05 Déc 2012, 00:24

Il n'avait pas vraiment besoin de m'expliquer, j'avais plus ou moins compris de quoi il en retournait, et effectivement, la théorie du Doc tombait à l'eau sur le coup, mais je n'insistais pas et allais plutôt chercher à boire pour tous.

Il était désormais question de l'opération, Benedikt savait ce qu'il faisait, et au regard du Doc, je savais déjà qu'il allait l'aider, et surement plus vite qu'il ne le pensait...
«Je ne sais pas à quel point ça te fait mal maintenant, mais j'en doute. Les parties de tes ailes qui sont rattachées à ton corps paraissent petites quand on le voit d'ici, mais je vais devoir te faire une radio pour voir comment elles s'enfoncent en dessous! Et là seulement je pourrai te donner plus de renseignements. Si comme tu dis elles n'ont jamais été conçues pour te faire voler, c'est que leur... racine? Ne doit pas être ancrée trop profondément dans ta chair et tes muscles, mais si elles devaient te faire voler, tu peux avoir des nervures qui parcourent ton corps tout entier, et là je ne serais surement pas en mesure de te les enlever.»

Oui, forcément, pour le soulever, il faudrait que ses ailes soient capables de soutenir son poids tout entier... je grimaçais légèrement, je n'aimais pas trop tout ça. Le Doc sortit quelques sachets qu'il me tendit
«Pour aujourd'hui, il faudrait qu'il prenne ça, ce sont juste des infusions... c'est un cocktail de cimaille, de laitilleul et de berneus. Tu ne lui en fais boire qu'après l'avoir fait manger un peu! Il ne faut surtout pas qu'il reste le ventre vide, même s'il n'a pas faim.» - je le vois se tourner vers Benedikt alors qu'il pose amicalement sa main sur son épaule - «essayez de manger de la purée de pommes de terre, mais pas de frites, c'est trop gras. De la soupe sinon! Je vous revois demain pour la radio, mais il faudra venir à mon Cabinet! Vrass vous emmènera...» - autrement dit, l'usage de ma perle serait nécessaire pour ne pas qu'il ait à traverser la rue avec ses ailes...
- «Combien je te dois?»
- «Un bon vieux scotch?»
- il termine son verre d'une traite après m'avoir fait un petit clin d'œil. Puis il se lève en faisant craquer ses vertèbres dorsales - «et que tu m'aides à ramener mes bouquins! Je me fais vieux!»
- «Aucun problème...»
- des soins contre une bouteille, c'était honnête! Une bouteille entamée, certes, mais c'est lui qui avait bu dedans déjà donc bon... je récupérais ses livres et je descendais pour les mettre à l'arrière de sa mobylette, puis j'allais à la cuisine pour lui donner la bouteille de whisky
- «Qu'est-ce que tu en penses? Sérieusement?»
- «Je ne peux pas te dire, Vrass. En général, les orphes savent ce qu'ils sont et peuvent me l'expliquer. J'avance un peu à l'aveugle et j'espère ne pas lui avoir donné de faux espoirs. Mais il semble vraiment penser qu'elles ne lui servent à rien, donc je pense que ça ne devrait pas être trop compliqué...»
- «Et si ça l'est?»
- je le vois soupirer un peu avant de passer sa main sur sa nuque
- «Si ça l'est... et bien je pense que seules les Infinitudes pourront l'aider fiston...»
- «Je vois... merci Doc! Je te dis à demain.»
- «À demain...»


Le bruit de pétard de sa mobylette me fait grimacer un peu, puis je rentre en fermant bien la porte après l'avoir salué. Puis je remonte les escaliers afin de voir comment le gosse se sent à présent...
«Comment tu te sens? Qu'est-ce que je peux faire? Tu veux prendre une douche? Manger quelque chose?» - j'avais horreur de ça... ce sentiment d'impuissance qui m'envahissait. J'aurais pu essayé de parler d'autre chose, qu'il me raconte cette histoire de fille qu'il a mise en cloque pour de l'argent, mais là sur le coup, je ne voulais pas lui prendre la tête, il devait avoir bien assez mal comme ça!

