Sur le sable chaud

Au beau milieu d'un désert aride, Ohime Quinah est déposée sur les rives d'un oasis luxuriant. Les Ohimes sont un peuple calme et pacifique vivant comme s'ils sortaient tout droit de l'Égypte antique.

Sur le sable chaud

Messagepar Siobhán » 07 Juil 2016, 15:37

À quand les retrouvailles ?

Siobhán plissa les yeux en regardant le coucher de soleil qui s'abattait sur Ohime Quinah. Il se dirigeait vers une auberge où on le connaissait bien, vu qu'il venait tout les trois jours pour quémander un peu de nourriture. Ce n'était pas vraiment dans le caractère de l'orphe de laisser son orgueil de côté pour faire ce genre de choses, mais les dernières semaines avait rendu sa faim plus prioritaire que son amour propre. Heureusement que ce dernier semblait avoir pris des vacances, d'ailleurs, parce que son allure l'aurait sûrement fait piquer une crise. Il faut dire que même quand on avait pas des standards aussi snob que ceux de Siobhán, il faisait un peu peine à voir dans ses vêtements de plus en plus abîmés. Il passait rarement pour un étranger, maintenant que sa peau déjà sombre avait bronzé sous le soleil intraitable et que ses cheveux avait tellement poussés qu'on ne voyait pratiquement plus que celui-ci les avait teint. Il s'était résolu à les attacher dans un chignon approximatif histoire de ne pas avoir encore plus chaud.

De toutes manières, c'était rare pour lui de croiser un miroir, alors il essayait de ne pas y penser. Au pire, son aspect misérable lui donnait plus de chance de recevoir la générosité des gens autour pour un peu de nourriture ou quelques pièces. L'orphe fennec avait bien pensé essayer de retourner à la Basse-ville à pied, mais traverser le désert sans savoir où il allait, c'était de la folie. Et puis plus rien ne l'attendait là-bas, à part un confort qui semblait de plus en plus être un rêve à mesure que les jours passait. Il avait cherché Ellesme pendant plus d'une semaine après qu'ils aient été séparés, désireux de savoir ce qu'elle voulait et si elle pouvait l'aider, mais il ne l'avait pas retrouvé. Elle ne l'avait peut-être pas cherché à nouveau non plus de son côté, l'orphe n'était pas sûr. Quelque part, il était plutôt triste de ne plus être avec elle comme c'était une personne qu'il avait appris à apprécier à sa façon.
La vie de Siobhán, à présent, constituait à se promener en ville avec son chat en espérant récupérer ou voler quelques petites choses, avant de monter sur les toits plats pour trouver un endroit où passer la nuit. Son chat, lui, s'était bien plus facilement adapté à sa nouvelle vie, même après avoir passé une vie en appartement. Et les rôles s'étaient déjà inversé, jusqu'à ce que ce soit son maître qui dépende plus de ses talents, à la fois dans le vol et dans la découverte d'endroits calmes et peu fréquentés pour dormir.

Siobhán pensait parfois à chercher un travail, mais il ne savait absolument pas comment faire, et ne savait pas non plus faire grand-chose. Il ne comptait pas rester dans cette ville et s'y installer, de toutes manières, si bien que l'embêtement ne semblait pas valoir le coup. L'orphe manquait d'un but, et c'était quelque chose dont il était de plus en plus conscient et victime plus le temps passait. Sans savoir où aller ni quoi faire, sans personne avec qui discuter ou sur qui râler, Siobhán ne savait absolument pas quoi faire. Ce n'était pourtant pas si différent de sa vie d'avant ; mais le confort de son appartement à la Basse-ville, la télé et les jeux vidéos, le nettoyage, cela l'occupait autant que voir ses rares amis ou se disputer encore une fois avec sa famille. Ici, des tâches plus nécessaires l'occupait, mais essayer de trouver à manger était décidément moins divertissants que jouer à la console.

Ce soir-là, il fut au moins chanceux dans ses recherches et ressortit de l'auberge avec un gros morceau de pain qu'il entama aussitôt. Il trouva une petite place déserte et s'installa en tailleur sur un banc pour regarder le soleil se coucher lentement en mangeant. Tout le monde était à la maison en train de manger aussi et les rues étaient pratiquement vides ; c'était l'heure de la journée préférée de Siobhán. Son chat sauta sur ses genoux pour lui piquer un peu de son repas, puis se roula en boule pour piquer cette fois un petit somme. Il allait devoir dégager de là dans un quart d'heure, de toutes manières, quand son maître irait se réfugier sur les toits pour dormir.

