Qui étais-je… ?

Bâtie après le crash de l'Atlas IV, c'est une ville complexe à la pointe des nouvelles technologies, futuriste, propre, et protégée par un Dôme d'énergie fort curieux.

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Qui étais-je… ?

Messagepar Vilal vaen Octanis » 12 Sep 2012, 19:49

C'était une cellule. Comme toutes ces pièces, elle était très peu éclairée, mais celle là n'avait même pas de fenêtre, pas même la moindre lucarne. La seule lueur qu'il y avait été artificielle, celle des faibles néons qui se trouvaient dans le couloir, de l'autre côté de la porte, aussi ne filtrait-elle qu'au travers des barreaux. Sans doute était-ce ainsi dans le but de le décourager, ne pas lui laisser le moindre espoir et qu'il finisse par avouer ses crimes, mais il était bien résolu à ne rien lâcher, sinon, pourquoi aurait-il tenu aussi longtemps ? A dire vrai, il ne savait même pas depuis combien de temps il se trouvait ici. Deux semaines ? Peut-être trois. Pour une fois, sa mémoire parfaite ne lui était pas d'une grande utilité. Les premiers jours, il avait bien essayé de faire une approximation du temps qui s'écoulait, mais rapidement il avait commencé à perdre la raison puisque même lui n'était pas en mesure de décompter indéfiniment, sans parler du fait qu'il ne savait même pas combien de temps il était resté endormi avant d'être amené ici. Mais connaissant l'Escadron, il était plus que probable qu'ils n'avaient pas lésiné sur les moyens, et sans doute c'était-il vu administrer une dose de cheval.

Cela remontait à ce tournoi, si l'on pouvait appeler ça ainsi. Pour lui, ce n'était qu'une supercherie, un moyen détourné d'amuser la foule, mais que devaient penser les gens qui avaient participé à cela sans même avoir le choix ? Au début, tout avait bien commencé, ce n'était qu'une entrevue télévisée pour essayer de se vendre en temps que héros, un moyen comme un autre d'accéder à un peu de célébrité. En soit, lui n'en avait rien à faire, après tout il avait finalement eu le droit de goûter à la joie d'une vie paisible après s'être rappelé de qui il avait un jour été, et la femme avec qui il passait son temps savait apaiser aussi bien son cœur que son esprit. Il n'avait toujours connu que la haine, il était né dans cet unique but, mais elle avait sans le vouloir commencée à lui faire connaître tout le reste, et finalement tout cela était devenu bien naturel pour lui. Mais pour ce qui était de son double, il devait admettre ne pas savoir ce qu'il avait en tête, ce qui était assez ironique en soit dans la mesure où ils avaient le même corps. Pour qu'il est fait cela, en sachant très bien qu'ils allaient se faire repérer par l'Escadron, il devait avoir ses raisons, mais il ne pouvait toujours pas mettre le doigt dessus. Alors après qu'il est essayé de saboter sa participation à ce tournoi, il avait été envoyé au beau milieu de la Basse-Ville, et rapidement les autorités n'avaient pas tardé pour débarquer. Naturellement, la formation d'un membre de l'Escadron, et qui plus est, un capitaine, était bien poussée que celle des officiers de Police, aussi il avait été assez facile pour lui de s'enfuir et de se cacher. Au vue du nombre de fois où il avait dû travailler avec eux, il connaissait toutes leurs combines, mais pour ce qui était des soldats de l'Escadron, c'était une toute autre paire de manche.

La première fois qu'il c'était retrouvé face à l'un d'eux, il s'agissait d'un caporal. Il le connaissait, ils avaient eu l'occasion de se battre ensemble une fois, mais malheureusement le jeune homme avait été blessé à cause de son supérieur. L'excuse qui avait été citée était celle d'un simple dommage collatéral, et pour cause, il avait toujours été solitaire, aussi n'avait-il pas vraiment apprécié d'avoir un bleu auprès de lui. Si aujourd'hui c'était une erreur qu'il ne répéterait pas puisqu'il n'y avait que sur le terrain que l'on pouvait acquérir de l'expérience, à l'époque il n'y avait en lui qu'un seul sentiment, et il avait donc réagit de manière impulsive pour mener à bien sa mission, se fichant éperdument de ce qu'il pouvait lui arriver. Autrefois, la seule chose qu'il voulait n'était que des résultats, et il se fichait bien de la manière de les obtenir. Alors quand il c'était une nouvelle fois retrouvé face à lui, sa réaction avait été la surprise. Mais le caporal en avait alors profité pour tenter de l'appréhender, lui intimant de ne pas bouger et que tout se passerait bien s'il coopérait. Sauf que dès lors où il avait voulu attraper son poignet, le fauve avait réagit au quart de tour, lui déboîtant l'épaule pour ensuite prendre la fuite. C'est à ce moment là que les ennuis avaient vraiment commencés…