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Re: Sans aucun complexe ?

Messagepar Benedikt » 05 Déc 2012, 15:52

Dès la secondes où le vieil homme et Vrass disparurent au rez-de-chaussée, Benedikt en profita pour se vautrer dans les couvertures et fermer les yeux. Le tatoueur revint pourtant quelques minutes plus tard avec une flopée de questions qui montrait son anxiété.
« Ça va mieux... la menthise commence à faire effet. » Il tendit mollement une main au tatoueur pour l'inviter à venir près de lui. Le botaniste devait avouer qu'apparemment il était momentanément devenu une sangsue avide d'affection.
« Mmmmh... Je suppose que dans l'ordre, je devrais aller prendre une douche, manger et puis dormir un peu, je n'ai que ça à faire. Non, en fait je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée de tremper mes ailes, je sais pas si elles résisteront... Remarque, un bain, ça devrait aller... Tu crois que tu pourrais me préparer de la soupe ? »

À peu près sûr que toutes les questions de Vrass avait été répondu, Benedikt revint à un autre sujet qui nécessitait quelques explications. Il n'avait rien demandé au Doc, se disant que Vrass pourrait lui répondre et qu'il était déjà assez passé pour un idiot.
« Heu... C'est quoi, une radio ? Parce que je suppose que ça n'a pas trop de rapport avec... l'appareil électrique qui fait de la musique et où on entends les informations ? Il avait l'air de dire que... Il verrait à l'intérieur de moi ? »
Concept plutôt étrange pour le botaniste. En général, quand on voyait l'intérieur des gens, à Païlandune, c'était mauvais signe pour leur espérance de vie. Quand bien même, Benedikt faisait confiance au médecin à cause de sa relation ancienne avec Vrass et simplement parce qu'il l’appréciait, aussi il ne voyait pas d'inconvénient à le laisser faire à peu près tout ce qu'il estimait nécessaire de faire.
« Tu connais le Doc depuis combien de temps ? Il est assez... protecteur avec toi, comme quelqu'un de ta famille, c'est plutôt drôle. »

Le botaniste retourna l'oreiller qu'il avait dans les bras pour avoir le côté frais contre son visage, et se rappelant d'une partie de leur conservation, se mordit la lèvre.
« Heu, ah oui, ce que je voulais dire tout à l'heure, c'était que j'ai pas de fils ou de fille quelque part à Païlandune, hein... C'était une amie d'une... cliente régulière que j'avais, elle voulait absolument des enfants mais son mari en était apparemment incapable malgré le fait qu'il ne voulait pas l'avouer. C'était un orphe, alors c'était moins suspect qu'avec d'autres si c'était moi, et bref, elle m'a demandé de... faire ce qu'il fallait. Pas comme si j'avais vraiment le choix sachant qu'elle payait de toutes façons pour à peu près ça, mais... Elle est morte cinq ou six mois après, un accident ou une maladie, je ne sais plus exactement, donc... »
Le botaniste fronça les sourcils et jeta un coup d’œil interrogateur à Vrass.
« C'est pas grave si je te raconte ça, n'est-ce-pas ? »

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Re: Sans aucun complexe ?

Messagepar Vrass Rannveig » 05 Déc 2012, 16:59

J'essayais de mémoriser ce qu'il désirait dans un premier temps... faire de la soupe? Non, je ne savais pas faire, mais je pourrai demander à Iza d'aller en acheter de la toute prête. C'est sur que ce ne sera pas aussi bon que fait maison, mais je ne suis vraiment pas doué avec les légumes moi!

