{DESTIN} Benedikt Bloom

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{DESTIN} Benedikt Bloom

Messagepar Sayah Cordylus » 06 Oct 2013, 12:14

Les portes du Destin
D'après une idée de Vrass Rannveig


http://nideyleforum.free.fr/concours/destin.pngLa saison estivale est terminée, et même s'il y a encore de belles journées, le temps commence à tourner. L'automne est là, chagrine et maussade bien que parée de ses plus beaux atours de feu et d'or. Quant aux Nideyliens, bien à l'abri dans leurs chaumières, ils se laissent aller à se souvenir de leur été. La plage pour certains, les longues heures à paresser au soleil, les fleurs et les parcs verdoyants. Et s'ils avaient passé davantage de temps à profiter des beaux jours ? S'ils décidaient de fuir vers le sud comme ces animaux migrateurs qui suivent la chaleur où elle se retire ? Si au contraire ils avaient toujours vécu dans les contrées les plus froides dépourvues d'été ? Les regrets et l'imaginaire se mêlent... et si...?

Et si votre passé avait été différent ? Quel serait votre Destin d'aujourd'hui ? C'est ce que vous propose de découvrir Sayah lors de cet évènement très... spécial.

Comment ça fonctionne ?
    Vous commencez dans une salle circulaire trouée de trois portes derrière lesquelles se trouvent trois « Destins » différents. Le but est de les ouvrir une par une, puis de rédiger un message qui décrira ce que serait devenu votre personnage s'il avait vécu selon le Destin proposé.
    Les trois Destins seront décidés ainsi :
    1. le premier est choisi aléatoirement par Sayah
    2. le second est choisi par vos soins
    3. le troisième est choisi par un autre joueur participant à l'événement
    Vous aurez un délai de dix jours pour rédiger chaque message.

Le vainqueur du concours sera élu par les membres du forum lors d'un vote, selon que les messages les auront fait rire ou les auront fait rêver, à leur appréciation personnelle.

Gains :
    Le gagnant fera l'objet d'un article dans le journal d'Onirie Tamitsuko.


Prêts ?

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Re: {DESTIN} Benedikt Bloom

Messagepar Sayah Cordylus » 06 Oct 2013, 12:31

Première porte : votre Destin choisi par Sayah !

Le bordel de votre enfance vous met sur le marché aux esclaves de Balaïne où vous êtes acheté par un pirate en quête de trésors et de pillages en tous genres.

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Re: {DESTIN} Benedikt Bloom

Messagepar Benedikt » 07 Oct 2013, 18:03

Benedikt s'arrête devant les trois portes, hésitant. Mais après tout, il ne risque rien, non ? Forcément, le botaniste est un peu plus méfiant parce que la dernière fois qu'il a cru qu'il ne risquait rien, il s'est retrouvé à écraser des zibelles à coup de tatane (même s'il ne l'avouerait jamais à Vrass, il y a un petit autel à la gloire sur la terrasse de tout ces pauvres animaux malmenés, quelques pierres empilés avec des fleurs).
Mais bon, il ne va pas rester planté dans ce hall pendant des heures, alors Benedikt choisit la porte de droite et l'ouvre précautionneusement. Prudence qui ne sert pas à grand chose parce que la lumière aveuglante qui règne derrière l'engloutit en une seconde et l'oblige à fermer les paupières.

« Hé, Béné ! »

