Présentations peu ordinaires...

C'est le plus reculé de tous les villages dépendant directement du Roi. Comme déposé ici au hasard au milieu des plaines fertiles, Banba a su se spécialiser dans l'agriculture et l'élevage.

Re: Présentations peu ordinaires...

Messagepar Archélas Ages » 12 Déc 2011, 00:38

Aux prises avec un rêve des plus bizarres, Archélas se sentit peu à peu glisser hors de son sommeil cotonneux alors qu'une présence familière lui chatouillait le menton. C'était comme être tiré de force vers la lumière alors qu'il aurait préféré la douceur de l'obscurité. Ouvrant les yeux prudemment, il évalua l'intrus qui se permettait d'empiéter sur son territoire de repos, son cœur s'emballant légèrement lorsqu'il sentit ses lèvres êtres faites prisonnières d'un baiser délicat. Battant des cils à plusieurs reprises comme pour s'assurer qu'il ne rêvait pas, il observa sa féline sans bouger, la laissant venir à lui encore un peu avant d'émerger totalement. En guise de salutation, il lui offrit un sourire, s'attardant au fond de ces deux puits d'ombre qui ne cessaient de l'intriguer.

« Bonjour... »

À ce premier et unique mot prononcé, il s'interrompit pour se donner le temps de réaliser. Et si sa compagne était heureuse de le revoir, lui l'était tout autant de s'entendre parler de ce timbre chaleureux, grave, profond. Sa voix. Sa véritable voix. À ce constat, son sourire s'étira plus largement alors qu'il baissait brièvement les yeux sur le reste de son corps, satisfait de se découvrir débarrassé de cette poitrine opulente qu'il avait dû se trimballer la veille. S'agissant du reste, il devinait que tout avait dû revenir à la normal et renonça à s'y attarder, préférant savourer la douceur de ce réveil sans s'agiter. Ceithli le ferait bien pour deux.

« Je t'ai manqué...? » Demanda-t-il avec un regard malicieux.

Il caressa, du bout des doigts, la joue de sa compagne où dansaient les premiers rayons du soleil. Son regard s'attarda à peine sur sa main redevenue massive et puissante, et qu'il glissa tendrement dans la chevelure aux reflets d'un trésor. Curieusement, cette journée passée dans le corps d'une femme avait fini par faire naître en lui une immense frustration... Aussi prévoyait-il de fêter ce retour à la normal comme il se devait, et se montra-il plus insistant dans ses baisers comme dans ses caresses. Au final, sa patience ne fut que de courte durée et la chambre ne retrouva son atmosphère silencieuse et sereine que lorsque le sol fut jonché de leurs vêtements et les draps trempés de leur sueur. Le souffle court après s'être livrés bataille, dans les bras l'un de l'autre à la recherche de l'oxygène qui leur manquait, ils laissèrent passer quelques minutes. Puis Archélas se décida enfin à se lever après s'être assuré qu'il n'avait laissé aucune marque visible sur le corps de sa féline.

Ramassant ses vêtements de chat, il s'habilla rapidement, ragaillardi d'avoir fait étalage de sa masculinité.

« Qu'est-ce que tu propose ? Tu veux qu'on profite un peu de la matinée tous les deux ou tu préfère aller voir tes parents pour le petit déjeuner ? Il emmêla ses doigts dans ses cheveux pour les secouer, sa manière à lui de raviver ses pensées et de se coiffer tout à la fois. Si ça ne t'ennuie pas, je préfère m'entretenir avec le Seigneur Manôlis avant de les rencontrer. On pourrait prendre le petit déjeuner ici et faire quelques achats pour la route dans la matinée, qu'est-ce que tu en dis ? On mangera chez toi le midi... enfin... si tu veux bien... »

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Re: Présentations peu ordinaires...

Messagepar Ceithli » 12 Déc 2011, 01:05

Avait-elle vraiment besoin de mot pour lui dire combien il lui avait manqué? Passer cette journée sans vraiment le voir, sans sentir sa peau, sans être serrée dans ses bras puissants... il ne fallut pas plus de quelques secondes pour qu'elle lui prouve à quel point elle était ravie de le revoir «entier». Ses jambes avaient eu vite fait de se placer de part et d'autre de son corps avant que les vêtements ne se mettent à voler et qu'ils s'aiment avec cette passion qui les habitait chaque fois qu'ils s'unissaient. Déjà épuisée de bon matin, elle était sur le dos, le drap ramené sur sa poitrine alors qu'elle avait le bras posé sur son front, reprenant difficilement son souffle.

Avalant sa salive avec difficulté, elle passa sa langue sur ses lèvres alors qu'il se levait déjà pour s'habiller, roulant sur le côté, le drap recouvrant à peine son corps disposé sur le côté comme une sirène sur un banc de sable, elle enfonça son coude dans le matelas pour que sa tête prenne appui sur sa main afin de plonger son regard amusé dans le sien.


«Si tu dois aller voir Manölis, dans ce cas, nous déjeunerons ici, et j'irai voir mes parents en t'attendant.» elle se redressa alors, se mettant à genoux sur le lit, gardant le drap à peine devant son corps nu afin de venir chercher un nouveau baiser, sa main agrippant sa nuque, ses doigts s'emmêlant dans ses cheveux de jais avant de reculer et de lâcher le drap pour s'approcher du sac, récupérant une nouvelle fois la mousse pour se laver un peu et retirer cette odeur de fauve, elle récupéra également l'un des linges de la commode pour... sa propre intimité. Puis elle attacha ses cheveux et s'habilla aussi de son propre ensemble de chat avant de se tourner vers lui afin de lui voler un nouveau baiser. Soupirant d'aise de l'avoir ainsi retrouvé, comme si cela faisait des mois qu'elle ne l'avait pas vu, la féline se blottit quelques secondes contre lui avant de finalement le lâcher et saisir sa main

«Il va être compliqué d'expliquer ta présence à l'aubergiste, ainsi que la disparition de ta sœur! Mais bon... on va faire avec!»