Je venais m'asseoir sur le lit, et rapidement le gosse venait se réfugier contre moi, la tête sur mes cuisses et entièrement pelotonné dans les couvertures comme un enfant malade, et ça me faisait sourire d'une certaine manière! J'aime pas les gosses, mais surtout parce que ça braille, ça pleure et ça bouge sans arrêt, alors que lui... disons qu'il a les qualités dans les défauts? Je souriais en passant ma main dans ses cheveux, prenant une profonde inspiration suite à ses questions
«On va voir pour un bain, oui. Mais pas tout de suite, il ne faudrait pas que ça enlève l'effet de la menthise. Pour le reste, je vais voir avec Iza si on peut faire quelque chose!» - donc attendre qu'elle rentre. J'entendrai la porte de toute manière, elle ne doit pas être loin, guettant le moment où le Doc sera parti et quand elle sera sure qu'il ne revienne pas!

Au bout d'un moment, je pouvais sentir que Benedikt était songeur, alors je me penchais un peu pour voir s'il ne s'était pas endormi, mais il finit par poser la question qui lui trottait dans la tête et je venais sourire d'un air amusé! C'est sur que lui, les radios, il ne devait pas connaître!
«Non, c'est pas du tout la même chose. En fait, c'est un appareil qui permet de voir à travers ton corps, sans te faire mal! Ça fait comme une photo si tu veux, sauf qu'au lieu de te voir toi, on peut voir tes os et un peu tes organes! C'est sans douleur, je te rassure, j'en ai fait très souvent... c'est même à cause de moi que le Doc a l'un de ces appareils...»

Car bon, ce genre d'appareil coute assez cher, et j'ai donc participé à son achat, car le nombre de fois où je fracasse les murs, forcément, au départ, il voulait systématiquement que je fasse une radio et devait m'envoyer à la Basse Ville. Puis je l'ai aidé à économiser et puis il a pu s'acheter cet appareil. Je fus tiré de mes pensées par le gosse qui posait une nouvelle question, et selon moi, c'était effectivement un signe qu'il allait mieux! Il redevenait lui-même en fin de compte!
«Je le connais depuis le premier jour où je suis arrivé dans les Ghettos. Après avoir marché depuis Windrakk pendant des semaines, j'étais assez affaibli, et un groupe de jeune m'est tombé dessus pour me braquer en espérant me chourer mon épée. J'avais encore assez de force pour leur remettre les idées en place, mais j'en suis sorti quand même en assez mauvais état... le Doc revenait d'une consultation et m'a trouvé.»

Je continuais d'emmêler mes doigts dans ses cheveux, me remémorant cette période qui remonte à plus de dix ans maintenant!
«Il m'a soigné, j'avais nulle part où aller, j'avais pas d'argent, donc il m'a hébergé pendant plusieurs mois le temps que je puisse ouvrir ma boutique et me débrouiller seul...» - bon ok j'avoue, je dormais pas chez lui tous les soirs! Mais au moins, je savais que quoi qu'il pouvait m'arriver, j'avais un toit qui m'attendait. Je baissais la tête d'un air plutôt calme, continuant de jouer dans ses cheveux - «Son métier lui prend énormément de temps. Il ne s'est jamais marié et n'a jamais eu d'enfants. Donc oui, on peut dire qu'il me considère un peu comme son fils. Et moi, je lui reste redevable pour tout ce qu'il a fait pour moi, et il sait que quoi qu'il lui arrive, il peut m'appeler n'importe quand!»

Je poussais un léger soupir, mais il fallait croire que cette histoire de femme, d'enfants et de famille avait rappelé quelque chose au gosse qui voulut m'expliquer cette histoire de mettre une femme enceinte pour de l'argent! L'histoire en elle-même était loin d'être gaie, mais j'avais déjà entendu parler de certaines femmes prêtes à payer pour avoir un enfant. Sauf qu'en général, le père avait toujours des emmerdes par la suite! Donc personnellement, j'ai toujours refusé ce genre d'offres!

Il me demandait si c'était grave ou non, et franchement j'étais plutôt mal placé pour lui faire la morale là dessus!
«Ben non... pourquoi ce serait grave? C'était une façon comme une autre de te faire un peu d'argent, mais crois moi, c'est peut être pas plus mal que ça n'ait pas abouti, même si c'est triste pour cette femme... ce genre de secret est très lourd à porter, ça te serait surement retombé dessus tôt ou tard!»

