Tout vient à point à qui sait sallir ses bottes !

À l'embouchure du Liek se situent d'immenses marais. Synonyme de puanteur et de mort pour beaucoup, ils ont pourtant un certain charme lorsque l'on sait se taire et observer leur écosystème fragile...

Tout vient à point à qui sait sallir ses bottes !

Messagepar Philéas » 10 Jan 2016, 18:37

Philéas n'insista pas plus, ressentant bien que sa compagne regrettait amèrement la soirée qu'ils avaient passé la veille, et ce n'était pas uniquement dû à la gueule de bois. Le trajet se fit donc dans un silence de glace, brisé de temps en temps par les commentaires du satyre sur tel ou tel paysage, ou bien par la petite chansonnette paillarde qu'il entonna pour passer le temps. La jeune Winghox ne montra à l'Orphe que son dos de tout le voyage, ce qui n'était pas tant pour déplaire à celui-ci, et refusa même de s'arrêter au moment où le soleil était au plus haut, prétextant qu'ils pouvaient très bien manger en avançant. "Très bien, très bien, tout ce que vous voudrez, Madame", lui répondit le bouc d'un air guilleret.

La nuit qu'ils passèrent à Banba fut calme pour la Winghox, qui partit immédiatement se coucher une fois la chambre à l'auberge reservée, évitant du mieux qu'elle pouvait la compagnie de l'Orphe. Celui-ci en revanche, s'étant rendu chez le soigneur du coin pour soulager ses douleurs dues à ses nombreuses blessures, finit par passer la soirée chez celui-ci, et même la nuit. Alrik seul sait ce qu'il fit cette nuit-là. Cependant, le lendemain, ce fut plus revigoré que jamais qu'il rejoint Enarys pour la suite du voyage à travers les plaines.

Alors qu'il chevauchaient depuis de nombreuses heures, Philéas décida de rompre la glace. "Chère Enarys", dit-il, "nous allons passer huit jours dans les plaines, sans croiser peu de monde... tu ne penses pas qu'il sera de bon ton de se réconcilier ?" Il attendit une quelconque réaction de la jeune fille, puis enchaina : "Si tu es en colère après moi pour la nuit à Apasie, je m'excuse. Je ne voulais pas te sembler.. grossier ?" L'idée de passer huit jours dans le silence terrifiait l'Orphe, qui avait peur de finir par perdre totalement la tête à force. Il s'était mis en tête de réussir à discuter avec la Winghox. "S'il te plait..?", ajouta-t-il, implorant.

Ces huit jours passèrent lentement, notamment à cause du temps qui ne fut pas aidant. Il plut énormément, ralentissant les deux compagnons dont les montures s'embourbaient dans le sol gorgé d'eau. Ce fut donc une traversée pénible par bien des aspects, mais étrangement, les tensions entre les deux compagnons s’atténua. Au bout du troisième jour, Philéas réussit à avoir une conversation avec la Winghox. Pour cela, il avait bien soigné son attitude, et même s'il continuait toujours ses petites avances, il tâchait de les espacer au maximum, ce qui put donner l'impression qu'il était moins lourd qu'avant. De plus, étant plus léger que la Winghox, il s’avéra très utile à certains moments où la progression était particulièrement difficile. La dernière nuit avant d'arriver aux Marais fut la plus agréable, notamment car ils dormirent au sec, mais également car ce fut la première où Philéas ne tenta rien.

Ils arrivèrent au Marais au milieu du neuvième jour. La journée s'était plutôt bien déroulée, le temps étant plus clément. La première chose que le satyre remarqua en arrivant fut l'impression de calme que donnait l'endroit. Il n'y avait que très peu de bruit, et il semblait également que peu d'êtres vivants peuplaient cette grande étendue d'eau boisée. Philéas arrêta Tasha lorsque l'odeur l'atteignit de plein fouet. "Bah !", s'exclama-t-il en fronçant le nez, "et dire qu'on va devoir passer du temps ici à récolter des sangsues !" Il descendit du maneki. Ses bottes s'enfoncèrent d'un bon centimètre dans l'herbe marécageuses en faisant un délicieux bruit de succion. Il grimaça et regarda autour de lui avant de se tourner vers Enarys. "Tu sais à quoi ça ressemble toi, des sangsues lumineuses ? J'imagine qu'on va devoir attendre qu'il fasse nuit pour les repérer.."