Elle pouffa de rire et l'entraîna avec elle, pleine d'une énergie nouvelle et rayonnant simplement de ce bonheur retrouvé. Descendant ensuite rapidement les marches, pieds nus pour avoir eu la flemme de mettre ses bottines, elle sauta souplement les deux dernières marches et observa l'aubergiste d'un air amusé

«Hey! Ceithli! Je vois que tu vas mieux! M... mais... qu'est-ce que vous faites là, vous?»

Il écarquilla les yeux en voyant Archélas, la féline pouffa de rire avant de s'appuyer sur le comptoir

«Est-ce que tu crois en la magie de Sayah?»
- «O... oui bien sur... ne me dis pas que...»
- «Et si. Il a échangé leur place! Sa sœur est retournée à Ephtéria au cours de la nuit et il est venu me rejoindre!»
elle préférait éviter de dire qu'il avait été une femme toute une journée, ce ne serait pas très... viril! Cependant, c'était effectivement ce que l'aubergiste avait cru et il soupira de soulagement en gobbant cette histoire de téléportation. Après tout, le fait que Sayah puisse se téléporter partout sur Nideyle était bien connu, alors qu'il puisse téléporter d'autres personnes semblait logique
«Oh je vois! Et bien... bienvenue alors! Je vous laisse vous installer pour le petit déjeuner, je vais vous chercher ça.»
- «Oh euh... dis moi, tu n'aurais pas des restes de charcuterie et quelques fruits des fois?»
- «Des fruits et de la charcuterie? T'es sérieuse?»
- «Oui! J'ai découvert le mélange sucré salé et j'adore ça!»
- «Euh... je vais voir ce que j'ai.»


Se pinçant les lèvres pour ne pas rire devant la tête de l'aubergiste, elle entraina Archélas jusqu'à une table près de la fenêtre pour pouvoir observer le ciel brumeux de l'hiver qui pointait le bout de son nez. Les saisons filaient à une vitesse folle, c'était le cas de le dire. Finalement, l'aubergiste revint avec du lait, du beurre, du café et une assiette de jambon et saucisson. Puis il ramena une corbeille de pain, quelques clémentines et du miel aussi

«Tiens, désolé pour l'instant j'ai rien d'autre, il aurait fallu que j'aille au marché, j'y suis pas encore allé.»
- «Ne t'inquiète pas, je vais déjà me débrouiller avec ça!»
lui dit-elle en souriant. Elle ne prit pas de café, cependant se servit un bon verre de lait avant de commencer à piocher dans le pain, ajouter une couche généreuse de beurre, de miel, puis une tranche de jambon par-dessus et mordre à pleines dents dans sa tartine. Affichant son sourire d'enfant gourmande à l'attention de son compagnon, elle rougit un peu avant de passer sa langue sur ses lèvres sucrées

«Hum... c'est quand même étrange, non? Que d'un coup je sois devenue si gourmande. Tu crois que ça vient de mon vœu?»

C'était possible après tout. En tout cas, ils avaient le temps de prendre leur petit déjeuner, puis il irait chez Manölis alors qu'elle se rendrait chez ses parents avant qu'ils ne se donnent rendez-vous de nouveau à l'auberge. Certes, il n'aurait pas de mal à trouver la boucherie, mais elle préférait tout de même venir le chercher pour qu'ils viennent ensembles. Au cas où...

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Re: Présentations peu ordinaires...

Messagepar Archélas Ages » 13 Déc 2011, 21:33

Assis dans le coin que Ceithli leur avait choisit pour le petit déjeuner, Archélas laissa son regard traîner comme la brume sur les pavés, à l'extérieur. Ce manteau blanchâtre et froid ne tiendrait pas longtemps, trop léger pour résister aux rayons du soleil. On pouvait déjà le voir onduler comme une créature sournoise pour se retirer plus loin vers les plaines, là où l'agitation des hommes lui était moins dérangeante. Une petite troupe de poules matinales dispersait déjà le long filament d'humidité alors qu'elles couraient en hochant la tête pour ramasser les quelques restes de la soirée de la veille. Le soldat sourit, se rappelant de sa première visite en ces lieux. De ce qu'il en avait vu, chaque soir sur la place de Porchèvre à Banba avaient lieu ces réunions autour d'un immense rôti et de fûts de bières bien remplis. Selon Ceithli, ces fêtes avaient pour but de briser la monotonie du labeur quotidien.

Un moineau gourmand s'invita dans le groupe de volatiles plus gros que lui, sautillant sans s'effarer de la taille de ses concurrents lorsqu'un enfant poursuivit par un chien dispersa tout ce petit monde à grands battements d'ailes. En face, une femme occupée à balayer les marches de son perron leva à peine les yeux pour regarder passer le garnement qui s'engouffra dans l'auberge, faisant entrer avec lui un courant d'air particulièrement froid.

« Papy, Papy !!! »

La moitié de la salle s'était retournée en même temps qu'Archélas. Un chien couvert de boue sautillait autour de l'enfant en jappant, tout excité après cette cavalcade matinale. Et si à Ephtéria – ou ailleurs – une telle intrusion de la part d'un gamin aurait été mal vue ; ici chacun observait le nouveau venu avec un mélange de tendresse et d'attention. Qu'avait-il à dire de si urgent qui méritait autant d'agitation ?

« C'est les Teignes qui montent du sud ! Y'a une horde elle s'en prend au troupeau ! »

Un « par Alrik » tonitruant succéda au silence qui s'était instauré, et cinq hommes se levèrent en même temps que le fameux grand-père qui rappela à Archélas Hyacinthe le Docte et sa détermination inébranlable. La suite le laissa surpris, car des six hommes à s'être levés, cinq n'avaient pas le moindre lien de parenté avec le vieillard mais se portèrent aussitôt volontaires pour lui venir en aide.