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Re: Sur le sable chaud

Messagepar Lacrima Menella » 16 Juil 2016, 22:18

Lacrima n’aimait pas la chaleur. Enfin pas la chaleur écrasante du désert en tout cas. Pourtant la jeune fille adorait quand Hermésis allait jusqu’à Ohime Quinah. La traversé du désert semblait se transformer en une épreuve de patience qui avait pour récompense l’Oasis. Lacrima aimait cette ville, ses habitants, son atmosphère, et toutes les trouvailles qu’elle pouvait faire, allant des anciens parchemins, aux petites curiosités qui la fascinaient tant! La jeune fille se souvenait de la première fois qu’elle était venu dans l’oasis antique. Elle avait été subjuguée! Oh bien sûr elle en avait déjà entendu parlé, et lu des livres à ce sujet, mais cela n’était pas comparable à découvrir la ville en pierre et en terre! Et encore maintenant, à chaque nouvelle visite la morphe y découvrait de nouvelles choses, se perdait un peu plus profondément au cœur de la ville. Elle aimait errer dans le marcher, et comme lors de toutes ses visites elle se rendait dans le quartier des scribes, certains d’entre eux commençaient même à connaître la jeune fille.

Cela faisait quelques jours que Hermésis s’était arrêté près de l’oasis. Le crabe titanesque s’était posé dans le sable, au bord du Nibil, et il ne semblait pas avoir envie de repartir pour le moment, au plus grand bonheur de la jeune fille qui pouvait profiter de l’oasis un peu plus longtemps. Elle avait donc décidé de profiter de la fraîcheur du soir pour vagabonder dans la ville. Il n’y avait plus grand monde à ces heures là dans les rue, la plus part des habitants étant en train de manger, et la ville révélait un tout nouvel aspect de ses quartiers. La jeune fille avait acheté des figues confies et un peu de viande séchée, espérant trouver un endroit assez calme pour manger. Désormais, elle marchait dans les rues de la cité, profitant de la fraîcheur qui commençait à se faire sentir. Un léger souffle vint faire bouger ses cheveux ondulés, détachés le long de ses joues. Elle les laissait rarement ainsi, principalement par commodité, mais ce soir cela n’avait pas d’importance, elle voulait juste profiter de cette soirée.

Elle arriva sur une place, le coucher du soleil filtrait entre les bâtiments. Cela lui sembla être l’endroit parfait pour s’arrêter le temps de manger. C’est là qu’elle remarqua un jeune homme assis sur l’un des bancs en pierre, accompagné d’un chat. Lacrima adorait les chats. D’autant plus que la jeune fille s’entendait naturellement avec eux, sans doute parce qu’elle aussi était en parti un félin. Poussé par son amour de ces petites boules de poils là jeune fille s’approcha du banc, un peu timidement tout de même. Elle regarda le coucher de soleil, si elle pouvait s'asseoir sur ce banc elle pourrait non seulement profiter du spectacle, en plus de pouvoir tenter de caresser le chat.
“Excuse-moi?” commença la jeune fille, d’une toute petite voix par peur de déranger. “Je peux m’asseoir là?”

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Re: Sur le sable chaud

Messagepar Siobhán » 17 Juil 2016, 02:48

Siobhán était au début trop occupé à dévorer son morceau de pain pour faire attention à l'arrivée de la jeune femme. Ce ne fut que lorsqu'elle s'approcha que l'orphe entendit le bruit faible de ses pas, lorsqu'une de ses oreilles tressaillit en percevant un bruit qui ne venait pas de l'environnement. Il s’empressa donc aussitôt de l'ignorer du mieux qu'il pouvait, jusqu'à ce que cela devint complètement impossible vu qu'elle venait de lui parler.