Moi ça ne m'est pas arrivé, mais voilà, j'en connais qui se retrouvent maintenant à devoir payer la mère qui leur fait du chantage pour ne pas tout raconter à leur nouvelle épouse! Et oui, gros bordel, les femmes peuvent être fourbes!

J'entendais la porte s'ouvrir, et je tournais la tête en sursautant un peu
«Voilà Iza. Je vais lui demander d'aller t'acheter de la soupe, puis je te ferai couler un bain tiède... je suppose que tu n'as pas envie de te retrouver dans un bain de vapeur hein?» - je glissais doucement pour me retrouver à genoux par terre, et ainsi ma tête était près de la sienne. Je plongeais mon regard dans le sien, il paraissait vraiment épuisé quand même, et je saisissais doucement son menton pour l'embrasser afin de le rassurer. Puis je descendais afin d'expliquer à Iza qu'elle allait devoir faire quelques courses. Le temps qu'elle se transforme et s'habille, elle était déjà partie! Vraiment une perle cette petite!

Je remontais les escaliers deux par deux, puis j'allais vers la salle de bain pour faire couler l'eau, ouvrant équitablement les deux robinets en espérant ne pas trop me vautrer sur la température! D'habitude pour un bain, j'attends de voir un peu de vapeur mais là... enfin, j'estimais que ça irait, et je revenais dans la chambre pour voir comment il se sentait. Je me disais qu'il aurait peut être encore des questions, on aurait dit que ça lui occupait l'esprit, ça devait donc lui faire du bien...
«Tu as... travaillé longtemps là bas?» - disons que je me demandais surtout à quel âge il avait commencé, et aussi surement pourquoi il s'était lancé là dedans. C'est un garçon intelligent après tout, et j'avais du mal à comprendre pourquoi il avait du vendre son corps alors qu'il aurait surement pu faire pleins d'autres choses?

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Re: Sans aucun complexe ?

Messagepar Benedikt » 06 Déc 2012, 04:08

« Flûte alors... »
Benedikt essaya d'imaginer à quoi pouvait ressembler un appareil photo qui voyait les organes des gens. Et se retrouva avec une vision tellement effrayante qu'il décida d'attendre de voir la véritable machine pour éviter de se faire peur à l'avance. Enfin, si ça ne faisait pas mal... Plutôt logique, finalement, ce serait bête que les gens souffrent quand on les prenne en photo, ce serait moins drôle, tout de suite ! Vrass lui raconta alors son arrivée à la Basse-ville et l'aide précieuse du Doc.
« Heureusement qu'il était là, c'est bien d'avoir quelqu'un sur qui compter quand il y a besoin. Surtout que tu as eu la bonne idée de choisir un médecin... Et maintenant tu as un herboristerie, tu assures tes arrières... » répondit Benedikt, les yeux entre-ouvert, partagé entre l'envie de s'endormir et celle de discuter, plus distrayante. « Je ne l'ai pas vu longtemps mais je l'aime bien, il a l'air d'être quelqu'un de bien. »
Le botaniste s'enroula autour de Vrass comme une chenille, la tête sur ses genoux, alors que la conversation dérivait sur un autre sujet.

« Oh, tu sais, pour ce qu'on recevait par rapport au prix que les clients payaient... C'était pratiquement symbolique... Mais notre salaire, c'était surtout d'être nourris et logés. Enfin, je n'étais pas vraiment en mesure de lui refuser beaucoup de choses, et puis je m'étais dis que son enfant serait dans une famille qui aurait tout ce qu'il fallait pour l'élever... Je ne sais pas si ça me serait retombé dessus, mais... je suppose que j'aurais regretté d'avoir un gamin dans la nature et de ne pas pouvoir en avoir avec moi ? Ce n'est pas comme Nathan, tu sais, jamais on ne serait venu me voir parce que j'étais son père s'il y avait eu un problème, je pense... Ils auraient eu du mal à me laisser un enfant même si c'était le mien... »