« Elles sont nombreuses ?
_ Y'en a plein oui, au moins vingt-douze !
Répondit aussitôt le gamin avec un sérieux affolé.
_ J'y vais Aswald, je cours plus vite que ta canne et toi. Eh frangin, tu viens ?
_ Je te rejoins, je vais chercher mes chiens.
_ Prenez Titi avec vous, qu'il serve à quelque chose cet Orios.
_ Je vais préparer les chevaux. »


Et en quelques secondes à peine, la salle se vida de tout un groupe bien décidé à bouter une horde de Teignes migratrices hors de leur territoire ! Muet de stupeur, Archélas ne sortit de ses rêveries que lorsque l'aubergiste posa un plateau rempli de bonnes choses juste sous son nez. Du lait... du beurre... finalement, ils feraient peut-être mieux de s'installer à Banba ? Ces mets se faisaient rares ailleurs et n'étaient souvent réservé qu'à une classe aisée, mais peut-être qu'avec cette voie ferrée ils pourraient demander à se faire livrer si cela pouvait contribuer à l'économie de la ville.

« Si tu permets... Intervint le soldat en saisissant le café au vol. Je n'ai pas du tout envie qu'on ait un... Il jeta un coup d'œil circulaire sur la salle, inquiet à l'idée de faire une gaffe, puis baissa la voix... Euh... enfin, je n'ai pas envie qu'il ressemble à Jhérer. Pas de café, donc. Interdit. »

Sans lui laisser l'occasion de protester, il se leva pour rapporter le pichet et revint s'assoir. Pour sa part, il préférait les petits déjeuners sucrés, aussi se servit-il une quantité impressionnante de tartines au beurre et au miel, rendant son sourire à Ceithli qui semblait culpabiliser de son nouvel appétit.

« Hum... je ne sais pas, il paraît que les femmes... dans ton état ont toujours faim pour deux. Ceci dit, c'est vrai que depuis ce vœu tu fais beaucoup de mélanges bizarres... Il mordit à pleines dents dans une tartine de miel qui lui dégoulina sur le menton. Les gens des villes du sud avaient l'air de trouver ça normal pourtant. Peut-être que le simple fait de savoir te donne faim...? »

Il avala encore quelques tartines qu'il fit descendre avec de clémentines juteuses. Lorsqu'il fut enfin rassasié, il se laissa aller contre le dossier de sa chaise et évalua une nouvelle fois l'assemblée réunie dans la salle.

« Tu sais... j'aime cette ville. Vous vous aidez les uns les autres, vous vous réunissez et vous savez ce que c'est de travailler. Ces valeurs ont disparues de la plupart des grandes villes... et... je... J'espère que le fait que Banba soit davantage accessible grâce au train ne fera pas disparaître cet état d'esprit. En fait, j'ai presque envie de nous installer ici... Il prit une profonde inspiration, comme si cela allait l'aider à mieux digérer. Mais nous serons définitivement trop près de ton frère...et je ne crois pas que je le supporterai... je... je ne veux pas t'interdire de le voir, je... disons que pour ma part je l'ai assez vu... mais... mais toi tu peux continuer de lui rendre visite, je ne te l'interdis pas... »

Règle numéro une inventée à l'instant : ne pas s'opposer aux liens familiaux.

« Je vais aller voir Manôlis... Je ne sais pas où tu habite par contre alors... tu veux qu'on se donne rendez-vous quelque part ? Je peux demander mon chemin après tout, la boucherie doit être célèbre ici, non ? »

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Re: Présentations peu ordinaires...

Messagepar Ceithli » 14 Déc 2011, 13:03

Visiblement, le grabuge causé par les teignes avait quelque peu touché le soldat et Ceithli avait observé sa réaction avec intérêt. Elle se demandait si lui-même aurait voulu les suivre pour leur donner un coup de main. Elle ne doutait pas que si son père passait par là, il irait surement les aider aussi, et Jhérer également s'il était réveillé! En tout cas, le plateau était bien là et Archélas avait rapidement retiré le café de sa vue, elle dut alors se pincer les lèvres pour ne pas rire, et si elle était décidée à ne pas se servir, le geste du soldat était touchant à ses yeux

«Ne t'inquiète pas, je n'avais pas l'intention d'en prendre.»

La conversation bifurqua alors sur ses nouveaux gouts et ses nouvelles envies, et il était vrai que le serveur de la Basse Ville n'avait pas eu l'air surpris finalement qu'elle mange ainsi, alors cela n'avait peut être rien à voir, cependant elle trouvait cela étrange car lorsqu'elle était à l'hôpital, et donc bien avant de faire son vœu, elle n'avait pas eu ce genre d'envie. Toujours est-il qu'elle poursuivait ses petits mélanges, alternant toujours sucré salé tout en buvant son lait à intervalles réguliers. Archélas semblait vraiment apprécier d'avoir du beurre, il fallait reconnaître qu'elle n'en voyait pas beaucoup dans les contrées du Nord où il y avait tout de même moins d'élevages de vache comme ici. Il est vrai qu'ils avaient nettement moins de fruits en revanche, les vergers se faisaient bien plus rares que les champs ou les potagers, mais pour ce qui est des laitages, ils ne manquaient de rien par ici.

Elle écouta son discours concernant cette ville et un sourire doux éclaira son visage, elle le laissa terminer avant de rouler des épaules et poser sa tartine de jambon miel.


«Tu sais, Jhérer va devoir travailler plus dur si je ne livre plus pour la boucherie. Il ne sera plus aussi souvent à Banba, je ne suis même pas sure que tu le vois aujourd'hui» - croisons les doigts - «si vraiment cette ville te plait, il y a beaucoup de maisons un peu plus éloignées sur les abords pour avoir la place de mettre ses cultures ou ses élevages, même si elle ne le parait pas comme ça, le village est immense si tu vas chercher toutes les petites propriétés environnantes!»