Benedikt cligne des yeux, et baisse la tête. Il ressert instinctivement ses bras et ses jambes entrelacés dans les cordages ; à cette hauteur, il vaut mieux faire attention, mais l'habitude de faire la vigie lui a permis d'acquérir certains réflexes. C'est Till, le gamin qu'ils ont embarqué il y a quelques mois qui est en train de monter jusqu'à lui et qui arbore encore un sourire et un enthousiasme que Benedikt imagine disparaître dans moins d'un an. Le gamin a pratiquement décidé de le déclarer comme grand frère juste parce qu'il s'en est occupé lors de son arrivée histoire de lui apprendre les bases, mais il l'aime bien, c'est vrai. Il lui rappelle un peu lui-même quand il était plus jeune, et c'est agréable d'avoir un peu de respect, parfois. Certains marins apprécient Benedikt mais il n'a vraiment rien à proposer d'admirable, encore moins en piraterie qu'ailleurs, alors il est rare qu'on lui accorde de la valeur. L'orphe n'est jamais que l'homme à tout faire, et la seule différence entre lui et les rats qui courent dans les cales est qu'on peut lui refiler n'importe quelle tâche à faire.
La voix jeunette se fait entendre à nouveau et Benedikt lui tends une main pour l'aider à monter le reste pendant que le gamin continue, un peu essoufflé :
« P'tain, ça sert à quoi qu'on te mette là si tu rêvasses ? T'as de la chance que c'est moi ! »
« Oh, c'est bon, je n'étais pas en train de dormir, non plus ! Qu'est-ce que tu fais là ? »
« Je prends ta place. »
« Je peux rester là, c'est qui t'envoie ? »
« Béné, t'es là depuis six heures, laisse tomber. »
« Ne m'appelle pas comme ça... »
Mais l'orphe soupire - il le répète depuis des semaines et le garçon n'a pas l'air d'écouter, mais il n'a pas la force de l'engueuler pour un détail aussi futile -, et quitte son perchoir pour commencer à descendre.

C'est vrai que c'est assez ennuyeux d'être là-haut, mais c'est l'endroit préféré de Benedikt sur le bateau. Il y a de nombreuses raisons pour ça ; la vue, la tranquillité, l'odeur marine pour remplacer celle de la sueur et des bouillons dégueulasses que prépare toujours le cuistot avec ce qui reste à bord... et la liste continue encore longtemps. D'ailleurs la réalité semble lui donner raison, parce que le botaniste vient à peine de poser un pied sur le pont qu'il se retrouve de corvée de nettoyage de pont en compagnie d'un autre mousse.

Till redescends une heure et demi plus tard et saute pratiquement sur place en annonçant un port. Flûte, c'est vrai que c'est sa première vraie escale, à lui. Le temps qu'ils accostent à Balaïne, l'impatience de l'adolescent est plus grande que jamais et il fait déjà des plans sur ce qu'ils pourraient faire là-bas.
« Je ne descends pas, je n'ai pas de droit. » grommelle Benedikt, qui se remet à frotter avec un haussement d'épaules en voyant le gamin ouvrir la bouche aussitôt. « Et j'ai pas envie de me faire avoir par Malke en train de filer, il va m'étriper, alors je t'arrête avant que tu me propose ton idée stupide. »
« Pffff, je suis sûr qu'il s'en apercevrait pas. »
« Je m'y connais mieux que toi, oh. Je parle d'expérience. »
« Pourquoi ils veulent pas que tu descendes sur les quais ? »
« Le capitaine n'a pas aimé que je me fasse de l'argent dans son dos, tu es peut-être ici pour découvrir le monde mais pour moi, il a dépensé des sous, alors tu parles qu'il va me laisser disparaître en ville avec des économies. »

Benedikt n'ajoute pas que le capitaine a encore moins aimé que son achat se prostitue à chaque escales pour récupérer l'argent en question. Et qu'il a pratiquement pleuré de rage en voyant ses précieux ores changer de mains après qu'on ait fouillé sans délicatesse ses affaires personnelles - ou peut-être était-ce à cause des coups de fouets qu'il venait de recevoir -.
Cela n'a plus vraiment d'importance ; Benedikt n'a pas mis un pied à terre depuis six ans. Le roulis du bateau est maintenant plus naturel pour lui que la stabilité de la terre ferme. Ses cheveux sont constamment en fouillis à cause du vent et du sel, et le soleil a donné à sa peau une teinte plus mate qu'il n'aurait pu imaginer possible, même si pour le coup, il a l'occasion de s'amuser devant le contraste de ses fesses restées couleur porcelaine. Non que cela arrive très souvent, il faudrait déjà qu'il ait déjà un peu d'intimité parfois et ça n'existe que pour les haut placés, sur ce navire comme sur les autres ; Benedikt n'est pas très sûr de la dernière fois qu'il a changé de vêtements ou qu'il s'est lavé, en fait. Il préfère ne pas trop y réfléchir, en général.