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Re: Tout vient à point à qui sait sallir ses bottes !

Messagepar Enarys Rognvald » 12 Jan 2016, 11:11

Ainsi nous avons passé une nuit à Banba, histoire de me calmer, à peine la chambre réserver que j’étais montée. La nuit fut calme et reposante, et tant mieux vu le long périple qui nous attendait! Je n'eus aucune idée de où Phliéas passa la nuit, et honnêtement je m’en fichais un peu, mais le lendemain il me rejoignit revigoré. Ainsi nous repartîmes à travers les plaines vers les marais. Après quelques heures de chevauchée, Philéas tenta d’entamer la conversation, ou plus tôt de se faire pardonner pour la nuit passé à Aspasie. Pour seule réponse je grognais, mais d’un autre côté, je savais qu’on ne pourrait pas finir cette quête dans le silence. Mais j’étais décidé à ne pas pardonner l’Orphe aussi simplement. Ce ne fut que le jour suivant que j’acceptais de répondre à ses demandes ou remarque, mais de manière brève sans entamer la conversation.

Le voyage fut long, très long, ou du moins il me le sembla à cause de la pluie. Personnellement elle ne me gênait pas tant que ça, j’avais grandi en bord de mer, l’au froide ne m’avait jamais dérangée, mais nos montures, elles, étaient beaucoup moins à l’aise sous cette pluie diluvienne et continue. Malgré le fait que la pluie n’était pas particulièrement un problème pour moi, je fus tout de même bien contente de pouvoir profiter de la chaleur que semblait émettre les écailles hérissée de Wyrden. Mais la pluie s'infiltrant dans ma tente le soir restait tout de même très désagréable. Petit à petit la tension descendit entre Philéas et moi, j’acceptais même d’avoir une conversation avec lui. Bien que j’ignorais toutes ses avances, même si sur certains aspect Philéas était aussi désagréable que les winghox, il n’en était pas un, et il ne servait donc à rien de tenter de le faire stopper par la force brute. D’ailleurs, durant notre dernière nuit juste avant les marais, j'eus l’espoir qu’il eut compris le message lorsqu'il ne tenta enfin rien!

Enfin, nous arrivions aux marais! La mie journée était passé de peu et le temps était plus tôt agréable. Tout était calme, mise à part de temps à autre le bourdonnement d’un moustique à mes oreilles. Il ne semblait y avoir que très peu de faune, ce qui n’était pas étonnant vu l’odeur! Wyrden n’avait pas trop mal à se déplacer sur ce terrain spongieux et ce fut presque à contre contre que je descendais de son dos pour rejoindre Philéas.
“Aucune idée. répondis-je à sa question. Mais oui je suppose… Tu vas réussir à chercher des sangsues dans le noir sans tomber dans l’eau toi?”
J’avais prononcé ma dernière phrase sur un ton railleur, omettant volontairement mon tatouage chat qui me permettait de voir dans le noir.

Nous attendîmes donc la nuit patiemment, et j'admets que même avec les torches (qui par ailleurs éclairaient très mal) ou mon tatouage j'eus du mal à voir où je mettais les pieds, l’herbe cédant bien tôt place à la vase, puis à l’eau froide. Nous cherchions sans vraiment trouver grand chose, s’enfonçant de plus en plus dans le marécage nauséabond et pataugeant dans l’eau, l’obscurité de plus en plus épaisse. Puis, des lumières minuscules commencèrent à s’allumer, des dizaines, des centaines puis des milliers tout autour de nous! Le marais se métamorphosa, éclairé par des milliers d’insectes lumineux, dans un spectacle grandiose. Je me tournai alors vers Philéas et rigolai alors.
“Je crois que j’ai trouvé une sangsue.”
Je lui désignai alors son bras, éclairé d’un point lumineux.

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Re: Tout vient à point à qui sait sallir ses bottes !

Messagepar Philéas » 16 Jan 2016, 18:04

Devant la remarque ironique de la jeune Winghox, Philéas rétorqua avec un petit sourire. "J''ai l'habitude de voir dans le noir.. Mes frères et moins sortions souvent dans la forêt la nuit pour conter fleurette aux Picaris voisins..." Il se rappela ce souvenir avec une mélancolie joyeuse, et resta un moment dans ses pensées. Puis il lui dit : "De toutes façons ma chère, à part des arbres et de l'eau, il n'y a pas grand danger ici je pense.. Et les arbres on peut les voir, même dans la nuit."