Mais c'est sur que sur une carte, ça représentait un petit point par ci par là, mais si on tenait compte du terrain uniquement, peut être même que Banba pouvait dépasser Ephtéria! À cette pensée, elle eut envie de rire, mais il était facile pour ce village de s'élargir n'étant limité nulle part en terre, pas d'océan pour bloquer un côté, ni montagnes...

«La maison de mes parents est totalement à l'Ouest, si nous installons notre maison à l'opposé, cela prendrait au moins une demi-heure pour s'y rendre à pieds... mais c'est peut être encore trop près pour toi?» précisa t'elle en riant doucement. Après tout, Balaïne n'était qu'à deux heures de train, ce ne serait pas si différent «et tu aurais du beurre tous les matins au petit déjeuner!» ajouta t'elle en mordant à pleines dents dans sa tartine.

Le petit déjeuner se poursuivit donc ainsi, jusqu'à ce qu'il soit temps de partir. Archélas allait se rendre chez Manölis et d'un hochement de tête, elle approuva son idée


«Reviens ici après... Je vais aller voir ma mère un peu puis je reviendrai te chercher d'ici une heure! Si tu n'es pas encore rentré, je t'attendrai ici, ça fait un moment que je n'ai pas bavardé avec le patron ou avec Jake!» autrement dit, elle trouverait de quoi s'occuper.

Elle ne remonta pas pour aller chercher ses affaires, ils les prendraient ensembles plus tard, et encore, seulement si elle avait l'autorisation de sa mère qu'Archélas puisse passer la nuit là bas, sinon ils les laisseraient là et reviendraient le soir. Se dirigeant vers la porte, elle sourit timidement, elle aurait aimé l'embrasser pour l'encourager, mais elle savait qu'il n'apprécierait pas une telle démonstration d'affection.


«J'y vais. Surtout fais attention, d'accord? Je serai là d'ici une heure...»

Elle s'était alors penchée pour l'embrasser par réflexe et se ravisa pour rougir en reculant, puis elle tourna les talons pour partir vers l'Ouest, rejoindre la boucherie.

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Re: Présentations peu ordinaires...

Messagepar Archélas Ages » 16 Déc 2011, 03:08

Désolé c'est un peu long mais je voulais pas bâcler son entrevue avec Manôlis :$


Archélas se perdit dans ses pensées quelques instants. L'idée de s'installer à Banba n'était pas mauvaise et pourtant, il s'y sentait un peu réticent sans même savoir pourquoi. Était-ce à cause de Jhérer qu'il craignait de croiser trop souvent ? Il soupira en imaginant ce que pourrait être leur vie s'ils vivaient ici. Évidemment, une demi-heure pour un homme était bien plus vite parcourue pour un guépard déterminé à venir leur casser les pieds ! Et puis le soldat avait peur de s'ennuyer un peu – même s'il n'osait pas l'avouer. Les missions données par Manôlis de Banba risquaient de manquer de piment là où le Manôlis d'Aspasie avait toujours des enjeux politiques à défendre dans le plus grand secret... En revanche la mentalité des villageois d'ici était plus proche de la sienne, puisqu'il s'était enrôlé dans cette armée dans l'unique but d'aider son prochain. Le prestige, le respect, voler au secours de son prochain... autant d'objectifs que la nouvelle armée royale ne pouvaient plus garantir. Mais à Archélas, les rêves étaient demeurés intacts. Banba ? Aspasie ?

« Je ne sais pas trop... on en rediscutera si tu veux bien. »

Au fond de lui, il savait qu'il préférait Aspasie. D'abord parce qu'il y était habitué, ensuite parce qu'elle était toujours plus proche d'Ephtéria où habitaient ses parents que de Banba qui – il fallait bien l'admettre – était totalement perdue au milieu de nulle part. En attendant, il se contenta d'un sourire un peu fatigué à la remarque de la jeune femme concernant son affection pour le beurre. Son entrevue avec le Seigneur Manôlis des lieux commençait déjà à le ronger d'inquiétude, jusqu'à ce qu'il ne soit bientôt plus en mesure de s'exprimer autrement que par hochements de têtes soucieux. C'est à peine s'il remarqua la gêne de sa compagne lorsqu'elle failli l'embrasser.

« À tout à l'heure. »

Il eut envie d'ajouter « fais attention à toi », inquiet à l'idée de ce que Jhérer pourrait encore inventer de stupide à l'encontre de sa propre sœur. S'il s'était écouté, le soldat aurait même raccompagné sa féline et enfermé cet imbécile dans un placard après lui avoir mis une jolie correction pour son toupet de la veille... souvenir qui le fit grimacer de dégoût. Embrassé par... par un... ah ! Sa répugnance le fit frissonner au moment même où Ceithli prenait congé, le laissant à la porte avant de filer vers l'ouest. Un peu perdu quelques instants encore, Archélas la regarda s'éloigner. Sur le seuil à se gorger d'air frais, il repensa à sa dernière visite de la ville. Tout semblait tellement différent à présent...

Retournant à l'intérieur, il alla récupérer son uniforme blanc – et pourpre par endroits – avant de ressortir et de prendre à l'est. Il connaissait le chemin à présent et commençait à avoir la technique pour slalomer entre les bêtes des troupeaux qu'il croisait. Il traversa donc la place de Porchèvre sans s'attarder, jetant à peine un œil à l'animalerie qu'il visiterait peut-être plus tard, avant de se diriger vers le pavillon du Seigneur Manôlis. Son visage s'assombrit lorsqu'il vit la grande ombre de la Chapelle se découper dans la brume matinale. Tant de semaines, de mois passés à prier pour le salut d'hommes qui l'avaient finalement trahis... et lui n'avait rien vu venir. Les poings serrés sur sa frustration, toutes les épreuves de ces dernières semaines remontant comme les bulles d'un mousseux. Il referma sa capeline sur lui, dissimulant l'ensemble de chat qui ne seyait pas tellement à son statut de capitaine, puis s'arrêta une seconde sur le seuil du fameux pavillon avant de frapper.