Le jeune homme secoue la tête et regarde Till, un léger sourire se frayant un chemin sur ses lèvres.
« Allez, vas-y avant que je te trouve du boulot à faire ! Et ne raconte pas trop de bêtises dans les tavernes, s'il y a des soldats de Livian dans les parages, tu vas faire pendre ou décapité en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. »
Le gamin fait mine de partir aussitôt, mais s'arrête quelques secondes plus tard après avec un air pensif : « Tu veux que je ramène un truc ? »
Benedikt se fige complètement, surpris. On ne lui a jamais proposé et ce genre d'attention est assez rare pour qu'il n'y soit pas habitué : « Hein ? »
« Tu veux que je ramène quelque chose de Balaïne ? »
« Ah, heu... Je... Je veux bien un pot de miel si tu en trouves, s'il-te-plaît. »


La plupart des marins sont descendu sur le port et Benedikt lui descends dans les cales pour éviter qu'on ne le voit traîner sans rien à faire. Il pense vaguement à faire une bonne sieste de quelques heures ; il y a peu de chance qu'il arrive à dormir cette nuit avec tout ceux qui reviendront soûls comme des cochons. Pour s'aider à plonger dans le sommeil, Benedikt s'imagine souvent allongé dans une forêt, avec le chant des oiseaux et de toutes ces bestioles qui existent encore là-bas, mais il peut s’apercevoir que ses souvenirs deviennent au fur et à mesure de moins en moins concrets. L'orphe se demande parfois combien de temps il faudra pour qu'il oublie bel et bien le son du vent dans les arbres, le murmures des marchés bondés en villes ou l'odeur des draps tout frais qu'on vient de laver. Peut-être qu'il mourra d'une maladie quelconque ou que leur trois-mâts se fera couler avant ça. Peu importe ; Benedikt n'espère déjà plus un autre futur et laisse passer les jours comme autant de croix sur un calendrier.

Un aboiement retentit pourtant avant même qu'il ne tombe dans les bras de Morphée, et l'orphe grogne en se retournant dans son hamac. C'est la voix de Malke qui l'appelle encore une fois et ça ne veut jamais rien dire de bon. Est-ce qu'il a encore le temps de se faufiler de l'autre côté du navire ? Pas sûr, mais ça vaut probablement le coup d'essayer rien que pour embêter le vieux marin acariâtre. Benedikt se glisse dans l'ombre le temps d'écouter un nouveau hurlement, histoire de savoir de quelle direction ils viennent et détale à l'opposé, le bruit de ses pas étouffés par les craquements du bois. Mais au bout de la coursive des officiers, le jeune homme s'arrête brusquement au lieu de monter au pont supérieur. Une des portes en chêne l'attire irrésistiblement et malgré le fait que l'orphe sait mieux que d'aller fureter dans les cabines des officiers, il finit tout de même par tourner la poignée, le cœur battant.

Ébloui, Benedikt trébuche et tombe par terre. Il met quelques secondes à réaliser où il vient d’atterrir, le souffle court. Un petit hall avec trois portes en bois massif, et le botaniste se relève doucement, jetant un coup d’œil à celle en chêne qui se trouve juste derrière lui. Comme quoi, il a toujours eu raison en pensant qu'il aurait pu tomber plus mal.

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Re: {DESTIN} Benedikt Bloom

Messagepar Sayah Cordylus » 07 Oct 2013, 20:17

Seconde porte : votre Destin choisi par vos soins !

En une phrase au début de votre message, résumez le Destin que vous avez choisi, puis vivez-le.