Le jeune homme leva des yeux assassins sur elle, qui lui faisait bien comprendre qu'elle le dérangeait. Il aurait pu avoir besoin d'un peu de chaleur humaine, pourtant, mais Siobhán était une tête de cochon, et ça n'avait toujours pas changé, ça. Ce qui avait changé, par contre, c'était le vide constant dans son estomac, et lorsque qu'il sentit et entraperçu la nourriture que la jeune femme avait, un élan de jalousie le fit faire la moue. Il la regarda une seconde avec des yeux perçants, presque à se demander s'il ne pouvait pas les lui voler, avant de lâcher d'une voix boudeuse : « Tu t'assoies où tu veux, il est pas à moi ce banc. »
Sauf que c'était devenu embarrassant, à deux sur ce petit banc alors que la place entière était déserte, et Siobhán se trémoussa en jetant un coup d’œil à l'inconnue pendant que sa queue fouettait l'air avec agacement. Elle avait des yeux entièrement d'un noir jais très profond, c'était donc sans aucun doute une morphe. Il se demanda sur le coup en quel animal elle pouvait bien se transformer, mais avec les morphes, on ne pouvait jamais savoir sans demander, il y avait trop de possibilité.
Et demander, ça il ne risquait pas de le faire. Hors de question de faire la conversation avec des inconnus.

Son chat, lui, avait plus d'intérêt pour la jeune femme, parce qu'il avait aussi senti l'odeur de la nourriture, et que la viande séchée le motivait pas mal à s'approcher. Il se glissa souplement sous le bras de Siobhán pour fourrer sa tête dans le sac de l'inconnue, et piqua un morceau de viande sans hésitation ni regret. Puis regarda une seconde sa victime, curieux de voir s'il devait déguerpir tout de suite ou si elle n'allait pas le poursuivre. A la place, ce fut son propre maître qui l'attrapa en grognant et essaya de lui arracher la nourriture de la gueule. C'en suit une courte bagarre pour savoir qui aura le morceau de viande, et puis Siobhán grogna tellement autoritairement qu'on aurait dit un feulement, et réussit à récupérer l'objet du délit.
Il ne savait pourtant pas trop quoi faire avec, maintenant. Évidemment qu'il n'allait pas laisser son chat voler aussi ouvertement des choses, ça ne pouvait lui attirer que des ennuis, mais sûrement que la jeune femme n'en voudrait plus maintenant qu'un chat avait bavé dessus. Lui, ça ne l'aurait pas dérangé vu sa faim, mais c'était difficilement la chose à faire. Siobhán tourna la tête vers elle, indécis sur la marche à suivre, et déclara un « Heu, désolé. » qui ne donnait absolument pas l'air qu'il était véritablement désolé.

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Re: Sur le sable chaud

Messagepar Lacrima Menella » 05 Aoû 2016, 19:28

Le regard du jeune homme,sans doute un orphe, à la vu de ses grandes oreilles de fennec, fit hésiter Lacrima. Pourtant il ne s’opposa pas à ce que la jeune fille s’asseye. Elle hésita encore un peu, mais elle avait demandé, ce serait totalement stupide de ne pas s’asseoir maintenant. Et puis la jeune fille voulait vraiment s’approcher du petit animal. Elle s’assit face au couchant et posa son sac à côté d’elle. A peine l’eut-elle posé que le chat se faufila dedans pour lui prendre un morceau de viande. Lacrima ne s’en soucia pas, elle esquissa même un petit sourire d’amusement. Quand le chat sorti la tête du sac pour regarder la jeune fille, comme pour voir si elle allait se mettre en colère, Lacrima tenta de caresser le petit félin. Mais elle n’en eut pas le temps, le jeune homme attrapa le chat pour disputer le morceau de viande avec lui.

Lacrima les regarda étonner. Pour elle se n’était qu’un petit morceau de viande, ça ne la dérangeait pas de le donner au chat. De toute façon elle en avait un peu trop pour elle seule. Elle en avait pris un peu plus pour le lendemain, mais elle pourrait tout aussi bien manger autre chose. De toute façon, elle avait un appétit à la mesure de sa corpulence, petit! Elle était bien loin de se douter de la situation de l’orphe. Après un étrange feulement l’orphe parvint à arracher le morceau de viande au chat. L’animal s’enfuit alors, causant le désarroi de Lacrima qui le suivit du regard, jusqu’à ce qu’il disparaisse dans un coin. La jeune fille reconcentra alors son attention sur le jeune homme qui tenait le morceau de viande dans la main. Il s’excusa alors.
“Ce n’est pas grave. répondit simplement la jeune fille. Il pouvait le manger.”
Elle jeta un coup d’oeil dans son sac.
“Tu peux en prendre aussi si tu veux, j’ai ai un peu trop et je préfère les figues.”
Étonnant pour une panthère.