Un garde aux allures de paysan réformé vint lui ouvrir, ses petits yeux perçants le détaillant avec attention comme s'il cherchait à se remémorer quelque chose d'important. Et lorsqu'Archélas se présenta, il eut l'air de celui qui vient de retrouver un souvenir perdu. Se décalant légèrement pour laisser le soldat entrer, il ne lui demanda même pas la raison de sa venue, l'exhortant seulement à le suivre comme cela semblait lui avoir été ordonné. C'est donc avec une docilité soumise que le capitaine lui emboîta le pas, traversant les couloirs jusqu'à la même pièce où Manôlis l'avait reçu la première fois. Rien n'avait changé, ce qui n'était pas très étonnant. Le Pavillon n'était que sobrement meublé et n'avait pas grand chose à voir avec la demeure que ce seigneur se réservait à Guttenvald ou même à Aspasie. Une grande table autour de laquelle se déployaient des chaises comme les pétales d'une fleur occupait presque tout l'espace. Il n'y avait ni tapisserie ni ornements luxueux, et seuls remuaient la flamme d'une lampe à huile, un Zibel occupé à faire sa toilette sur la table et, en contre-jour des grandes fenêtres, Manôlis. Immobile et silencieux même après le départ du garde, il semblait perdu dans sa contemplations des champs.

« Capitaine Ages... j'ai entendu dire que votre sœur – que vous n'avez pas – était arrivée en ville hier soir. » S'éleva sa voix au bout d'un moment.

Il se retourna alors, jetant à peine un regard au capitaine avant d'avancer de quelques pas et de sortir enfin de son carré de lumière aveuglante. Ses pas le portèrent vers la table où il alla gratifier son animal de compagnie de caresses distraites. Archélas le salua en s'inclinant respectueusement, tendu de sentir son supérieur si absent et désintéressé malgré sa tentative à faire de l'humour.

« Un mauvais tour de Sayah Cordylus, Sir. C'est pour cette raison que j'ai préféré ne m'entretenir avec vous que ce matin.
_ Ah oui ?
S'intéressa subitement Manôlis en détaillant son soldat de haut en bas. Dites-moi capitaine, je suis assez curieux les raisons susceptibles de vous faire penser que vous pouvez vous présenter à moi dans un tel accoutrement, qui plus est les mains vides. »

Cette fois, le soldat se redressa, piqué au vif par la contrariété abrupte de son seigneur. Déstabilisé une seconde, il en était encore à hésiter sur la conduite à adopter ou la réponse à fournir, lorsque Manôlis planta son regard inquisiteur sur lui. Manifestement, il n'était pas d'humeur à discuter posément. Au point qu'Archélas renonça avant même d'y avoir songé à raconter l'épisode du puits à souhaits. À l'heure actuelle, seules comptaient la justesse, la promptitude et la pertinence de ses réponses.

« J'ai peur que mon uniforme ait été victime d'un mauvais tour. S'excusa-t-il en présentant le linge soigneusement plié. J'ai estimé préférable de me déplacer en civil plutôt que de porter un uniforme qui aurait fait honte à notre armée.
_ Soit.
Admit Manôlis en chassant cet argument comme il aurait chassé une mouche d'un mouvement irrité de la main. Il n'en reste pas moins que cette entrevue n'a pas lieu d'être si vous n'avez rien d'autre qu'un uniforme défraîchit à me présenter ! Vous avez une bien curieuse façon de témoigner de votre attachement à cette Elbereth vous savez. Dois-je vous rappeler que sa vie ne tient qu'à votre capacité à remplir cette mission ?
_ Non seigneur.
_ Non seigneur, oui seigneur. Cessez de me prendre pour un imbécile, Ages ! Des semaines que vous n'avez pas daigné vous manifester, et vous prétendez ne vous présenter que pour faire l'échange de vos nippes ?! Ai-je l'air d'un fripier ? »


Effaré par le ton peu avenant de son maître, le Zibel sauta au bas de la table, mais comme s'il changeait d'avis en cours de route, se frotta ensuite à ses bottes comme s'il en était amoureux. Le seigneur, quant à lui, frappa du plat de la main sur le meuble, faisant sursauter Archélas qui ne s'attendait pas à une telle saute d'humeur.

« Est-ce si difficile de retrouver cinq hommes gradés au sein d'une armée ? À moins que vous n'éprouvez des remords à tuer ? Ou êtes-vous revenu sur votre jugement et estimez-vous que cette femme a eu ce qu'elle méritait ?
_ Non seigneur. Je me suis occupé du lieutenant-colonel Chaemil. »


La colère de Manôlis sembla retomber comme un soufflet au profit d'une ironie malsaine. La lueur cruelle qui anima alors son regard fit frissonner Archélas.

« Chaemil, rien que ça. On dit pourtant qu'il est toujours sur les routes tant il est soucieux que son nom inspire la crainte partout où il est prononcé. Vous n'avez pas commencé par le plus facile à débusquer !
_ À vrai dire si, seigneur. Notre Souverain le Roi Livian d'Ephtéria nous avait envoyé en mission ensembles sur les terres du sud.
_ Tiens donc !
S'exclama Manôlis avec un tel déplaisir qu'il n'aurait pas eu un ton différent s'il avait juré. Peu importe. En fait, capitaine Ages, je m'interrogeais sur la partie de cet ordre vous n'avez pas compris lorsque je vous ai sommé de me rapporter leurs têtes. »

Le cœur d'Archélas s'emballa alors, réalisant son erreur, les conséquences désastreuses qu'elle pouvait avoir, et le temps impensable que cela lui prendrait de la réparer. Interceptant sa panique, Manôlis souriait comme s'il assistait à un combat de Teignes particulièrement sanglant, ravi de l'effet qu'il venait de produire sur ce subalterne qui lui avait refusé une distraction alléchante à Guttenvald.