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Re: {DESTIN} Benedikt Bloom

Messagepar Benedikt » 08 Oct 2013, 02:52

Benedikt grandit à la Basse-ville.

* * * * * * * * * * * * * *

Dire que Benedikt conduisait mal était un euphémisme. Benedikt conduisait comme si on avait mis un enfant de trois ans bipolaire derrière un volant. Il n'avait jamais qu'une main sur le volant, ne regardait que rarement la route devant lui, grillait les feux rouges, roulait bien trop vite, et pilait parfois en plein milieu d'un carrefour pour éviter qu'un moustique ne s'écrase sur le pare-brise de sa twingo. Une blague qui circulait parmi ses amis disait qu'il avait probablement tellement traumatisé le type qui lui avait fait passé le permis que celui-ci le lui avait donné sans se rendre compte de ce qu'il faisait.
La triste vérité était qu'on ne trouvait pas d'autres explications. Mais ce n'était qu'un mystère parmi d'autres, finalement, par exemple, comment le prudent, responsable Benedikt Bloom pouvait-il ignorer 87% des panneaux stop qu'il croisait, ou, le plus incompréhensible : comment était-ce possible qu'il n'ait jamais eu qu'un seul accident de toute sa vie, consistant en un rétroviseur cassé lors d'un créneau mal géré ? C'est un coup à croire en Alrik et Amroth, ça.

Cette fin d'après-midi est une nouvelle manifestation paranormale, puisque Benedikt gare sa voiture devant son immeuble après un trajet sans encombre - à part avoir terrifié quelques autres conducteurs -. Le jeune homme monte les quatre étages jusqu'à chez lui en chantonnant, et enlève manteau et chaussures après avoir laissé sa sacoche par terre dans l'entrée.
Son appartement est minuscule, une boite à chaussure où le salon sert de chambre une fois la nuit tombée et le canapé convertible déplié, mais le jeune homme aime bien son petit chez-lui aux frontières de la Basse-ville. Avoir l'occasion de regarder la télé au lit, c'est quand même du grand luxe, non ? Et puis le ménage est facile à faire. C'est toujours mieux que son logement des ghettos de l'époque où il était étudiant, ça c'était un vrai taudis, même s'il avait plutôt bien sympathisé avec les cafards du coin.
Ici il y a même un petit balcon, envahi par une colonie de plantes qui ont toutes des prénoms, malgré le déni total de Benedikt lorsqu'on lui pose des questions sur la feuille accrochée sur la porte du frigo avec les dates d'arrosage. En face, un mur entier est recouvert des mêmes feuilles A4 blanches, mais cette fois recouvertes de dessins multicolores plus ou moins indéchiffrables et rigolos, où son prénom est généralement inscrit en compagnie quelques fautes d'orthographe.

Benedikt attrape une pomme dans la corbeille à fruit et se remplit un verre de jus d'orange pour aller s'affaler sur le canapé, puis allume la télé pour chercher sa chaîne de documentaire préférée. Une sonnerie retentit pourtant au milieu de son zappage intensif, et le jeune homme lâche la télécommande afin d'attraper le téléphone sans fil qui traîne sur l'accoudoir du canapé.
« Allo ? … Ah, salut Joan ! … Mm-mh, ça va, je viens de rentrer du boulot... Hein ? … Non... Je... Ah... Oui... J'en avait marre, ça ne servait à rien de continuer comme ça. Ça fait la troisième fois qu'on se remet ensemble en six mois... Oui, j'ai même récupéré mes affaires qui traînaient chez lui le week-end dernier... Non mais... »
Une moue boudeuse apparaît sur le visage de Benedikt et il soupire, le regard perdu dans les formes vagues de la télévision sans qu'il ne cherche à comprendre ce qu'elles représentent. Son interlocutrice continue pendant un petit moment avant qu'il ne l'arrête en se redressant, l'air scandalisé :
« Ah n'importe quoi, alors là, ça n'a rien à voir ! On a commencé à se disputer à cause d'un truc stupide, d'accord mais... … Non ... Non mais sérieusement, il commence à me faire un discours sur ma coupe de cheveux qui fait ghettos, il paraît, et il parlait comme si j'étais un gamin à remettre dans le droit chemin et il m'énerve, il fait ça tout le temps, tu l'as déjà vu... Oh ! Tiens, je ne t'ai pas raconté ? Hier j'avais rendez-vous avec une parent d'élève, et j'étais resté avec un de mes gamins parce qu'on n'était pas encore venu le chercher, et donc, elle arrive dans ma classe, et nous sourit avant de me sortir « Dites les enfants, je cherche monsieur Bloom, vous sauriez où il est ? » et là je me redresse et je me présente, tu aurais vu sa tête, ahah ! … Héhé, non, elle s'est excusé pendant une demi-heure de m'avoir pris pour le grand frère, la pauvre, et... »