Le botaniste resta quelques secondes le visage froncé en réfléchissant, mais la porte d'entrée annonça l'arrivée d'Iza et le tira de ses pensées. Il eut un sourire en coin en écoutant Vrass et hocha la tête de gauche à droite – dans sa position, c'était en vérité de haut en bas -, non, effectivement, l'idée d'un bain brûlant avait de quoi le faire fuir ! Il faillit demander au tatoueur pourquoi il ne se contentait pas de découper pleins d'aliments en tout petit morceaux pour les cuire dans de l'eau chaude, mais après tout, c'était le roi des plats déjà préparés, ce n'était pas si étonnant. D'autant plus qu'elle serait plus vite faite comme ça et que ni lui ni Iza n'aurait pas à s'embêter avec ça. Benedikt se sentait un peu mal de se faire servir, tout de même.
« Où ? Ah, heu, quelques années... Pas plus de cinq ans, si je compte bien. Jusqu'à ce que je m’aperçoive que je pouvais trouver beaucoup mieux pour vivre. »
Il soupira en roulant des yeux. « Pff, non, je dis ça parce que je préférerais te dire autre chose... J'étais juste trop terrifié pour rester après ce qui s'était passé avec ce type, tout m'est revenu dans la figure en même temps, et je suis parti en moins de temps qu'il ne faut à une noble d'Ephtéria pour s'évanouir en plein été à cause de son corset. J'aimerais dire que je savais ce que je faisais, mais deux mois plus tard, j'étais obligé de faire des nouveaux troux dans ma ceinture, et j'ai failli refaire exactement la même erreur. »

Iza revint à ce moment, ses allers et venues audible jusqu'à l'étage, et il ne fallut pas si longtemps à Vrass à revenir avec un bol fumant. Le botaniste n'était pas étranger à ce genre de repas, pourtant, puisque ses excursions au supermarché l'avait fait déjà fait ramener plusieurs fois de la soupe à réchauffer.
« Oh, merci... » Benedikt baissa les yeux sur le bol avec une moue un peu dépitée. Il n'avait pas du tout faim, même pour de la soupe, d'autant plus que c'était chaud, mais on lui avait dit de manger, et le Doc avait d'ailleurs parfaitement raison. S'il obligeait le tatoueur à se nourrir, il n'avait pas à rechigner devant quelques légumes mixés.

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Re: Sans aucun complexe ?

Messagepar Vrass Rannveig » 06 Déc 2012, 10:43

Effectivement, au final, on pouvait appeler ça une erreur de jeunesse d'une certaine manière, et il est vrai que dans les maisons closes, de ce que j'ai entendu dire, les filles ne sont pas beaucoup payées, mais ont au moins le gîte et le couvert. Je suppose que c'est pareil pour les hommes après tout! Même si j'ai du mal à croire que les femmes de Païlandune aient besoin de payer pour ce genre de choses, y'a tellement d'hommes qui le feraient gratuitement dans ce genre d'endroits... enfin.

J'étais descendu pour faire chauffer un bol de soupe, il est vrai que ça ne doit pas être trop compliqué à faire, mais je suis habitué à la soupe mixée pour ma part, et j'ai pas de mixeur! Donc sur le coup, l'idée de lui ramener un bol d'eau chaude avec des légumes dedans ne me traverse même pas l'esprit, faudra qu'il m'apprenne un jour... ou pas.

Je le lui apporte avant de le lui donner, je m'installe à côté de lui en affichant un léger sourire
«Iza est en train de faire de la purée et du jambon pour elle et moi...» - histoire qu'il ne croit pas que j'allais rester sans manger pendant qu'il mange sa soupe! Mais je lui avais demandé d'attendre un peu avant de se lancer dans la cuisine, la purée c'est rapide à faire avec les sachets qu'on trouve en supermarché. C'est sur que c'est pas aussi bon que du fait maison mais c'est plus facile! J'irai manger lorsqu'il s'endormira...