« J'ai exigé leurs têtes, Ages. Cinq en tout, et vous avez l'audace de vous présenter les mains vides. Espériez-vous vraiment me faire avaler que vous vous étiez défait de Chaemil sans m'en apporter la preuve ? Sur quel critère devrais-je vous croire ? Votre bonne foi ? Celle-là même que vous avez servie à votre révéré Souverain pour lui expliquer pourquoi vous n'aviez pas jugé utile de lui faire votre rapport il y a deux ans ? Menteur, lâche, et quoi d'autre encore ? Est-ce si compliqué pour vous d'obéir aux ordres ? Leurs têtes, par Alrik, ce n'est pas si compliqué il me semble ! Dois-je vous faire livrer celle de votre chaton pour que vous daignez vous remuer ?!!
_ N-non seigneur...
_ Ça suffit ! Ne revenez me voir qui si vous avez quelque chose de plus utile pour moi que votre stupidité chronique ! Dehors ! DEHORS !!! »


La fureur quasi bestiale de Manôlis fit s'asseoir le Zibel qui l'observa avec un regard amoureux. Archélas lui, préféra se retirer, s'inclinant pour un salut alors qu'il reculait, inquiet à l'idée de ce que Manôlis pourait lui faire s'il s'avisait de lui tourner le dos, terrifié de l'imaginer changer d'avis et s'en prendre à Ceithli. Se glissant hors de la pièce, il précéda presque le garde qui le raccompagna à la porte tant il était pressé de sortir. L'air glacial de l'hiver approchant le figea dans le chaos de ses pensées. Leurs têtes... bon sang ! Faire demi-tour pour aller récupérer celle du lieutenant-colonel lui prendrait un temps fou, et il n'était même pas dit qu'il en reste quoi que ce soit après le passage des Teignes... Les poings serrés, il s'injuria intérieurement, furieux contre lui-même davantage que contre Manôlis. Quel imbécile ! Évidemment que son commanditaire exigeait des preuves !

« Capitaine Ages ? »

Se retournant d'un bloc, il se retrouva nez à nez avec le garde qui lui souriait, et il ne sut pas très bien s'il se moquait de lui ou s'il se montrait simplement bienveillant.

« Votre uniforme. » Formula l'homme en lui tendant simplement une petite pile de vêtements neufs.

Un peu étourdit, Archélas s'en saisit et remercia sèchement. C'était totalement idiot, mais la simple idée d'enfiler de nouveau cet uniforme sombre - sa seconde peau en quelque sorte - le réconfortait un peu. En fait, il se hâta même de revenir à l'auberge afin de pouvoir s'en vêtir au plus vite, soulagé de redevenir lui-même jusque dans les moindres détails. À présent il pouvait bien affronter Jhérer et les parents de Ceithli, il se sentait prêt à abattre tous les obstacles qui se dresseraient entre lui et ses projets. Son regard fila vers la fenêtre de la chambre dont il s'approcha pour mieux observer les environs. Déjà, ses réflexions se mettaient en route.

Dans l'ordre de ses priorités, il devait faire son rapport à Livian d'Ephtéria - et lui mentir - puis retourner au sud ramasser la preuve de sa victoire sur Chaemil et la rapporter à Manôlis pour le faire patienter. Ensuite seulement, il pourrait s'atteler à récolter assez d'Ore pour payer les matériaux pour la maison. Quant à Toniat, Sek, Elnee et Pezenen... il n'aurait qu'à s'arranger pour les croiser lors des missions qu'il comptait multiplier. Ceithli serait sans-doute furieuse de ses absences, mais il n'avait pas d'autre choix, estimant préférable de la protéger malgré elle. Non, son problème immédiat...

Déjeuner avec les parents de Ceithli...

Il soupira, un nuage de buée allant aussitôt blanchir la vitre. En fin de compte, il aurait presque préféré rencontrer Drakmonniss une seconde fois...

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Re: Présentations peu ordinaires...

Messagepar Ceithli » 16 Déc 2011, 14:50

Inconsciente de ce qu'Archélas allait vivre, la féline avait pris la route pour rejoindre la demeure de ses parents, avançant d'un pas presque sautillant bien qu'une petite boule dans son ventre manifestait son appréhension à l'idée d'annoncer la nouvelle à ses parents. Devait-elle le leur dire dès le début, avant même qu'Archélas ne soit là ou devait-elle attendre qu'il soit avec elle? La seconde solution semblait la plus logique, bien qu'elle comptait en parler au moins à sa mère afin d'avoir son soutien en cas de débordement des hommes de la famille. Se plaquant au mur pour éviter un troupeau de mouton, sautillant sur place pour esquiver les poules qui filaient vers les morceaux de pain lancés par le boulanger, elle finit par s'éloigner loin vers l'Ouest, suivant le chemin de terre et gravillons jusqu'à la boucherie Elbereth.

