Pause repas avec escorte : bienvenue au 114bis

Érigés à l'extérieur de la Basse-Ville et de la protection du Dôme, ils sont un curieux mélange de cahutes sommaires et de bâtisses tout à fait décentes. Ils sont nommés ainsi à cause de l'enchevêtrement des maisons, et parce que les habitants y sont peu nantis.

Pause repas avec escorte : bienvenue au 114bis

Messagepar Benedikt » 23 Avr 2013, 02:26

Précedemment

En fait, j'ai déjà réussi ce défi fou là. ^^

« Oh, j'ai travaillé bien plus pour moins que ça ! » répondit en riant Benedikt. « Ce n'est pas comme si j'avais trop les moyens de protester. »
Surtout vu la façon dont le botaniste signait les multiples contrats de travail qu'il avait vu passé sur son nez sans même les lire. Bien sûr, il y avait le fait qu'il n'avait pas l'habitude de faire ça avant de s'installer à la Basse-ville et donc qu'il acceptait simplement ce qu'on lui demandait de faire – ils savaient mieux que lui, sans doute -. Et puis il y avait aussi que Benedikt n'avait en général aucune idée de la valeur du travail qu'il pouvait fournir. Surtout quand de nombreux boulots en Païlandune était rémunérés en nature, parfois en proposant nourriture et logement en échange.

Hochant la tête quand Viktor annonça le moment de partir, Benedikt récupéra son manteau plein de plumes, qui avait le mérite de faire semblant de lui donner moins l'air d'un gamin à côté de l'imposant lieutenant aux muscles de catcheur. Minute, non, cela donnait simplement l'impression d'un moineau à côté d'un ours. Mais le botaniste n'allait pas s'en désespérer, pas aujourd'hui, il avait eu le temps de s'y habituer en partie avec Vrass, et puis il était de trop bonne humeur pour s'en préoccuper.
Le 114, le 114... C'était où déjà ? Il avait forcément vu cette pancarte quelque part, mais comme il n'était pas sûr de ses souvenirs, et encore moins de son sens de l'orientation, il laissa Viktor les conduire jusqu'au bar en question. Benedikt pouvait comprendre pourquoi il l'avait choisi, ce n'était pas très loin du commissariat. En revanche, niveau ambiance... C'était un poil plus étrange. Le botaniste n'arrivait pas à mettre le doigt dessus, ça lui rappelait quelque chose mais il n'y avait rien de spécial dans l'établissement pour l'instant pour le mettre sur la voie. En attendant, Benedikt ne s'en inquiétait pas, trop occupé à essayer de deviner s'ils servaient ici des hamburgers.

Dieu qu'il avait envie d'un assemblage de nourriture pleine de gras entre deux tranches de pain ! Il était clair que cela complétait parfaitement son salaire de misère, si Viktor lui offrait une merveille pareille. Même si le botaniste n'était pas vraiment à l'aise avec l'idée qu'il le lui paye. Déjà, Vrass n'allait peut-être pas aimer ça – mais bon, est-ce que c'était vraiment utile de lui préciser des détails aussi débiles ? -. Et puis, c'était une question de principe, Benedikt ne se faisait pas offrir des trucs par des inconnus ou des gens qu'il connaissait aussi mal. Ça ne faisait ni très indépendant, ni très viril, et puis cela lui donnait l'impression de lui devoir quelque chose en retour.
Mais bon, Viktor avait insisté et le botaniste n'avait pas envie de s'embêter à faire des histoires, alors tant pis. Il n'allait pas en mourir, et son porte-feuille allait apprécier.

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Re: Pause repas avec escorte : bienvenue au 114

Messagepar Viktor Zacharias Kobalt » 24 Avr 2013, 21:53

Oui Vrass me l'a dit après. Du coup faudra lui laisser ouvrir les nouveaux sujets sur la mission d'Arkham le Poulpe :p Sinon comme normalement le 114 est dans la Basse-Ville j'ai un peu triché pour justifier qu'on se retrouve dans les Ghettos. Je te laisse décrire l'ambiance des lieux si ça te tente ;)


Viktor ne répondit pas, tout simplement parce qu'il en trouva rien à dire. C'était vrai qu'à trop baigner dans le confort de la Basse-Ville, il n'avait pas la même appréhension de la valeur du travail. Ici les salaires étaient fixes, que l'on soit un flic zélé plein d'entrain ou un gros flemmard avec un poil dans la main tellement grand qu'il pouvait servir de canne... Du coup, les gens avaient pris l'habitude d'être payés à ne rien foutre, et estimaient normal qu'on les paient encore plus le jour où ils faisaient effectivement un effort. C'était un peu comme réclamer des aides sociales et trouver scandaleux de ne pas y avoir droit sous prétexte qu'on avait un peu d'argent de côté. Oui mais ces aides là, elles étaient faites pour ceux qui n'avaient rien... Vraiment rien. Mais allez expliquer aux gens la différence entre le minimum pour survivre et de l'argent de poche.

Soupirant de lassitude, le lieutenant attendit que Benedikt ait enfilé son plumage pour sortir. Dans le hall bruyant et animé de l'accueil, il s'arrêta un quart de seconde comme pour écouter une conversation, l'attention attiré malgré lui par deux trois propos qui lui firent froncer les sourcils. Mais sans piper mot, il se dirigea vers la sortie et bifurqua aussitôt vers le portail, direction... ben direction il ne savait pas trop où.

« Changement de programme... Lança-t-il au petit botaniste qui trottinait à côté de lui pendant qu'il faisait de grandes enjambées. C'est pas que j'aime pas les collègues mais ça me fait chier de les avoir dans les pattes en dehors du boulot... et y'en a deux en partance pour le 114 là. Comme s'il venait de décider tout à coup où il allait, il reprit une marche plus soutenue et s'engouffra dans diverses ruelles que Benedikt n'aurait sans-doute pas emprunté tout seul. Y'a un p'tit bar dans les Ghettos, ça s'appelle le « 114 bis » - quelle imagination - C'est un cousin germain éloigné beau-frère avec la tante de qui le tient. J'ai pas bien compris le lien de parenté, mais bon apparemment les deux patrons se connaissent. C'est plus petit, mais on y bouffe bien. »

Voilà pour les explications. Et en même temps, il était de la police Benedikt, pour lui demander de se justifier ? Non... mais d'un autre côté, il n'avait rien demandé du tout en fait. Les poings enfoncés dans les poches, Viktor consentit à ralentir un peu l'allure. Il colla son badge sous le nez d'un des types du poste de sécurité nord et s'engouffra dans les ruelles anarchiques des Ghettos. À gauche, à droite, tout droit, et finalement, le « 144 bis » leur fit l'honneur d'apparaître juste sous leur nez.

Viktor y entra sans hésiter - mais il n'était pas du genre à hésiter de toute façon - et alla s'installer à une table au pif, pour deux. Repas en tête à tête. Chiche que Vrass se pointe ? Une serveuse leur apporta les cartes et leur demanda aussitôt s'ils souhaitaient boire quelque chose.

« Une Colère d'Amroth pour moi. » Commanda aussitôt Viktor.

Et le vendeur de graines, il prendrait quoi ?