La phrase de Benedikt se perds en même temps que son attention absorbée momentanément dans le petit écran qui montre une rediffusion de Mister Nideyle. Ils sont en train de montrer le tatoueur des Ghettos, et il doit bien le reconnaître, il vends bien son commerce, ce type, avec l'apparence qu'il a... Mais au bout du fil, on s'impatiente et Benedikt retourne à ses moutons, vaguement conscient de l'idée nouvelle qui vient de germer dans son cerveau.
« Ah, oui, excuse-moi, non, je suis là. J'ai la télé allumée. … Huh... Non... Non, je n'ai pas dit ça pour rire. Il me prends pour un idiot et en plus, il se croit le droit de gérer ma vie à ma place, comme si avec sa petite vie de fils de bourgeois bien propret, il avait toujours raison... Oui bah, résultat, c'est lui qui vient pleurnicher sur ton épaule pour se plaindre alors il peut aller se faire voir avec son rôle de grand garçon mature, hein... Mm-mmmh... Non mais il s'excuse toujours... Ça l'empêcheras pas d'aller voir ailleurs dans quelques jours, ne t'inquiète pas pour ça... … Peu importe... Hé, je te signale qu'il s'excuse peut-être, mais il le fait jamais devant moi, alors tu parles d'excuses, moi j'y croirais quand je l'entendrais de mes propres oreilles, hein... … Hein ?! Quel connard ! Il ne m'a jamais raconté ça ! »

Les pubs défilent devant les yeux de Benedikt qui mâchonne avec mauvaise humeur un morceau de pomme, et deux types tatoués qui se battent dans une pub pour du parfum réveillent définitivement l'idée qu'il vient d'avoir. Il se mords la lèvre, perds le fil des paroles de son amie qui blablate dans le téléphone, jette un coup d’œil à sa montre et à nouveau à la télévision où quelques tatouages s'élargissent en même temps que des biscotos en grand plan.
« Heu, Joan, en fait il faut que j'y aille. … Faut que je me dépêche pendant que la boutique de tatouage des Ghettos est encore ouverte. » Le jeune homme attrape les clefs qui traînent sur la table basse et appuie avec énergie sur le bouton rouge de la télécommande, un demi-sourire flottant sur son visage.
« M-mh, non, j'en avais envie depuis un moment mais là, c'est le bon moment. … Ouais, d'accord, c'est un peu pour embêter Pryam, mais tu sais quoi ? Ce sera la preuve que je passe à autre chose, vas-lui dire ça, à l'autre BCBG qui ne supporte pas les piercings et les tatouages et comment je me coupe les cheveux. »
Benedikt coince le combiné entre son épaule et son oreille et attrape une chaussure pour l'enfiler.
« Ah, un scarabée ou un truc comme ça, je vais lui demander ce qu'il peut me faire, on verra après où... Il est sensé être talentueux, on verra bien si c'est vrai ! M-mh... Bon, j'y vais, à plus tard, bisoux ! »

Benedikt laisse le téléphone sur le comptoir de la cuisine et s'enfouit dans son manteau, puis passe la porte de son appartement qui se referme derrière pour se retrouver dans...
Un hall avec trois portes. Le botaniste se retourne sur celle derrière lui, et referme son poing dans le vide où des clefs se trouvaient encore quelques secondes auparavant. Puis la surprise passée, esquisse un sourire en baissant les yeux sur ses poignets décorés d'encre noires.