Prenant une profonde inspiration, elle poussa la porte pour se retrouver devant le comptoir, sa mère lui tournait le dos en train de filer un rôti avant de se retourner pour se préparer à aller le ranger dans la chambre réfrigérée, et voir sa fille face à elle, l'air intimidé


«Ah, te voilà enfin! Jhérer nous a dit que tu étais rentrée hier avec une amie.» dit-elle avec un sourire doux avant de sortir pour aller à la cuisine à l'arrière, ranger le rôti, se laver les mains et revenir.
- «Oui je... mon amie repartait aujourd'hui alors j'ai préféré rester avec elle en fait.»
- «Tu aurais pu juste passer dire bonsoir, tout de même...»
- «Je sais mais... disons qu'elle ne connait pas du tout Banba et que je ne voulais pas la laisser seule, et je ne pouvais pas la faire venir après ce que Jhérer lui a fait.»
- «Qu'est-ce qu'il a fait encore?»
- «Ben, il l'a embrassée sans son consentement, et elle n'a pas du tout apprécié.»
- «Quel crétin celui là! Il a de la chance d'être parti tôt pour Ephtéria sinon je serais allée le réveiller à coups de pieds aux fesses pour qu'il aille s'excuser!»
reprit Sofiaa les sourcils froncés. Elle s'approcha enfin et prit sa fille dans ses bras avant de renifler quelques secondes

«Tiens? Tu ne sens pas du tout le fauve... ça fait combien de temps que tu n'as pas pris ta forme animale?»
- «Euh... est-ce qu'on pourrait en discuter ailleurs qu'au milieu de la boucherie?»
- «Hum. Oui bien sur, on va discuter là haut, ton père est à la chasse, je vais fermer, attends.»


Elle ferma la porte à clé et mit le petit panneau de fermeture de la boutique avant de laisser sa fille grimper les escaliers, la regardant d'un air suspicieux jusqu'à ce qu'elles aillent dans la pièce qui servait aussi bien de chambre d'amis que de bureau, puis bifurquer jusqu'à la chambre de Ceithli. La féline alla s'assoir directement sur son lit, se délaissant de ses chaussures pour se mettre en tailleurs sur la couverture, tenant ainsi ses chevilles en attendant que sa mère s'installe à son tour.

«Alors? De combien?»
- «De?»
demanda la jeune femme d'un air surpris
- «Tu es enceinte de combien?» écarquillant les yeux, la jeune femme finit par les baisser tristement, pourtant, le ton de sa mère n'était pas chargé de reproche, et elle s'approcha d'ailleurs d'elle pour la prendre par les épaules
«Raconte moi... qu'est-ce qu'il s'est passé?»
- «Ce... c'était un accident j'ai... j'ai oublié de prendre la potion des nymphes...»
- «Hum... est-ce que ça veut dire que le père est ce soldat dont tu t'es entichée?»
reprit-elle en douceur en caressant les cheveux de sa fille, Ceithli se retourna et hocha la tête
«Oui, mère...»
- «Et comment a t'il réagi? »
- «Il m'a demandé de l'épouser.»
- «Au moins c'est quelqu'un de responsable. Mais... qu'as-tu répondu?»
elle lui lança alors un regard presque amusé, ou de défi, et Ceithli se pinça les lèvres quelques secondes avant de répondre
«Au début, j'ai dit non. Je ne voulais pas être ce genre de femme qui coince un homme pour qu'il l'épouse en se faisant mettre enceinte... je... je voulais qu'il m'épouse par amour et pas pour l'enfant.»
- «Bonne initiative... et comment a t'il réagi?»
le souvenir de ce jour était assez douloureux, car cela n'avait été que quiproquos et dispute finalement
- «Au début, pas très bien, il croyait que je ne voulais pas l'épouser du tout, mais... il m'a dit vouloir vraiment m'épouser, aussi bien par amour que pour l'enfant. Qu'il voulait que nous nous construisions une petite maison vers Aphasie pour...»
- «Très bon choix Aphasie, un homme censé!»
dit-elle en l'interrompant sur le coup, ce qui ne manqua pas de faire rire la jeune femme
- «Oui... enfin... après en avoir longtemps discuté, j'ai dit... oui.» Sofiaa se pencha alors pour voir la bague qu'elle portait désormais, une simple bague qui devait juste la protéger du poison en réalité, mais
«Dommage, on ne dirait pas une bague de fiançailles.. je te donnerai la mienne lorsque vous vous marierez.» battant des cils, Ceithli essaya de rire un peu nerveusement
«En réalité, il m'a offert cette bague bien avant, elle devait me protéger de l'empoisonnement, rien de plus... mais... je n'en veux pas d'autres.»

Et la mère se pencha pour enlacer sa fille tendrement, lui caressant les cheveux avant de reculer et de plonger ses prunelles noires dans celles, toutes aussi sombres de sa fille

«Bon, et où est-il alors, mon futur gendre?» reprit-elle d'un ton amusé. La féline essuya les larmes qui coulaient un peu de ses yeux avant d'avaler sa salive avec difficulté et reprendre

«Il... il avait besoin d'aller voir Manölis pour une histoire de mission. Mais je me disais qu'il pourrait venir pour déjeuner pour que nous puissions l'annoncer à papa?»
- «Bonne idée, après la chasse, il sera épuisé et il n'aura pas la force de se transformer pour égorger ton futur époux!»
- «Ce n'est pas drôle!»
- «Je plaisante ma chérie...»


Elles se serrèrent une nouvelle fois dans les bras l'une de l'autre et Sofiaa recula à nouveau pour se lever

«Tu devrais te reposer un peu, je vais te faire couler un bain pendant que je vais préparer le déjeuner! Il aime la viande j'espère?»
- «Oui, bien sur!»
- «Très bien, je vais faire des entrecôtes, ton père a ramené un beau bison hier soir! Une sacrée bête! On a du en donner la moitié à la fête du village d'hier!»


Elles se mirent à rire alors que Ceithli s'allongeait sur le lit, les bras en croix alors que ses jambes étaient toujours coincées en tailleur. Sa mère s'était alors penchée pour poser sa main sur le ventre de sa fille qui sursauta alors qu'elle la fixait étrangement

«Hum, un peu tôt pour savoir si c'est un morphe ou un humain, mais d'ici deux ou trois mois tu devrais savoir...»