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Re: Pause repas avec escorte : bienvenue au 114bis

Messagepar Benedikt » 25 Avr 2013, 12:06

« Je vais prendre de l'hydromel, s'il-vous-plaît. » ajouta Benedikt derrière la commande de Viktor qui devait très bien connaître les lieux pour être aussi assuré. Ou alors c'était juste comme ça qu'était tout le temps le lieutenant, et ça n'aurait pas été très étonnant.
« Heu, je ne crois pas qu'on ait ça, désolé. Vous êtes sûr que ça existe ? »
« Oui ? Peut-être pas ici... Heu... » Trop tard pour lire la carte des boissons posée sur la table, le botaniste lisait trop lentement. « La même chose que lui ? »
Après tout, la colère d'Amroth ne pouvait pas être si mauvaise que ça, et puis cela faisait penser le botaniste à Vrass.

La serveuse resta pourtant un instant à l'observer, se balançant inconfortablement d'un pied sur l'autre alors qu'elle essayait de deviner si Benedikt était mineur ou non, parce que même s'il y avait un adulte avec lui, elle n'avait pas le droit de lui vendre de l'alcool. Benedikt lui ne connaissaient que trop bien cette situation et sortit un papier plié en quatre de son sac en soupirant. Il n'avait pas de carte d'identité, trop réticent à remettre un seul orteil au service de l'immigration où il aurait dû se rendre depuis des mois pour être complètement en règle. Mais à défaut, il avait gardé le papier qu'on lui avait donné au cas où la police ou une entreprise lui demandait quelque chose. Même s'il n'y avait pas sa date de naissance complète, Benedikt ne la connaissait pas à cette époque-là, il y avait au moins l'année et c'était assez pour convaincre tout le monde. Vu la manière dont il avait dû se battre avec la secrétaire de l'immigration pour la persuader de sa bonne foi en ce qui concernait son affirmation, il estimait l'avoir bien mérité.
Elle lut ce qu'on lui tendait avec un nouveau embarras quand elle fit le calcul, et ne chercha pas plus loin maintenant qu'elle avait sous les yeux un document officiel et le visage plus sérieux et soudainement plus âgé du botaniste devant elle. Il était vrai que ce n'était pas tant le visage de Benedikt en lui-même qui lui donnait l'air d'un gamin mais plutôt les expressions enfantines et accentuées qu'il avait constamment.

La serveuse revint quelques minutes plus tard avec deux verres qu'elle déposa sur leur table avant de leur demander ce qu'ils prendrait avec ça ; une réponse positive à la demande de hamburger du botaniste apporta un air enchanté sur son visage.
Malheureusement, elle partit rapidement après la commande du lieutenant, et un silence inconfortable s'installa entre Benedikt et ce dernier. Forcément, l'un n'était pas très bavard, et l'autre avait bien de nombreux sujets de discussion, mais qui semblaient tous s'étaler de « plutôt personnel » jusqu'à « très indiscret ». Le botaniste n'était finalement pas très sûr de savoir maintenant quelles limites il pouvait mettre à ses questions, et épousseta ses vêtements inutilement. Il n'avait vraiment pas l'habitude de manger avec ses employeurs. En fait, cela ne lui était jamais arrivé. C'était un peu bizarre, finalement, et ce même si ce n'était pas être professionnel qui l'avait étouffé jusque-là.

Benedikt finit éventuellement par rassembler son courage pour regarder le lieutenant et ouvrit à nouveau la bouche pour parler de ce sujet qui lui brûlait la langue depuis un moment :
« Hmmm, vous n'êtes pas obligé de me répondre si c'est trop personnel, bien sûr, mais... Il y a une question que je me pose depuis tout à l'heure, parce que... Vous avez une fille, mais vous ne portez pas d'alliance, et il n'y a pas de photos de votre femme ni rien sur votre bureau, alors... »
Le botaniste s'arrêta là en rougissant, après tout, Viktor lui expliquait ce qu'il voudrait.

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Re: Pause repas avec escorte : bienvenue au 114bis

Messagepar Viktor Zacharias Kobalt » 26 Avr 2013, 19:05

Un Hydromel, rien que ça. C'était pas un truc du genre boisson des Dieux ce machin là ? Retenant un sourire, Viktor se contenta d'observer les réactions du gosse qui - pris au dépourvu - se rabattit sur un « La même chose que lui » de secours pas forcément judicieux. Bien, ça promettait d'être marrant, à condition que la serveuse veuille bien lui en vendre. Viktor se demanda d'ailleurs vaguement si la jeune femme procédait toujours à ce genre de vérifications ou si c'était juste parce qu'il était là... Dans le genre, vendre de l'alcool à un mineur devant un flic, ça risquait de lui coûter son poste, quelque chose comme ça.

Bref, après avoir froncé les sourcils sur le papier que lui agitait le botaniste sous le nez, la petite dame consentit à noter « Colère d'Amroth » sur son calepin et s'éclipsa vers le bar. Lorsqu'elle revint vers eux avec leurs boissons que Viktor accueillit avec un sourire, elle nota un hamburger pour Benedikt et une assiette de nuggets de Pimenko pour Viktor, avec la portion de frites à volonté qui allait avec. Pour éteindre le feu, qu'ils disaient.

Mais avant que la nourriture arrive, et alors que le lieutenant allait demander au botaniste s'il savait au moins de quoi était composée une « Colère d'Amroth », une question assez personnelle vint froncer sa cicatrice. C'était obligé d'aborder des sujets qui fâchent ? Un coude sur la table et l'un de ses gros doigts jouant à essuyer le tranchant de son verre où brillait un liserai de sucre, Viktor se mit à réfléchir très vite. Plusieurs options se présentaient. La plus usité de sa part aurait consisté à envoyer Benedikt sur les roses. Sinon il pouvait aussi le coffrer, ou lui coller une beigne. Plus nul, il pouvait feindre une surdité passagère, changer de sujet, se barrer sans payer. Ou alors il pouvait répondre, mais ça demandait de la patience et de la maîtrise de soi. Les souvenirs de ce genre, c'était toujours assez chiant à gérer.

« Vrass Rannveig a un fils, mais il ne porte pas non plus d'alliance, et je crois pas qu'il y ait de photo de lui ou de toi dans sa boutique, hum...? Tout ça pour dire que chacun avait ses raisons, et qu'il était pas un cas unique. Non mais. Divorcé. » Admit-il quand même, estimant que ça suffisait à tout expliquer.

Que le gosse pense pas qu'il était veuf et malheureux non plus. Léchant le sucre sur son doigt, il s'occupa les mains et l'esprit en avalant une première gorgée de son cocktail. La première était la meilleure, toujours. En reposant son verre, il pointa du doigt les différentes strates de sa boisson et entreprit d'expliquer à Benedikt ce qui l'attendait. Ça tombait bien, il était botaniste... et Viktor avait envie de voir à quelle vitesse il allait regretter d'avoir pris la même chose que lui.

« Liqueur d'Argus, même s'ils te diront que c'est de l'eau... Sourit-il en désignant le liquide translucide qui semblait flotter sur le dessus. Ensuite ils te mettent un jus de piment d'Amroth jaune pour t'éviter de ressortir bourré comme un coing... Le doigt visait chaque fois en dessous. ... et un jus de piment d'Amroth rouge pour désinfecter la tuyauterie, mélangé à du Cuminacée. Ou de la Cuminacée, j'ai jamais su. »

Inutile de s'étaler sur la petite baie qui flottait au fond du verre, Benedikt reconnaîtrait sans peine une Pommenelle. Pour éviter de se faire griller par sa femme ou son patron, sûrement. En attendant, effet explosif garanti. Alors, cap ou pas cap de le boire ? Viktor avait hâte de voir ça.