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Re: {DESTIN} Benedikt Bloom

Messagepar Sayah Cordylus » 08 Oct 2013, 19:52

Dernière porte : votre Destin choisi par un autre participant !

Que serait devenu ton personnage s'il avait été élevé par ses deux parents ?
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Re: {DESTIN} Benedikt Bloom

Messagepar Benedikt » 11 Oct 2013, 02:09

Benedikt s'allonge et pose sa tête sur les genoux de sa mère qui passe tranquillement une main dans ses cheveux, un sourire aux lèvres. Ce n'est aucunement une surprise pour eux deux de se retrouver dans cette situation ; chaque fois que son fils revient les visiter, ils attendent la fin du dîner pour aller s'asseoir sur le banc en bois devant la maison, Benedikt raconte ses dernières aventures dans les moindres détails et demande conseil pendant que sa mère démêle les boucles brunes qui s'entrelacent entre ses doigts. Il finira forcément par s'endormir au bout d'un moment, et si elle le prenait dans ses bras pour aller le mettre au lit lorsqu'il était enfant, elle le réveille maintenant doucement pour qu'ils rentrent tout les deux à l'intérieur et que Benedikt dise au revoir à tout le monde avant de partir.

Aujourd'hui pourtant, il ne rentrera pas seul. C'est la première fois qu'il vient avec Gabriel et c'est probablement pour ça que sa mère pointe une oreille vers l'entrée de la maison derrière eux avant de reprendre leur conversation.
« Hé bien, il faut croire que ce Noël était plus calme que le précédent... » rigole-t-elle doucement.
« M-mmmhh... J'espère juste que Finn n'est pas en train d'être irrespectueux envers Gabriel pendant que j'ai le dos tourné. »
« Ne lui en veut pas trop... Tu sais comment est ton frère.... Il n'est jamais surpris, il se met en colère et raconte plus d'idioties que ce qu'il ne pense... »
« Oui... Oui, je sais bien... Il me l'a bien rappelé l'année dernière. »
Son fils soupire et grimace un peu. « J'avoue que je n'avais jamais pensé que ce serait avec lui que j'aurais le plus problème. »
« Oh, hé bien, ce n'était pas vraiment une surprise pour moi, alors... »

Benedikt se redresse brusquement et fixe sa mère avec de grands yeux pendant qu'elle se met à rire devant sa réaction. « Pardon ?! »
« Je te connais trop bien, je n'avais pas besoin que tu m'expliques quand tu t'es mis à mentionner ce garçon, Benedikt. »

Le jeune homme reste silencieux une seconde avant de répondre.
« Tu l'avais dit à Papa, hein. Il n'avait pas l'air vraiment surpris. Il fait mal semblant. »
« J'ai pensé qu'il lui serait utile de savoir ce qu'il se passe dans la vie de son fils. Pourquoi, est-ce que tu m'en veux ? »
« Non... Je suppose que je devrais plutôt te dire merci. Je n'étais pas vraiment sûr de devoir vous en parler ou pas... Mais ça m'embêtait de vous cacher des choses importantes... »