Elle se releva alors sur ses coudes et fixa sa mère d'un air ahuri

«Vraiment? Je pourrai savoir avant l'accouchement?»
- «Évidemment, tu crois quoi? Qu'il va attendre de naître pour se transformer? Si c'est un morphe, dès ton troisième mois de grosses tu pourras sentir des variations du poids, un bébé guépard est nettement plus petit qu'un enfant humain et tu le sentiras! Si ton poids ne change pas avant ton cinquième mois, c'est qu'il sera humain... je me souviens comme Jhérer n'arrêtait pas de se transformer, au point que j'ai passé le plus clair de mon temps en guépard afin de l'obliger à rester lui aussi sous cette forme... le ventre est plus petit alors il est plus confortable pour lui de rester guépard aussi!»
précisa t'elle avec amusement, Ceithli se mit aussi à rire et poussa un soupir de soulagement, peut être n'aurait-elle pas à attendre neuf mois avant de prendre forme animale si elle pouvait savoir avant si l'enfant était morphe. Elle s'allongea à nouveau alors que Sofiaa descendait pour allumer rapidement le feu afin de faire chauffer l'eau. En une heure, elle n'aurait pas un bain très chaud, mais assez tiède pour se décrasser un peu et se changer.

Ainsi, propre et habillée, elle descendit alors que l'odeur des légumes mijotés se faisait sentir


«J'ai préparé des pommes de terre, des poireaux, des carottes et des oignons pour accompagner, ça lui plaira?»
- «Tu sais, après ce que nous avons mangé jusqu'à présent, tu pourrais ne lui donner que de la viande qu'il serait ravi aussi!»


Un bruit se fit entendre derrière elle alors qu'un homme entrait par la porte de derrière, torse nu, des traces de sang un peu partout sur le corps et sur le visage, il afficha un large sourire à la jeune femme

«Bonjour ma fille! Content de te voir de retour!»
- «Bonjour père... cependant je dois partir, je vais aller chercher Archélas.»
- «Archélas? Ah! Je vais enfin pouvoir le rencontrer celui là... ça tombe bien, Jhérer n'est pas là aujourd'hui, il ne rentrera pas avant ce soir ou même demain vu qu'il est parti jusqu'à Ephtéria.»
d'un hochement de tête, la jeune femme ne toucha pas son père qui voulait surtout s'assurer si le bain était prêt, il irait après sa fille ce n'était pas bien grave et son bain à lui serait un peu plus chaud, il fallait surtout qu'il retire tout le sang de sa chasse...

«Y'avait un troupeau de teignes qui filait lorsque je suis revenu, apparemment elles ont attaqué un champ avant de se faire rejeter par quelques habitants, dommage que je ne sois pas rentré avant»

Ceithli écouta d'une oreille distraite et sourit avant de sortir, elle fonça ensuite jusqu'à l'auberge, persuadée d'être un peu en retard. Une fois arrivée, elle grimpa à l'étage et trouva Archélas dans son nouvel uniforme. Affichant un large sourire, elle se précipita à son cou pour l'embrasser passionnément avant de reculer pour plonger son regard dans le sien

«Bonne nouvelle, Jhérer n'est pas là de la journée! Et mon père est de très bonne humeur!»

Elle rit doucement en baissant sa main pour enlacer ses doigts dans les siens, lui montrant un sourire vraiment sincère jusqu'à se rendre compte qu'il paraissait assez sombre

«Est-ce que ça va? Comment ça s'est passé avec le Seigneur Manölis?»

Son cœur manqua un battement, est-ce qu'il y avait quelque chose de grave? Ou bien était-il seulement de mauvaise humeur?

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Re: Présentations peu ordinaires...

Messagepar Archélas Ages » 29 Déc 2011, 22:51

Le regard aussi vague que la brume, Archélas en était encore à se demander dans quel ordre il devrait s'acquitter de ses priorités lorsque la porte s'ouvrit à la volée sur une Ceithli toute souriante... et porteuse de bonnes nouvelles ! Jhérer absent pour la journée, honnêtement, il ne pouvait pas rêver mieux. La malchance avait-elle décidé de le laisser enfin tranquille ? Avant d'avoir pu répondre à cette énigme, il s'était retrouvé immergé sous la chaleur d'un baiser très amoureux, et une question venait le prendre en faute sur son humeur. Le soldat fronça alors les sourcils, l'air pensif quelques secondes. Il n'avait qu'un choix très limité. Soit il prétendait que tout allait bien alors que son visage hurlait le contraire... soit il avouait que son entrevue ne s'était effectivement pas très bien passée, et dans ce cas il s'exposait à la curiosité de sa féline.

Or, aucune des deux solutions ne lui convenait. Ni la première qui l'obligeait à mentir à sa compagne – ce à quoi il se refusait – ni la seconde qui risquait de mêler celle qu'il aimait à des ennuis dont elle n'avait pas à être au courant. En définitive, ce fut un soupir las qui quitta ses lèvres alors qu'il esquissait un sourire un peu forcé.

« Le Seigneur Manôlis n'était pas d'excellente humeur en effet, mais je suis surtout inquiet à l'idée de rencontrer tes parents voilà tout. Si je ne leur convient pas ? Et... et de leur demander ta main... c'est angoissant. Et puis peut-être aussi leur annoncer pour le bébé... »

Il secoua la tête d'un air à la fois résigné et abattu. Curieusement, il éprouvait moins d'affolement lorsqu'il devait aller au-devant des familles d'un soldat tombé au combat pour leur annoncer la terrible nouvelle que lorsqu'il devait rencontrer les parents de sa future épouse pour un déjeuner... C'était à n'y rien comprendre !

« Enfin, si ton père est de bonne humeur et que Jhérer est absent, je suppose que je n'ai pas à m'inquiéter. Finit-il par conclure avec un sourire plus détendu. On y va ? »

Le tout, c'était de se jeter à l'eau. C'est ce qu'il fit en récupérant leur sac et en allant régler la chambre, avant de tendre son bras à Ceithli pour sortir.

« Je vous suis, gente dame. »


*°*°*°*°*°*°*°*°*
La suite : L'antre des fauves.

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