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Re: Pause repas avec escorte : bienvenue au 114bis

Messagepar Benedikt » 27 Avr 2013, 00:01

Le botaniste faillit faire remarquer que Nathan, ce n'était pas leur fils à eux deux donc ce n'était pas pareil, hein, oui parce que c'était pas comme ça que la nature marchait. Même si c'était vrai qu'il n'y avait ni la photo de Nathan ni la sienne dans la boutique de tatoueur, ce qui était bizarrement vexant dit comme ça. Mais la suite de la réponse du lieutenant l'avait déjà fait stopper dans ses pensées.

« Oh, heu... D'accord. » répondit Benedikt tout bas en baissant un regard très embarrassé sur son verre. Mon dieu, qu'avait fait sa femme, ou lui, pour qu'ils divorcent ? C'était particulièrement gênant. Ou alors c'était un truc assez banal à la Basse-Ville. Vraiment bizarre. Mieux valait ne rien demander, donc. De toutes manières, au pire il aurait eu une histoire horrible à entendre, au mieux ce serait des disputes de ménages. Donc, dans les deux cas, il allait se taire.
Viktor lui donnait bien autre chose duquel s'occuper, de toutes façons. Parce qu'il était en train d’énumérer ce qu'il y avait dans son verre, et par extension, dans celui du botaniste. Et c'était pas joli-joli, hein. Benedikt fronça les sourcils avec un air de confusion relative et regarda les strates colorées qui s'enfonçaient derrière les parois de verre.
« Ah, vraiment, tout ça, tout ça ? » demanda-t-il un peu distraitement, plus vraiment sûr de vouloir y toucher. Mais il ne fallait pas dire j'aime pas avant d'avoir goûté, et qu'il était plutôt curieux que voir ce que ça pouvait donner, aussi il prit une gorgée.

Peut-être que ça aurait plus facile si le botaniste en avait pris moins. Ou peut-être qu'il aurait mieux valu qu'il n'essaye pas. En tout cas, pour le coup, il entendait déjà dans sa tête Viktor se foutre de sa gueule. Parce que si Benedikt ne le voyait pas, il sentait très bien qu'il avait pris une couleur pivoine. Enfin, il s'en serait préoccupé s'il n'avait pas eu le palais brûlé au troisième degré. Qui servait des cocktails pareils sans mettre un verre d'eau à côté ? Le botaniste toussa de la manière la plus distingué qu'il put et recomposa son allure plus proprement pour faire comme si de rien n'était, même si ce n'était pas très facile quand son expression actuelle était celle de quelqu'un qui venait de gober un citron.
« Donc, oui, heu... » Donc rien du tout, il n'allait pas reprendre le sujet de son divorce. « Vous venez souvent ici ? Je croyais que la police n'allait pas dans les Ghettos. Enfin, ce n'est pas pendant que vous travaillez bien sûr, mais les gens d'ici, ils ne sont pas très enthousiasme envers les autorités, non ? »
C'est ça, parle avant que l'alcool ne brûle la majorité de tes neurones, murmura une petite voix dans sa tête, avant que l'autre ne réponde que ce n'était vraiment pas beaucoup d'alcool pour l'instant. Ce auquel la première répliqua en rigolant qu'il ne lui avait jamais fallu beaucoup, et Benedikt se fit la réflexion que les baies d'Argus, ça tapait sur le système vraiment rapidement, parce qu'il était en train de débattre dans sa propre tête. Forcément, aussi, ils avaient eu la bonne idée de mettre la liqueur sur le dessus, alors c'était ce qu'il avait eu l'honneur de goûté le plus, finalement.

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Re: Pause repas avec escorte : bienvenue au 114bis

Messagepar Viktor Zacharias Kobalt » 01 Mai 2013, 02:44

Viktor ne perdit pas une miette des changements de couleurs - et de comportement - du petit botaniste face à lui. Une occasion pareille, ça ne se gaspillait pas. Un sourire aux lèvres, il poussa du dos des doigts la petite corbeille de pain qui trônait sur la table en guise d'amuses gueules.

« Essaie ça avant de te mettre à cracher des flammes par le nez... » Suggéra-t-il bizarrement gentiment.

Et là c'était sûr à cent pour cent, si Vrass débarquait à ce moment là, avec un Viktor tout mignon - oui enfin, tout était relatif - et prévenant envers son Benedikt adoré, c'était la baston assuré... et pourtant, ça aurait été une belle connerie. D'abord parce que le lieutenant ne picorait pas dans le râtelier des autres, déjà. Trop d'emmerdes à la clé. Ensuite parce qu'il n'était pas de ce bord là. Chacun son truc, et le torse velu, les poils sur les jambes ou sous les bras, c'était définitivement pas le sien. Non. L'intérêt et la patience du grand gaillard aux allures de minotaure mal embouché ne s'expliquait que par une nostalgie à vomir, à base de paternité ratée. Avoir une fille c'était bien... s'entendre avec c'était mieux. En fait, Viktor s'entendait souvent mieux avec les gosses des autres qu'avec la sienne. Cherchez l'erreur...

Vous me direz, elle est sous votre nez. Avec sa balafre sur l'œil gauche et le caractère de merde dans la poche...

Mais pas très loin au fond de la poche, histoire de pouvoir le dégainer plus vite que son flingue en cas de besoin. Ce qui ne se fit pas trop attendre à la question suivante du botaniste. Merde à la fin, il était champion pour balancer des réflexions vexantes sans avoir l'air de rien celui là ! Et le pire, c'est qu'on pouvait même pas lui en vouloir en le regardant. Comment on pourrait se fâcher contre un type qui chiale à sa première gorgée de Colère d'Amroth ? Hein ?

« La police va où on lui dit. C'est comme une armée : le chef dit d'aller dans les Ghettos, on va dans les Ghettos. Tout l'monde nous déteste pas, la plupart sont même contents d'nous voir. Y'a juste une grosse poignée d'abrutis qui souffre pas qu'on lui rappelle les règles... une poignée bruyante. »

C'était souvent le cas avec les imbéciles. Toujours fiers de brailler leurs conneries. Y'avait une citation Terrienne à ce sujet, qui disait un truc du genre « Les cons ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnait. » On devrait le taguer sur les murs des bas quartiers, tiens !

« J'aime bien les Ghettos. On peut s'y paumer. On découvre tous les jours des trucs nouveaux qu'étaient pas là la veille. On sert de l'alcool illégal... Si y'avait que ça. C'est un peu plus sauvage que la Basse-Ville et du coup pas mal de collègues osent pas s'y aventurer... et du coup, j'aime encore plus y aller. Pour être peinard... »

Ou trafiquer des trucs pas tout à fait légaux aussi, mais chut. Les murs avaient des oreilles, paraissait-il. Les plats arrivèrent à point nommé, et Viktor piocha ses nuggets avec les doigts. Y'avait longtemps qu'il avait pas mangé épicé, et là avec du Pimenko, il allait être servit tout comme il aimait ! Ça aussi, c'était une bonne raison de traîner dans les Ghettos.

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Re: Pause repas avec escorte : bienvenue au 114bis

Messagepar Benedikt » 01 Mai 2013, 15:35

« Ah oui, ça je vous l'accorde, me perdre dans les Ghettos, c'est ce que je fais du mieux... » déclara le botaniste en soupirant avant qu'il n'aperçoive la serveuse revenir avec leurs commandes et que son visage ne s'illumine comme une guirlande de Noël. « Mais c'est drôle, pour quelqu'un sensé faire respecter la loi, d'aimer l'alcool illégal... » ne put-il s'empêcher de rajouter avec un léger sourire amusé, alors que l'odeur du plat posé devant lui attirait son attention bel et bien et installait un autre genre de sourire sur son visage, celui que Vrass Rannveig utilisait quand il s'appuyait contre le rebord d'un comptoir à côté d'une jeune femme à la poitrine suffisante (les deux racontaient la même histoire, à peu de choses près ; « Toi, tu vas finir dans mon estomac. », « Toi, tu vas finir dans mon lit. »). Benedikt poussa un murmure de satisfaction alors qu'il finissait sa première bouchée et releva la tête vers le lieutenant.