La morphe avança le sac vers le jeune homme avant de tourner son regard vers le couchant. L’horizon était rouge sanglant sous un ciel violet qui tirait vers l’indigo. Bien tôt la température baisserait énormément et Lacrima rejoindrait Hermésis, ou elle errerait peut être dans la ville sous sa forme animale. Elle se demanda ce qu’allait faire le jeune homme, parce que c’était étonnant qu’il soit dehors à cette heure là? Elle lui lança un regard curieux, puis elle détourna le regard. Ce n’était pas vraiment polie de sa part, et ça ne correspondait pas à ce qu’on lui avait enseigné à la cour. Les vieilles habitudes ne disparaissaient pas aussi facilement.

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Re: Sur le sable chaud

Messagepar Siobhán » 17 Aoû 2016, 04:07

« Sérieux ? » s'exclama Siobhán face à la proposition de l'inconnue. Il n'aimait pas l'idée de faire son nécessiteux, mais ça devait faire bien trois semaines qu'il n'avait pas touché à de la viande, et l'odeur le rendait fou. Assez fou en tout cas pour engloutir immédiatement le morceau qu'il avait bataillé à son chat, alors que quelqu'un attaché à l'hygiène comme lui ne l'aurait même pas envisagé.
Il ne pensa pas à dire merci, il ne fallait quand même pas trop en demander à Siobhán, mais son visage montrait quand même un peu de reconnaissance. Il ne pouvait pas s'en empêcher, il fallait dire. Le goût de la viande séchée était divin, sans aucun doute parce qu'il avait toujours faim ces dernières semaines, mais divin quand même. La jeune femme le regarda un peu fixement et il avala sa dernière bouchée tout rond, dérangé par la honte.

« Me fixe pas, c'est bon, je sais que j'ai l'air dégueu. » - Siobhán fit une moue un peu dégoûtée, parce que la vérité, c'était qu'il n'en avait pas seulement l'air, c'était tout seulement qu'il l'était. L'orphe se demanda soudain s'il puait et s'éloigna d'un coup de fesse de la jeune femme, l'air décomposé. Ce n'était peut-être pas la peine de traîner, finalement, même si elle avait de la nourriture… Il se releva, appela son chat d'un coup de langue et remit son sac sur son dos.
« Je dois y aller, il va faire nuit. » déclara-t-il quand même histoire d'expliquer son départ. Il hésita à la remercier d'avoir partagé sa nourriture. Les coups d’œil qu'elle lui avait laissé ne lui avait pas plu, mais s'il la recroisait, ce n'était quand même intelligent d'être un minimum poli. « Merci pour la viande. »

Le chat débarqua à ses côtés, et échangea un regard avec Siobhán, avant de sauter sur un escalier extérieur juste à côté d'eux. Son maître le suivit sans hésitation et monta sur le toit plat de la maison derrière lui. Une vue plus imprenable l'attendait là, mais tourné de ce côté, on ne voyait pas le soleil qui se couchait. Par contre, on voyait tout autre chose, que le jeune homme n'avait jamais remarqué. A sa décharge, Hermésis s'était arrêté plus loin de Ohime Quinah quelques jours plus tôt, avant de crapahuter un plus près de la ville, à cause d'une tempête de sable qui avait dû lui chatouiller les pinces. Mais peut-être était-ce simplement que Siobhán regardait le coucher de soleil très rarement, et levait le nez en journée encore moins, attentif à tout ce que les gens pouvait laisser tomber par terre.
En tout cas, c'était la première fois depuis trois jours où il voyait l'énorme crabe avancer paisiblement vers la ville, et l'orphe ouvrit des yeux grands comme des soucoupes avant de glapir de terreur. Qu'est-ce que c'était ce machin, bon dieu ?! Ils allaient se faire écraser par ce monstre ?! Moins classe, tu meurs, ça aurait été quand même plus sympa, un gros lézard ou un gorille ! En attendant, Siobhán fit demi-tour fissa, et sauta carrément du toit pour atterrir par terre dans la poussière avec l'air aux abois. Son regard tomba sur la fille toujours assise sur le banc de la place, et il lui lança aussitôt : « Il y a un putain de crabe géant qui arrive droit sur nous !!! »