Il avait beau se cacher, ils retrouvaient toujours sa trace, quadrillant la zone avec une telle efficacité que même lui, qui était autrefois un des leurs ne pouvait pas trouver un lieu sûr. Jusqu'à ce qu'il tombe finalement face à deux autres soldats. Il savait très bien que c'était un piège, les hautes instances de l'Escadron connaissait le dossier du capitaine, et deux hommes de bas rang ne pouvaient pas parvenir à le neutraliser. Ils voulaient simplement le forcer à se retrancher dans un endroit bien précis, et une fois sur place ils pourraient enfin l'attraper. Mais alors qu'il allait chercher un échappatoire, on lui avait dit que s'il continuait de lutter ils allaient finalement s'en prendre à « elle ». Comment savait-il ? Sans doute était-ce Neythen qui leur avait fournit l'information, après tout, ce jour là, il avait bien vu qu'il était accompagné. Mais ce n'était là qu'une supposition, puisqu'après tout les grandes pontes de cette armée devait également savoir qu'une personne ne pouvait pas être un frein pour lui. En revanche, ce dont ils n'auraient pas dû se douter, c'était qu'il était devenu amnésique, et que même après avoir retrouvé la mémoire, sa nature avait littéralement changée. Et alors qu'il aurait normalement dû sauter à la gorge de ses poursuivants, il n'avait fait que lever ses mains en l'air, décidant de se rendre de lui même pour qu'il n'arrive rien à « cette » personne. Mais l'on était jamais trop prudent, et il lui avait administré une importante dose de sédatif, puis plus rien.

Quand il avait rouvert les yeux, il était là, dans la même pièce qu'à l'heure actuelle. Cette cellule grise et sombre. Il ne savait pas si elle était aussi lugubre afin d'anéantir le moral des locataires, de ne leur offrir aucun luxe, ou si elle était tout simplement vieillie par le temps. Au final, cela n'avait pas grande importance, mais chaque jour il passait son temps à regarder l'un de ces murs gris, assis sur ce qui lui servait de lit. Et chaque jour, un homme venait pour l'interroger, s'installant devant lui pour briser la routine de ce béton froid et sinistre. Mais jamais il n'avait répondu, se murant dans un silence de mort. C'était sans doute cela, il savait qu'il était mort dès l'instant où ils avaient eu des informations sur « elle », car il n'allait plus pouvoir la voir, la regarder, l'observer, lui parler, lui sourire. Son monde c'était effondré en même temps que lui à l'instant où il avait reçu cette drogue, et il avait eu beau chercher, il ne trouvait aucune solution, elle serait toujours en danger tant qu'il refuserait de coopérer.

Il pouvait alors entendre le bruit d'une clé que l'on insérer dans la serrure, mais il gardait les yeux résolument fermé. C'était tout simplement l'heure de sa visite quotidienne, et il pouvait entendre le bois d'une chaise être posé sur ce sol qui était tout aussi froid que la personne qui allait se mettre dessus.