« Une des choses que je préfère ici, c'est quand même la nourriture... Je veux dire, je ne pouvez pas vous en rendre compte, mais ici, c'est moins cher et il y a trois fois plus de choix, et je ne parle même pas des plats qu'on ne trouve pas ailleurs comme les hamburgers, ou les pizzas, ou tout ça. Un peu plus et je penserais que c'est un miracle d'Alrik que cette espèce de vaisseau de l'espace se soit écrasé sur Nideyle, vu tout ce que vous avez fait. »
Bien sûr, le botaniste aurait aussi dû avouer que les délices culinaires de Païlandune lui avaient été interdit non parce qu'ils n'existaient pas, mais parce qu'il n'avait pas les moyens d'en profiter. Mais il n'aimait pas l'idée de le dire devant Viktor comme s'il était à plaindre, surtout quand sa situation actuelle ne l'était pas du tout.
Sa déclaration d'amour envers la Basse-Ville terminée, le botaniste retourna à son grignotage méthodique, mangeant étonnement et parfaitement proprement malgré l'état douteux de sa nourriture, mais il avait plutôt de l'entraînement dans ce domaine. Ce ne fut que lorsqu'il commença à picorer dans ses frites - à la fourchette, s'il-vous-plaît - que Benedikt dédaigna enfin reprendre la conversation.

« J'étais en train de réfléchir à ce que vous disiez, à propos de l'armée et de tout ça, ça ne vous gêne pas qu'on vous donne des ordres ? Moi, je n'aimerais pas, en plus ils finissent toujours par abuser de la bonne volonté de tout le monde quand ils savent qu'ils peuvent faire comme ils veulent. Et puis vous n'avez pas l'air d'être commandé par qui que ce soit.... Même ce Aaron Stern qui avait l'air d'être votre supérieur. Au commissariat, les gens ont l'air de vous faire plaisir plutôt que l'inverse... Enfin, il n'y a qu'à vous regarder et discuter avec vous pour comprendre pourquoi. » Benedikt laissa échapper un gloussement étranglé, apparemment assez amusé par ce qu'il disait et seulement un peu embarrassé, puis regarda son verre pratiquement vide. Ça aurait peut-être plus sûr que de ne pas y toucher, finalement. « Ah, excusez-moi ! C'est fou, hein, ça fait quand même pas mal de temps que j'en bois, mais je suis tout à fait incapable de tenir l'alcool. Mais ça va très bien, je vous rassure, je suis parfaitement en mesure de faire tout ce qu'il faut. Même si ce n'est pas indispensable d'être hautement malin pour trier des dossiers par ordre alphabétique, de toutes manières... Et puis le temps qu'on finisse de manger... »

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Re: Pause repas avec escorte : bienvenue au 114bis

Messagepar Viktor Zacharias Kobalt » 03 Mai 2013, 00:09

La serveuse avait froncé les sourcils en entendant les mots « alcool illégal », et avait jeté un regard contrarié en direction de Viktor. Lui, parfaitement calme sur sa chaise trop petite pour sa carrure, se contenta de hausser les épaules.

« De quel alcool tu parles ? C'est de l'eau. Pas vrai que c'est de l'eau ?
_ Tout à fait.
Confirma la serveuse en retrouvant son sourire.
_ Tu vois. Pas d'alcool... » Mentit Viktor avec un tel applomb que si Benedikt n'avait pas déjà ressenti les premiers effets d'une ébriété avancée, il aurait pu le croire.

Un grand naïf, ce Benedikt. Une proie facile pour beaucoup de sales types, sûrement. Sa bombe au poivre lui serait utile... enfin là pour le coup, il avait surtout besoin de dessoûler. Haussant un sourcil vaguement inquiet, le lieutenant écouta les propos de plus en plus audacieux du botaniste. Il en avait vu, des types qui tenaient pas l'alcool. Mais aussi peu que Benedikt, c'était la première fois ! Encore un quart de verre et il pouvait lui faire avouer ses pires secrets et ceux de Vrass sans avoir besoin de Xingtou !

« C'est un pote, Aaron. Enfin je crois. Mais t'inquiète pas, il sait aboyer des ordres quand il veut. Même à moi. Est-ce que ça le dérangeait ? Non. Y'a ordre et ordre. On peut m'ordonner de m'occuper d'une enquête, et puis moi je la mène à ma façon. Je choisis qui je veux interroger, et quelle piste je veux suivre. Tu vois ? Dans l'ensemble, je considère ça comme des services qu'on me demande. »

Il mordit dans un nugget de pimenko épicé jusque dans la chapelure. Le genre de plat qui vous valait un aller simple pour la chirurgie, service estomacs troués. Peut-être qu'en buvant au jet d'un extincteur...

« Pour ce qui est d'abuser, à l'armée comme dans la police les supérieurs savent mieux que personne qu'on est des hommes, et qu'ils ne peuvent pas tirer sur la corde indéfiniment. Un bon soldat, ou un bon flic, ça se ménage. Sinon ils se retrouveraient avec des recrues qui se barrent après trois mois à se faire aboyer dessus. Et ça, c'est pas très productif. Fit-il en se léchant les doigts. C'est bien aussi les ordres. C'est pratique quand t'as pas envie de réfléchir, ou si t'aime pas les responsabilités. Ceux qui les donnent ont plus à craindre que ceux qui les exécutent en général. »

Fixant un type qui passait devant le « 114 bis », Viktor sembla réfléchir un court instant. C'étaient les baies d'Argus qui le rendaient pipelette à ce point ? Il reporta son regard sur Benedikt qui avait l'air totalement beurré. Ça aurait peut-être été judicieux de l'inciter à boire encore, histoire qu'il avale un peu de piment d'Amroth jaune et qu'il redescende sur Nideyle. Mais en fait, son ivresse était marrante à voir. Et puis de toute façon, il finirait par finir son verre de lui-même, par se calmer, et par se trouver très con... Et lui ? Ben lui était d'une masse corporelle suffisante pour résister un peu mieux à l'ouragan qui lui noyait les neurones. Pas étonnant que les baies d'Argus soient illégales...

« Tu l'as déjà vu de près, l'Atlas IV ? » Elle était un peu con sa question, mais il avait pas pu s'en empêcher.

Ça lui rappelait quand il était père, et qu'il provoquait exprès la curiosité de sa fille pour l'emmener voir un truc génial. Aux yeux des gosses, tout était toujours génial. Aux yeux de Viktor, Benedikt était un gosse... donc...

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Re: Pause repas avec escorte : bienvenue au 114bis

Messagepar Benedikt » 03 Mai 2013, 01:16

« Non... Je me suis promené autour à l'époque où je suis arrivé à la Basse-ville mais... Je n'ai jamais été autorisé à entrer dans ce quartier-là, je n'avais pas les papiers nécessaires... Il fallait... avoir une carte d'identité, un truc comme ça. Et je ne l'ai toujours pas, en fait... » avoua le botaniste sans trop en être gêné, un peu paumé par l'alcool.