Ce fut durant la nuit qu'il se rendit compte qu'il avait parlé trop vite. Durant les heures qui s'étaient écoulées avant, Philéas s'était forcé à manger un morceaux, malgré l'odeur qui lui retournait le ventre, et ils s'étaient tous les deux reposés. Philéas n'imaginait pas la chasse aux sangsues comme quelque chose d'ardu, notamment car il savait que les Marais en étaient pleins. Or, quand vint la nuit, il se trouva qu'ils passèrent beaucoup de temps à patauger sans rien trouver. Ils marchaient, chacun de leur côté mais sans trop s'éloigner parmi les arbres aquavores, cherchant à apercevoir des petits points lumineux, ou bien des sangsues éteintes. Bien que le bouc essayait plus ou moins de suivre un certain chemin qui était fait de terre plus ou moins praticable, il lui arrivait souvent de se retrouver avec la patte enfoncée jusqu'au genou dans cette matière spongieuse et humide. Généralement, il en sortait facilement et non sans dégoût, mais des fois il lui arrivait d'avoir du mal et de paniquer un peu. Heureusement, Tasha le suivait de près et l'aidait à s'extirper quand il en avait besoin.

Il avait souvent recours à Enarys pour meubler le silence effrayant des marais. De temps en temps, il lui demandait "Tu trouves quelques chose, toi ?" ou bien lui lançait : "Ah, je crois que j'ai trouv... ah non, c'était un caillou.." Il se cogna également la tête de nombreuses fois contre les arbres qu'il ne distinguait pas toujours de la nuit et ramassa bon nombre de choses, croyant que c'était des sangsues, toutes moins ragoûtantes les unes que les autres. Un moment, alors qu'il avait le regard fixé sur une forme qu'il pensait être une sangsue, il entendit Enarys pousser une petite exclamation. Il releva la tête, près à voler au secours de la dame - si ce n'était pas trop dangereux pour lui bien évidemment - quand il comprit ce qu'elle avait vu. Tout autour d'eux et à perte de vue s'allumaient des millions de petites lumières phosphorescentes. Les Marais étaient entièrement peuplées de ces petites étoiles qui brillaient dans l'eau et dans les herbes.

Philéas sourit. "Enfin, c'est pas trop tôt !", dit-il. Enarys se tourna vers lui et rit, il s'en étonna car il ne l'avait jamais vraiment vu rire, du moins pas si naturellement. Puis il suivi son doigt et vit, sur son bras, une grosse lumière. Il poussa un cri et se mit à secouer son bras dans tous les sens en criant : "Enlève-moi ça ! Enlève-moi ça !!" Il posa ses doigts sur la chose lisse et visqueuse et essaya de tirer, en vain : "Aaaaaah, mais c'est horriblement bien acccroché !! Sale bestiole !! Enarys, aide-moi, elle va me prendre tout mon saaaaaang !" Il en profita également pour remonter sur le petit chemin de terre pour s'assurer qu'aucune des petites bêtes ne s'étaient logées sur ses pattes, quand il remarqua les jambes de la Winghox. Sous son pantalon de toile fine, on devinait des nombreuses petites lumières également. "Ah !", s'exclama-t-il encore, "toi aussi t'en a partoooouuut !" C'était véritablement cauchemardesque. Il s'affola encore quelques minutes avant de se souvenir de quelque chose. La chaleur, elles craignaient la chaleur. Il suffisait de faire un petit feu et d'approcher une flamme de la bestiole pour qu'elle lâche prise... il tenta alors d'expliquer sa trouvaille à la Winghox : "Du feu, du feu ! Les sangsues et le feu ! Ça aime pas ça !" Il leur suffirait juste de les chauffer, pour qu'elles tombent et les recueillir dans la petite boîte qu'ils avaient prévue. Un jeu d'enfant, non ?

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Re: Tout vient à point à qui sait sallir ses bottes !

Messagepar Enarys Rognvald » 19 Jan 2016, 11:37

Quand Philéas aperçu la sangsue sur son bras il commença à paniquer, je levais yeux au ciel exaspéré avec un sourire en coin, mais en mon fort intérieur j’étais hilare. Mon fous rire intérieur ne fit qu'augmenter quand il cria que la sangsue allait lui prendre tout son sang.
“Arrêtes de raconter de bêtise! lui criais-je. Retires la pour la mettre dans la boîte plus tôt!”
Sa réponse fut de me pointer ma jambe pour le montrer que j’en avais également plein. Bien que je ne paniquais pas comme Philéas, je me sentie quand même légèrement dégoûtée, j’espérais que ces saletés n’allait pas me transmettre je ne sais quelle maladie.