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Re: Sur le sable chaud

Messagepar Lacrima Menella » 11 Sep 2016, 22:15

Lacrima fut assez surprise de la réaction du jeune homme mais n’en montra rien. Par contre elle ne pu cacher sa gêne quand il lui fit remarquer qu’elle fixait. Elle ne voulait pas le vexer, et il avait l’aire d’avoir faim, elle ne le jugeait absolument pas. Quand le jeune homme s’éloigna d’elle, elle comprit qu’elle l’avait vraiment vexé. Elle commença à regarder sa nourriture, sans trop savoir où se mettre. Ce qu’elle venait de faire était vraiment impoli… Elle mordit dans une figue, se réprimandant intérieurement et en oubliant totalement le soleil couchant. La jeune fille était tellement occupée à se faire des remontrances qu’elle sursauta quand l’orphe se leva pour partir. Elle réussit à peine à balbutier un de rien et un bonne soirée quand ce dernier la remercia avant de partir.

La morphe resta ainsi seule sur la place, mangea ses figues sans grande faim. Quand le soleil disparue totalement derrière les maisons, Lacrima s'apprêta à se lever. Elle avait deux possibilité, continuer à errer dans la ville pour profiter encore un peu de l’Oasis ou rentrer directement à Hermésis et commencer dès maintenant à ranger ses dernières trouvailles. Elle n’eut pas le temps de beaucoup y réfléchir, l’orphe sauta du toit duquel Lacrima ne l’avait pas vu monter, avant d’hurler, paniqué qu’un crabe géant leur fonçait dessus. La jeune fille ne bougea pas d’un cil et regarda calmement le garçon, ce qui sembla grandement le déstabiliser. Devant son regard paniqué, la jeune fille répondit sereinement :
“Ce n’est rien. C’est Hermésis.”
Elle se leva alors.
“C’est là que j’habite. Tu peux y monter si tu veux. Il y a une ville entière sur sa carapace. C’est assez différent de l’Oasis mais on s’y sent bien aussi.”
Elle attendit une réponse, puis après quelques instants d’hésitation elle l’invita à la suivre. Elle ne savait pas si il allait venir, mais la jeune fille s'avança dans une rue, vers le fleuve. Elle en savait pas vraiment pourquoi elle l'avait invité de la sorte, peut être, malgré elle de l'empathie de le voir ainsi...

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Re: Sur le sable chaud

Messagepar Siobhán » 26 Oct 2016, 00:39

Siobhán n’en croyait pas ses yeux. La réaction de l’inconnue était exactement le contraire de ce auquel il aurait pu s’attendre.
« Tu te fous de ma gueule ? » demanda-t-il, sceptique mais de plus en plus convaincu de la bonne foi de la jeune femme vu son calme exceptionnel. Ses oreilles de fennec frémirent, et il se retourna vers la silhouette de l’énorme bestiole à pince qui lui semblait maintenant prendre tant de place. Comment avait-il pu ne pas la remarquer ? Trop occupé à survivre, sans doute, dans cette ville qui ne voulait rien lui offrir.

Le jeune homme resta pantois encore quelques secondes, jusqu’à ce qu’elle rouvre la bouche pour lui proposer de venir avec elle. Précisément… Sur la bestiole. Siobhán resta d’abord silencieux, incapable de décider quoi répondre, mais elle commença aussitôt à partir et l’orphe la rattrapa en quelques enjambées, mué d’un nouvel enthousiasme qui ne lui ressemblait pas.
« T’es vraiment en train de me proposer de monter sur ça ? » demanda-t-il, avant de marquer une pause dont il essaya de cacher l’appréhension. « C’est pas dangereux ? »
Il savait pourtant d’habitude avoir toujours l’air ennuyé et désagréable, mais à cet instant, Siobhán avait carrément l’air curieux. C’était la chose la plus excitante qui lui était arrivée depuis des semaines. C’était une ville qui marchait, ce qui pouvait peut-être signifier un ticket de sortie de Ohime Quinah. C’était nouveau, c’était quelque chose, n’importe quoi, par rapport au désœuvrement constant qu’il devait subir.
Tu m’étonnes qu’il allait la suivre !