« Oh, comme si tu ne nous avais pas fait des annonces plus étonnantes ! Celle-là me rassure plus qu'autre chose, je préfère que mon fils ait quelqu'un sur qui compter dans cette ville étrange. »
« Non mais je rêve... » murmure Benedikt avec un demi-sourire.
Mais malgré ça, Hazel Winther n'a pas tort en déclarant qu'elle et son mari ont eu tout de même leur lot de surprises avec leur deuxième fils qui a pointé son nez dehors plusieurs semaines avant la date à laquelle ils l'attendaient. Et avec son frère orphe tigre, comme son père, on s'attendait au pire à ce que Benedikt soit un orphe renard comme sa mère ; il n'a pourtant pris que les mêmes yeux en amande et les lèvres pleines de celle-ci. Aucuns crocs ni oreilles duveteuses, mais des antennes comme deux petites plumes enroulées sur elles-mêmes en remplacement. Malgré ça, ils n'ont jamais agis différemment envers leur fils et celui-ci leur en est reconnaissant.
Benedikt resserre la couverture en laine de ses épaules pour échapper au froid de l'hiver, le regard perdu dans les arbres qui s'étendent à perte de vue autour d'eux.

La maison des Winther se trouve au fin fond d'une forêt, à mi-chemin entre Banba et Aspasie, pas très loin de deux lacs qui sont pratiques pour aller pêcher même s'il s'agit d'aller y passer la journée. Elle n'est pas très grande, n'accueille que deux chambres et une salle à manger où se trouve aussi la cuisine, mais ne manque pas de confort malgré son emplacement. Deux cabanes complètent l'ensemble, l'une avec une salle de bain aussi moderne que ce qu'on peut trouver en Païlandune et l'autre avec un atelier. Ils n'ont pas réellement de jardin quand la nature qui les entourent suffit à faire pousser des parterres de fleurs au printemps dans leur clairière.
Benedikt se souvient encore très bien de ses après-midi à explorer les environs. Cela fait maintenant des années qu'il est parti d'ici, mais à l'époque il connaissait tout les terriers et les nids autour de la maison et ce qui s'y cachaient, savait dans quels endroits on trouvait les meilleures mûres à la fin du mois de septembre et pouvait différencier plusieurs dizaines de traces de pattes d'animaux différentes.

Son père est un souffleur de verre qui fabrique autant des pièces de verreries traditionnelles que des bijoux, et comme il grave tout aussi bien le verre en question, ses créations se vendent bien. Lui ou sa femme font le voyage jusqu'à Aspasie ou Banba une fois par semaine pour les vendre sur les marchés, et il est rare que leurs enfants ne les accompagnent pas. Benedikt adore la ville, si colorée et pleine de surprise, mais le gamin froussard qu'il est devant l'inconnu ne s'éloigne jamais de ses parents, contrairement à son frère qui a six ans de plus et est un adolescent bien confiant.
(Pourtant, à quinze ans, Benedikt n'accompagne plus ses parents aux marchés mais préfère dévaler les sous-bois en compagnie d'un Jackalope qu'il a sauvé tout jeune quelques années plus tôt. Il a une fourrure brun-rouge magnifique, des yeux perçants, et le jeune garçon est terriblement triste quand celui-ci meurt de vieillesse.)
Peut-être à cause de cela, il n'aime pas trop chasser, et avoir une ouïe et un odorat beaucoup moins développé que le reste de sa famille n'aide pas. Il se montre en revanche encore plus talentueux que son frère pour manier le sable et la chaux, et comme les pièces de verre de Linden Winther sont reconnus maintenant jusqu'à Ephtéria, Benedikt se voit offrir un travail là-bas dans une boutique familiale espérant faire repartir leur petit commerce qui manque de clients depuis quelques temps.