Je vois bien que l'idée de manger chaud ne lui plait pas beaucoup, mais il le faut! Je reste assis à côté de lui pour m'assurer qu'il finisse et ce, même s'il n'en a pas envie, je vois qu'il se remet déjà à transpirer rien qu'avec la vapeur dégagée par la soupe, alors je reprends la bassine et le torchon et je vais à la salle de bain, j'ouvre le robinet du lavabo pour attendre que l'eau soit bien froide avant de remplir la bassine et y tremper le tissu, puis je reviens, j'essore un peu le tout avant de l'appliquer sur sa tempe et sa nuque avec douceur
«J'espère que ça va s'arranger, j'aime pas te voir comme ça...» - et pas pour les raisons à laquelle on peut penser. Bon ok j'avoue que j'aurais préféré qu'il soit en bonnes conditions, mais y'a pas que ça! C'est comme s'il pouvait s'effriter et disparaître en morceaux d'un moment à l'autre!

Je continuais à le rafraîchir comme je pouvais jusqu'à ce qu'il termine son bol, le bain avait du encore un peu refroidir et c'était pas plus mal! Je lui souriais en déposant un baiser sur son front, prenant le bol pour le poser sur la table de nuit et l'aidant à se lever pour aller à la salle de bain!
«Allez hop! Au bain... je vais changer les draps pour en mettre des frais» - et propres surtout! Mine de rien, il y a mis une sacrée suée! Je ne sais pas trop s'il se débrouillera et j'ai un peu peur de le laisser seul, et s'il s'évanouissait? Si ses ailes lui faisaient mal et qu'il panique? Mais d'un autre côté, je voulais quand même lui laisser une certaine intimité donc au final, je l'observais pour voir si je détectais ce qu'il désirait de son côté, être un peu seul ou que je reste. Mais ça ne devait pas non plus être agréable pour lui de voir mon regard assombri par l'inquiétude.

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Re: Sans aucun complexe ?

Messagepar Benedikt » 06 Déc 2012, 21:50

« Ne t'inquiètes pas pour ça... Je suis sûre que... ça ira mieux bientôt. »
Benedikt jeta un regard désolé à Vrass alors qu'il essayait de sourire. Il n'avait en réalité aucune idée de ce qui allait se passer, mais espérait qu'il ne se trompait pas à disant cela. Il n'aimait simplement pas voir ce regard sur le visage du winghox, mais n'appréciait pas plus être dans l'état qui provoquait ce regard. Ce fut presque pour lui faire plaisir qu'il finit le bol de soupe entièrement, et parce qu'il sentait aussi qu'il n'y échapperait pas de toutes manières. Et après tout, être un herboristerie adulte devait suffire pour lui donner une raison valable de suivre les conseils que lui-même prodiguait aux gens malade qu'il soignait.

« J'ai l'impression d'avoir 6 ans, avec toi qui me fait à manger, qui vérifie que je finis mon assiette et qui m'ordonner d'aller me laver... » fit remarquer le botaniste avec un sourire en recevant un baiser sur le front de la part du tatoueur. Il attrapa son visage et l'embrassa de la manière la plus dépravée qu'il lui était possible avant de se mettre à rire. La menthise rendait la douleur beaucoup plus supportable, et avoir ce moment de répit le mettait d'un peu plus bonne humeur.
« Bon, je vais effectivement aller me laver un peu, ça me fera du bien... »

Benedikt se déshabilla sur le chemin, semant pantalon et chaussettes sur son passage jusqu'à la salle de bain comme si le tatoueur avait besoin d'indices pour le retrouver, et s'installa dans la baignoire avec un soupir de soulagement. L'eau était probablement encore tiède, mais apparaissait tout simplement froide pour le botaniste. Non qu'il y voit un inconvénient. Gêné de demander à Vrass de lui tenir compagnie malgré qu'il en ait envie, il se contenta de se laver aussi rapidement qu'il pouvait, et sans se faire mal. Le tatoueur avait passé la journée à s'occuper de lui, et Benedikt n'aimait pas l'idée de l'y avoir plus ou moins obligé. Malgré ça, il appréciait clairement de l'avoir auprès de lui rien que pour lui éviter de plonger dans un ennui profond. Faire l'aller-retour entre la salle de bain et la chambre demandait beaucoup plus d'efforts pour le botaniste qu'il n'aurait aimé et rester au lit sans rien faire n'était pas très amusant. Lorsqu'il réapparut un quart d'heure plus tard, les boucles brunes plus que jamais motivées par l'humidité, il traversa la chambre pour prendre quelques-uns de ses vêtements propres près du lit et s'effrondra dans les couvertures fraîches qui sentait la lessive.