L’orphe fennec leva le menton pour observer ce qu’elle appelait Hermésis. Effectivement, on voyait au loin quelques habitations sur son dos, et il semblait y en avoir plus derrière. Même de la végétation ! On ne lui avait jamais parler de ça à l’école, à la Basse-ville ! Ou peut-être qu’il n’écoutait pas à ce moment-là. Siobhán n’avait jamais été un élève modèle vu l’attention limitée qu’il consacrait aux instituteurs et professeurs qu’il avait eu.
Ce dernier marchait à grand pas à côté de sa nouvelle rencontre, et ne s’arrêta que pour ramasser son chat qui grimpa sur ses épaules, apparemment un peu confus de l’énergie soudaine de son maître.
« Heu, t’habites vraiment là ? Et on est sensé y monter comment ? »

Peut-être que c’était un endroit plus civilisé que Ohime Quinah, où ils avaient de la technologie ? Mais bon, fallait peut-être pas trop en demander… Siobhán jeta un coup d’œil à la jeune femme. Elle était pas dingue au moins ? Si ça se trouve, elle l’avait drogué ? Le jeune homme secoua la tête légèrement, il déraillait un peu à force de se méfier de tout le monde. Tout le monde dans la rue agissait normalement ces derniers temps, quelqu’un aurait forcément remarqué ce truc si c’était quelque chose d’inquiétant. S'étant rassuré intérieurement, Siobhán esquissa presque un sourire qui montrait les deux canines plus pointues qu'il avait. Quelle chance, cette fille aléatoire !

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Re: Sur le sable chaud

Messagepar Lacrima Menella » 30 Déc 2016, 20:50

L’orphe semblait du mal à en croire ses oreilles, et bien que l’enthousiasme avait illuminé son visage une ombre d’appréhension s’y décelait. Son interrogation sur la dangerosité de l’ascension confirma l’impression de Lacrima.
“Non, répondit-elle avec un léger sourire. Si une ville a pu s’y développer c’est que ce n’est pas dangereux.”
La jeune fille s’engagea dans les rues vers le fleuve au bord duquel l’immense crabe avait l’habitude de se rafraîchir lors de ses arrêts à Ohime Quinah. Les rues étaient désertes, et la jeune fille pouvait y déambuler librement. Elle aimait le soir du désert, après l’écrasante chaleur de la journée et une douce fraîcheur tombait, chassant les lourd rayon du soleil tout en permettant de rester dehors avec une température agréable. Si Lacrima n’avait pas autant été attaché aux changements de saison, elle aurait apprécié ouvrir un commerce ici. Mais elle aimait trop les feuilles rougeoyantes de l’automne et le blanc immaculé et froid de la neige.

La jeune fille était perdue dans ses pensées dans la douce soirée de l’oasis, quand la question de l’orphe lui rappela qu’elle était accompagnée.
“Oui, j’y tiens même une bibliothèque!”
On pouvait sentir un point de fierté dans l’affirmation de la morphe. En effet, son petit commerce qu'elle avait monter seule était sa fierté! Elle n'était pas partie de grand chose, juste de ce qu'elle avait pu emporté de chez son maître. Puis elle avait découvert Hermésis par hasard, et l'avait escaladé dans l'espoir d'y trouver un refuge temporaire avant d'y découvrir le village perché sur sa carapace. Là les habitants l'avaient accueillie et aidée. Ses vestiges de bibliothèques avaient au fur et à mesure fait ressuscité une vraie bibliothèque dans laquelle elle avait pu cacher les plus précieux documents de son maître.
“Par les escaliers.”
La jeune fille avait répondu comme s’il s’agissait de la plus pure évidence sans penser que l’orphe ne pouvait sans doute pas imaginer qu’une telle créature puisse s’escalader de la sorte. Alors sans plus d’explication la jeune fille le conduisit au pied de l’énorme crabe.

Au fur et à mesure qu’il s’approchait, un chemin tortueux se dessina sur l’unes des pattes avant d’Hermésis, mais encore, il fallait l’approcher de près pour le décerner. Il montait le long de sa patte déjà parsemé d’un peu de végétation. La jeune fille y invita l’orphe, l’attendant au cas où ce dernier serait encore effrayé par la créature. Puis elle le guida sur le sentier, qui s’enroulait le long du membre démesuré. Parfois quelques marches apparaissent par ci par là, tantôt creusé dans une roche tenant dans les imperfections de la carapaces, tantôt dans la carapace même du crustacé.