Oh, après tout, s'il buvait de l'alcool illégal – Et en plus, il faisait semblant que non ! Le menteur ! -, ce lieutenant, il n'allait pas non plus lui en vouloir pour quelques papiers administratifs. Et puis Benedikt irait bien un jour régler cette histoire... quand il aurait le temps... et l'envie... Ben, un jour, quoi. Le botaniste réfléchit quelque instant. L'Atlas IV, finalement, il en avait plus lu que vu. Il le voyait plutôt bien sur le toit d'un des immeubles chics où il allait parfois se balader, parce que c'était un bâtiment près proche du quartier du vaisseau écrasé. Sinon, tout ce qu'il savait provenait en grande partie des bouquins qu'il avait lu sur la construction de la Basse-ville, ce qui commençait à remonter. Le lieu avait bien changé entre temps, alors même ses connaissances-là n'étaient pas toujours judicieuses pour comprendre de quoi parlaient les gens quand ils abordaient ce sujet.
Mais au final, Benedikt se demandait plus ou moins pourquoi c'était là que s'entassaient tout les riches de la Basse-ville. C'est sûr que de loin, l'extérieur n'avait pas grand chose d'esthétique – en même temps, il n'avait sans doute pas été construit pour ça, il n'y avait pas grand monde dans l'espace pour venir leur reprocher leur manque de goût -. Non, il y avait là pleins de scientifiques et de gens du gouvernement, et ceux-là, après son voyage dans les bureaux du laboratoire Deilofd, ils préféraient les éviter soigneusement.
Le nez du botaniste se fronça en accordéon aux souvenirs peu agréables.

« Mais j'ai entendu dire qu'ils y avaient beaucoup de scientifiques, là-bas. Et que c'est là où il y a tous les gens qui ont du pouvoir ici. Et je n'ai vraiment pas envie de voir ce genre de choses. Ce n'est pas juste, ce qu'il font aux morphes, vous devriez les arrêtez aussi parce que ce sont des meurtriers. » déclara-t-il d'un ton amer, sans même se demander si le policier était en mesure de comprendre ce qu'il racontait.
Pour le coup, il n'était plus du tout curieux, même si Viktor avait vu parfaitement juste et qu'en général Benedikt était attiré par tout et n'importe quoi pourvu que ce soit inconnu, donc à fortiori un gros machin venant de l'espace et pleins de machins technologiques. Là, le mystère était clairement moins apprécié, et le botaniste reprit son verre pour cacher sa soudaine contrariété.

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Re: Pause repas avec escorte : bienvenue au 114bis

Messagepar Viktor Zacharias Kobalt » 08 Mai 2013, 18:18

Effectivement, l'Atlas IV et les quartiers avoisinants étaient réputés pour leur sécurité. S'il n'y avait eu besoin que d'une carte d'identité encore... mais même lui qui avait les passes droit de la police, il arrivait encore qu'on le foute à la porte. Très agaçant. Surtout pour un type comme Viktor. Du coup il ne pouvait pas toujours aller voir sa fille. Ni à son labo, ni chez elle. Parce que mine de rien, elle était vachement mieux payée que lui... et fatalement mieux logée.

Mais le sujet déviait déjà - appelez ça la magie des baies d'Argus - et une drôle d'expression figea les traits du lieutenant. Enfin drôle... façon de parler. Les yeux acier de Viktor se plantèrent directement dans ceux de Benedikt alors qu'il encaissait ses remarques. Rien de personnel mais tout en plein dans le mille, et figurez-vous que ça ne fit pas du bien au policier. Il y avait pourtant beaucoup de choses dans ce foutu vaisseau. Des universités, des quartiers résidentiels - la majorité des cortesians vivaient là-dedans - et effectivement, des scientifiques. Le souvenir des derniers spécimens échappés d'un labo clandestin lui fit froncer les sourcils.

« Si j'pouvais... Fit-il avec un genre de défaitisme dans la voix. Mais j'te rassure, je rate jamais une occasion de leur pourrir la vie quand j'en croise un. »

Maigre consolation, mais ça faisait du bien quand-même quand il en avait l'occasion.

« Rien qu'pour ça... » Finit-il par conclure en hochant le menton vers ses biceps sur gonflés.

Dans la foulée, il avala un nugget tout rond et mâchouilla un moment en réalisant que l'effet des baies d'Argus, c'était vaguement marrant sur Benedikt... mais dangereux pour son égo sur lui. Parce que bon, il était botaniste le gamin. Pas psy.

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Re: Pause repas avec escorte : bienvenue au 114bis

Messagepar Benedikt » 10 Mai 2013, 00:53

Le botaniste fronça les sourcils, un regard confus posé sur le bras du lieutenant. Le sujet de la discussion n'avait pas l'air de lui plaire, mais à qui cela plairait-il ? Même si Viktor semblait quand même le prendre assez personnellement, et dans la brume de son esprit légèrement ralenti par l'alcool, Benedikt commença à se demander s'il n'avait pas parlé d'un truc qu'il ne fallait pas. Est-ce qu'il connaissait des morphes à qui il était arrivé des ennuis ? Mais ça pouvait être bien autre chose, après tout, vu tout les dossiers qu'il avait lu, ils faisaient toutes sortes d'expériences dans les laboratoires du quartier de l'atlas IV, sur des tas de gens.

« Pour ça... quoi ? » demanda Benedikt avec hésitation, avant de rajouter tout bas, à peine assez fort pour que le lieutenant l'entende. « Ils ont fait... des trucs... sur vous ? »
Les yeux du botaniste s'agrandirent sans avoir besoin de la réponse, et il resta le regarder la bouche ouverte pendant quelques secondes avant que son visage ne se fronce comme un boule de papier et qu'il frappe la table d'un coup de poing, faisant rebondir brièvement tout ce qui se trouvait autour de l'impact. « C'est des salauds ! Pourquoi ils ont le droit de faire ça ? »

À l'autre bout du bar, la serveur lui jeta un regard désapprobateur, parce qu'elle n'avait pas envie de voir l'ambiance de son bar tourner au vinaigre. D'abord il parlait d'alcool illégal, ce gamin, maintenant il manquait de casser sa vaisselle ? Non mais oh ! Mais Benedikt avait déjà laissé tomber les gestes de colère pour une expression un peu horrifiée.
« C'est... c'est à cause de ça que vous avez divorcé ? » fut la seule question qui s'échappa de ces lèvres, tout aussi bas que l'avant-dernière.
La botaniste avait parfois quelques points communs avec les pois wasabi ; ça avait l'air d'un innocent apéritif d'un vert pastel tout aussi rassurant, mais sur le palais, c'était une autre histoire. Pour l'instant, en tout cas, on pouvait dire que si Benedikt n'était pas psy, il ne risquait pas de le devenir vu son manque de tact. Il aurait mieux fait de se taire mais ne s'en était même pas aperçu sur le coup, même si bon, son verre était déjà vide depuis un petit moment et qu'il allait bien finir par redescendre. Apparemment, d'ailleurs, il commençait à s'en rendre compte parce que son visage prenait un autre genre d'expression horrifié, de celles qui disaient « Mais qu'est-ce que je fais ?! ».

« Oh, merd- flûte, oubliez-ça ! Je n'ai rien dit ! Ce n'est pas mes affaires, en plus, ohlàlà. » Benedikt baissa les yeux sur son assiette pratiquement vide et se mit à étudier à étudier soigneusement les dernières frites qui y restaient, les pommettes enflammées. « Faîtes comme si de rien n'était, je n'aurais jamais dû dire tout ça. »

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Re: Pause repas avec escorte : bienvenue au 114bis

Messagepar Viktor Zacharias Kobalt » 10 Mai 2013, 19:28

La « Colère d'Amroth », c'était assez sympa comme cocktail. Viktor aimait bien en temps normal... mais en temps normal, Viktor était seul pour en boire. Ce qu'il n'avait pas prévu, c'est qu'à deux, on discutait forcément... et que discuter avec une « Colère d'Amroth » dans le cornet pouvait se révéler assez dramatique. Subitement contrarié, il attrapa son verre comme s'il avait l'intention de l'étrangler et en but quelques gorgées. Il était temps de faire le ménage avec la liqueur de piment d'Amroth jaune, sinon dans cinq minutes il risquait fort de se plaindre des vicissitudes de la vie... et ça, c'était pas viril du tout !