Je retroussais mon jean pour les retirer, et je compris alors pourquoi Philéas n’arrivait pas à la retirer, elles étaient sacrément bien accrochées! J’arrêtai de tirer dessus parce que visiblement ça en servait strictement à rien! L’orphe bouc m’informa alors qu’il avait trouvé un moyen de les faire tomber, avec de la chaleur. Je passais alors ma torche le long de ma jambe, et les petites bestioles tombèrent une à une. Je m’empressais de les ramasser pour les mettre dans la boîte. Je regardais combien j’en avais, un bon petit paquet, mais valait mieux en prendre plus que pas assez, ou tout juste le nombre qu’il faut et que certaines se perdent lors du voyage.

J’en ramassais encore quelques une avant de rejoindre Philéas.
“Je pense qu’on en a assez.”
Je commençais à retourner vers le camp, faisait attention où je mettais les pieds, tant qu’on était encore dans les marais on ne serait pas totalement en sécurité. Et mon intuition se confirma. J’entendis un bruit sec. Je me retournais et visiblement ce bruit ne venait pas de Philéas. Je lui faisais signe de se stopper et de ne plus faire de bruit.
“On est pas seul.” chuchotais-je.
Je repartais doucement, suivie de Philéas.

On arrivait enfin au camp, et je vis que Wyrden semblait un peu paniqué, je m’en approchais et tentais de le rassurer en le caressant. Il ne se calma pas. Je me retournais vers les marais, quelque chose semblait rodé à leur lisière et je me sentie observer. Je détachais Wyrden et le sellais.
“Je crois qu’on devrait se préparer à partir.” fis-je à Philéas.
Et je ne mettais pas trompée, à peine eu-je dis ça que trois teignes sortirent du marais, fonçant dans notre direction. Ni une ni deux j’enfourchais Wyrden et l’élançais vers la plaine. Pour avoir la peau désormais aussi dure qu’elles, je savais à quelle point leur cuir était résistant et donc que c’était une mauvaise idée d’aller se frotter à elles. Je cherchais sur moi un objet brillant susceptible de détourner leur attention, mais à part ma hache dont il était hors de question que je m’en débarrasse, je n’avais rien.
“Tu as pas un objet assez brillant pour nous en débarrasser?” demandai-je à Philéas, son maleki m’ayant rattrapé.

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Re: Tout vient à point à qui sait sallir ses bottes !

Messagepar Philéas » 23 Jan 2016, 20:56

"Et c'est moi qui raconte des bêtises ?!", s'écria le satyre à la fois outré et paniqué, "on peut pas les enlever !" Il avait surtout l'impression que plus il tirait dessus, et plus la petite bête s'accrochait fermement et lui prenait de son sang. Heureusement, la Winghox s'en rendit compte et appliqua son conseil. Le satyre s'empressa de faire de même, grillant une petite branche à l'aide de la torche d'Enarys et la portant tout près de son bras. immédiatement, la petite bête lâcha prise et tomba dans la main de Philéas qui l'attendait. Elle se recroquevilla sur elle même et Philéas la considéra d'un air dégoûté. "Elle s'est gorgée de mon sang la petite saloperie !"

Il regarda l'étendue des marais. A présent, ce paysage qu'il avait considéré comme digne d'un conte de fées pour jeunes faunes lui apparaissait comme renfermant des centaines et des centaines de petits monstres gluants et suceurs de sang. Il se dépêcha alors d'appliquer le traitement du feu à de nombreuses sangsues et en ramassa un bon paquet. Il s'amusait à les voir se recroqueviller, chaque sangsue qu'il ramassait lui donner l'impression de se venger sur celle qu'il lui avait pris du sang quelques minutes plus tôt. Alors qu'il en avait une bonne poignée, Enarys vint vers lui. "Tu penses ?" D'accord, on s'arrête là, dit-il, peu mécontent de pouvoir s'éloigner de ces marais. Il considéra le petit sachet brillant de mille feux, qu'Enarys avait rempli, et y ajouta sa poignée. Il s'essuya frénétiquement la main sur son pantalon et suivit la jeune femme.