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Re: Sur le sable chaud

Messagepar Siobhán » 17 Jan 2017, 22:47

Siobhán jeta un coup d’œil sceptique à l’inconnue.
« Une bibliothèque ? » répéta-t-il un peu bêtement, comme si elle venait de lui annoncer quelque chose d’aussi étonnant que le fait qu’une ville ait été construit sur un crabe géant. Il aurait normalement fait un commentaire pour exposer son opinion des bibliothèques à son interlocutrice – les livres, c’était ennuyeux à mourir et pleins de poussière -, mais quelque chose l’en empêcha. Peut-être le fait qu’ils s’étaient mis à monter sur le crabe en question et que l’orphe fennec n’arrêtait pas de psychoter sur une chute éventuelle.

La montée n’était pas si dur, pourtant, et les tours de luxe dans lesquelles il s’était baladé longtemps à la Basse-ville n’enviait parfois rien à la hauteur de cette bestiole. Mais ce n’était pas pareil, mine de rien. A commencer parce qu’on se trouvait à l’intérieur, ou protégé par des rambardes et par l’immobilité complète du bâtiment. Monter sur un énorme crabe, ça semblait plus hasardeux. Qui sait s’il n’allait pas se piquer un sprint d’un seul coup et les envoyer par-dessus bord ? Il ne faisait pas trop confiance aux comportements imprévisibles des animaux. D’ailleurs, il n’aimait pas spécialement les animaux tout court. Si on lui avait pas offert ce chat, il n’en aurait jamais acheté un.

Alors pourquoi suivre cette fille là-dessus, sans même savoir ce qu’il y avait à voir ou à y faire et sans même la connaitre ? La seule réponse que Siobhán pu s’offrir à lui-même était qu’il n’avait rien de mieux à faire, et que ce machin bougeait, lui. Vers quelque part, au lieu de moisir au même endroit. C’était déjà au moins un point qui l’arrangeait bien.

Un peu avant qu’ils n’arrivent sur la carapace d’Hermesis, l’orphe eu le loisir d’admirer un peu le paysage qui s’étendait autour d’eux. Et s’il avait l’habitude de ne pas se laisser impressionner, il devait bien avouer que la vue qui n’en finissait pas de s’étaler à l’horizon était magnifique. D’autant plus avec ce coucher de soleil rougeâtre qui disparaissait, un peu comme une explosion qui éclairait la terre une dernière fois avant de les laisser dans l’obscurité. Et de fait, le temps qu’ils arrivent, il se faisait déjà assez tard pour qu’il ne reste de la ville que les lumières des foyers et le calme des soirées. Siobhán frotta ses bras énergiquement pour se réchauffer un peu. A Ohime Quinah, il faisait aussi toujours plutôt froid la nuit, mais Hermesis était en plus dans les hauteurs, et il faisait déjà pas mal frisquet alors que le soleil venait de se coucher.

Les maisons, en comparaison, avaient l’air beaucoup plus accueillantes. En tout cas pour les gens qui y habitaient et qu’on voyait à travers leurs fenêtres, en train de finir leurs repas ou de recoudre des chaussettes dans un fauteuil. Siobhán avait remarqué qu’ils passaient énormément de temps à recoudre des chaussettes, ailleurs qu’à la Basse-ville. Cela ne lui avait jamais passé par la tête qu’on pouvait faire autre chose que jeter une chaussette trouée. Au moins, à Ohime Quinah, ils ne risquaient pas de s’embêter avec ça…

Siobhán jeta un coup d’œil à la jeune femme qui l’avait accompagné jusque-là. Il ne savait pas trop quoi faire, à présent. Il fallait qu’il trouve un endroit où dormir et il n’allait sûrement pas quémander le gîte auprès d’elle. Si bien qu’il hocha la tête dans l’obscurité grandissante et se retourna complètement vers elle.
« Hé bien merci pour ça, heu… Je connais pas ton nom. » articula-t-il lentement, pas trop sûr de lui. Cela arrivait rarement, d’ailleurs, et l’orphe fronça un peu les sourcils sous le coup de ce sentiment étrange. Il attendit que l’inconnue lui dise comment elle s’appelait en attrapant son chat, qui se cala sur son épaule.
« Merci Lacrima. » répéta-t-il alors simplement, avant de s’éloigner dans la nuit.

La suite ici !

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