« Ok. » Répondit-il simplement à la proposition de Benedikt d'oublier ce qu'il lui avait demandé.

Ça tombait plutôt bien, vu que ça l'arrangeait en fait. Le seul problème c'est que du coup, ça coupait légèrement court à la discussion. Lissant les bords de son verre avec le doigt, Viktor resta silencieux un instant, avec dans l'idée qu'il valait mieux pour lui de fermer sa gueule plutôt que d'en dire trop. Après tout, il le connaissait pas ce gosse. Il avait beau être ultra naïve et marrant avec ses réflexions décalées, c'était pas son pote pour autant. De toute façon des potes, Viktor n'en avait pas. Aaron des fois, mais pas toujours. Là faute à son foutu caractère... et bref, comme l'avait si intelligemment souligné le petit botaniste - comme quoi c'était efficace cette histoire de dé-saouler en moins de deux - ce n'était pas ses oignons.

« Ouais, et on peut parler d'autre chose que de mon boulot ? Je suis pas en service là... »

D'un autre côté le lieutenant n'était pas très sûr que la botanique l'intéresse vraiment.

« Pourquoi tu t'es barré de ton patelin ? T'étais pas bien en Païlandune ? »

Recherché pour un crime peut-être ? Même si à en juger par le gabarit du gamin, c'était peu probable... quoi que, Viktor avait croisé plus maigrichon et plus féroce...

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Re: Pause repas avec escorte : bienvenue au 114bis

Messagepar Benedikt » 11 Mai 2013, 21:50

Benedikt n'était que trop heureux de pouvoir se faire pardonner pour ses errances de discussion, et s'empressa de répondre à Viktor avec un enthousiasme parfaitement gêné.
« Ben... J'ai beaucoup voyagé depuis mes 15... ou 16 ans, peut-être. Donc en fait, c'est un peu un hasard si je suis arrivé ici. Je... Je suis resté avec un herboriste itinérant pendant quelques années et on est passé par la Basse-ville parce qu'il avait besoin de l'aide de quelqu'un qu'il connaissait, qui travaillait aux jardins de Bellevue. Et ici... Ça m'a tellement plu qu'à la fin de la journée, j'ai décidé que j'allais rester. »

« Balaïne, Ephtéria, Banba, et toutes ces villes, elles sont sympas, elles ont leurs charmes, chacunes, mais... Il n'y avait jamais rien pour me retenir spécialement, je suppose. J'avais déjà un travail, et je n'ai pas de famille. Et je n'allais pas me marier. Ici, il y plein de choses nouvelles et j'étais sûr de ne pas m'ennuyer. J'ai eu raison. »
Benedikt leva un sourire timide et un air assez satisfaisant vers le lieutenant. Bien sûr, maintenant, il y avait Vrass Rannveig pour être sûr ne pas s'ennuyer, aussi. Un aspect non négligeable, en soit, surtout quand on considérait qu'il n'avait pas à se cacher ni à s'embêter de ce qu'on pouvait penser. Au final, l’emménagement à la Basse-ville avait été une parfaite idée, que le botaniste se félicitait de l'avoir eu.
Seulement blablater sans fin à propos de lui commençait à l'embêter. Évidemment, Viktor, ce n'était pas un bavard, et le botaniste, lui, l'était à partir du moment où il commençait à se sentir en confiance. Si bien qu'il était presque sûr que le lieutenant savait quatre fois plus de détails à propos de lui que l'inverse. S'il s'en rappelait. Et ça ne satisfaisait pas du tout toute la curiosité que Benedikt pouvait avoir envers lui.
Il n'allait pas le transformer en policier jovial et loquace en quelques minutes, c'est sûr. En revanche, il y avait un sujet qui avait l'air de bien marcher sur lui... Sa fille. Sa fille chéri, d'ailleurs, vu comment il avait des étoiles dans les yeux chaque fois qu'il la mentionnait. Ce n'était pas la grosse cicatrice qui lui barrait le visage ni son air constamment mi-ennuyé mi-grognon qui allait le cacher au botaniste, hein.

« Ça n'a rien à voir mais... Ça ne concerne pas votre travail donc je suppose que j'ai le droit de demander ; votre fille, elle a quel âge ? Elle n'est pas un peu jeune pour être... » Flûte, comment ils appelaient ça déjà ? Rechercheuse ? Bon, tant pis. « Scientifique pour la police ? »
Bien sûr, Viktor lui avait déjà dit qu'elle avait à peu près son âge, et c'était parfaitement assez vieux pour exercer un boulot comme celui-ci, même en ayant fait des études. Mais le botaniste ne s'y connaissait pas trop, et surtout, il estimait par défaut que le lieutenant le plaçait dans une tranche d'âge bien inférieure à celle auquel il appartenait réellement. L'erreur était faite tellement souvent qu'il ne se posait plus de question, et il ne risquait pas de pouvoir deviner que Viktor ait lu un certain dossier du service de l'immigration où étaient étalé des détails très personnels.

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Re: Pause repas avec escorte : bienvenue au 114bis

Messagepar Viktor Zacharias Kobalt » 24 Mai 2013, 20:15

Les yeux perdus au fond de son verre, Viktor se laissait bercer par les propos du gamin avant de relever le menton. Mince alors, mais quelle pipelette quand il s'y mettait ! Amusé par ce bagou, il le laissa déballer sa vie de A à Z sans l'interrompre, trouvant finalement assez rafraîchissant d'entendre les détails de la vie d'un autre. Bizarrement, ça n'avait jamais été le genre de chose susceptible de le passionner - voir de l'intéresser tout court - mais il fallait avouer que le botaniste n'avait pas une vie aussi chiante que celle de la majorité des Atlantes. Non.

Benedikt lui, avait bourlingué sur les routes, et s'était accommodé du pire sans chouiner. Pas comme ce Mickaël des Chouchoutrins né le cul dans le beurre, qui claquait son pognon en putes, en drogues, en hôtels de luxe et en alcool, et qui trouvait encore le moyen de s'emmerder ou de se plaindre d'avoir une existence trop difficile à cause de son succès. Une tête à claques, de l'avis de Viktor. Rien à voir avec le petit botaniste qui avait peut-être connu le pire des auberges crasseuses et des bordels miteux de patelins sans eau ni électricité - sans parler des règles d'hygiène inexistantes. Bizarre qu'il ait pas chopé une vingtaine de M.S.T. au cours de ses aventures d'ailleurs.

Viktor fit passer cette interrogation par une nouvelle gorgée de son cocktail. Il connaissait son dossier, et s'il avait dû décerner la palme de la vie la plus merdique à quelqu'un, ça aurait été à Benedikt. Marrant pourtant, comme l'intéressé arrivait à voir le meilleur autour de lui, et à s'extasier sur des trucs aussi simples qu'une brosse à dents. Le genre de type à aller de l'avant, sans perdre son temps à s'apitoyer sur son triste sort. Et lui, Viktor ? Peut-être que s'il était né en Païlandune, il aurait appris à se filer des coups de pieds au derche, lui aussi. Ça valait toujours mieux que d'envoyer bouler Nideyle entière tous les quatre matins, non ?