Il marchait sur la pointe des sabots, autant que cela lui était possible, pour éviter tout contact avec l'eau croupie. Soudain, il entendit un craquement. Enarys se retourna vers lui et il comprit qu'elle l'avait également perçu. Ce qu'elle lui dit ne fit que confirmer sa pensée. Il hocha la tête et dégaina tout doucement son arc, échangeant un regard entendu avec Tasha, qui le suivait lentement, aux aguets. Ils retournèrent au camp, Philéas observant les alentours. Le marais semblait calme, et rien sinon les lumières ne venait percer l'obscurité. Cependant, le satyre savait qu'il y avait quelque chose non plus, qui les observait, ou du moins qui se promenait près d'eux. Enarys conseilla de partir. "Je ne dis pas non, quittons cet oasis au plus vite", lui répondit-il. Il monta sur Tasha quand tout à coup, trois horribles créatures à écailles apparurent. Tasha réagit avant le bouc et fonça en avant, entrainant son maître dans sa course. Philéas poussa un cri et rangea son arc. Il savait pertinemment que des flèches ne pouvaient rien contre ce qu'il reconnu être des teignes.

Ils remontrèrent le long d'un des cours d'eau, les créatures à leurs trousses. Philéas et Tasha arrivèrent au niveau d'Enarys. "Un truc brillant ?", répéta-t-il d'un air effaré, "non je pense pas.." Il réfléchit à vive allure, tandis ce que Tasha bondissait en avant. "Une ore pourrait fonctionner !", cria-t-il à la jeune fille alors que deux autres teignes avaient rejointes les premiers. "Jette une ore !", lui dit-il, "les miennes sont trop loin enfouies dans mon sac !" C'était un odieux mensonge, mais l'Orphe était près de ses sous, et même dans une situations comme celle-ci, il n'aimait pas jeter les ores par les fenêtres. Même quand il n'y avait pas de fenêtre, d'ailleurs.

Une des teignes bondit en avant et se retrouva aux côtés d'Enarys. Une autre fit de même mais du côté du bouc. Celui-ci s'accrochant fermement à son maneki, donna un grand coup de sabot à la créature pour l'écarter au maximum en criant à Tasha d'accélérer. "Alors cette ore, elle vient ?!", s'écria-t-il.

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Messagepar Enarys Rognvald » 25 Jan 2016, 21:26

Une ore? C’était bien trop petit! Il en faudrait au moins une poignée! Et Philéas et sa bonne excuse! Et pour dire que je m’étais lancé dans cette quête pour combler le déficit qu’avait fait mon chômage chez Leyna et que ce dernier me demandait de balançait mes économies à ses sales bêtes! Mais je tenais quand même un peu plus à la vie qu’à mes économies, ce qui ne m'empêcha pas de pester au moment ou j’extirpais une petite poignée d’ores de ma bourse pour la lancer aux teignes. Elles se stoppèrent net et commencèrent à se battre pour les pièces. Je soupirais de soulagement, aux moins on leur échappait. Mais mon soulagement s’estompa bien vite quand, après quelques temps à chevaucher, j'aperçus devant nous l'orée de la forêt pourpre! Bien qu’elle était en dehors du territoire winghox et même au delà de l’échine de Drakmonniss, ce n’était pas rare qu’une patrouille vienne y faire un tour. Dans notre fuite je n’avais pas fait attention à la direction qu’on empruntait et on fonçait droit vers un des endroits que j’aurais bien voulu éviter!

Je stoppais aussi nette que les teignes quelques heures plus tôt et m’adressai à Philéas.
“Nous devrions remonter vers le nord, ce n’est pas une bonne idée de passer par là.”
Bon, ce serait faire un grand détour et par sûr qu’il accepte… Surtout que je ne lui avouerais sûrement pas que j’appréhendais de croiser mon propre peuple! Ce serait confesser une forme de faiblesse. Je jetais un regard à moitié inquiet, à moitié emplie de colère, que je détestais ce peuple de m*rde! Après, si Philéas refusait de passer par le nord je pouvait toujours espérer avoir de la chance, après on ne serait pas sur leur territoire même, mais je ne préférais pas tenter pour autant.