Le jeune homme s'aperçoit pourtant vite à quel point les villes sont différentes de ses visites de lorsqu'il était enfant. Il connaît parfaitement les lois de la nature mais trop peu celles des hommes, incertaines et non-dites. Son ancien terrain de jeu était aussi grand que ses pieds lui autorisaient et Benedikt n'a jamais connu que la liberté de faire ce qu'il voulait tant qu'il était capable d'en assumer les conséquences.
À Ephtéria, les règles du jeu ont changés et lui sont aussi incompréhensibles que s'il venait atterrir sur une autre planète. Benedikt n'aime porter ni chaussures ni chaussettes, et même sa mère avait abandonné l'idée de lui faire porter des pantalons lorsqu'il était enfant sous ses protestations - c'était inconfortable, ça le dérangeait pour courir -, confectionnant les robes les plus simples pour son fils. Maintenant même les sarouels et les tuniques larges plus passe-partout qu'il porte ne suffisent pas à faire taire les remarques qui tente de lui rappeler sa place de commerçant. Ici, on demande aux gens de se comporter selon leur rang, leur sexe, leur âge, et bien d'autres détails auquel il n'a jamais fait attention. Benedikt ne sait tout simplement pas quoi faire de son ignorance et de son innocence, et réagit encore plus mal à l'idée que sa nature orphe pose problème. Le jeune homme n'a pas l'habitude du rejet des gens, et pour être honnête, n'a pas vraiment l'habitude des gens tout court.
Loin de s'adapter à ce monde nouveau, la situation empire progressivement jusqu'à ce qu'un jour, Benedikt disparaisse sans signes avant-coureurs ; à partir de là, plus personne n'a de nouvelles de lui. Il ne réapparaît que quatre ans et demi plus tard, accompagné de deux profondes cicatrices sur une joue et d'un mutisme obstiné sur ce qui s'est passé.

Le jeune homme ne s'approche plus vraiment des villes après ça, mais un jour, ses pas le conduisent jusqu'à la Basse-ville, et celle-ci a raison de sa curiosité. Elle n'a pas qu'un Dôme surprenant pour l'impressionner, et le jeune homme s'arrête après une ou deux heures de balade dans une petite boutique de fleurs pour prendre le temps d'intégrer un peu toutes ces merveilles inconnues et impossibles. Contre toute attente, le fleuriste qui gère l'endroit finit par lui offrir un travail, mais pas seulement ; il aura aussi la patience et la volonté nécessaire pour gagner la confiance puis l'affection de Benedikt qui décide de s'installer là-bas.
Les mœurs de l'état Atlante sont moins rigides, aussi il lui est plus facile de s'intégrer, mais il serait plus exact de préciser qu'il ne passe qu'assez peu de temps à la Basse-ville en dehors de la boutique de fleurs et de l'appartement de Gabriel qui se trouve juste au-dessus. La perle de Sayah lui permet de passer de longues journées dans la campagne de Païlandune. Et seulement parfois, lorsque l'envie lui vient, Benedikt s'habille à la manière des gens d'ici et va au supermarché s'émerveiller, ou se balader un peu.

Mais ce soir, le jeune homme est loin de la Basse-ville et apprécie le calme particulier de la forêt où il a passé toute son enfance, recouverte par une neige immaculée qui donne un esprit de Noël assez sympathique.
« Viens, rentrons. Je commence à avoir froid. » La voix féminine brise le court silence et Benedikt enlève sa couverture pour la mettre par dessus celle qui enveloppe déjà les épaules de sa mère, avant de se relever.
« Garde-ça, tu vas tomber malade, je n'en ai pas besoin ! » proteste-t-elle avec surprise.
« C'est toi qui vieillit, maman, moi ça ira très bien ! »
« Oh, mais faites des enfants, je vous jure. »
- Mais son sourire prouve qu'elle n'est pas réellement offensée, et Benedikt pousse la porte d'entrée qui étouffe le rire grave de son père.

De l'autre côté, sans surprise, se trouve un hall avec trois portes. Mais le botaniste reste planté là un petit moment dans l'encadrement de la porte baignée d'une lumière aveuglante, avant de la refermer avec précipitation. Oh. Ce n'est plus très drôle, d'un seul coup.

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Re: {DESTIN} Benedikt Bloom

Messagepar Sayah Cordylus » 13 Oct 2013, 01:09

Félicitations, vous êtes venu à bout de vos trois Destins !

Le vainqueur de cet événement sera déterminé lors d'un sondage. En attendant les dernières participations et le début des votes, votre sujet reste ouvert pour toutes modifications (correction des fautes, etc).
Sayah Cordylus vous remercie pour votre participation.

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Sayah Cordylus
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