« Ma fille...? S'étonna-t-il à la question de Benedikt.

Il leva juste un sourcil vers le botaniste. Après tout, il s'était bien lâché un peu lui. Alors pourquoi pas en faire autant ? Donnant - donnant, comme on disait. Et il ne risquait pas grand chose...

« Elle a vingt-sept ans, mais on va à l'école très jeune ici. C'est obligatoire jusqu'à seize ans, ensuite les gosses font ce qu'ils veulent. Ils peuvent travailler, traîner dans la rue, rester dans les jupes de papa-maman... et certains comme Gaëlle continuent les études. Pour se spécialiser, tu vois. C'est comme choisir son herboriste pour apprendre, sauf que c'est nous qu'on décide ce qu'on veut apprendre. Ma fille a choisi la biologie. Après... ben je crois qu'à elle aussi les expériences sur les Morphes ont pas trop plu, du coup elle a pris la branche police scientifique... » Concéda finalement Viktor en réalisant que les études Atlantes, c'était un sacré bordel comparé à l'éducation Païlandaise.

Les doigts dans son verre en oubliant totalement de se tenir à table, il alla récupérer sa Pommenelle qu'il goba toute ronde.

« Les jardins de Bellevue... y'a pas une serre qui a pété là-bas récemment ? Je sais pas ce qu'ils y trafiquaient, mais du coup il paraît que des plantes carnivores plus stupides que des Teignes pullulent dans le coin maintenant... Même les pompiers n'y vont plus, ils se font bouffer à moitié chaque fois... »

Non pas qu'il soupçonne Benedikt d'y être pour quelque chose, mais ça entretenait la conversation... enfin il espérait.

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Re: Pause repas avec escorte : bienvenue au 114bis

Messagepar Benedikt » 25 Mai 2013, 00:49

Benedikt écouta attentivement le lieutenant parler de sa fille, hochant la tête de temps à autre alors qu'il grignotait quelques frites. Il connaissait ce genre de chose, il y avait quelques écoles communales à travers Païlandune, notamment à Banba, mais elles ne dépassaient jamais ce qu'on appelait la primaire, ici, et les cours qu'on y donnaient n'étaient pas composé que de mathématiques ou de littérature, intégrant des connaissances pratiques qui satisferaient les parents mécontents de voir leurs enfants ne plus les aider dans la journée. Les études de la fille de Viktor étaient autrement plus longues - et compliquées, aussi, vu son métier actuel -.

« Ah, elle a le même âge que moi, en fait... » Le botaniste lança un regard presque surpris au lieutenant alors qu'il s’apercevait qu'en réalité, celui-ci pourrait très bien être son père. Voilà qui n'aidait pas à donner l'impression d'avoir l'air mature et adulte, après sa tolérance ridiculement inexistante à l'alcool... Mais le lieutenant venait de revenir sur les paroles de Benedikt mentionnant les jardins de Bellevue. Le botaniste soupira légèrement au souvenir peu agréable des éclats de verres qui ricochaient sur son dos, alors qu'il s'était roulé en boule par terre par réflexe.

« Oui, heu... Je les vu exploser. J'ai eu beaucoup de chance parce que j'aurais dû être en train de tout nettoyer là-dedans à ce moment-là mais... heu... » Comment expliquer qu'à la place, le tatoueur l'avait emmené en vacances à Balaïne, histoire de passer du temps sous la couette, et d'en profiter pour visiter un poil, maintenant qu'ils étaient sur place ? Benedikt posa son menton dans le creux de ses mains pour cacher ses pommettes rouges presque subtilement.
« Je suis arrivé très très en retard. Enfin, je suppose que le professeur qui a tout fait exploser a choisi justement une serre vide pour faire ses expériences parce qu'il n'était pas très sûr de ce qu'il faisait. Ce n'était pas vraiment une très bonne idée, parce qu'il lui manque des morceaux, maintenant... Les pompiers m'ont posé des milliers de questions et ce n'était pas vraiment pratique, parce que je n'avais pas envie de dire que j'aurais dû être en train de travailler à ce moment-là, et que je ne comprenais pas la moitié de ce qu'ils me disaient, et que j'étais encore étonné d'être vivant. Mais de toutes évidences, ce n'était pas tout à fait autorisé, ce qu'il était en train de faire, ce type, vu le résultat. Les professeurs n'utilisent pas de produits qui soient véritablement explosif, normalement, je le sais parce que j'avais accès à tous et que j'ai appris là-bas les petits dessins que vous mettez sur les bouteilles pour dire si c'est dangereux et comment. »

« Je les ai vu un peu, ces plantes carnivores, même si j'étais un peu plus loin et qu'elles ne s'étaient pas encore propagé partout... Mais je ne sais pas ce qu'il a pu utiliser comme produit pour obtenir ce genre de mutations. Elles ne sont même pas jolies ! J'espère qu'ils arriveront à s'en débarrasser, les jardins étaient vraiment beaux, ce serait très dommage qu'ils soient obligés de tout laisser tomber en ruine... Et puis ils ont pas mal de problèmes financiers à cause de ça, c'est pour ça que je me suis fait viré peu après. En même temps, c'était plutôt parfait, maintenant je travaille à l'herboristerie au lieu de servir le café à des vieux moustachus en blouse et j'ai mes dimanches de libre ! »

Benedikt se mit à rire légèrement et s'installa un peu plus confortablement sur sa chaise, près à commencer une nouvelle strophe de son autobiographie improvisée, avant de s’apercevoir qu'en l’occurrence, son intention d'entendre parler Viktor à sa place plutôt que de raconter sa vie n'avait eu qu'une très courte durée.
Il jeta un coup d’œil suspicieux à son interlocuteur, presque en train de se demander si le lieutenant faisait exprès, comme dans un de ses interrogatoires de suspect où il cherchait à conduire la discussion sans que l'autre ne s'en rende compte. Benedikt ne prenait pas forcément en compte que celui-ci avait déjà fait pas mal d'effort par rapport à d'habitude pour avoir une conversation avec lui, et que Viktor était très loin d'être aussi volubile que lui. S'il avait su que celui-ci avait de toutes façons autant d'informations sur son sujet, il aurait été peut-être un peu moins à l'aise avec lui... Il était beaucoup plus facile d'être aussi bavard sur sa vie quand on choisissait soi-même quoi monter et comment.

Mais il n'était pas en mesure d'y réfléchir, pour le coup, et Benedikt resta silencieux encore quelques instants avant de poser des yeux interrogateur sur Viktor. L'école obligatoire jusqu'à seize ans, cela expliquait pourquoi tout le monde ici savait lire et écrire, mais...
« Attendez... Quand vous dites que votre fille a choisi de faire des études de biologie pour aller dans la police scientifique... Vous voulez dire que n'importe qui peut choisir d'en faire ? » - Ou alors elle pouvait parce que son père était dans lui-même dans la police ? À Palaïdune, c'était souvent une histoire de famille, le métier et la possibilité d'en changer.

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Re: Pause repas avec escorte : bienvenue au 114bis

Messagepar Viktor Zacharias Kobalt » 01 Juin 2013, 01:21

Ouais, alors là, la liqueur de piment d'Amroth jaune avait beau dessoûler en quelques minutes, à force d'entendre le botaniste piailler comme une pie qui chante, Viktor sentait une barre plus lourde qu'un Euther lui peser sur le front. On se calme petit canari.