« Bonjour Capitaine Octanis. » Il n'était pas Octanis, mais c'était toujours ainsi qu'il était appelé, une fois encore à cause de ce qu'il avait un jour été. Le ton de cet homme était extrêmement froid et formel, un parfait soldat qui obéissait aux ordres que l'on lui donnait, et qui exigeait que ses hommes soit tout aussi strict que lui. Son nom, il s'en rappelait depuis leur première rencontre, le Major Waltz. « J'imagine qu'aujourd'hui aussi vous allez refuser de coopérer. »
Il avait alors ouvert les yeux, et l'on pouvait remarquer que ses pupilles étaient différentes l'une de l'autre. Celle de gauche semblait calme, extrêmement paisible, rappelant presque le regard d'un enfant innocent ; tandis que de celle de droit l'on pouvait voir l'animosité d'un fauve prêt à bondir, désirant uniquement se repaître de celui qu'il jugeait comme sa proie. Les deux personnalités semblaient avoir fusionnées l'une avec l'autre, mais de qui appartenait l'œil paisible et de qui était l'œil agité, c'était une question à laquelle personne ne pouvait répondre… En tout cas, le Major semblait être surpris par ce qu'il voyait, une chose qui n'était pas là la veille, mais il hocha simplement un sourcil alors que celui qu'il avait face à lui ouvrait enfin la bouche.
« Je suis responsable de la destruction de la centrale électrique du quartier Sud de la Basse-Ville il y a de cela sept ans, pour trafic illégal de stupéfiant dans les locaux de l'installation. Je suis celui qui a compromis la carrière du Commandant Jill en le faisant passer en examen il y a de cela six ans, pour avoir abusé de son autorité sur l'un de ses subordonnés. Je suis le meurtrier des étudiants… »
L'officier semblait être perdu, ne s'était pas attendu à un tel témoignage de la part du prisonnier. Il n'en croyait déjà pas ses yeux, et encore moins ses oreilles à cet instant. D'une part, c'était la première fois qu'il ouvrait la bouche depuis les trois semaines où il se trouvait ici, mais d'autre part, il ne c'était certainement pas attendu à entendre ce genre d’aveux.
« Atten-… » Mais il n'écoutait pas, continuant ce qu'il avait à dire.
« … Mark Johnson, dix-sept ans, et Noah Williams, dix-huit ans, pour avoir agressé une de leur camarade de classe, Karen Hawkins, dix-sept ans, qui était elle même fautive pour vente de produit illicite, il y a de cela quatre ans. Je suis également responsable de l'assassinat de July Waltz, épouse du Major John Waltz ici présent, pour infidélité à son égard il y a deux ans. Je suis déserteur depuis six mois, l'agresseur du gérant de la taverne de Guttenvald, et responsable de multiple meurtres sur des hors-la-loi en usant d'excuse une bavure judiciaire. Je détiens également plusieurs informations confidentielles que vous ne pouvez pas laisser dans la nature. Mes méthodes étaient extrêmes, et j'outrepassais mes droits. Je vais également passer en examen ainsi qu'en cour martial, mais vous avez désormais toutes les informations que vous désirez. »
Puis, il se taisait à nouveau, fermant les yeux comme si rien ne c'était passé. Le Major en était stupéfait, se demandant même s'il n'avait pas rêvé, mais il se levait. On lui avait demandé de l'interroger, mais il n'avait rien eu à faire. Cet homme décidait-il enfin de se rendre ? Sans doute était-il conscient que sa peine serait moins lourdes s'il avouait enfin ses crimes, mais certaines affaires étaient trop vieilles et surtout sans suite, aussi n'aurait-il pas eu besoin de tout admettre. Cherchait-il à se repentir pour ce qu'il avait fait après avoir passé seulement trois semaines dans cette cellule ? Au final, il restait toujours aussi insondable et imprévisible, mais il avait désormais tout ce dont il avait besoin, le reste n'était plus de son ressort.

Quelques jours plus tard, il était finalement jugé pour ses crimes, et s'il aurait normalement dû être emprisonné pour plus d'années qu'il ne pourrait en vivre, ce qui en soit était déjà surprenant vu qu'il s'attendait plutôt à être condamné à mort, on lui proposa plutôt de se « racheter ». Enfin, ce n'était pas non plus comme si on lui laissait vraiment le choix. Il allait devoir obéir aux ordres de l'armée pendant les quinze prochaines années à venir, et il serait sans doute assigné à des missions difficiles qui pourraient mettre sa vie en péril. C'était probablement une garantie pour eux : ils ne pouvaient pas se permettre de perdre les informations qu'il détenait, mais s'il venait à être grièvement blessé ou à mourir au cours de mission c'était une toute autre histoire. Les aléas du métier comme il fallait dire. S'il restait en vie mais qu'il n'était plus apte à se battre, il serait sans doute enfermé dans un bureau à devoir continuer de travailler pour eux, simplement réhabilité car non valide pour être sur le terrain. C'était ainsi que fonctionnait cette armée, tant que l'on avait une dette, il faisait toujours tout ce qu'ils pouvaient pour qu'elle soit épongée, alors que pourtant ils avaient bien assez de fonds pour que ce ne soit pas un véritable problème.

Il était donc désormais en dehors du bâtiment, sa tenue d'officier lui ayant été rendue. Cela faisait bien longtemps qu'il ne l'avait pas portée, et elle lui semblait toujours aussi inconfortable que par le passé. Il allait certainement être sous surveillance pendant un certain temps, sans doute voudraient-ils s'assurer qu'il comptait bien rester parmi leurs rangs, mais ça, il ne risquait pas de les trahir. Ils avaient des informations à propos d'« elle », et il ne pouvait pas se permettre de la mettre en danger. A dire vrai, il ne savait même pas si « elle » était toujours en vie, ils pouvaient très bien l'avoir éliminée pour qu'il ne puisse pas le détourner de son devoir. Après tout, « elle » n'était qu'une plante, ce n'était pas un véritable problème pour eux, ni pour personne mis à part lui en réalité… Mais désormais, il pouvait au moins se déplacer librement, et il pourrait enfin chercher des informations sur « elle » durant son temps libre, si bien sûr on lui en laissait.

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Vilal vaen Octanis

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