« Bon sang, comment ça se fait que tout ce que tu viens de laver sent les fleurs ou la pelouse fraîchement coupée, Vrass ? Je suis sûr que les gens d'ici regrettent tellement la nature qu'ils ont inventé du parfum pour leurs vêtements et le reste de leur linge. Ou du savon. » s'amusa le botaniste en plongeant son visage encore chaud dans les draps. Être lui-même propre était plutôt très agréable de l'opinion de Benedikt qui espérait que l'impression que sa fièvre avait diminué n'était pas dû qu'à son bain, malgré le fait que c'était sûrement le cas.

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Re: Sans aucun complexe ?

Messagepar Vrass Rannveig » 07 Déc 2012, 00:23

Il semblait être bien installé dans le bain, et je venais donc le laisser un peu seul pour descendre à la cuisine et manger avec Iza! C'était très rare qu'elle mange sous sa forme humaine, et même dans ces cas là, on ne parlait pas beaucoup, et elle devait bien voir que mon état d'esprit actuel n'était pas tourné vers la conversation. Jambon purée, c'est un plat de gosse, mais ça a le mérite d'être fait très vite et de se manger tout aussi vite...
«Merci Iza... la prochaine fois que tu fais les courses, fais toi un peu plaisir et achète un truc que tu aimes vraiment d'accord?» - je sais que ce n'était pas son genre, elle se contentait toujours de ce qu'elle avait, et ce qu'elle aimait le plus, c'était la viande! Donc bon, elle se faisait déjà bien plaisir grace au boucher qui lui réservait quelques morceaux de choix.

Je remontais les escaliers et changeais les draps comme convenu, laissant les anciens dans la panière à linge avant de tout remettre sans vraiment faire le lit, je ne doutais pas que le gosse allait se vautrer dedans ! Et ça ne loupa pas! Au bout de quelques minutes, il revint dans la chambre, s'habillant à la va vite avant de se jeter sous les draps frais et manifestant un intérêt soudain pour le parfum de la lessive!
«C'est comme le savon! Ils savent mettre différents parfums pour que ce soit plus agréable! Et si tu apprécies, c'est pas moi qu'il faut remercier, c'est Iza! c'est elle qui choisit!»

Je pouffe de rire avant de prendre les herbes que le Doc avait laissées avant de me diriger de nouveau vers l'escalier
«Je te prépare ta tisane et on pourra se coucher... demain, la journée risque d'être encore longue!» - en espérant que tout se passe bien.

Je soupirais en descendant les marches, faisant bouillir de l'eau avant de la verser dans une tasse, puis je laissais infuser les herbes. Au bout de quelques minutes, je remonte afin de la lui donner... c'est vrai qu'on dirait un peu que je m'occupe d'un enfant! «Allez, bois ça, ça va te faire du bien...»

Je restais à côté de lui, commençant à retirer mes vêtements avant de me glisser dans le lit près de lui... il était encore tôt, mais mine de rien, l'inquiétude et passer la journée à me ronger les sangs m'a plutôt épuisé. Lorsqu'il termine sa tisane, j'attends qu'il revienne vers moi... la boisson chaude semble lui avoir donné une nouvelle suée, mais je suppose que de toute manière, il va s'endormir tellement vite qu'il ne va même pas s'en rendre compte! Je le laissais donc se coller à moi, j'espérais que je n'allais pas lui donner encore plus chaud! En espérant que demain, ça ira mieux quand même

«Allez, bonne nuit...» - et en espérant que mes ronflements ne l'empêchent pas de dormir!

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