« Euh... »

Une main sur sa nuque comme si sa patience risquait de se barrer par là, le lieutenant ferma les yeux quelques secondes. Il sentait la fatigue le gagner en fait, et rêvait tout éveillé de retourner dans son bureau pour piquer un roupillon sur son vieux canapé en cuir. L'ennui c'est qu'il avait embauché un intérimaire pour classer ses dossiers, et qu'il se voyait mal ronfler la bave aux lèvres pendant que le gamin s'occupait de ramasser son bordel. C'était pas très poli quoi, un truc dans ce goût là. Évidement d'habitude ça ne gênait pas du tout Viktor de se montrer malpoli, mais là c'était pas pareil.

« Ils peuvent pas laisser tomber les jardins... Commença le lieutenant en regrettant à l'avance le cours magistral qu'il s'apprêtait à donner... et les questions qui allaient fatalement pleuvoir derrière. Le Dôme marche à l'énergie Nideylique. C'est comme des champs de force qui passent dans la terre et, de ce que j'ai compris, seraient générés par la nature elle-même. Donc, le générateur - le très gros bâtiment situé en plein milieu des jardins - puise cette énergie du sol, génère le Dôme, et le Dôme retourne au sol à la périphérie de la ville. Comme un circuit fermé, tu vois ? Les jardins sont nécessaires à l'entretien de cette énergie. Me demande pas pourquoi, il paraît que c'est plus rentable de les entretenir que de les laisser se développer n'importe comment. Donc... ben on cherche encore comment se débarrasser de ces sales bêtes... enfin sales plantes plutôt. Et je dis « on » parce que le sale boulot, c'est toujours pour les flics. »

Et en plus de ça, les gens se permettaient de ne pas les aimer. Haussant les épaules, Viktor se redressa enfin et se servit une belle rasade de flotte pour faire passer son repas... et son coup de barre passager.

« Finalement, c'est pas plus mal. L'herboristerie est pas mal sollicitée à ce qu'on m'a dit. Conclu-t-il pour lui même avant de cligner des yeux face à l'étonnement du gamin. Oui, on peut choisir, mais c'est pas tout gratuit. Les études coûtent cher, souvent il faut travailler à côté pour les payer... J'ai aidé Gaëlle pour les siennes et elle s'est débrouillée pour compléter en faisant des petits boulots. Mais pour en revenir à la question, oui. On peut choisir. Même toi si tu veux changer de métier. Il y a des écoles pour tout et n'importe quoi. »

Même pour être flic...

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Re: Pause repas avec escorte : bienvenue au 114bis

Messagepar Benedikt » 02 Juin 2013, 00:17

Benedikt hocha la tête pour montrer à Viktor qu'il suivait tout ce qu'il racontait. Après, c'était un peu plus compliqué, parce qu'il allait falloir se retenir de déverser le flot de questions qui manquait de traverser ses lèvres. Le botaniste commençait à dessoûler gentiment, et l'avantage qu'on avait avec lui par rapport à un véritable gamin de 10 ans, c'était qu'il était en mesure de se rendre compte quand son interlocuteur fatiguait sérieusement, généralement. Quand Vrass commençait à avoir les mains baladeuse quand ils discutaient, ça voulait aussi souvent dire « tu parles un peu trop ». Et quand Viktor faisait cette tête, ce n'était pas très difficile de se douter qu'il lui tapait un poil sur le système. Ça n'empêchait pas pourtant les interrogations de Benedikt de l'envahir comme s'il s'était assis sur une fourmilière.

Aussi Benedikt se mordit la lèvre en se tortillant avec un air presque déçu, et se promit de prendre quelques bouquins sur le sujet dès qu'il pourrait. Au moins, cela expliquait la présence du gros bâtiment au centre des jardins, le seul où il lui était interdit d'aller quand il y travaillait encore. Il changea donc de sujet pour poser une simple question à propos des études de sa fille, qui fut aussitôt répondu. Un sourire s'étala à nouveau sur les lèvres du jeune homme ; même s'il l'embêtait, Viktor prenait la peine de répondre correctement à ses questions et c'était quand même plutôt étonnant pour un ours comme lui. Plutôt très sympa, aussi, du coup, parce qu'il devait sans doute faire des efforts pour ça.

« Ohlàlà, je suis trop vieux et trop bête pour ça. » Le botaniste se mit à rire. « J'ai déjà l'âge d'avoir des enfants et je ne suis même pas marié, si en plus je retourne à l'école... Enfin, retourne. »
Il aurait déjà fallu y aller, pour ça. Bien sûr, l'idée de rester assis sur une chaise pendant des heures pour écouter un professeur raconter des milliers de choses ne l'effrayait pas du tout, c'était toujours plus facile que de lire, pour lui, et finalement pas très différent (peut-être moins d'illustrations, dommage). Mais c'était tout de même étrange, et semblait appartenait au domaine de l'enfance pour quelqu'un venant de Païlandune.

La Basse-ville était décidément très étrange et différente, parfois. Pas forcément en pire. Benedikt pensa au fils de Vrass et se mit à sourire, lui aussi pourrait peut-être faire des études pour faire ce qu'il voulait ? Il ne serait pas si difficile de l'aider, avec ce qu'ils gagnaient. Ou au moins ce que gagnait Vrass, si lui n'était plus là dans quelques années, se rattrapa le botaniste. Appuyant son doigt humide dans son assiette pour récupérer les grains de sel qui y restaient, Benedikt se redressa soudain et repoussa sa manche pour regarder sa montre toute neuve source de tant de fierté.
« Oh, on a des horaires à respecter ? Parce qu'il est un peu tard, là, non ? » Le botaniste tourna son poignet pour que le lieutenant puisse y lire l'heure, ce qui ne risquait pas d'arriver, parce que le cadran était à l'envers pour lui, dans cette position.

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Re: Pause repas avec escorte : bienvenue au 114bis

Messagepar Viktor Zacharias Kobalt » 04 Juin 2013, 21:41

Viktor avait terminé son verre et son assiette, et n'avait fichtrement pas envie d'un dessert. C'était ça de s'empiffrer de trucs gras. En attendant, il haussa les épaules à la réflexion de Benedikt.

« Ouep, on va y retourner avant qu'ils se mettent tous à penser que je suis en train de te tabasser au fond d'une ruelle. » Ou les joies d'avoir une réputation de flic pourri.

Ramassant sa veste négligemment jetée sur le dossier de sa chaise, il se leva avec une aisance étonnante pour quelqu'un de son gabarit et se dirigea tout droit vers le comptoir pour payer la note. La sienne, et celle du gosse qui l'avait distrait bien malgré lui. Comme quoi il y avait parfois des jours qui méritaient qu'on se lève. Empochant la facture en se disant qu'il arriverait peut-être à la faire passer en note de frais, il sorti et s'arrêta sur le trottoir en respirant un peu l'air des Ghettos. Autre chose que l'air constamment brassé sous le Dôme. Il devrait peut-être déménager d'ailleurs.

« Moi j'pense qu'on devient vieux et bête quand on commence à se déclarer trop vieux et trop bête pour apprendre... » Déclara-t-il distraitement.

Si ça se trouvait, Benedikt n'était même pas derrière lui d'ailleurs. Le lieutenant se retourna par acquis de conscience. Le gosse avait encore quelques piles de dossiers à classer, et ça l'aurait fait chier de le paumer maintenant vu son efficacité et sa polyvalence. C'était pas tout le monde qui pouvait se vanter de savoir faire le ménage et distraire un flic réputé acariâtre, n'empêche !

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Messagepar Benedikt » 05 Juin 2013, 23:24

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