Je lui proposais alors de s’arrêter là pour finir la nuit, au moins dans la plaine si quelque chose arrivait on le verrait de loin. Et puis si on s’aventurait dans cette maudite forêt, valait mieux être reposé. Dès que le camps fut monter j’allais directement me coucher. Je passais une nuit agitée, où de mauvais souvenirs se mélangeaient à des craintes prenant vie dans mon imaginaire un petit rien inquiet, sous forme de cauchemars très désagréables. Je me réveillais plusieurs fois dans la nuit en sursaut. Mais la présence de Wyrden près de moi m'apaisa, je lui grattais doucement la tête avant de tenter de me rendormir. Le lendemain matin j’attendis que Philéas fut prêt à partir et attendait sa décision, prête à m’y opposer si besoin, mais je me sentais embrouillée par la fatigue et l’appréhension.

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Re: Tout vient à point à qui sait sallir ses bottes !

Messagepar Philéas » 30 Jan 2016, 17:20

Oui, Philéas était un vrai radin. Mais heureusement, ce n'était pas le cas de la jeune Winghox, qui, heureusement pour eux, tenait plus à la vie qu'à son argent. Une poignée d'ores suffirent à détourner d'eux les teignes, assez longtemps pour que les deux compères puissent s'enfuir. Philéas, en voyant l'argent tomber sur le sol mousseux des marécages dans de nombreux flocs sonores, eut un pincement au cœur. Quand bien même ce n'était pas son argent, le voir perdu de la sorte lui fit presque du mal.

Ils continuèrent sur leur lancée et chevauchèrent quelques heures, avant que la Winghox ne s'arrête brutalement. Loin de là, à un peu moins d'une centaine de kilomètres, se tenait la lisière de la forêt Pourpre. S'ils avaient continué sur ce rythme, ils l'auraient sûrement atteint le lendemain vers midi, mais apparemment, ce n'était pas l'avis d'Enarys. "Comment ça, passer par le Nord ?", s'exclama le satyre. "On est obligés de passer par les Forêts Pourpres pour rejoindre les Ruines Ohime, on a pas le choix." Surtout que les Ruines étaient logées en plein milieu de ces forêt, donc difficile à éviter.. En plus, le satyre avait hâte de rentrer dans la forêt ! C'était son élément, et ça faisait bien longtemps qu'il n'y avait pas séjourné. Car les plaines, il en avait assez. C'était tout plat, longiligne, sans relief et sans autre végétation que de l'herbe grasse ou sèche. C'était si peu intéressant comparé aux grands arbres, aux pierres sur lesquelles poussait de la mousse verdoyante, aux petits ruisseaux, aux petits lacs, aux nymphes guillerettes... Il n'avait aucune envie de retarder leur entrée dans la forêt, surtout après l'épisode des Marais et leur odeur pestilentielle.

Il aurait bien voulu lui donner un "non" définitif, mais elle coupa la discussion en l'invitant à se reposer ici même, et de repartir demain. Décision qu'il accepta, bien entendu, car la nuit était déjà bien avancée, et la chasse aux sangsues l'avait éreinté. Ils préparèrent alors le campement, mangèrent rapidement et chacun se coucha. Philéas fit remarquer qu'il faisait "drôlement froid", demanda à la jeune winghox si elle ne désirait pas sa compagnie pour lui tenir chaud, reçut une réponse négative suivie d'une insulte et alla se coucher à son tour, blotti contre Tasha. Il s'endormit presque aussitôt, et la nuit fut limpide et reposante.

Le lendemain, le soleil inondait la plaine. Rien de mieux pour continuer le voyage ! Philéas, alors en train de manger quelques champignons séchés, dit à sa compagne : "Nous filons donc vers la forêt, c'est entendu ?" Il ajouta, après avoir avalé sa bouchée : "De toutes façons, on a pas le choix. On ne va pas passer par le Nord, ça serait illogique. Et puis, elle est très sympa cette forêt, je la connais un peu" Il se souvint des quelques fois où lui et ses frères s'étaient aventurés aux confins de la Forêt des Esprits, et avaient même parcouru une bonne partie des Forêts Pourpres... Ils n'avaient eu aucun problème majeur et avaient même rencontrés des picaris charmants. Devant l'opposition d'Enarys, il secoua la tête. "Non, non, cette fois je ne suis vraiment pas d'accord. Nous rentreront dans la forêt dès cette après-midi." De quoi avait-elle tant peur, à la fin ?

Tu ouvres directement dans la forêt ?

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Re: Tout vient à point à qui sait sallir ses bottes !

Messagepar Enarys Rognvald » 02 Fév 2016, 17:31

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